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dimanche, février 26, 2012

MattRach – Mister Jack (2010) - Don't believe the hype ... enfin... ne vous arrétez pas au buzz plutôt


MattRach – Mister Jack (2010)

Il y a des disques, comme çà, qu’on se garde sous le coude pour plus tard, certains diraient « pour la bonne bouche ». Un petit plaisir perso qu’on s’amuse à faire durer sur l’air de toi ton tour viendra, je ne t’oublie pas mais… je vais pas te rater. Alors pensez donc, le 1er album d’un génie de la guitare à peine majeur, disciple de Steve Vai et de Satriani, français qui plus est et phénomène buzz internet de l’année pratiquement, pensez si ce genre de disque on se le garde bien au chaud pour un jour où on sera vraiment en forme.

Puis le temps passe, le buzz se tasse, on apprend que Mattrach ne se limite plus aujourd’hui au petit prodige de Youtube mais est devenu un véritable groupe et que finalement, tout pétri des à priori qu’on avait on n’a jamais vraiment écouté l’album et qu’il serait peut etre temps d’y jeter une oreille même si la perspective de s’envoyer une grosse rasade de Vai-Satriani dans les oreilles n’est pas forcément des plus réjouissantes.


Bref, tout çà pour dire qu’un jour on pose l’album sur la platine, un sourire au coin des levres, un rire sadique et 2 mains qui se frottent l’une contre l’autre….à nous 2….

L’ouverture, épique, aux grattes techniques sans que cela tourne vraiment à la démonstration, se laisse écouter tranquillement. Non, tout porte à croire que l’album ne se limitera pas à une démonstration pyrotechnique du talent de notre 6 cordes-éoniste. Le sourire narquois commence petit à petit à s’effacer au profit d’un sourire tout court surtout quand arrive Vous en voulez encore ? qui fait penser à une version funky metal du Louxor de P. Katerine, hyper entrainante, speedée et fun à en être jouissive. Over se ballade quelque part entre Pink Floyd et le Porcupine Tree de Radioactive Toy, Histoire de multiplier encore les ambiances le reggae s’invite sur l’album avec Nurse avant que The alright song, quelque part entre NIN et Ramnstein dans son coté indus à soli très métal, ne vienne clore les débats.

Quelques éclairs de flamenco par ci par là, oui, contrairement à l’idée que l’on s’en faisait avant même de l’écouter, ce Mister JACK est vraiment un album varié avec de vrai chansons dedans et des morceaux plus expérimentaux (yxes reniD au hasard) mais toujours assez facilement suivables.

Alors oubliez deux minutes le statut de buzz star prodige juvénil qui ne manquera pas de coller au groupe encore quelques temps et dégustez un album varié, talentueux et jamais démonstratif. Il a fort à parier, même, qu’avec le temps, le groupe se forgera une identité plus personnelle Mister Jack fera alors figure de carte de visite hautement engageante.

Opium Baby - Opium Baby (2010) - Un premier album plein de promesse en attendant celui dit "de la maturité"

Opium Baby - Opium Baby (2010)

On passera rapidement sur les nombreux trophées déjà reçus par le groupe, tant, plus que jamais aujourd’hui, ce genre de breloque ne veut plus dire grand-chose et tant ce sont bien d’autres considérations que le vote de quelques happy fews du métier qui décide de la carrière d’une groupe et de la place de ce dernier en tête de gondole ou non. Opium Baby a déjà suffisamment galéré comme çà pour le savoir car non content d’avoir suivi pas à pas le parcours obligé de tout groupe qui veut percer depuis 2003, un obstacle de taille est venu se mettre en travers de leur irrésistible ascension. En effet, initialement baptisé Nova, le groupe a du changer récemment de nom après qu’une radio, qui, pour homonyme qu’elle soit, n’a que très peu de chance de diffuser, un jour, ce genre d’electro rock sur ses ondes, se soit attristé de pareille proximité dans leurs noms respectifs. Le moins que l’on puisse dire est bien que ce genre d petit coup du sort aurait eu raison de la motivation de bien des groupes. Mais Opium Baby, puisque c’est ainsi qu’ils se nomment aujourd’hui n’est pas le premier groupe venu.


