mercredi, octobre 12, 2011

Basile Farkas et Josselin Bordat - Dictionnaire de la mauvaise foi musicale (2009) - Jubilatoire


Basile Farkas et Josselin Bordat - Dictionnaire de la mauvaise foi musicale (2009)

Ahhh c'était à prévoir, avec le bol que vous avez, la petite blonde que vous aviez repèrée dès le début de la soirée s'avère être une passionnée de musique qui parle de sa passion dans un langage qui vous est complètement étranger. Vous qui n'écoutez que du Barbelivien et du Carla Bruni, c'est plutôt mal engagé cette affaire...


Alors comme ça elle pose sa voix, qui couvre quand même plusieurs octaves, dans son Home Studio aidée par le dernier ProTools et grands renforts de flangers dans l'espoir de devenir l'égérie d'un papy du rock? Une grande dame qui pratique la six-cordes, sur un mur d'amplis vintage, matinée d'influences free-jazz ? Elle pratique le featuring comme d'autres excellent dans le name dropping bruitiste ?

Mouais...tout cela est bien obscur mais heureusement pour vous, vous vous êtes procuré l'excellent petit livre que voilà et c'est du tac au tac que vous emballez la belle en lui parlant d'intelligent dance music en kobaien. Vous enchaînez, plus chill out, sur les vertus des ondes Martenot et autres Themerins ou tannerin, non sans lui avoir fait remarquer que la différence était ténue entre une cithare et un sitar, et vous remportez le morceau sur un dernier slam imparable improvisé solo, sans pain, dans un maelström foutraque en fusion assez jubilatoire il faut bien l'avouer.

Disons le tout de suite, avec un sérieux sens de l'humour (difficile de citer ici tous les éclats de rire que provoque l'ouvrage tant il y en a au moins un a chaque page, au hasard: Résident(DJ): malheureusement non expulsable; Home Studio: Musique de chambre de bonne), une érudition sans faille mais qui ne donne jamais dans la démonstration gratuite, et, surtout, une mauvaise foi de bon aloi qui donnera a chacun l'occasion de maudire nos jeunes auteurs, Basile Farkas (qu'on ne présente plus) et Josselin Bordat vont faire beaucoup pour aider les incultes a vivre heureux et a avoir beaucoup d'enfants.

De la culture, du rire, des points de vue audacieux, le tout pour briller en société pour une somme modique ? Ce dictionnaire est un must have a déclarer d'urgence d'utilité publique.

mardi, octobre 11, 2011

Hubert Mansion - Tout le monde vous dira non (2010) - En apnée dans le showbiz

Hubert Mansion - Tout le monde vous dira non (2010)

Dans un milieu artistique finalement aujourd’hui bien plus occupé par l’argent que par l’art à proprement parler qui d’autre qu’un avocat d’affaire pourrait être mieux placé pour se permettre de donner quelques conseils à ceux qui espérent encore pouvoir émerger dans le milieu du simple fait de leur talent ou de leur foi ? Un artiste ? Dans un monde idéal ce serait logiquement à lui que reviendrait ce rôle, malheureusement souvent coupé des réalités économiques et pris à la gorge par les impératifs de rentabilité de ceux qui le font vivre, la voix de l’artiste, pour porteuse d’espoir qu’elle puisse être sera rapidement couverte par les hauts cris des boursicoteurs et autres investisseurs à la recherche du profit immédiat. Un financier alors ? Le propos serait alors économiquement viable (quoiqu’au vu des brillantes analyses que ces derniers pondent régulièrement, souvent démenties par les faits on puisse même en douter) mais il ne fait aucun doute qu’il serait au moins aussi indigeste que coupé du monde artistique, l’art de la finance étant le seul à si peu faire réver.


Non, une des grande qualité de cet ouvrage vient du fait d’être rédigé par un médiateur des deux mondes qui connait parfaitement son sujet: un avocat spécialisé ayant fréquenté artistes, managers et maisons de disques pendant plus de 25 ans. Evidemment dit comme ça, on est en droit d’être un peu inquiet quant au contenu du dit bouquin ? Succession de textes législatifs ? Cours de marketing accéléré ? Initiatition aux arcanes du pouvoir culturel ? A y penser on frôle déjà l’indigestion, mais, dès les premières pages on est rapidement rassuré, oui il y a un peu de tout cela dans l’ouvrage mais surtout beaucoup d’anecdotes croustillantes, qui redonneront espoirs à tous ceux qui ne veulent pas se résoudre à passer par la starac et ses ersatz pour réussir. D’une neutralité bienveillante, Hubert Mansion ne tire pas à boulets rouge sur l’industrie musicale, comme c’est très à la mode en ce moment, il ne propose pas de recettes miracles aux stars en devenir mais se contente plutôt de mettre en lumière les pièges à éviter, les cartes à jouer et surtout rappeler quelques unes des régles incontournables si on veut à son tour être de la partie, qu’on soit artiste, producteur, manageur ou même simple curieux.

