jeudi, avril 19, 2012

Arnaud Aubron: Drogues Store : Dictionnaire rock, historique et politique des drogues

Arnaud Aubron: Drogues Store : Dictionnaire rock, historique et politique des drogues

40 années d'une guerre sans merci contre la drogue, pour arriver au constat qu'à l'image de la prohibition contre l'alcool du début du siècle passé aux Etats Unis, on en est exactement au même point qu'initialement, 40 années à détruire des cultures ancestrales, a piétiner les règles les plus élémentaires de la liberté individuelle, mais aussi 40 années de coups tordus, de narco-trafic "légal", de discours lénifiants et/ou inaudible, voila une partie de ce que raconte ce petit dico ludique et documenté, pour peu que l'on prenne la peine de mettre bout a bout toutes ses entrées.

Pas mal d'histoire, un peu de culture (dans tous les sens du terme), de la politique évidemment et un catalogue relativement complet des substances stupéfiantes a la portée de qui veut bien se donner la peine de chercher, voila de quoi passer quelques heures a planer utilement.

On regrettera cependant que, sans doute pour ne pas tomber sous le coup d une "présentation sous un jour favorable", les effets des différents produits répertoriés ne soient pas décris plus en détail, mais loin de nous l'idée d imaginer que l'auteur puisse conseiller au consommateur de se faire son idée par lui même :)'

Pourquoi un dictionnaire "rock" ? La, franchement, le concept nous échappe un peu car, a part une discrète allusion au Grateful Dead, on ne trouve pas grand chose sur le sujet. Pour une étude plus approfondie des liens entre drogues et musique on se reportera utilement au bien plus complet "Waiting for the Man: Histoire des drogues et de la pop music".

Cette précision faite, on remerciera surtout l'auteur de nous en avoir appris beaucoup plus sur ce sujet tabou que le catastrophisme médiatique ambiant et les fantasmes d'illuminés notoires. Le tout de façon ludique et relativement objective, un bel exploit !

Harry Shapiro: WAITING FOR THE MAN Histoire des drogues et de la pop music

Harry Shapiro: WAITING FOR THE MAN Histoire des drogues et de la pop music

Que peuvent bien avoir en commun mods et rastamen, jazzmen d'avant guerre et techno kids, punks et bluesmen itinérants du début du siècle dernier, hippies babas cools et metalleux aux semelles plombées ? Leur amour de la musique, fut elle multiple et différente ? Certes oui, chacune de ces tribus a sa musique, ses héros et ses prophètes, son histoire et ses rites, mais au delà de l'univers musical qu'est ce qui peut bien rapprocher ces mondes d'apparence si différents ?

Allez, je suis sur que vous allez trouver, cherchez bien...mais oui, vous y êtes...c'est ca, la drogue, enfin, la drogue...plutôt les drogues, des dérivées opiacés (alors en vente libre) des bluesmen ambulants aux ecstasys des soirées ravées, la culture musicale a toujours été accompagnée des éléments naturels ou chimiques propres à se libérer des conventions castratrices. C'est cette histoire passionnante et riche en rebondissements que les éditions qui sentent le soufre ont décidé de nous narrer aujourd'hui dans un épais ouvrage qui jamais ne donne dans la démonstration savante ou le parti pris au choix moralisateur ou dévergondé. 

 N'omettant aucun des aspects du sujet, si ce n'est certaines de ses conséquences, nous voila plonge dans une véritable histoire des musiques contemporaines, du blues a la techno, sous le prisme forcement déformant des substances (qui ne furent pas toujours) prohibées. Rien ne nous sera cache, ni ou ni comment s'en procurer, ni l'histoire précise de la prohibition des origines a nos jours, ni les épisodes les plus glorieux ou farfelus auxquels une consommation frénétique donna lieu. 