D’entrée de jeu, ce qui frappe des les premières minutes d’écoute c’est la diversité des influences du groupe, ainsi Cast the Dice pose un indus soft comme du Nine Inch Nail pop, avant que le refrain ne bascule franchement dans un rock musclé du plus bel effet. Il en sera ainsi tout au long de l’album, un talent pop indéniable que l’on retrouve sur chacun des titres variés influencés qui par Muse (Let Me Go et son piano aérien en bout de course vers les étoiles), le rêveur U2ant pourrait on dire Circus (un des grands moment de cet album qui ‘en manque pourtant pas, avec ses 6 minutes pourtant bien peu radio friendlysantes et son final au top du Zizi, si vous voyez ce que je veux dire, sinon laissez vous pousser une fière barbouze et çà devrait vous ouvrir les yeux). Que dire du kravitzien Flower, d’une chaude beauté ? dire qu’il est beau et touchant comme le superbe Time final, c’est déjà tout dire, à moins de vouloir absolument ajouter qu’il précède un nouveau beau clin d’œil à U2 sur les quelques arpéges de gratte bien sentis juste avant le refrain de Opium Baby (le titre) où, comme tout au long de cet album d’ailleurs, la voix d’Alan fait des merveilles, montant sans crainte vers les sommets sans forcer si ce n’est l’admiration, et sans friser, et certainement pas le ridicule.

L’éventail de la voix d’Alan pour bluffant qu’il soit ne doit pas masquer la qualité d’une section rythmique efficace tant dans les coups de tonnerres que les accalmies souvent passagères. Enfin la guitare est loin d’être en reste et ne souffre pas un instant de la concurrence des petites fioritures électros qui émaillent la plupart des morceaux. On l’aura compris on songe parfois, sur les passages les plus « atmosphérique », au jeu d’un the Edge (toute proportion gardée, sans que cela ne remette en cause le talent de Pyp) et quand il s’agit de lâcher un peu les fauves l’efficacité et la sauvagerie savent être au rendez vous.

Alors Opium Baby, groupe poissard qui verrait peut être enfin la lumière au bout du tunnel ? On ne peut que leur souhaiter au vu de ce premier véritable album plein de promesse qui les voit se placer certainement au coté de leurs glorieux aînés et néanmoins compatriotes d’Angelfall dans un style cependant plus immédiat et plus grand public. Gageons que le temps les fera gagner en personnalité mais au vu de cette première carte de visite il y a bien peu de doute que cela ne se produise pas.

Zenzile - Le cabinet du Docteur Caligari" - (Ciné concert - Telerama Dub Festival - Paris)

Zenzile - Le cabinet du Docteur Caligari" - (Ciné concert - Telerama Dub Festival - Paris)


Paris début du siècle, quelque part du coté de Bastille. On donne une séance de cinématographe. Au programme un film allemand Le Cabinet du Docteur Caligari, drame romantique sur fond de folie, la foule encore peu habituée a ce genre de spectacle se presse en nombre et, plongée dans une pénombre bleutée ou jaunie, frissonne et se laisse envouter par cette histoire angoissante. Devant l écran, un machiniste s’affaire sans relâche. Est-il là pour changer les bobines au signal donne par une tache blanche en haut dans un coin de l’écran ? Est-il là pour tourner inlassablement la manivelle qui permettra aux dites bobines de défiler et dévoiler ainsi, peu à peu, le dénouement effroyable de l’histoire? Non, plié en 2 sur ses machines il semblerait que, tout machiniste qu’il soit, son rôle sur la projection du film soit des plus limités.

Pourtant il est entouré de 4 autres acolytes, c’est dire si le travail doit être titanesque. Ainsi donc il faudrait 5 hommes pour qu’un spectacle de cinématographe puisse se dérouler correctement ? Tous tournent le dos au public, concentres sur les images qui défilent, semblant entrer en transe aux moments ou la tension dramatique de l histoire va croissante puis se relâchant quelque peu dans les instants d accalmie. Mais que font-ils tous ? Point de chapeaux melons et de moustaches fières et arrogantes pour eux, pas plus qu'il n'y en a dans le public. Les femmes sont venues sans leurs ombrelles, ni leurs gants. Point de voile de mousseline non plus, en cette année 1919, on se rend au cinématographe pour oublier, l espace d'un instant, les douleurs des années sombres de la grande guerre, pourtant pas de gueules cassées dans la foule, pas même un uniforme. Non, décidemment, il y a quelque chose qui ne colle pas. Début du siècle disions nous ? Oui, mais lequel ? Perdu, il semblerait, qu’à notre tour, nous ayons sombré dans une folie dévastatrice qui nous fait perdre toute notion de temps et de lieu.

