mardi, juillet 17, 2012

Feuerzeug - Dead Wahines and Tsunamis (2012)

Feuerzeug - Dead Wahines and Tsunamis (2012)

Descendus tout droit des montagnes hélvétes, Feuerzeug revient aujourd'hui labourer nos écoutilles 2 ans après le passage de la lame rouillée qu'était le fantastique Drive Fast and Crash.

 

 

Avec des titres comme Cruising the Desert ( en 2 parties, excusez du peu) vous vous attendiez a quoi sincèrement ?! Du Stephan Eicher ? Et Coroner ils sont (etaient ?) d’où bande de petits malins ? Et les Young Gods ? Ils etait grand temps que les montagnes aillent a leur tour s’échouer dans le désert.
  
En droite ligne d’un desert/stoner rock à la QOTSA (Landkreuzer), les suisses sont loins d’être manchots quand vient l’heure de dégainer des riffs estampillés pure robot-rock ( copyright Josh Homme), hypnotiques et drogués; du riff gras, donc, longuement asséché au soleil transalpin ( ?), un rien gratté à l’os par une rythmique abrasabive sous son groove dangereusement instable. Car oui ya pas a tortiller du cul pendant des heures, pour groover, nos helvetes sy entendent comme lar(d)ons en foire (la rythmique de Kometa au hasard…).

Bien entendu vous aurez votre dose d intro pachydermique (Fusion Van) mais pas question de débander non, le chant est la pour rappeler l urgence, la séminale nécessite de sortir vainqueur de cette traversée des cactus a tombeau ouvert.Avec Nitroghostcar, par exemple, on amorcerait presque un virage incontrolé sur l’aile System Of A Down, ça secoue violemment mais on finit toujours tôt ou tard par retomber sur ses pattes.

Avec ses 9 minutes et quelques Release the Kraken fait office de bulldozer ( ou sont les slaves se demanderont ingenuement les amateurs de Soundgarden charmés par la peusanteur psychedelique du morceau)...

...oh et puis merde, laissons un instant la bienveillante impartialité du  chroniqueur modèle et disons le tout de go, Release the Kraken c'est la fusion parfaite que l'on attendait depuis 20 ans maintenant, entre Kyuss et Soundgarden ! Dire qu'il fallait que pareille alchimie nous vienne d'un pays ou les dunes ont plutôt tendance à être enneigées n'apportera rien. Dire que le riff de Dead Wahines and Tsunamis a, semble t il, ete ecrit un soir de sabbath noir ? On n'en saura rien, mais si l'on considère que l'on retrouve dans ce titre ultime la lourdeur des maitres, le psychedelisme noir du jardin sonore précité et une touche de fraicheur "pop" de l'âge de pierre, on comprendra aisément qu'il résume à lui seul tout le talent et la créativité de Feuerzeug !

mardi, juillet 10, 2012

Abrahma - Through the Dusty Paths of Our Lives (2012)

Abrahma - Through the Dusty Paths of Our Lives (2012)

Des cendres des défunts Alcohsonic, renait aujourd'hui Abrahma et, sans rien renier de son passé (glorieux soit dit en passant), le moins que l'on puisse dire est que nos gaillards ont encore gagné en maturité (au moins musicale, pour le reste... hummmm, disons que .... hummmm.... voilà voilà....). On avait laissé Alcohsonic s'égayer dans le vaste champ des 3 dernières décennies musicales de la fin du XXème siècle, on les retrouve aujourd'hui plus concentrés, plus compacts en quelque sorte, tout entier occupés à déterrer le cadavre encore fumant de ce qui se fit de mieux dans les 90s, hein ? ... Monster qui ? Non... je vois pas...

Oui c'est à croire que tout ce qui s'est fait de mieux entre 1989 et 1999 s'est donne rendez-vous sur ce premier album des pas vraiment débutant d'Abrahma. Un riff panterien en diable en guise de mise en bouche,  sur un titre hyper efficace, boosté par une basse énorme étrangement floydienne, oui messieurs les velus, voila du lourd comme on n'en a plus entendu depuis longtemps. Ni exagérément pesant ou complexe comme.ça semble.être devenu la.grande mode ces.derniers temps au sein des combos affilies stoner au sens large. Comme me le confiait l'immense Seb Bismuth (voc) "Marre de tout ces bands stoner qui ne font plus que gueuler en mangeant du prozac :) ", et ça s'entend !!! 

