lundi, janvier 28, 2013

Didier Maiffredy - Rock Poster Art : Sérigraphies de concert (2012)



Didier Maiffredy - Rock Poster Art : Sérigraphies de concert (2012)
 

Des ouvrages sur l'art du poster rock (phénomène encore marginal en France), il en existe finalement beaucoup, mais la plupart du temps, ces derniers ne sont tournés que vers un seul artiste: Brian Ewing, Emek ou encore R. Black. Il existe finalement bien peu d'ouvrages qui balayent tout le sujet, à l'exception de l'incontournable mais très épais et peu pratique Art Of Modern Rock: The Poster Explosion.

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C'est donc avec une jubilation certaine qu'on accueille enfin un livre en français sur le sujet, et quel livre !!! Didier Maiffredy connait son sujet, collectionneur infatigable, organisateurs d'expos, conférencier reconnu et président fondateur de l'association Les Arts du Rock, c'est ici l'oeuvre d'un passionné et quand on sait que c'est Frank Kozik qui préface l'ouvrage, on comprend vite tout le sérieux de ce bouquin.





Plus qu'un simple enchainement de reproductions, c'est une véritable plongée dans cet univers graphique à laquelle on assiste: histoire du phénomène (du psychédélisme au punk, jusqu'à l'explosion contemporaine), panorama de la scène, américaine évidemment, mais aussi mondiale, influences et références (pop art, art nouveau, détournement, etc..), fourmillant de détails techniques (réalisation d'une sérigraphie, modèle économique des artistes), de véritables cours d'histoire de l'art et/ou du rock, le tout, bien évidemment, superbement illustré d'un nombre incalculable d'affiches (d'environ 150 artistes), ainsi que, pour certaines d'entre elles la "version originale" dont elles sont tirées.




Aussi superbe à regarder que passionnant à lire (car oui, du texte il y en a, et pas qu'un peu), sans doute l'ouvrage le plus complet sur le sujet et on le doit à un petit frenchy.... cocorico ;)

En vente ici:





vendredi, octobre 12, 2012

Slut Machine - From Blind to Blue (2012)

Slut Machine - From Blind to Blue (2012)

Avec un nom pareil, des lives suant d’électricité rageuse et un premier album particulièrement bien troussé, les Slut Machine, avec cet EP, décident d’un retour aux sources grasses et fuzz. Finies les incartades Rage Against The Machine dans le genre du surpuissant Jump de l’album précédent, ou les essaies de grawl pas forcément convaincants.

Dès le premier titre, on comprend tout de suite de quoi il s’agit : Collapse est une furieuse charge, sale et méchante portée magnifiquement par une voix digne d’un John Garcia mal léché (c’est dire !), et les choses ne vont pas s’arranger avec la rythmique trash de Cosmic Monster sur laquelle surfe une gratte purement desert rock nous replongeant directement dans les plus belles envolées de Josh Homme au sein de Kyuss. A ma connaissance personne jusqu’à maintenant n’avait tenté ou, en tous cas, réussi ce mariage trash/stoner. 

Et tant qu’à abâtardir le genre, les Salopes (hey ! c’est pas moi hein, c’est leur nom, c’est tout) en viennent à invoquer les 2 voix croisées a la Alice in Chains sur le plus apaisé  (Ain't) No Way Out, ou le superbe Tornado et ses 7 minutes en apesanteur plombée, dans la veine du Eye of the Storm de l’album précédent. On l’avait déjà repéré sur le 1er album avec le superbe Clouds, si en quelques minutes à peine Slut Machine peut déchainer les éléments avec une rage et une énergie impressionnante (allez les voir sur scène) nos lascars ne sont pas manchots quand il s'agit d'étirer les morceaux sans lasser.

Vous croyez que j’exagère ? bah… les petits gars sont tellement sûrs de leur coup que vous pouvez directement aller en juger par vous-même sur leur bandcamp ! 