Histoire italienne, racontée en allemand, musique aux racines jamaïcaines abâtardisée à grand renfort de technologies occidentales, images muettes sur fond de sirènes assourdissantes, rythmique organique pour personnages aux teints diaphanes, aux regards vides de toute vie, au prise avec leurs démences. Tout se mélange, nos 5 machinos de Zenzile, puisque c’est d’eux dont il s’agit, nous offrent une expérience artistique totale, se jouant du temps et des classifications hâtives. Zenzile, que l’on se plait souvent à mettre dans la même boite étiquetée Electro Dub français, aux cotés d’High Tone, du Peuple de l’Herbe et de quelques autres, Zenzile donc, en formation rock instrumentale (Basse (bien sûr), Batterie (évidemment), guitare, clavier et ces fameuses machines), donne un nouveau souffle, une nouvelle vie à l’œuvre de Robert Wiene, "Le cabinet du Docteur Caligari", monument de l’expressionnisme allemand.

Le télescopage spatio-temporel fonctionne merveilleusement bien, au-delà de toute attente, tant et si bien qu’on en vient à se demander si c’est la bande son qui l’accompagne qui donne tout son impact aux images, ou la beauté, l’étrangeté, la composition des scènes qui fait que la musique nous pénètre si profondément. Impossible de trancher, car les 2 univers finissent rapidement par ne plus n’en faire qu’un, les décors terriblement actuels (on pense à l’univers de Tim Burton), angoissants, tout en angles et arêtes, trouvant leur écho quelque part entre la basse rampante et les sons parfois presque dissonants du groupe, avant que le chaos ne cède la place à une ambiance floydienne plus apaisée ou un groove irrésistible le temps d’une poursuite démente.

Il aura donc fallu attendre presqu’un siècle pour que cette œuvre puisse voir le jour ; en ces temps où tout doit être rapide, instantané même, on frôle l’hérésie. Mais Zenzile saura brillamment nous prouver que tout vient à point à qui sait attendre que le temps ait (re)fait son œuvre. Chapeau (melon) bas !

Encore abasourdi par le spectacle qui vient de se terminer, cerise sur le gâteau, alors que l’on quitte la salle, le stand merchandising du groupe propose une sérigraphie de l’affiche du spectacle réalisée par CryingPaper. Evidemment, impossible de s’en priver ! ;)

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)- Brulot infernal

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)

Odeur de goudron cramé, d’alcool et d’essence, de cocktails Molotov, de graisse, de cuir, de sang et de stupre. Rage contenue, tension palpable, hystérie couvante… pas une note encore et pourtant le décor est déjà impeccablement posé. Vous avez glissé le skeud dans la platine, personne ne vous y a forcé (si ce n’est peut etre de savoir ce qui peut bien se cacher derrière si alléchante pochette), personne ne vous y a forcé non, c’est sûr, alors ne venez pas jouer les vierges effarouchées après et faites comme tout le monde dès les premières secondes, prenez vos jambes à votre cou, et hurlez, fuyez, suppliez, paniquez… Tout ! Tentez tout ce que vous pourrez pour y échapper, mais rien n’y fera, une fois la touche Play enfoncée, vous ne pourrez plus échapper au souffle chaud et aviné de l’horror-punk graisseux des Sinner Sinners. Déjà le sax free-leux empli l’espace et l’ombre de Steve Mackay plane sur le carnage qui s’annonce.Encore quelques secondes et la galette va nous péter à la gueule comme une grenade dans un cri déchirant et inhumain.3…2….1….ZERO !


