mercredi, février 22, 2012

Crippled Black Phoenix - 200 Tons Of Bad Luck (2009)

Crippled Black Phoenix - 200 Tons Of Bad Luck (2009) / Un peu long

Ami ornithologue, tu en conviendras facilement, il est extrêmement rare, pour ne pas dire que c'est jamais arrive, d'observer, a l'état sauvage, un Pelican en train de se faire un Flamand Rose. Et pourtant, je te l'affirme bien haut, ca existe! La preuve ? Crippled Black Phoenix, avant de renaître sur chaque morceau des cendres qu'il a préalablement semé, est issu de pareille union contre nature. On le sait, si, contrairement a l'albatros, ses ailes de géant ne l'empêchent pas de voler, le Pelican, par ses velléités a plomber, autant que faire se peut, son post rock instrumental a beaucoup de mal a croiser aux mêmes altitudes que son rose congénère lequel se plait dans les envolées de guitares aériennes, les mélodies doucement mélancoliques et autres décollages a la verticale dont le seul but est de se rapprocher sans cesse un peu plus du soleil sans pour autant s'y bruler les ailes.


Ouvert par un chœur comme on n'en avait plus entendu depuis le Sky Blue de Peter Gabriel, empreint d'une grave sérénité virile, pose sur une confortable couche de piano/ grattes en planning et une batterie virtuose que l'on ne quittera plus des oreilles tout au long de l'album. Suit alors un interlude "fête foraine" qui n'est pas sans rappeler le titre gag de Tool sur Aenima (pause que l'on retrouvera plus tard dans l'album avec A Real Bronx Cheer), avant que ne débute un inédit à peine alourdi d'Animals, en tout cas on le jugerait tant ce Rise Up And Fight nous parait familier, même le chant se fait gilmourien. Imperceptiblement le morceau se durcit à l'ombre d'improbables bip-bips electro vintages. L'ombre du Pelican recouvre peu a peu les frêles pattes de notre ami rose qui livre pourtant une fière bataille a coup de mélodies vocales imparables et puis...le silence, un cœur qui bat, quelques consignes vous rappelant qu'il ne faut jamais prendre pour argent comptant ce que les gens peuvent vous dire et qu'il faut avant tout croire en vous, le tout sur une calme musique mystique, autre interlude poignant de l'album. On le disait mort mais le flamand rose a su faire siens les précieux conseils et, peu a peu, tout au long des quelques 18 minutes de Time Of Ye Life\Born For Nothing\Paranoid Arm Of Narcoleptic Empire, il renait (oui de ses cendres évidemment au cas où vous vous seriez perdu en cours de route, le groupe s'appelle quand même Crippled Black Phoenix). Si cela a un sens, on trouvera a Whissendine un cote plus "pop" permettant encore une fois de rester pantois devant le jeu du batteur, avant que notre petit flamand n'essuye nouvel assaut orientalisant un peu "a la" Robert Plant solo.

La seule chose qui puisse peut être être reproché a l'album est sa longueur, et le groupe n'échappe parfois pas a l'écueil du remplissage. On pourra ainsi déplorer certains titres plus oriente musique de melo vietnamien larmoyant comme (Wendigo), expérimentations glaciales pour gratte sèche et piano sur fond de nappes Picard (Crossing The Bar) ou le retour de chœurs (mixtes cette fois) moins réussis sur A Hymn For A Lost Soul.

Au milieu des Byrds, Pigeonhead, Hawkwind, Thunderbirds et autres Black Crowes, aucun doute que ce Phoenix la trouvera une place durable dans votre volière.