Déjà, niveau chant, la.voix époustouflante de Seb navigue quelque part entre un Morrisson bien burné et un monsieur Clutch (j ai un peu la flemme de chercher le nom) en grande forme, autant dire que l on tient du très gros, à des années lumières des grawls et des hurlements très tendance en ce moment. Qui a parlé d'Ian Ashbury ? ;) 

Musicalement aussi, doté d'une section rythmique qui s y connait pour faire monter imperceptiblement un groove imparable (Volun pt1) et d'un gratteux aussi a l'aise pour faire tourner du riff gras (Dandelion Dust) que claquer quelques solis en apesanteur, et même si l on sent parfois Neurosis pointer le bout de son nez (Loa's Awakening (Prelude) ou le long et solennel The Maze) de temps en temps, le heavy de nos frenchies ne sombre jamais dans la dépression lourdingue que semblent affectionner les post-rockers en tout genre. 

Art by Seb Bismuth
 Tout ici respire le heavy rock des grands soirs oragzux, finalement toute la musique qu'on aime elle vient vraiment de là, elle vient du blues crasseux des marécages sonores de Honkin water roof   ou Ocean on sand tout en slide., elle vient d'un jardin sonore (Soundgarden pour les plus anglophobes) croisé au détour de Big Black Clouud ou Here Sleep.Ghosts, elle vient d'une époque où l'on savait encore déprimer en chantant, entre Jeff Buckley et Layne Staley, comme sur Headless Horse.

Autant vous dire tout de suite que ce qui aurait pu ressembler sur le.papier a une belle compil 90s s’avère être un album varié mais cohérent, un peu en marge de toute la production actuelle des desert-eurs du space stoner rock. Ajoutez à tout cela un artwork particulièrement réussi d'Alexander Von Wieding et une signature sur le mythique label SmallStone Records et vous comprendrez vite que les petits Alcohsonic ont largement réussi leur crise de croissance ! 


Art by Johan Jaccob



jeudi, avril 19, 2012

Arnaud Aubron: Drogues Store : Dictionnaire rock, historique et politique des drogues

Arnaud Aubron: Drogues Store : Dictionnaire rock, historique et politique des drogues

40 années d'une guerre sans merci contre la drogue, pour arriver au constat qu'à l'image de la prohibition contre l'alcool du début du siècle passé aux Etats Unis, on en est exactement au même point qu'initialement, 40 années à détruire des cultures ancestrales, a piétiner les règles les plus élémentaires de la liberté individuelle, mais aussi 40 années de coups tordus, de narco-trafic "légal", de discours lénifiants et/ou inaudible, voila une partie de ce que raconte ce petit dico ludique et documenté, pour peu que l'on prenne la peine de mettre bout a bout toutes ses entrées.

Pas mal d'histoire, un peu de culture (dans tous les sens du terme), de la politique évidemment et un catalogue relativement complet des substances stupéfiantes a la portée de qui veut bien se donner la peine de chercher, voila de quoi passer quelques heures a planer utilement.

On regrettera cependant que, sans doute pour ne pas tomber sous le coup d une "présentation sous un jour favorable", les effets des différents produits répertoriés ne soient pas décris plus en détail, mais loin de nous l'idée d imaginer que l'auteur puisse conseiller au consommateur de se faire son idée par lui même :)'

Pourquoi un dictionnaire "rock" ? La, franchement, le concept nous échappe un peu car, a part une discrète allusion au Grateful Dead, on ne trouve pas grand chose sur le sujet. Pour une étude plus approfondie des liens entre drogues et musique on se reportera utilement au bien plus complet "Waiting for the Man: Histoire des drogues et de la pop music".

Cette précision faite, on remerciera surtout l'auteur de nous en avoir appris beaucoup plus sur ce sujet tabou que le catastrophisme médiatique ambiant et les fantasmes d'illuminés notoires. Le tout de façon ludique et relativement objective, un bel exploit !