Car oui, c’est bien à une tuerie sonore à laquelle nous allons assister. Il y a peu, Sam et Steve Thill nous avait déja quelque peu mis en garde au détour de l’incendiaire 45T LA's Burning et sa B’side The’s no Place Like …(que l’on retrouve d’ailleurs avec plaisir sur l’album, ce qui évite d’avoir à ressortir la platine à chaque fois qu’on veut s’envoyer un shoot d’high energy). Pourraient ils garder toute cette tension et l’énergie qui va avec sur la longueur d’un album ? certes ils ne sont pas les seuls aux manettes, ils ont déniché toute une improbable bande de flibustiers/desperados pour leur préter main forte dans leur entreprise d’évangélisation démoniaque (jugez en plutôt par la liste des participants à l’album du « duo ») et si vous voulez une petite idée du niveau d’artisanat du dit objet on m’informe qu’il y a une petite erreur sur le livret : je cite : la track 13 c'est la 12 en fait - et la 3 et 4 sont inversées :


Mais les brulots en pleine face sont ils leur seule arme ? oh que non, en témoigne Sonic Room plus « pop » si l’on peut oser le terme, ou Dead Dead Dead presqu’enjoué et primesautier (avec son chœur féminin qui n’est pas sans rappeler l’excellent Harmonic Generator des Datsuns), enfin…pour peu que l’on fasse abstraction des paoles qui pour la peine sont plutôt un brin macabres. Pour ce qui est de réveiller les morts, le piano baltringue (bastringue) de Stetson devrait largement y arriver.

On attaque la seconde face comme on l’avait fait de la première, sans les cris d’horreur qui ne sont plus ici nécessaires, l’ambiance est toujours aussi inquiétante avec son orgue dopé et la voix désincarnée de Sam perdue dans le fond du mix, comme noyée sous 6 pistes de grattes graisseuses. Par certains aspects ce titre pourrait faire penser à ce qu’Iggy aurait pu faire de mieux en solo s’il n’était pas tombé, comme c’est souvent arrivé, sur de bien peu fréquentables margoulins soucieux, seulement, de pouvoir poser leur nom à coté du sien. La remarque que l‘on s’était déjà faite sur le 45T est plus que jamais d’actualité sur la longueur de l’album.

Si d’aventure vous doutiez encore des capacités et de l’intérêt de se jeter immédiatement sur cet album indispensable à toute ame damnée, une oreille rapide à Cadavra devrait finir de vous convaincre. Efficacité, énergie, mélodie et immédiateté, tout est résumé dans ce titre déjà culte pour qui s’interresse à ce qui vaut vraiment le coup d’être écouté dans l’hexagone. Vous en connaissez beaucoup des enchainements solo-accélération finale, comme sur There’s no Place Like… ? personnellement j’en ai rarement entendu du coté de la Starac ou sur le dernier Charlotte Gainsbourg !

Motorhead, Seeds, Sonics, Stooges, Cramps et qui sais je encore, oui les Sinners ont embarqué dans un train fantôme déjà joliment peuplé et sont loin d’y faire pâle figure, c’est l’auditeur, par contre, qui risque de virer au vert quand la folle cavalcade s’arrétera aux dernières notes d’un Mummy évocateur, dans un dernier vrombissement de moteur surchauffé en bout de course. Une dernière peleté de terre, 6 clous (piqués sur le cuir) et une croix (en fer évidemment)… la messe est dite. Oh Lord (of Altamont) have mercy….

Pour en savoir plus, et vous faire une idée plus précise sur 2 titres cadeaux: ... c'est ici.


Nesles – Krank (2009) - Prise de risque maximale pour un artiste complet

Nesles – Krank (2009)

Avant même de glisser l'album dans la platine on est pris d'une terrible appréhension: un concept album, c'est bien cela? Aie...en Français en plus ? Le pire est à prévoir. "Que reste-t-il quand on ne croit plus en Dieu ?" ainsi se clôt l'intro plongeant encore un peu plus l'auditeur dans un abime de perplexité. Mais qui est cet homme? Une nouvelle incarnation de Manset ? D' Higelin ? Ou plus surement encore de William Sheller ? Aucune chance, aux dernières nouvelles ces 3 là sont encore parmi nous. Pourtant dès le second titre on ne peut s'empêcher de penser a eux. Du coup avec pareils parrains la confiance s'installe peu a peu et on accroche petit a petit à l'histoire qui nous est ici racontée et que je me garderai bien de vous résumer pour vous laisser le plaisir de la surprise et de la découverte.