On commence à avoir sacrément l’habitude avec les éditions Autour du Livre, mais on ne s’en lasse pas, une nouvelle fois c’est un livre qui se dévore comme un bon polar, jamais fastidieux ou grandiloquent, toujours drôle et instructif, quelque peu à contre courant, bref un bouquin piquant qu’une fois piqué vous aurez bien du mal à lacher. Un conseil, débrouillez vous quand même pour trouver un moyen de le poser de temps en temps sinon vous risquez de ne plus avoir de temps à consacrer à ce qui vous interresse le plus finalement, votre carrière dans un business à nul autre pareil …. Le show !

dimanche, octobre 09, 2011

Gilles Verlant & Jean-Eric Perrin - Les miscellanées des Beatles (2010) – A réserver aux passionnés


Gilles Verlant & Jean-Eric Perrin - Les miscellanées des Beatles (2010)

On en présente plus Gilles Verlant, auteur de biographies magnifiques (Serge Gainsbourg au hasard), d’odyssées du rock et d’ouvrages multiples ayant trait aux musiques que nous aimons. Peut être moins connu du grand public, mais non moins talentueux, Jean-Eric Perrin est un spécialiste des musiques actuelles et des mouvements sociaux et culturels qui leur sont associés, passé par Rock n’Folk, Best puis R&B Magazine. Alors comment ces 2 là se sont ils rencontrés, cela reste un mystère que nous leur demanderons peut-être d’éclaircir un jour mais, ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est qu’ils aient joint leurs plumes pour pondre ces miscellanées des Beatles, véritable ovni dans la production littéraire dédiée au rock et aux musiques sœurs.


Oui, un tel bouquin fait vraiment figure d’ovni. Non par le sujet qu’il traite : les Beatles, après tout les 4 garçons dans le vent ont eu plus que leur compte de parutions diverses et variées dont l’intérêt va du passionnant au totalement anecdotique, mais plus par la forme et le contenu de l’objet. Véritable encyclopédie bordélique des moindres faits et gestes du quatuor, Les miscellanées des Beatles se parcourent plus qu’elles ne se lisent vraiment. On ouvre une page au hasard et on y apprend que Don’t Pass By Me a eu comme titre de travail Ringo’s Tune puis This is Some Friendly, on découvre au passage nombre d’autres titres finalement pas retenus et qui donneront Yesterday, Eleanor Rigby ou encore I Saw Her Standing There. Une nouvelle page piochée au hasard vous apprendra la chanson sur laquelle les Beatles chantent Frère Jacques ou, une autre qui vous expliquera la composition exacte de la batterie de Ringo. Le tout est joyeusement bien écrit, d’une écriture pop qui, évidemment, fait merveille quand on pense au sujet traité.

Alors, si vous vous êtes toujours demandé quels artistes ont repris She’s a Woman, ou n’importe quel autre titre de nos Fab Fours, si vous avez toujours hanté par le fait de savoir à quelle adresse habitait Ringo en 65 ou ce qui se cachait derrière la division Zapple du label Apple, alors ce livre est pour vous et de longues heures de lecture aux toilettes vous attendent (croyez en mon expérience).

Si, par contre, votre amour des Beatles se limite à l’écoute d’une ou deux chansons de temps en temps, si vous estimez que connaître les prénoms des 4 héros est déjà assez largement suffisant pour votre culture beatlesiennes, passez peut être votre chemin pour la plus grande joie de votre famille qui pourra ainsi satisfaire à ses besoins naturels sans être obligée de faire le pied de grue pendant des heures.

vendredi, octobre 07, 2011

Harry Shapiro - Waiting for the Man (2008) - Indispensable

Harry Shapiro - Waiting for the Man (2008)

Que peuvent bien avoir en commun mods et rastamen, jazzmen d'avant guerre et techno kids, punks et bluesmen itinérants du début du siècle dernier, hippies babas cools et metalleux aux semelles plombées ? Leur amour de la musique, fut elle multiple et différente ? Certes oui, chacune de ces tribus a sa musique, ses héros et ses prophètes, son histoire et ses rites, mais au delà de l'univers musical qu'est ce qui peut bien rapprocher ces mondes d'apparence si différents ?