Wheelfall - Interzone (2012)


Wheelfall - Interzone (2012)

« Comme si Pelican avait enfin décidé d’arréter de se tripoter la nouille pour aller copuler avec un chanteur qui lui aurait ouvert son…spectre musical ». Ainsi pensais je après les 22 minutes de plaisir solitaire que constitue l’écoute au casque du final « Interzone » 

 



Mais reprenons les choses depuis le début, après une petite intro sonore genre post-guerre nucléaire, délicieusement nommée (prelude), histoire d’ambiancer quelque peu l’auditeur (enfin entendons nous dès le départ, ambiancer, ambiancer, c’est pas vraiment du Zouk Machine) on se prend direct la double attaque riff-cymbales immédiatement renforcée par les vocaux autoritaires et pas franchement ravis de Wayne Furter. Dès le premier titre les balises sont posées et le morceau se développe ensuite en un brillant décollage stoner psyché (rythmique plombée/ solo bourdonnant presque aérien).
Jamais a court d’idées, le groupe sait toujours relancer ses morceaux (en moyenne une dizaine de minutes chacun) au meilleur moment (le superbe changement de rythme qui introduit le décoiffant solo au beau milieu de it comes from the mist en est l’un des nombreux exemple). Pareil imagination renouvellée sur la durée d’un album copieux, c’est assez rare, surtout dans le genre, pour être sacrèment remarqué !


Une chose est sure avec pareil album Wheelfall joue définitivement dans la cours des grands. Superbement interprété et produit, le groupe livre un "stoner" (mais le terme est brin trop limité en ce qui les concerne) tout en atmosphère lourde, martiale et, il faut bien le reconnaitre, un brin désespérée. On pense, évidemment, a Neurosis qui n'aurait pas oublie d'appuyer sur la pédale « groove » de ses riffs plombés. 


Unique groupe, pour le moment, de la prometteuse écurie Sunruin, les nouvelles recrues futures vont avoir du boulot s’ils espèrent faire une impression aussi fracassante que leurs ainés !!!


mardi, juillet 17, 2012

Feuerzeug - Dead Wahines and Tsunamis (2012)

Feuerzeug - Dead Wahines and Tsunamis (2012)

Descendus tout droit des montagnes hélvétes, Feuerzeug revient aujourd'hui labourer nos écoutilles 2 ans après le passage de la lame rouillée qu'était le fantastique Drive Fast and Crash.

 

 

Avec des titres comme Cruising the Desert ( en 2 parties, excusez du peu) vous vous attendiez a quoi sincèrement ?! Du Stephan Eicher ? Et Coroner ils sont (etaient ?) d’où bande de petits malins ? Et les Young Gods ? Ils etait grand temps que les montagnes aillent a leur tour s’échouer dans le désert.
  
En droite ligne d’un desert/stoner rock à la QOTSA (Landkreuzer), les suisses sont loins d’être manchots quand vient l’heure de dégainer des riffs estampillés pure robot-rock ( copyright Josh Homme), hypnotiques et drogués; du riff gras, donc, longuement asséché au soleil transalpin ( ?), un rien gratté à l’os par une rythmique abrasabive sous son groove dangereusement instable. Car oui ya pas a tortiller du cul pendant des heures, pour groover, nos helvetes sy entendent comme lar(d)ons en foire (la rythmique de Kometa au hasard…).

Bien entendu vous aurez votre dose d intro pachydermique (Fusion Van) mais pas question de débander non, le chant est la pour rappeler l urgence, la séminale nécessite de sortir vainqueur de cette traversée des cactus a tombeau ouvert.Avec Nitroghostcar, par exemple, on amorcerait presque un virage incontrolé sur l’aile System Of A Down, ça secoue violemment mais on finit toujours tôt ou tard par retomber sur ses pattes.

Avec ses 9 minutes et quelques Release the Kraken fait office de bulldozer ( ou sont les slaves se demanderont ingenuement les amateurs de Soundgarden charmés par la peusanteur psychedelique du morceau)...