On y accroche d'autant plus qu'avec ses ambiances a chaque fois différentes et toujours magnifiquement plantées la bande son accompagnant l'histoire est un modèle du genre, loin de resucées gainsbourgiennes auxquelles on a souvent droit avec de tels projets. Sur des rythmiques souvent electros viennent se poser cuivres et cordes comme sur le superbe Insomniaque (Ou comment combattre les psychopompes) et force autres sons plus ou moins authentifiés qui ne cessent de maintenir l'oreille en alerte.

D'un point de vue purement musical la prise de risque est indéniable et constante tout au long de l'album au risque de dérouter l'auditeur pas encore familier avec l'album (Coeur vaillant) et même après plusieurs écoutes on se surprend parfois a "supporter' certains passages assez...originaux pour arriver, enfin, au suivant plus immédiatement accrocheur.

Avec ses guitares mélancoliques évoquant un soyeux croisement entre madrugada et radiohead Sous le cortex et son final tout en cuivre se révèle être sans doute le chef d œuvre de cet album au coté de quelques ovnis déstabilisants comme Funis ambulare ou la "reprise" très réussie a la première gnosienne de Satie sur Nocturne au jardin.

Il faut bien plus d'une écoute pour bien comprendre l'histoire de Krank, en voir toutes les subtilités, ceux qui s'en donneront la peine feront parti des happy fews qui savent qu'il existe aujourd'hui encore des compositeurs et des poètes au sens noble du terme, Nesles en fait indiscutablement parti. On ne pourra néanmoins pas jeter la pierre a ceux qui, déroutés par la longueur du disque, ses changements incessants, ses mélodies pas toujours immédiates et le cote pompier de ce type de projet, a ceux, donc, qui auront quitté Krank en cours de route en se jurant que jamais plus on ne les y reprendrait.

Los Disidentes Del Sucio Motel – Soundtrack from the motion picture (2010) - Poussière, tequila et gros riffs du Sud !

Los Disidentes Del Sucio Motel – Soundtrack from the motion picture (2010)

Ne vous fiez pas aux quelques instants d’orgue d’église qui ouvrent la galette, vous devriez assez rapidement vous rendre compte que ce ne sont pas les petits chanteurs à la croix de bois qui viennent aboyer immédiatement après sur le gaillard Sir Dany Jack. Si la blague n’avait pas déjà été faite, je ne sais plus trop où, on serait plus tenté de croire que nous avons ici à faire à une belle bande joyeusement alcoolisée de petits chanteurs à la croix de fer, tendance bikers patibulaires, planqués pour des raisons qui finalement ne regardent qu’eux, dans un motel crasseux (comme leur son de gratte) à la frontière des desperados et du monde prétendument civilisé.


Comme une bande de Daltons, mal dégrossis, les gus qui constituent le gang portent le même patronyme : Maverick (ouais comme le label de Madonna qui hébergea entre autre Deftones). 12 balles, c’est tout ce qu’il leur reste dans le chargeur, 12 balles (dont une « hidden ») pour couvrir leur fuite. Ca risque de canarder sec avec les autorités (le final de No Folk, No pity for the cheaters (et son intro fugacement It’s so easy d’une autre bande de gunners bien connus) ou encore Backdoor Woman). Trafic d‘alcool ou d’autres substances prohibées, prostitution, adoration païenne d’une désertique divinité, conduite sous substances pied au plancher, va savoir quel peut bien être leur crime ?! Peut etre que tout simplement ils ont su rappeler à qui de droit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Un fâcheux l’aura appris à ses dépends au second chapitre.