Cette somme se lit d'une traite, comme un voyage éclair dans le temps musical, au sujet duquel le seul reproche que l'on puisse faire, s'il faut vraiment en trouver un, est d'être uniquement centre sur un point de vue anglo-saxon, mais après tout, toute la musique que l'on aime, elle vient de la, elle vient du blues !

mardi, avril 03, 2012

Guillaume Soulatges - CrippaXXXAlmqvist : « Schwarz Metall Wald » (2012)

CrippaXXXAlmqvist : « Schwarz Metall Wald » (2012)

« Ce ne serait donc pas rendre service à ses deux garçons que de les encourager dans ces voies pathétiques en accordant votre attention, ou en invitant vos amis à le faire, à (leur) exposition ou à leur soi-disant livre.”. Ainsi se terminait le mail promo annonçant la sortie imminente de "Schwarz Metall Wald", projet à 4 mains du suédois CrippaXXXAlmqvist et du petit gars bien de chez nous Guillaume Soulatges.






Ne vous fiez pas se à la couverture plutôt champêtre avec ces chèvres gambadant dans la foret, nous sommes bel et bien ici en présence d’un délire drogué en noir et blanc. Un voyage qui tourne dès la première page au bad trip sous LSD. Sex, drug and rock n roll voila de quoi dégouline ce petit
fascicule tire a 100 unîtes




Comment expliquer plus encore de quoi il retourne ici, le plus simple est peut être de glisser un disque de black metal poisseux, moite même, bien noir, dans la platine.  C’est sans doute la musique qui accompagnera le mieux ce cauchemar graphique. Pour arriver a pareille impression malsaine et malade il a quand même fallu qu’ils s’y mettent a 2. On les imagine assez bien enfermés, de nuit, dans une cabane moisie au fond du jardin, au sol fangeux et à l’odeur putride, enfermés donc, pour pondre leur œuvre, un marqueur noir dans une main et ce qu’il vous plaira d’imaginer dans l’autre, secoués de spasmes et de rires démoniaques.







Des bites, des croix, des monstres et des gamins ; il y a un peu de tout ça dans "Schwarz Metall Wald", un peu, mais il y a surtout ce qu’on n’y voit pas : du sang, du son, du sexe, du scabreux et du sperme… Le genre de forêt noire dans laquelle se seraient perdus 3 (en l’occurrence 2 ici) petits cochons underground !

dimanche, février 26, 2012

P.L.M.B. Nouveau Single - Plexor

P.L.M.B. Nouveau Single - Plexor

Tout commence en 2010 quand je reçois un album complétement malade, dérangé, malsain et, à tout dire, franchement dérangeant, d’autant plus dérangeant qu’il est sacrément addictif et qu’à force d’accrocher, j’en viens à douter de ma propre santé mentale.



Un an, c’est à peu près le temps qu’il m’aura fallu pour reprendre pied après un passage aussi sauvage dans la lessiveuse rock cradingue. En suis-je sorti cette fois ? J’en doute, en tous cas PLMB ne fait rien pour m’y aider, car voilà pas que nos drôles d’oiseaux viennent de sortir un court EP (3 titres) dont la sauvagerie n’a rien à envier à son prédécesseur, et qu’en plus, ils ont l’audace d’aller porter, en ce moment même, leur parole pleine de bile, de croutes grattées et de foutre aux 4 coins rouillés des endroits de la planète qui ont encore les couilles de les accueillir. 

Le pire, c’est qu’en 2 titres, ils ont encore réussi à m’avoir comme un bleu : tout comme sur l’album précédent, tout commence bien avec Plexor et sa petite mélodie presque pop à la gratte, qui ferait presque penser à du Nirvana, bref on se dit que sur ce coup-là, même s’ils restent énervés, ils ont dû mettre un peu d’eau dans leur bière. .. Cruelle retour dans le monde réelle dès que l’enragé du micro l’ouvre, une nouvelle fois c’est un flot de furie, de la pure agression verbale, qui vient se poser sur les cordes rouillées des grattes. Ne croyez pas que Little blue box, aussi mignon que son titre puisse l’être, viendra radoucir un peu l’ambiance, non, non, non , loin s’en faut, vous vous êtes laisser plonger la tête dans la cuvette des chiottes, ne comptez pas sur ces Oiseaux Mutants pour venir vous la retirer là. Au contraire même, en 3 titres ils feront tout pour s’assurer qu’elle y est enfoncée aussi profondément que possible, à coup de rangers s’il le faut mais toujours avec l’élégance punk ultime de vomir leur bile dans la cuvette en guise de chasse d’eau.

