jeudi, février 23, 2006

1905 by Dieudo

En tous cas, loin des polémiques partisanes, nous on a bien rigolé !!

Le spectacle pêche peut-être un peu par la volonté de Dieudonné de faire plus "grand public" qu'auparavant mais les thèmes abordés (excessivement sensibles pour la plupart) démontrent que le rire permet parfois de dépassionner le débat et d'aborder les vrais questions.

" Pas de langage de haine, pas de facilités non plus. On retient de 1905 que dans la République tout le monde est gêné aux entournures, qu’il y a un malaise profond, et que plus personne ne s’y retrouve. "

2ième partie de l'interview:


jeudi, février 16, 2006

God bless AmeriKKKa

Long to upload but it worth it !!


vendredi, décembre 30, 2005

Chapitre 1: Panama Ciudad


Chapitre 1: Bruyant, pollué, chaud et sale.... Panama Ciudad

(Panama City pour les financiers... je sais qu'il y en a mais ils feraient mieux de surveiller le cours de leurs actions plutôt que de surfer ici...site de bien maigre intérêt en matière d'informations spéculatives...)

D’après la feuille de route remise par l’agence de voyage, le trajet était assez simple et il n’y avait absolument aucune raison que les brillants pilotes à qui nous allions confier nos vies pendant quelques heures se trompent de destination. En effet, la première partie du voyage, a savoir Paris – Miami, se déroula sans problème et quelques quatre heures plus tard nous embarquions pour notre destination finale : Panama Ciudad.

C’est en survolant la ville (de nuit... c'est beau une ville... ouais Richard vous en a déja parlé) qu’un doute nous étreint….même si le chauffeur de taxis parle un espagnol impeccable, enfin, impeccable pour moi dans la mesure ou je comprend un mot sur 10, le trajet de l’aéroport à l’hôtel ne fera qu’amplifier nos doutes : toutes ces tours de verres, ces grattes ciels, ces publicités géantes posées là en bord de mer… n’y aurait il pas erreur sur la destination…ou alors le Panama ressemble étrangement à Manhattan ??

La température fini de nous rassurer… il serait en effet étonnant qu’en plein mois d’octobre on trouve une telle chaleur moite en pleine nuit en plein New York…non, non, malgré les apparences nous sommes bel et bien arrivé au Panama. D’ailleurs au fur et a mesure que le taxis glisse dans la ville, l’architecture change : une vaste zone pavillonnaire succède aux buildings, puis de petits immeubles de plus en plus vétustes : les rues deviennent elles aussi de plus en plus sales et nous arrivons finalement dans le casco viejo : le plus vieux quartier de Panama Ciudad ou le premier hôtel du voyage devrait, selon toute vraisemblance nous attendre …

Effectivement, il nous attend et comme nous aurons l occasion de le constater des le lendemain, il est à l’image du quartier : superbe en façade : style colonial, murs colorés, balcons et patios… franchement il a de la gueule. La chambre quant à elle a un petit coté « envers du décors »… enfin, après une journée d’avion c’est fourbu que nous testons le lit… douteux.

En fait de décalage horaire, c’est plutôt le décalage de mode de vie que nous ressentirons dès le lendemain… 5h30 !! Klaxons, cris, hurlements, radio déversant son flot de reggaeton a plein volume ont eu raison du ronronnement de l’étrange appareil censé servir de clim’… censé j’ai dit, parcequ’à part faire du bruit, j’avoue que nous sommes restés assez dubitatif quant à son efficacité.

Curieux de voir aussi rapidement que possible les îles San Blas, vantées par Antoine (le chanteur qui a promis à sa mère de se faire couper les cheveux… dans 20 ans si elle veut, et qui n’a apparemment pas tenu parole), vantées par Antoine donc, comme l’un des derniers paradis terrestre, nous ne resterons que 3 jours à Panama Ciudad…et encore, à contre cœur, mais les petits avions 4 places qui desservent l’archipel sont vite pleins et nous devons donc attendre notre tour !!