Major Lazer - Guns Don't Kill People... Lazers Do (2009) / 30 ans de Dancehall sur un disque

Major Lazer (2009)

"Tu connais pas Major Lazer ?", le mec a l'air de ne pas y croire et pourtant...jamais entendu parler. "C'est un peu un Gorillaz ragga", la mon oreille se tend et mes sens s'éveillent. Premier titre un dancehall très 90s bien servi par Mr Lexx et Santigold, un son bien rampant, pas de problème, j'accroche. Puis vient WHen You Hear the Bassline, feat Thing, moins accrocheur mais bon flow de Ms Thing sur un son très sourd, genre Drop It Like It's Hot du Snoop, pas mal, avec interventions du Selecta en chef, rien ne manque. Mr Vegas et Jovi Rockwell s'invitent ensuite pour un titre très roots, et on recule d'une décennie pour se retrouver un son Barrington Levy et un Mr Vegas plus roots qu'a son habitude. Passage dub, rien a redire il commence bien ce petit album qui en trois titre résume 20 ans de dancehall.

Évidemment le Lazer Theme se devait d'être a la hauteur et il l'est, sur une basse très Cure (The Cure pas Jah Cure) Future Trouble convoque les fantomes des toujours vivantes plus grandes figures du dancehall actuel. Encore une réussite, décidemment. Turbulence vient faire son Beenie Man sur un Anything Goes tres boogle. Mouais... Nouveau bond temporel pour se retrouver en plein XXI eme siècle avec un Cash Flow typiquement Nu Roots/ Conscious, rythmique organique, paroles rastas engagées, il est dingue ce Major Lazer, il reussit tous les styles qu'il touche le gus! Suit un boogle a la Goran Bregovic avec sa caisse claire et ses cuivres bouches, on a le droit de moins apprécier... Le défilé de guests de prestige se poursuit avec TOK et il faut attendre le 10 eme titre pour tomber sur une horreur Dance RnB Lover du plus mauvais gout, du sous sous sous Sean Paul, c'est dire.

Au final de Gorillaz je n'ai pas trop vu si ce n'est l'impressionnante quantité de guests remarquables, mais de dancehall ca par contre j'en ai entendu, et du bon avec en prime le plaisir d'en balayer les différentes incarnations temporelles même si la part belle revient aux 90s. Si vous ne vous êtes toujours pas remis des Virus et autres Medina Riddim, Major Lazer est pour vous!

Broadcast - Investigate Witch Cults Of The Radio Age (2009) / Qu'est ce qu'ils ont mis dans mon verre ?

Broadcast - Investigate Witch Cults Of The Radio Age (2009)

Musique de drogués ? Drogue musicale ? cette collaboration entre le collectif Broadcast et Julian House (aka The Focus Group). Machine à remonter le temps vers les psychés années 60’s. La BO de The Party idéale.


Oahhh put*** j'suis bien... hinhinhin, salut vous..houla, çà tangue, hinhin, c'est quoi ? hein ? non me parlez pas à l'oreille t'es beaucoup trop loin, c'est marrant une marguerite quand tu la regarde près de loin... mais je suis où ? je crois que je vais pas réussir à me lever de ce canapé moi, ahhh smiiiile...comme les Beach Boys, ouais, les Beach Boys dans mes bulles de champagne...c'est encore loin ailleurs ? vous habitez chez vos manants mademoiselle ? chuuutttt, j'entends de la musique, des chaeurs d'oiseaux qui murmurent Revolution number 9, comme à la messe, mais seulement si l'herbe y est verte, comme les champignons... J'ai du dormir...mais comme ces gens ondulent, hinhinhin, dans un brouillard sans fumée...tiens d'ailleurs, je vais rouler, mais faut d'abord que je me réveille...mais je suis où ? ah tiens quelqu'un...pardon ? ... bah il est où ? c'était peut être une flûte...de champagne ? non, jamais quand je roule un space cake...regagner mon corps, il me faut...pour me lever...hey...toi la flûte ! tu joues à l'envers, ah merd*, je patauge dans la moquette...que ce plafond est bas...la marée monte...mais il est quelle heure ? déjà l'année dernière ? ohhh mais faut que je rentre chez moi, le lapin blanc va m'attendre...au revoir...

Ouahhh man, la claque, je crois que j'ai fait un rêve, j'ai révé d'un EP de 23 titres, j'étais loiiiiinnnnn...