Réminiscences kyusiennes ou qotsiennes (le redémarrage de Brotherhood par exemple) les loustics connaissent leurs maîtres, mais ne comptez pas sur eux pour cracher le morceau si on leur demandait, ils sont suffisamment futés pour savoir noyer le poisson à leur sauce et suffisamment mûrs pour n’avoir besoin de personne pour voler (dans tous les sens du terme) de leurs propres ailes. Histoire d’être vraiment sûr de passer incognito dans la fuite ils savent maquiller habillement de clavier leur lourde cargaison de riffs (A beauty among the crowd) et Franky fait des merveilles pour varier sa voix d’un titre à l’autre. Difficile à suivre alors les Disidentes ? pas vraiment, sauf pour une équipe de sergents Garcia, pas vraiment donc pour tout amateur de gros son normalement constitué, le groupe ayant assez de personnalité pour retomber quand même sur ses pattes à chaque nouvelle giclée.

Protégés par le dieu Géant Roux, nos gaillards réussiront à fuir leur motel aussi poisseux que poussiéreux pour reprendre la route pour reprendre la route (Higway 66 ? 51 revisited ?) et hurler comme un Lemmy sous ??? sous quoi d’ailleurs ? comme un Lemmy çà suffit déjà amplement, bref pour hurler leur bonheur de tracer trippes à terre vers le nouveau Mexique. Comme souvent avec ce genre d’outlaws, tout se finit autour d’un feu perdu dans le désert, mais çà c’est une autre histoire que je vous laisserai découvrir par vous-même. Ah ouais, au fait, cette course entre les cactus à grand renfort de bourbon frelaté, de tequila et de mexicola nous vient tout droit du grand....Est!

En France on n’a pas de peyotl mais on est déridés (attendez la toute fin de l’album et vous verrez ;).

Rescue Rangers - Guitars and Dust Dancing (2008) - Power trio

Rescue Rangers - Guitars and Dust Dancing (2008)

Est-ce parce qu’ils ont participé au festival Psychotic Reaction à Paris en juin dernier qu’il faudrait limiter Rescue Rangers au statut de fier représentant de la scène stoner française option calanques ? Personnellement, et vu que c’est mon avis que j’exprime ici, je ne le pense pas du tout. Ce serait finalement très réducteur et faux. Plus que de stoner on pourrait résumer la musique de nos rangers de choc à un condensé de ce que les 90s ont produit de mieux en matière de rock.


Dans le chant, les guitares, les compos on retrouve de grandes gorgées de ce que l’on appelait alors grunge et c’est un véritable plaisir de réentendre des mélodies pas forcément sacrifiées sur l’autel de la puissance et du rentre dedans. On pense à Pearl Jam, Soundgarden, et quand le ton se durcit (Black as Bastet, Spear) on n’est pas loin de l’énorme Frogstomp de Silverchair. Alors grunge Reccue Rangers ? Bah non, puisqu’on vous dit qu’essayer de les classer serait très réducteur ! Le groupe est tout simplement rock, un point c’est tout, jetant un pont salutaire entre les glorieuses 70s et les 90s à l’héritage encore trop chaud pour être vraiment justement apprécié. Cette mission, fièrement revendiquée par le trio l’amène forcément à gambader aux cotés des Foo Fighters et autres groupes hautement recommandables et à s’aventurer en terre plus psychédéliques et errantes comme sur le très beau In Cathedralica.

Évidemment un léger parfum stoner flotte de-ci delà sur l’album (le temps d’un Scary Black Holes (sun ?) par exemple, d’un rapide King Cobra ou du titre qui clôt l’album) et, même si çà fait un peu cliché et que c’est toujours un peu c*n à dire, ces gars là méritent vraiment d’être appréciés en live car c’est là que l’on prend réellement conscience de leur talent et de leur énergie !

Alors est ce à dire que nos marseillais peuvent prétendre aller porter la bonne parole aux 4 coins de la planète ? Il y a peu de doutes là-dessus et ce n’est pas un hasard si Alan Douches (Mastodon, Sepultura, Hatebreed) a assuré le mastering de l’album. La seule ombre au tableau ? Les Rescue Rangers, du moins aux states, c’est une série Disney dont Tic et Tac sont les héros… Souhaitons que nos 2 espiègles écureuils ne fassent pas d’ombres à nos barbares !


Rien à voir

Blaak Heat Shujaa - Blaak Heat Shujaa (2010) Décollage immédiat ....