Ce laps de temps nous permettra de visiter le Casco Viejo, de rencontrer des réfugiés haïtiens fuyant leur pays non pour échapper au régime politique local mais…oh surprise…pour échapper à l’US Army qui leur a promis un petit voyage a Guantanamo sous le sombre prétexte qu’ils ne sont pas tout à fait d’accord avec le nouveau régime mis en place par le gendarme mondial…

Amusant et instructif cette rencontre au milieu des bâtiments coloniaux en cours de rénovation, des bus colorés, du marché aux poissons, des édifices religieux au clinquant tout latino, de la bruyante et commerçante avenida central où de la paire de tong à la hifi dernier cri tout est made in China… au milieu de la « gente » multicolore, la rainbow nation chère à Nelson Mandela trouve sa meilleure illustration au Panama :
Indiens indigènes, descendants d’esclaves noirs importés pour les plantations de bananes ou de cacao, plus tard pour la construction du fameux canal, blancs pur jus qui n’y sont pas pour rien dans l’édification du dit canal, ni dans l’importation des esclaves sus cité et, à chaque coin de rue, des « chinos ». C’est difficile de les louper les « chinos », comme partout ailleurs dans le monde, ils tiennent le commerce : t’as soif ? faim ? besoin d’un T-shirt de secours ? d’un anti-dhiaréique ? d’un paquet de clope ? de 100 balles ou d’un Mars ? … une seule adresse : « El Chino »… pas besoin de plus d’explications, de plus de détails ou d’une adresse : il y en a partout !!

Evidemment tout ce monde joyeux et coloré n’est pas de tout repos, d’autant plus que, même noyé dans l’arc en ciel humain de la rue, on ne passe pas tout à fait inaperçu et, par la même, notre statut de portefeuille ambulant nous vaut toutes les sollicitations… pour retrouver un peu de calme (on est en vacances merd** !!!) l’ascension du Cerro Ancon semble un bon moyen d’échapper au brouhaha. Cette colline domine toute la ville, ou plutôt toute la baie : à gauche, le quartier d’affaire et ses tours de verre ; à droite, le casco viejo et plus loin encore Chorillo (malgré 2 ou 3 tentatives d’intrusions pendant ces 3 jours nous serons inévitablement mis en garde dès notre approche du quartier « no te mete por aqui »… apparemment ça craint !!)…et puis, plus haut vers la droite, c’est le Canal…la baie s’ouvre sur le Pacifique, 80km de jungle plus loin, c’est l’Atlantique…

Bien entendu nous ne quitterons pas la ville sans avoir été jeter un coup d’œil aux écluses de Miraflores. Technicien ou pas, ethnologue, surfer, businessman, fuyard, ornithologue, touriste ou rock star en goguette, quelle que soit votre statut et la raison de votre passage dans le pays, on ne peut qu’être impressionné devant l’ouvrage…on fait coucou aux bateaux chinois, l’équipage nous répond, hilare…les salauds !!! ils viennent de se faire quelques heures de traversée au milieu de la jungle…tranquille, le linge sèche aux hublots, les containers énormes semblent déborder de tout coté…quand on sait que le prix du passage se fait en fonction du tonnage on se dit que le Panama (qui a récupéré la propriété et la gestion du Canal en… 2001 ??? à vérifier) a encore de beaux jours devant lui. Dans les années 30, il y a bien un solide gaillard qui le traversa en 15 jours à la nage…on imagine bien le fier moustachu, dans son 1 pièce à bretelle rayé, canotier sur la tête s’acquitter des 36 cents de péage que lui imposaient ses 75kg !!
L’avion décolle le lendemain matin à 5h…. alors je passerai rapidement sur le parc métropolitain qui nous permettra de nous faire une idée de la jungle qui nous attend tout au long du séjour, même si niveau animaux, c’est plutôt la grande déception, je passerai sur le Causeway : long boulevard construit sur la mer reliant 2 grandes îles entre elles et au continent : restos branchés, bars et vue imprenable sur la ville, la ballade vaut vraiment le coup… le paradis nous attend !!

jeudi, décembre 29, 2005

Chapitre 2: San Blas: El Porvenir

Chapitre 2: Eau turquoise, plage de sable fin, cocotiers et douceur de vivre... El Porvenir: Archipel de San Blas

Alors ami lecteur ? remis du chapitre précédent ? ouais bah moi aussi ça m’a usé… il est 4h30 du mat’, faut faire les sacs, je suis crevé et il va falloir se trouver un taco vite fait sinon on ne sera jamais à l’heure à l’aéroport…quant au pti dej…les patacones (bananes frites) d’hier soir me sont resté sur le bide alors on va faire sans pour l’instant…

« Cuanto es para el aeropuerto ? » vous en conviendrez, et encore vous n’avez pas l’accent, mon espagnol est au poil !! Pourtant je ne sais pas pourquoi, mais j’ai comme l’impression que le chauffeur me prend pour un gros touriste malgré les apparences ; du coup il pratique le tarif…touriste…