Karimouche – L’Emballage d’Origine (2010)

Karimouche – L’Emballage d’Origine (2010) - Piaf meets Lady Saw chez Renaud

Atmosphère ? Atmosphère ? Vous trouvez qu'elle a un flow d'atmosphère la miss Karimouche (et pas avec le coude ) ? Si d'atmosphère il y a, outre son label, c'est bien celle de l'époque racontée avec bagou et gouaille comme une titi parisienne lyonnaise qui aurait été chercher sa diction tout en rap - ragga dans les banlieues dites difficiles. Une Arletty de Sarcelles (Atmosphère et ses charters complets pour Bamako), en quelque sorte, une lointaine cousine de Lady Saw, son petit béret et sa baguette (enfin une campagnarde, ou des champignons, s'il y en a) sous le bras. Kingston à la croix rousse.


Comme une Diams qui du haut de sa tour raconterait ce qui se passe sous ses fenêtres sans jouer aux mères la morale, sans larmoiement inutile, entre autodérision et constat désabusé sur tout un chacun. Sur le disco Je Parle Trop, Karimouche ne s'en cache pas : c'est plus fort qu'elle, elle parle comme elle respire, et quand on voit à quelle vitesse et la souplesse avec laquelle elle débite ses états d'âmes on se demanderait presque quand elle trouve, même, le temps de respirer. Un accordéon discret par ci, par là, un xylophone, tout ce qu'il faut pour la créer cette fameuse atmosphère urbaine, franchouillarde et ses mots sans âge que l'on trouve au détour d'une rime (qui dit encore mornifle au XXIeme siècle ?).

Vous allez me dire, du reggae français, ça va, on commence à en avoir soupé, et pas du meilleur. Mais plutôt que de classer Karimouche dans cette catégorie typiquement hexagonale, c'est plutôt dans la tradition de la chanson française futée, entêtante et badine qu'il faudrait ranger la miss Mouche, tant l'univers musical est avant tout mise au service de petites vignettes de vie (comme Firmin sur lequel plane l'ombre affectueuse de mamie Piaf). Elle le dit elle-même, elle peut chanter du Cloclo et du Renaud et c'est vrai qu'il y a du chanteur à la cheutron sauvage dans cette façon de poser de petites histoires poétiques et théâtrales qui n'ont l'air de rien, mais drôlement bien tissées.

mardi, janvier 24, 2012

Le "Made in France":du concept politique à la "vie réelle"

Le fameux "Made in France": du concept politique à la "vie réelle"

A l'approche de la date fatidique, il semble de plus en plus sûr que la campagne sera "Made in France" ou ne sera pas. Mais, au delà du simple discours politique nous avons décidé d'en savoir plus sur les applications réelles du terme en essayant de trouver un exemple concret, original et si possible amusant de ce principe. Evidemment, voilà quelques temps déja que les fêtes de fin d'année sont passées, mais celà n'empêche en rien de faire plaisir aux plus jeunes, d'où l'idée d'aller trouver Solène Lardereau fondatrice du site mon-livre-personnalisable.com


Bonjour, peux tu te présenter en quelques mots, qui es tu, d’où viens tu ?

Bonjour, je m'appelle Solène Lardereau. Je suis une Toulousaine de 23 ans diplômée en communication et multimédia.

D’où t’es venue l’idée de mon-livre-personnalisable.com ?

A 6 ans, mes parents m'ont offert un livre avec mon prénom, je m'en souviens encore plus de 15 ans après ! Sensible au monde de l'enfance, j'ai participé à plusieurs actions faveur d'enfants. J'ai souhaité aller plus loin en créant mon activité autour de livres personnalisés pour les jeunes lecteurs. 

A l'heure actuelle, il existe beaucoup de produits personnalisés mais les livres sont des oubliés de cette mode. C'est dommage, car c'est un produit qui joint l'utile à l'agréable et qui met vraiment l'enfant à l'honneur.

Il m'a semblé indispensable d'insérer la photo de l'enfant en plus de son prénom, ainsi, l'enfant est vraiment le héros de son aventure, il n'y a pas de doute !