Si, quand on vous dit « punk », vous sortez votre gel et vos roulettes et répondez Offspring ou Green Day, dans ce cas passez votre chemin. Si, par contre, vous sortez cran d’arrêt rouillé et épingle à nourrice planté à même la couille alors ce single est pour vous, vous m’en direz des nouvelles…dès que vous serez à nouveau en état de desserrer les mâchoires.


Gigposters 2 - Clay Hayes - 2011


Clay Hayes est le fondateur de gigposters.com. Pour tous les non initiés au monde de l'affiche sérigraphiée rock, ce site est LA référence mondiale dans le genre. Véritable musée et gallerie "online" regroupant plus de 10 000 artistes des 4 coins du monde, présentant plus de 100 000 créations, annonçant les concerts de groupes des plus gros aux plus humbles. Si vous avez déja révé de monter un groupe avec des Legos ou, si vous vous êtes toujours demandés ce que pourrait donner le croisement du logo de Motorhead et d'Hello Kitty, alors ce bouquin est très certainement pour vous, vous y trouverez toutes les réponses à toutes les questions que vous ne vous êtes probablement jamais posées.

Ceci étant dit, si vous êtes juste un amateur lambda de l'art du poster rock, avec aucun penchant bizarre genre la vie sexuelle d'Hello Kitty ou que sais je encore, alors oui, aucun doute, ce bouquin est aussi fait pour vous. é ans après le premier volume, passé joyeusement sous silence en France, Clay Hayes revient avec 101 nouveaux artistes, d'à peu près toute la planète.
Au format 36.5 x29 cm, chaque artiste bénéficie d'une représentation en pleine page d'un de ses posters au dos duquel on en trouve 4 ou 5 autres plus petits ainsi que quelques infos relatives au dessinateur. Chaque page peut être détachée aisément, offrant ainsi 101 posters prêts à être encadrés. Mais si, comme moi, vous vous voyez mal dchirer le bouquin, rien ne vous empêche d'en acquérir 2 exemplaires.
Si vous hésitez toujours à l'acheter, la liste ci dessous devrait finir de vous convaincre :

Adam Pobiak, Alan Hynes, Alana Bailey, Altieri Art, Ames Bros, Anville, AS Printing Press, Atzgerei, Baker Prints, Blackheart Studios, Ben Wilson, Broken Press, The Bubble Process, The Bungaloo, Chicken Billy, Clint Wilson, Clinton Reno, The Comet Substance, Concepcion Studios, Craig Horky, Craig Updegrove, David V. D'Andrea, Dead Meat, Dirty Donny Gillies, DKNG, Doe Eyed, Doublenaut, Douze Studio Dresden, Dr. Alderete, Droid, Empire Press, Erick Montes, Frida Clements, Ghost-Town Studio, Graham Pilling, Gunsho, The Half and Half, Hatch Show Print, Hyp Inc, Idiot or Genius ?, Insurgentarts, Iron Canvas Studios, Iskra Print Collective, Isle of Printing, Ivan Minsloff, James Flames, Jeral Tidwell, Jeremy Wilson, Jim Mazza, Joe Whyte, John Howard, Johnny Sampson, Justin Santora, Kill Hatsumomo Prints, Kunny van der Ploeg, Landland, Madpixel Art and Design, Mara Piccione, Mark McCormick, Mark Sgarbossa, Marq Spusta, Matt Terich, Maximum Flouride Killustration, Mike Saputo, Mike Weihs, Mile 44, Nat Damm, Nerl Says Design, Nick DuPey, Petting Zoo Prints & Collectables, Pfahlert Creative Labs, Punchgut, R. Black, Rich Kelly, Robbie Fuct, Ryan Duggan, Scott Campbell, Scraped Knee Studios, Scrawled Design, Shawn K. Knight, The Silent Giants, Small Horse Studio, Sonnenzimmer, Spike Press, Standard Deluxe Inc, Standard Design, Status Serigraph, Subject Matter Studio, Switchopen Illustrations, T-Bone & Aljax Production and Design, Tim Huesken, Tom Bagley, Traci Edwards, Two Arms Inc, Two Rabbits Studios, Tyler Stout, Uglybogus, Us &Them, Weapons of Mass Design, Weathermaker Press, Will Ruocco