Pas le temps de discuter de toutes façons, trop crevé et trop à la bourre pour ce genre de broutilles. Finalement, on arrivera avec pas mal d’avance ayant ainsi largement le temps d’admirer les costumes des indiennes kunas (le peuple des îles San Blas). A l’aéroport, comme partout ailleurs dans le pays, les jeunes bébés sont tous coiffés d’un petit bonnet fort saillant. Evidemment les couleurs des Chicago Bulls, du Real Madrid ou le logo de Sepultura ça ne fait pas très « kuna » mais il sont marrant avec leurs bouilles toutes rondes et leurs yeux bridés. Bizarrement il y a quand même pas mal de monde dans l’aéroport et je commence à douter fortement que l’on tienne tous dans le petit 4 places qui nous attend.

Quelques longues minutes d’attente plus tard, la vérité éclate : l’archipel des îles San Blas compte 365 îles (selon la légende ; la CIA, bien décidée à casser le mythe, en dénombre du haut de ses satellites 378… c’est dommage, c’était marrant de penser qu’il y avait une île par jour…j’en resterai donc, pour ma part, à la version kuna des choses reprise par ailleurs par Antoine…). 365 îles donc et presqu’autant de destinations potentielles…d’où l’affluence…

Finalement notre tour arrive, on salue le capitaine (en fait avant même d’entrer dans l’avion, on l’a reconnu sur le tarmac : une belle moustache ça vous pose un capitaine bien plus qu’une casquette galonnée) on salue nos 2 co-passagers a priori aussi réveillés que nous…c’est parti !!!!

En dessous on aperçoit le quartier résidentiel de Calidonia, puis la baie, puis le canal, la forêt, la jungle… puis les nuages, re-la jungle (là si on se plante je me demande qui viendra nous chercher au milieu de cette végétation aussi luxuriante qu’hostile), un bout de canal à droite et enfin…la mer…le spectacle est « de toute beauté » : levé de soleil sur l’Atlantique…quelques instants plus tard on commence a perdre de l’altitude…tout le monde a bord semble s’en moquer éperdument, en fait, tout le monde dort ! on finit par se poser…

On est où ? on est arrivé ?? bah non, je crois qu’on est encore sur le continent !? Renseignements pris, on fait juste une dernière escale sur le continent histoire de déposer le co-pilote kuna, les bras pleins de provisions, qui rentre de la ville pour retrouver sa petite famille. Dans la lumière naissante du petit matin, nous voilà posés sur un bout de piste ridiculement court, en plein milieu de la jungle…au bout du monde. Il fait bon…l’air est tiède, la forêt alentour résonne des premiers chants d’oiseaux, les kunas se réjouissent de leurs retrouvailles…mais déjà on re-décolle…

Cette fois, quelques centaines (dizaines ??? j’ai une notion des distances assez floue, surtout à la verticale) de mètres plus bas, c’est tout un chapelet d’îles que l’on aperçoit, toutes bordées de superbes dégradés bleu-turquoises au milieu desquels elles ressemblent à de petites tâches ivoires semées de quelques grappes de verdure.

Ca y est ! Cette fois on est vraiment en vacances…au paradis, c’est certain, il n’y a qu’à se pencher par la fenêtre de l’avion pour s’en assurer !! Alors on s’amuse à deviner sur laquelle on va se poser…

Celle là ? t’es folle elle est beaucoup trop petite, alors celle là ? meuhhh non, on n’aura jamais la place…houla…mais il est con ou quoi le pilote ? on est vachement bas !!! hein ?? il va pas se poser là ??? elle est où la piste ???!!!! ohhh putain !! on n’aura jamais la place d’atterrir la dessus !! bah si…euh…nan nan…chacun retient son souffle…on est posé..c’est déjà ça mais si on continue à rouler à cette vitesse là on est bon pour un bain matinal…alors défilent dans la tête tous ces films de la guerre de Corée où de petits coucous américains arrivent à pleine vitesse sur leur porte avion et, sur leur lancée, finissent leur course à la flotte après avoir traversé toute la piste du navire…

Mais non ! ce ne sera pas pour cette fois, quel as ce pilote, on se regarde, on sourit bêtement…on y est ! T’as eu peur toi ? meuuuuh nan, c’était pour te faire flipper !! ouais ouais… Va falloir que tu bosses ton bronzage toi parce que t’es un peu blanc ;)