J’ai fait ma petite enquête de mon coté, il existe d’autres sites apparement sur le même créneau, qu’est ce qui, selon toi, fait toute l’originalité de ton projet ?

Oui, plusieurs sites proposent des livres personnalisés. Chaque site est différent : personnalisation de la photo ou uniquement du prénom, avec ou sans proche, délais de fabrication plus ou moins long...

Pour ma part, j'ai voulu proposer un produit de qualité et offrant des options supplémentaires de personnalisation :

- Insertion de trois photos différentes de l'enfant : les expressions de son visage sont alors adaptées aux événements de l'histoire (les autres sites n'utilisent qu'une seule photo)

- Jusqu'à trois proches personnalisables : si les enfants apprécient d'être les héros, les parents sont autant amusés de voir leur photo dans le livre ! (les autres sites proposent le plus souvent un seul proche, parfois deux)

- Possibilité de nous envoyer les photos par courrier afin de facilité la réalisation du livre pour les personnes n'étant pas à l'aise avec l'informatique

- 4 jours maximum de délais de fabrication (les autres sites se positionnent à 4 jours EN MOYENNE)

- Les livres sont réalisés et imprimés en France (certains sites exportent le traitement des photos à l'étranger)

- Chaque livre est réalisé individuellement : les photos sont retouchées une par une puis insérées dans le livre avec un logiciel adapté, tous les livres sont reliés à la main.

Était ce un choix délibéré de ne faire appel qu’à des prestataires locaux pour la fabrication des livres, ou cela s’est il fait naturellement ?

Je souhaitais travailler avec des acteurs locaux.
Tout d'abord par soucis de proximité car il est tout de même plus simple et agréable de pouvoir rencontrer ses partenaires et fournisseurs.
Puis par envie de réaliser un produit en collaboration avec des acteurs toulousains, Toulouse est une ville dont je suis fière et à laquelle je suis très attachée.

 Peux tu, sans nous dévoiler tous les secrets de fabrication, nous expliquer un peu le processus de production ?

Tout d'abord, je traite les photos reçues et les intègre dans le livre choisi puis je modifie le prénom de l'enfant et toutes les informations personnalisables.
Après vérification, le fichier part chez l'imprimeur. La dernière étape est le faconnage, il est réalisé à la main.  

Nous avons donc bien ici à faire à un produit totalement « made in France » ?

Oui, presque.

Seules les spirales en plastique sont de Belgique. Elles sont d'ailleurs prévues pour résister aux jeunes mains curieuses:  elle sont incassables et indéformables. De plus, aucun risque de blessure commes certaines spirales métalliques...

As-tu une idée de l’éventuel « surcoût » que ce choix implique pour la réalistion des livres par rapport à une production à l’étranger ?

Je n'ai pas quantifié le surcout.
Pour moi, ces livres devaient être produits en France. Tout d'abord pour maitriser toutes les étapes de la fabrication mais surtout pour garantir la meilleure qualité possible.

Estimes tu que ce choix a un impact sur la qualité des produits, souvent mis en avant pour expliquer la différence de prix entre un produit chinois et un produit français par exemple ?

J'en suis persuadée. Je réalise chaque livre comme s'il était le mien. Je souhaite vraiment proposer un produit de qualité qui plaira à tous les coups.

J’imagine aussi que, du coup, tu es plus confiante dans tes délais de livraison ?

Oui, bien sur. Cela permet même d'accélerer la fabrication d'un livre lorsqu'un client commande un peu trop tard.


Bon c’est bien joli de paler « made in France » mais quels sont tes projets pour mon-livre-personnalisable.com ?

J'ai encore plein de projets en tête et de nouvelles idées !
Pour le moment, ma priorité est de développer ma collection afin de proposer davantage de choix aux Internautes.

Merci pour tes réponses, que peut on te souhaiter pour la suite ?

Avec plaisir, je suis ravie d'avoir participé à cet interview.
Pour la suite ? Beaucoup de livres vendus et autant de sourires lors de l'ouverture du paquet cadeau !