Harry Shapiro: WAITING FOR THE MAN Histoire des drogues et de la pop music

Harry Shapiro: WAITING FOR THE MAN Histoire des drogues et de la pop music

Que peuvent bien avoir en commun mods et rastamen, jazzmen d'avant guerre et techno kids, punks et bluesmen itinérants du début du siècle dernier, hippies babas cools et metalleux aux semelles plombées ? Leur amour de la musique, fut elle multiple et différente ? Certes oui, chacune de ces tribus a sa musique, ses héros et ses prophètes, son histoire et ses rites, mais au delà de l'univers musical qu'est ce qui peut bien rapprocher ces mondes d'apparence si différents ?

Allez, je suis sur que vous allez trouver, cherchez bien...mais oui, vous y êtes...c'est ca, la drogue, enfin, la drogue...plutôt les drogues, des dérivées opiacés (alors en vente libre) des bluesmen ambulants aux ecstasys des soirées ravées, la culture musicale a toujours été accompagnée des éléments naturels ou chimiques propres à se libérer des conventions castratrices. C'est cette histoire passionnante et riche en rebondissements que les éditions qui sentent le soufre ont décidé de nous narrer aujourd'hui dans un épais ouvrage qui jamais ne donne dans la démonstration savante ou le parti pris au choix moralisateur ou dévergondé. 

 N'omettant aucun des aspects du sujet, si ce n'est certaines de ses conséquences, nous voila plonge dans une véritable histoire des musiques contemporaines, du blues a la techno, sous le prisme forcement déformant des substances (qui ne furent pas toujours) prohibées. Rien ne nous sera cache, ni ou ni comment s'en procurer, ni l'histoire précise de la prohibition des origines a nos jours, ni les épisodes les plus glorieux ou farfelus auxquels une consommation frénétique donna lieu. 

Cette somme se lit d'une traite, comme un voyage éclair dans le temps musical, au sujet duquel le seul reproche que l'on puisse faire, s'il faut vraiment en trouver un, est d'être uniquement centre sur un point de vue anglo-saxon, mais après tout, toute la musique que l'on aime, elle vient de la, elle vient du blues !

mardi, avril 03, 2012

Guillaume Soulatges - CrippaXXXAlmqvist : « Schwarz Metall Wald » (2012)

CrippaXXXAlmqvist : « Schwarz Metall Wald » (2012)

« Ce ne serait donc pas rendre service à ses deux garçons que de les encourager dans ces voies pathétiques en accordant votre attention, ou en invitant vos amis à le faire, à (leur) exposition ou à leur soi-disant livre.”. Ainsi se terminait le mail promo annonçant la sortie imminente de "Schwarz Metall Wald", projet à 4 mains du suédois CrippaXXXAlmqvist et du petit gars bien de chez nous Guillaume Soulatges.






Ne vous fiez pas se à la couverture plutôt champêtre avec ces chèvres gambadant dans la foret, nous sommes bel et bien ici en présence d’un délire drogué en noir et blanc. Un voyage qui tourne dès la première page au bad trip sous LSD. Sex, drug and rock n roll voila de quoi dégouline ce petit
fascicule tire a 100 unîtes




Comment expliquer plus encore de quoi il retourne ici, le plus simple est peut être de glisser un disque de black metal poisseux, moite même, bien noir, dans la platine.  C’est sans doute la musique qui accompagnera le mieux ce cauchemar graphique. Pour arriver a pareille impression malsaine et malade il a quand même fallu qu’ils s’y mettent a 2. On les imagine assez bien enfermés, de nuit, dans une cabane moisie au fond du jardin, au sol fangeux et à l’odeur putride, enfermés donc, pour pondre leur œuvre, un marqueur noir dans une main et ce qu’il vous plaira d’imaginer dans l’autre, secoués de spasmes et de rires démoniaques.







Des bites, des croix, des monstres et des gamins ; il y a un peu de tout ça dans "Schwarz Metall Wald", un peu, mais il y a surtout ce qu’on n’y voit pas : du sang, du son, du sexe, du scabreux et du sperme… Le genre de forêt noire dans laquelle se seraient perdus 3 (en l’occurrence 2 ici) petits cochons underground !