« Un petit poisson, un petit oiseau s’aimaient d’amour tendre… »…assis sur un palmier couché (l’inverse serait bien plus compliqué), sans doute la conséquence d’une tempête passée, je sifflote. Quelle bonne idée d’avoir pensé à amener les lunettes de piscine, c’est l’outil peu encombrant et indispensable pour observer ces fameux petits poissons qui peuplent par centaines les récifs coralliens qui bordent l’île où nous avons finalement décidé de nous poser. Némo, tout mimi qu’il soit, fait difficilement le poids avec son morne orange, noir et blanc, alors que paradent ses congénères bleus électriques et jaune fluos, rouges criard et mauve, là encore toutes les couleurs se côtoient.

C’est un peu le seul point commun entre Isla del Perro et l’Avenida Central, parce que sinon le seul bruit que l’on entend ce sont les vagues qui viennent tranquillement s’échouer sur le sable blanc rendu éblouissant par le soleil, ou le vent qui vient taquiner le cime des cocotiers. Pour ce qui est de la densité de population, là encore on est trèèès loin de l’agitation de la capitale : en fait on est seuls sur l’île… évidemment elle n’est pas très grande et on en fait le tour complet en moins de 2 minutes alors, pour faire durer le plaisir, c’est à la nage que nous décidons de l’explorer…puis, tout émoustillés par la température incroyablement parfaite de l’eau, nous poussons le vice jusqu’à partir à l’assaut de celle d’en face.

La traversée se fera au milieu des poissons sus cités et nous poserons le pied, tels des Robinsons des temps modernes, sur ce que nous croyons encore être une île déserte. Les lunettes dans une main, l’autre dans la poche du maillot, un œil vers le haut des arbres (une noix de coco est si vite tombée…) nous foulons courageusement une nouvelle plage idyllique pour nous enfoncer dans une forêt de palmier…comme çà, ça n’a l air de rien, mais c’est magnifique. Nous débouchons finalement de l’autre coté de l’île pour découvrir une hutte en palme (de palmier, ça parait logique) dans laquelle vit une petite famille de pécheurs kunas… il est une heure de l’aprem… 20 heures en France…une pensée émue pour nos compatriotes qui, engoncés dans leurs tailleurs-costard-cravate quittent leurs tours pour aller s’enfoncer dans la chaleur moite du métro…allez encore 20 ans et je pourrais rembourser mon emprunt…quelle allégresse…Je plains ce pécheur sous développé condamné à une vie misérable, sa barque taillée dans un tronc de cocotier, une petit moteur, un short, son 15m2 sous les palmes avec un vis-à-vis monstrueux sur…l’île d’en face.

Pourvu qu’un jour une âme charitable, sûre de son bon droit et de sa bonne parole, viennent lui imposer son GSM 3G, son ADSL haut débit, sa parabole, qu’il puisse enfin sortir de sa « misère »…que quelqu’un l’aide bon sang notre petit pécheur kuna !!!!! Il a l’air tellement malheureux coupé du monde qu’il est !!! Sa peau est noircie par le soleil et l’eau salée, il passe ses journées à se faire fouetter sans pitié par les embruns tièdes, il rit tellement qu’il ne se rend même pas compte que son sourire n’est pas Ultra Brite…et sa petite famille rit avec lui…ils ont l’air de s’en foutre, ils sont contents de nous voir…demain peut être d’autres touristes oseront rejoindre les 2 îles à la nage, ils les accueilleront sans doute avec le même sourire…mais, je suis persuadé au fond de moi, que pour rien au monde ils ne les suivront…le haut débit mobile attendra…la cuisine équipée aussi…

Nous passerons 4 jours ainsi, à nous faire balader d’îles en îles sur la petite pirogue à moteur de Dioni, notre guide kuna. Si le paradis existe vraiment, je connais un vieux barbu, assis sur son nuage, qui a du soucis à se faire pour me convaincre qu’il existe quelque chose de plus beau, de plus paisible, de plus…humain finalement que ces petites îles du bout du monde.

