

Les voyages en bus, vous savez comment ça se passe, je crois que j’ai déjà eu l’occasion de vous en parler, alors je préfère ne pas m’étendre sur le sujet…surtout que 13 heures de voyage, il y en a des trucs à raconter. Sachez simplement que, contrairement au Panama où l’on était plutôt bien accueilli, ici, c’est pas la même histoire :les voyageurs sont vus comme de bons gros touristes friqués et, une fois le voyage payé…advienne que pourra ! C’est ainsi qu’à mi parcours, alors que nous nous restaurions tranquillement assis au seul restaurant de la gare routière (on n’a pas osé sortir trop étant donné que lors d’un « pause pipi », la fameuse « pausa pipi », le bus a failli redémarrer sans notre héroïne en Kway), bref, nous nous régalions de tortillas infectes et de la réglementaire bouteille de coca individuelle de 665cl, lorsque nous vîmes (si si c’est français, et du meilleur même) notre beau bus nous passer sous le nez. On jette à la volée la somme due, et on se précipite à sa poursuite. J’arrive à hauteur de la porte et je tambourine comme un damné ; regard mi désolé mi « rien à foutre » du chauffeur, qui finit quand même par s’immobiliser et nous laisser monter. Il grommelle je ne sais quoi dans sa moustache, je grommelle je sais très bien quoi (hijo de puta) entre mes dents, et le voyage reprend, personne n’en ayant rien à foutre de cette histoire.
Nous quittons enfin le bus dans un premier petit village, avant d’en reprendre un quelques heures plus tard qui se met à serpenter dans les collines. Le spectacle se fait de plus en plus helvète et c’est assez amusant de contempler ainsi ce qui ressemble fort à la campagne genevoise, au son du gros reggæ ton ! Au volant : papy, à la caisse du bus : mamie, oui vous l’aurez deviné, depuis notre passage par Pedasi, nous commençons à être habitué à voir les « seniors » au travail, les gamins aussi d’ailleurs, bref…il n’y a peut être pas plus de boulot sur le continent latino que partout ailleurs dans le monde, mais en matière de main d’œuvre, on fait fi des questions d’âge ! La nuit est tombée depuis longtemps maintenant, la pluie aussi d’ailleurs et c’est les yeux rivés sur la route que nous tachons de deviner si nous approchons ou non de notre point de chute : la bourgade de La Fortuna. Bourgade…bourgade me diront les plus globe trotters d’entre vous, c’est un bien faible mot pour qualifier la ville ! Certes, vous êtes vraiment très fort et perspicaces, mais, au moment dont je parle nous pensions encore qu’il s’agissait d’un petit point sur la carte pas plus gros que...nos espoirs de ne pas terminer le voyage dans un ravin ou encastré dans une voiture venant à contre sens.


« Holaaaa mais moi je m’en fous, si ça te fais marrer de marcher encore des heures avec les sacs sur le dos, sous la pluie en pleine nuit, tout ça parcequ’il est hors de question qu’on dorme dans un hôtel sans moustiquaire, je m’en fous moi… », « ah ouais ? et bah alors on va prendre le premier hôtel venu, tout pourri et on verra bien qui se plaindra demain de se faire que des hôtels de m**** (ami lecteur je préfère ne même pas rapporter ici les propos échangés quelques minutes après notre descente du bus…vous pourriez nous trouver fort grossiers, or, c’est loin d’être le cas. Tiens, tu fermeras la parenthèse en sortant, merci). Bref on avait déjà eu l’occasion de s’en apercevoir, mais les arrivées de nuit, sous la pluie, après une journée complète de bus ont l’étrange pouvoir de taper sur les nerfs.
No problemo, nous trouvons finalement une auberge de jeunesse sur la rue principale, il n’y a pas de moustiquaire malheureusement, mais un petit bricolage à base de sac poubelle découpé fera finalement l’affaire ! Le temps de nous assurer du confort du lit, de l’eau chaude ( ?) dans la douche électrique et nous partons à la recherche d’un restaurant qui nous changera un peu des relais routiers de la journée. Au niveau de la ville, le contraste est saisissant par rapport à tout ce que nous avons vu jusqu’à maintenant : tout est pensé pour le bien être du touriste estadosuniendo (ie : des USA), l’anglais est presque la langue officielle ici, et les divers activités proposées, le sont en dollars évidemment. La maîtrise (hasardeuse) de l’espagnol nous permet quand même de ne pas trop passer pour de gros gringos aux poches pleines et mon (nôtre) aventurière préférée progresse de jour en jour dans la langue de Cervantes.

Au fait, vous ai-je dit qu’avant de nous laisser partir en exploration, nôtre hôte nous a quand même fait remarquer un petit point lumineux rouge perdu dans la noirceur du ciel ? Si j’ai oublié de vous le dire, vous m’en voyez bien désolé mais pour me faire excuser, je m’en vais vous donner sans tarder l’explication de ce phénomène des plus étrange : il s’agit ni plus ni moins que du cratère du volcan Arenal qui domine la ville de son lac de lave en fusion. Nous passerons de longues minutes à observer le spectacle, nous promettant, dès le lendemain de nous en approcher un peu plus.


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