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mercredi, février 22, 2012

Imperium Dekadenz - Procella Vadens (2010) - Fascinant

Imperium Dekadenz - Procella Vadens (2010)

Une intro au piano, mélancolique mais charmeuse, un peu tristounette, puis surgit un mur de grattes aux élans franchement épiques avant que la voix possédée d'Horaz viennent se noyer dans le riff faisant songer au meilleur d'un Isis énervé. Souffrance, tristesse et abandon, voilà de quoi semble être fait le quotidien de notre duo germanique multi-instrumentiste. Puis l'orage s'éloigne quelque peu sur un final en arpéges acoustiques.


Reculer pour mieux sauter dites-vous ? Sans aucun doute, car, à peine le second titre terminé, c'est aux 10 minutes du colossal (comment peut-il en être autrement venant d'un groupe allemand) A Million Moons qu'il faut se frotter et là on parle vraiment de monument. Evidemment double grosse caisse à tous les étages, mur de gratte épais comme un bunker et ce chant déchirant sans être inutilement suraiguë, les hostilités commencent plutôt sévèrement mais le groupe est assez futé pour savoir ménager quelques pauses bienvenues au piano et à l'acoustique avant de repartir vers de folles chevauchées hurlantes. Et l'auditeur pantois et peu familier de ce genre de musique de se demander : alors c'est çà de l'intelligent black metal ? c'est très loin d'être aussi horrible que ce que le nom pourrait laisser à penser. Même le chant, plutôt abrasif, trouve sa place au milieu des riffs bouillonnants. Les rythmes sont variés et, même les plus « speed » restent parfaitement suivables (à l'oreille j'entends, parce que pour ce qui est de les reproduire sur sa batterie de cuisine...n'est pas Vespasian (le batteur donc, à l'étrange pseudo qui sent bon le goût de chiot...) qui veut).

Pour le néophyte que je suis, on pense immanquablement à Isis, à Paradise Lost, pour la dimension épique, les changements d'ambiances, la maîtrise technique des 2 protagonistes mais il y a bien plus encore que ces références métal. Par exemple le très justement nommé A La Nuit Tombante tout acoustique n'a que peu à voir avec le genre précité., ouvrant en douceur le second morceau de choix de cet album qui n'en manque pas, An Autumn Serenade. Sérénade, sérénade, entendons nous bien, c'est toujours la scansion désespérée d'Horaz qui vient se mêler aux grattes, qu'on pourrait croire empruntés aux Thugs, qui arrive immédiatement après, puis le tempo se fait plus... « aérien » (impossible de dire léger, alors faut trouver quelque chose d'approchant) avant de se calmer tout à fait pour revenir en terre acoustiques à mi morceau. La suite est un décollage imparable, triste mais puissant, épique donc comme l'est tout l'album. Au milieu des cadavres et des ruines, le héros, qui vient de perdre son meilleur ami dans la bataille, aperçoit au loin sa saeur qui ne sait encore rien de la fin tragique de son aimé et court vers elle oscillant entre fureur, rage, tristesse et impuissance...la musique d'Imperium Dekadenz est la bande son idéal de ce final de péplum, genre cher au groupe qui revendique ouvertement sa passion pour l'empire romain et ses vespasiennes. Ne pouvant supporter plus longtemps l'idée de déchirer le caeur de sa saeur bien aimée, notre héros tombe à genoux et hurle de douleur, ivre d'une vengeance qu'il semble assouvir sur Ocean Mountains Mirror.

On pourrait sans mal poursuivre l'histoire avec les derniers titres mais vous l'aurez compris, même pour ceux qui ne goûtent que très modérément le death, black ou le dark métal, cet album se défie des étiquettes pour proposer une musique pleine de puissance et d'une beauté froide mais addictive. Le son des légions romaines en marche reproduit par 2 petits teutons. Tout simplement fascinant.

Orthodox -. Sentencia (2009) - Musique sacrée ? Sacrée musique !


Orthodox -. Sentencia (2009)

Il faut bien le reconnaître, le label ibérique Alone Records sait se diversifier. Aux cotes d'un Reznik aux titres aussi courts qu'une intro des Ramones, ils ont aussi en catalogue les œuvres du trio Orthodox..


Bien évidemment ce sont les 26 minutes de Ascension qui forment le point d'orgue de l'album, juste encadre par le court Marcha de la Santa Sangre (la trompette d'Angel Sanchez et ses airs de bande son de western spaghetti) en ouverture et ...Y la Muerte no Tendra Dominio en guise de clôture.

Ascension s'ouvre sur un piano vite rejoint par tout un tas de sons aussi inidentifiables qu'inquiétants. On est très loin des Vamos a la Playa et autres Ketchups auxquels certains se plaisent à limiter la musique espagnole. Tout au plus retrouvera t on dans le chant la tristesse et la douleur propre au flamenco. La voix est chevrotante, on la dirait a l'agonie et les notes de piano martelées lentement ne font que prolonger le supplice un peu plus a peine adouci par une clarinette mélancolique. Cote rythmique, on a rarement fait plus décharné. On frôle le morbide, on souffre avec le groupe, on compatit au calvaire du chanteur. En fait d'ascension, on assiste plutôt a une lente et longue descente aux enfers, a moins qu'il ne s'agisse ici de l'ascension du mont Golgotah et Dieu sait alors si les coups déjà assénés et le poids de la croix la rendent douloureuse. A chaque coup de cymbale le pas se fait plus pesant, plus hésitant avant de s'arrêter totalement. La longue plainte désespérée du supplicie prend alors fin. L'atmosphère semble alors se détendre quelque peu avec le retour d'une clarinette moins grave que précédemment et la musique prend alors une tournure certainement plus jazz que rock, un instant de répits ? L'hébétude après tant avoir tant supporte? Et si tout cela n'était pas tout simplement la fin d'une agonie qui n'aurait que trop durée et l'approche de la mort qui viendra mettre un terme a la douleur? Un dernier spasme violent et puis...le silence...de mort. Amen...

Si au 3ieme jour Jésus est ressuscité d'entre les morts, Orthodox ouvre son troisième mouvement sur la beauté mystique d'un orgue de cathédrale qui vient clore, en forme de requiem ce chemin de croix contemporain.

Angoissant, désespéré, triste et douloureux ce disque l'est certainement. In classifiable aussi, il n'y a absolument rien de rock dans cette musique, et les amateurs de musique religieuse n'ont que peu de chance d'avoir un jour entendu parler de ce groupe espagnol. Souhaitons que l'audace d'Alone Records rencontre un public désireux de sortir des sentiers battus par les hordes de païens et autres adorateurs du veau d'or. Mais de cela, je m'en lave les mains.

Malheureusement, impossible de trouver une video sur Youtube :(