...oh et puis merde, laissons un instant la bienveillante impartialité du  chroniqueur modèle et disons le tout de go, Release the Kraken c'est la fusion parfaite que l'on attendait depuis 20 ans maintenant, entre Kyuss et Soundgarden ! Dire qu'il fallait que pareille alchimie nous vienne d'un pays ou les dunes ont plutôt tendance à être enneigées n'apportera rien. Dire que le riff de Dead Wahines and Tsunamis a, semble t il, ete ecrit un soir de sabbath noir ? On n'en saura rien, mais si l'on considère que l'on retrouve dans ce titre ultime la lourdeur des maitres, le psychedelisme noir du jardin sonore précité et une touche de fraicheur "pop" de l'âge de pierre, on comprendra aisément qu'il résume à lui seul tout le talent et la créativité de Feuerzeug !

mardi, juillet 10, 2012

Abrahma - Through the Dusty Paths of Our Lives (2012)

Abrahma - Through the Dusty Paths of Our Lives (2012)

Des cendres des défunts Alcohsonic, renait aujourd'hui Abrahma et, sans rien renier de son passé (glorieux soit dit en passant), le moins que l'on puisse dire est que nos gaillards ont encore gagné en maturité (au moins musicale, pour le reste... hummmm, disons que .... hummmm.... voilà voilà....). On avait laissé Alcohsonic s'égayer dans le vaste champ des 3 dernières décennies musicales de la fin du XXème siècle, on les retrouve aujourd'hui plus concentrés, plus compacts en quelque sorte, tout entier occupés à déterrer le cadavre encore fumant de ce qui se fit de mieux dans les 90s, hein ? ... Monster qui ? Non... je vois pas...

Oui c'est à croire que tout ce qui s'est fait de mieux entre 1989 et 1999 s'est donne rendez-vous sur ce premier album des pas vraiment débutant d'Abrahma. Un riff panterien en diable en guise de mise en bouche,  sur un titre hyper efficace, boosté par une basse énorme étrangement floydienne, oui messieurs les velus, voila du lourd comme on n'en a plus entendu depuis longtemps. Ni exagérément pesant ou complexe comme.ça semble.être devenu la.grande mode ces.derniers temps au sein des combos affilies stoner au sens large. Comme me le confiait l'immense Seb Bismuth (voc) "Marre de tout ces bands stoner qui ne font plus que gueuler en mangeant du prozac :) ", et ça s'entend !!! 

Déjà, niveau chant, la.voix époustouflante de Seb navigue quelque part entre un Morrisson bien burné et un monsieur Clutch (j ai un peu la flemme de chercher le nom) en grande forme, autant dire que l on tient du très gros, à des années lumières des grawls et des hurlements très tendance en ce moment. Qui a parlé d'Ian Ashbury ? ;) 

Musicalement aussi, doté d'une section rythmique qui s y connait pour faire monter imperceptiblement un groove imparable (Volun pt1) et d'un gratteux aussi a l'aise pour faire tourner du riff gras (Dandelion Dust) que claquer quelques solis en apesanteur, et même si l on sent parfois Neurosis pointer le bout de son nez (Loa's Awakening (Prelude) ou le long et solennel The Maze) de temps en temps, le heavy de nos frenchies ne sombre jamais dans la dépression lourdingue que semblent affectionner les post-rockers en tout genre. 

Art by Seb Bismuth
 Tout ici respire le heavy rock des grands soirs oragzux, finalement toute la musique qu'on aime elle vient vraiment de là, elle vient du blues crasseux des marécages sonores de Honkin water roof   ou Ocean on sand tout en slide., elle vient d'un jardin sonore (Soundgarden pour les plus anglophobes) croisé au détour de Big Black Clouud ou Here Sleep.Ghosts, elle vient d'une époque où l'on savait encore déprimer en chantant, entre Jeff Buckley et Layne Staley, comme sur Headless Horse.

Autant vous dire tout de suite que ce qui aurait pu ressembler sur le.papier a une belle compil 90s s’avère être un album varié mais cohérent, un peu en marge de toute la production actuelle des desert-eurs du space stoner rock. Ajoutez à tout cela un artwork particulièrement réussi d'Alexander Von Wieding et une signature sur le mythique label SmallStone Records et vous comprendrez vite que les petits Alcohsonic ont largement réussi leur crise de croissance ! 


Art by Johan Jaccob