Allez, je suis sur que vous allez trouver, cherchez bien...mais oui, vous y êtes...c'est ca, la drogue, enfin, la drogue...plutôt les drogues, des dérivées opiacés (alors en vente libre) des bluesmen ambulants aux ecstasys des soirées ravées, la culture musicale a toujours été accompagnée des éléments naturels ou chimiques propres à se libérer des conventions castratrices. C'est cette histoire passionnante et riche en rebondissements que les éditions qui sentent le soufre ont décidé de nous narrer aujourd'hui dans un épais ouvrage qui jamais ne donne dans la démonstration savante ou le parti pris au choix moralisateur ou dévergondé.

N'omettant aucun des aspects du sujet, si ce n'est certaines de ses conséquences, nous voila plonge dans une véritable histoire des musiques contemporaines, du blues a la techno, sous le prisme forcement déformant des substances (qui ne furent pas toujours) prohibées. Rien ne nous sera cache, ni ou ni comment s'en procurer, ni l'histoire précise de la prohibition des origines a nos jours, ni les épisodes les plus glorieux ou farfelus auxquels une consommation frénétique donna lieu.

Cette somme se lit d'une traite, comme un voyage éclair dans le temps musical, au sujet duquel le seul reproche que l'on puisse faire, s'il faut vraiment en trouver un, est d'être uniquement centre sur un point de vue anglo-saxon, mais après tout, toute la musique que l'on aime, elle vient de la, elle vient du blues !

mercredi, octobre 05, 2011

Collectif – Rock Critics (2010)

Collectif – Rock Critics (2010)

Même s'il comportait déjà quelques extraits de temps en temps, suivant les plumes étudiées et leur importance dans l'histoire de la littérature rock, la référence, que dis je, la Bible de Denis Roulleau, aujourd'hui malheureusement épuisée mais, parait il, en cours de réédition, le Dictionnaire raisonné de la littérature rockx, ne permettait pas de rendre justice a tous ces auteurs magnifiques habites par la même passion de la musique et du rock en particulier.


Comme l'ancien et le nouveau testament, ce Rock Critics est le complément indispensable de l'ouvrage précité, et ce n'est pas un hasard si c'est Denis Roulleau lui même qui en assure la préface. A l'exception, assez singulière d'ailleurs, d'Yves Adrien (et son incontournable chant du blues électrique), tout ce que la France compte ou a compte de gratte héros (contraction de gratte papier et guitar hero) est ici présent. Non sous forme biographique. Comme c'était le cas dans le dictionnaire raisonné, mais au travers de textes souvent fiévreux, semés au hasard des magazines et autres publications aujourd'hui disparue ou rongées par le temps et l humidité, éclairs de plume témoins d un mouvement, d une époque, de légendes naissantes ou de galères dont on fait les meilleurs souvenirs, Bayon, Assayas, Eudeline ou Ardisson (dont on se demande un peu ce qu'il fait là) pour n'en citer que quelques un (sans parler de ceux qui ont décliné l’offre Y.Adrien, malheureusement, et P.Manoeuvre, sans doute plus occupé à s’assurer que Voici a bien gommé ses bourrelets dans son dernier numéro), chacun a droit a 2 de ses textes les plus emblématiques. Les plus inspires ou les plus assourdissants.

De ces auteurs. Parfois complètement inconnus du grand public. Qui est le plus talentueux. Le plus brillant, le plus inspire? Allez donc savoir. comme la musique qu'ils font revivre au fil des pages, chacun a ses adorateurs. Ses chapelles. Ses fans. Vous êtes capables vous, par exemple, de dire comme ca qui d Hendrix, Slash; Jack White, Kelu ou Clapron ,mérite a tout jamais de figurer au panthéon de la gratte? Pas moi, c est une question de gouts, de moment et de .... Sensations. Il en va de même pour les écrivains rock comme on le fait, depuis l'invention du CD, on zappe ici d'une page à l'autre, au hasard d'une phrase, d'un riff de plume, on s'arrête, on en redemande, on se laisse gagner par l urgence, l'électricité, le sexe et la stupeur couchée la sur le papier.

Aval d esthète, le choix des textes présentés rend honneur à chacun des auteurs, et le seul regret que l on puisse avoir au terme de pareille lecture est que personne encore, pour le moment, n ait eu l'idée de publier une anthologie complète des textes d untel ou de tel autre.

Peut-on légitimement rêver qu'un jour un tome 2 de ces plumes branchées dans la prise voit le jour? Oui, on peut en rêver, c est d ailleurs a cela que servent et la musique et la littérature, 2 véhicules indispensables des voyages immobiles. Véhicules électriques, il va sans dire.