Et là vous me dîtes…. « il reste un cratère »….euh non, j’m’emelle…çà n’a rien à voir avec le sujet qui nous intéresse. Donc, là vous dîtes… « ouais c’est bien sympa tes ptites îles pleines de noix de cocos, de poissons multicolores, de soleil et de brise marine mais…on s’y ferait pas un peu chier des fois??? »…Parfois !!! « des fois » c’est pas français !! Et non on ne s’y fait pas chier du tout…quand on en a marre des îles désertes à la robinson, on peut aller faire un tour à la mégapole du coin : une dizaine de huttes en palme, quelques barques de pécheur, une épicerie qui vend de tout…du pétrole aux tomates, de l’aspirine aux langoustes…c’est la seule boutique du coin, alors les petits kunas s’y retrouvent et iront même jusqu’à nous emmener d’un coup de barque sur une colline du continent qu’on puisse admirer de haut tous ces îlots verdoyants sur lesquels la nuit tombe peu à peu…

Palmier..ciel noir- bleu marine-rose, palmier...ciel rose-bleu roi, palmier…ciel bleu-rosatre..palmier…vers 4h30 / 6h…la fourchette est large mais confortablement installé dans nos hamacs, bercés par le bruit des vagues et la nature qui s’éveille, nous attendons tranquillement la barque qui nous amènera jusqu’au continent. Un petit tour par la douane, eh oui ! El Porvenir sert de douane pour les navires en provenance ou en partance pour la Colombie…tout est en règle, même si on quitte les kunas, on ne sort pas du pays, ce sera donc une simple formalité.

Finalement ce sera une barque de pécheurs qui nous accueillera, dernier contact avec la comarca kuna yala, pour 3 heures de traversée direction Miramar, l’occasion de profiter du levé du soleil sur l’océan atlantique tout en longeant la cote toujours aussi verte…passage dans les mangroves, rencontre avec les dauphins…matinaux les dauphins ! Pas autant que nos 3 marins kunas qui nous font partager leur petit déjeuner à base de sandwich au paté…après 4 jours de poisson, quelques heures de hamac et en pleine traversée maritime, c’est un peu rock n’roll le paté au petit dej’ ! Louloute préfère dormir encore un peu, elle manquera les dauphins…mais ne coupera pas aux victuailles.
Et voila...adios los kunas…les visages noirs succèdent aux indiens, la végétation devient plus luxuriante, l’accent plus chantant mais toujours la même gentillesse chez les continentaux descendants d’esclaves. Nous avons une petite heure à perdre en attendant le(s) bus qui nous permettront de rejoindre Colon (2ième ville du pays) et décidons donc de gravir la colline la plus proche, histoire de profiter une dernière fois de la vue sur l’océan. L’opération s’annonce plus difficile que prévue…vous avez déjà essayé de patauger dans la terre rouge en tongs et en montée après vous être levé aux aurores ?, plus difficile que prévue mais elle en vaut vraiment la peine. Entre les palmiers et les bananiers, l’océan, luisant sous le soleil naissant, s’étend à perte de vue…Végétation verdoyante, terre rouge et mer argentée...un grand bol d’air pour bien commencer une longue journée.

Le plan est des plus simple : bus jusqu’à Colon ou, selon toute vraisemblance, on devrait pouvoir trouver un train qui en moins d’une heure au cœur de la jungle devrait nous permettre de rejoindre Panama Ciudad. De bus, nous aurons notre dose : pas moins de 3 pour atteindre la grande ville : du minibus bondé avançant cahin-cahotant sur les pistes récemment détrempées, au gros bus américain sans âge, peint, chromé et astiqué jusqu’à plus soif. Le principe est universel sur le continent : si t’as la place de te retourner pour faire remarquer à ton voisin que là vraiment il n’y a plus de place, c’est que justement il en reste…de la place ! Note pour le prochain voyage : penser à faire raccourcir mes jambes. Nous nous arrêtons pour déjeuner à PortoBello, ancienne place forte des espagnols en bord de mer…premières et dernières ruines du voyage (enfin…je passe sur l’état de certains bus ou de certaines chambres d’hôtel qui valent le détour au rayon ruine). Rassurez vous, je ne vous referai pas le couplet sur le soleil brillant de miles feux sur l’océan blah blah blah, vous aurez compris…c’est magnifique !

De bus donc, nous eûmes, mais point de train ! On est dimanche et le Transpanaméen est en congés. Heureusement pour nous la gare routière est à 2 pas et nous n’aurons donc pas à retraverser la ville pouilleuse de Colon…Panama Ciudad nous avait paru sale et bruyante mais ce n’était rien comparé à ici…ça fait bizarre de retrouver les affres de la civilisation après quelques jours passés au paradis.

Il est 19 heures, nous arrivons enfin…bateau, bus, bus…bus…tout ça pour revenir au point de départ ? …et si on embarquait dès ce soir pour le chapitre 3 ? on gagnera une demi journée…