Blaak Heat Shujaa - Blaak Heat Shujaa (2010)

Ambiance western, forcément, dès l’ouverture, western oriental, grattes distordues, bruit du vent dans les cactus, ça sent bon son désert rock décontracté, le grand Brant n’est jamais très loin ainsi que les autres figures tutélaires du desert rock et de son dérivé alourdi, le stoner. Mais Blaak Heat Shujaa sait brouiller les pistes à grand renforts de changements de tempos et de tonalités toujours surprenantes et bienvenus passé la première surprise. Une fois dans le désert, si les pistes se brouillent, c’est peu de dire qu’on est très vite complètement paumé et qu’il ne reste plus alors qu’à errer dans l’espoir de retrouver son chemin.

Et c’est bien ce que nous proposent les 3 parisiens avec ce premier album enregistré avec l’aide de Scott Reeder (sisi lui-même) dans la région de Palm Springs, Mecque du stoner s’il en est, cette invitation à l’errance sereine. Mais pas question pour autant de s’endormir, il y a quand même de la route à faire… Il faut suivre le guide au risque de se perdre à jamais, le fil d’Ariane que constitue, de loin en loin, le chant désincarné et noyé d’échos de Thomas Bellier (mariage improbable entre une version masculine du chant d’Acid King et Ozzy), chant désincarné qui rapproche nos "stoner friends" d'un rock psyché à la Black Angels, créant ainsi une passerelle inédite entre ces 2 courants pas si éloignés à la réflexion.

Propice à l’hallucination, au voyage intérieur et à la rêverie, la musique du trio vous fera sans nul doute quitter terre et c’est presque naturellement que l’on croisera le fantôme de Layne Staley (Alice in Chains) sur MIA, des riffs sabbathiens en diable forcément, par ci par là, et toujours, revenant, ce son non identifié entre lignes à haute tension et ondulations dunesques (par exemple sur l’intro du colossal Moon). On décolle certes régulièrement tout au long du disque mais, tôt ou tard Blaak Heat Shujaa nous rappellera les dures lois de la gravité en plombant, à grand renfort de basse défoncée et de riffs pachydermiques, l’ambiance.

« Fasten your seat belt and light up your spliff » disait Peter Tosh, il semblerait que, dans un tout autre univers musical, Blaak Heat Shujaa ait fait sienne cette précieuse devise. Laissez vous conduire, l’au-delà désertique c’est tout droit !

Vous ne me croyez pas ? en bonus, le trip hallucinant de Where You At ? en live au Klub, en (3ième) première partie de Glowsun cette année :


vendredi, février 24, 2012

Alcohsonic - Songs From The Delirium Tremens World (2008) - A suivre de très prés...

Alcohsonic - Songs From The Delirium Tremens World (2008)

Sur scène, l’effet est saisissant, à peine ont-ils foulé les planches que l’on se retrouve plonger en plein rêve rock n’rollien, flanqué à sa gauche d’un stone-trucker tout droit sorti d’une horde de fans velus de Karma to Burn à la basse et à sa droite d’un guitariste empreint d’une discrétion qui ne laisse pas deviner le feu qui va suivre, ainsi flanqué donc, c’est la ré-incarnation du Steven Tyler qui se cale derrière le pied de micro. Evidemment, la petite troupe est aussi dotée d’un batteur, mais qui, depuis Spinal Tap, se soucie du batteur ? Non je déconne, c’est important quand même. C’est donc visuellement que l’on se prend la première claque ce soir là au Nouveau Casino où les gaillards ouvrent, excusez du peu, pour le mythique Brant Bjork, ex batteur de Kyuss et Fu Manchu pour ceux qui vivraient sur une planète dépourvue de désert.


Très vite, le souvenir d’Aerosmith de la grande époque se fait évident, non seulement par les pauses et la dégaine générale du chanteur, mais aussi par la musique jouée (Follow Me, I'll Flee From You, ), rock n’roll, purement et simplement (Mojo Driver , les portes dites vous ? celles sans lesquelles les Dupont aériens n’auraient sans doute jamais existés car aussi surement que l’on ne peut imaginer un repas sans Badoit (quoique) on ne peut imaginer un Tyler sans Jim Morisson), dans la grande tradition des groupes fondés sur l’antagonisme chanteur-guitar hero (Stones, Aerosmith donc et Guns n’Roses pour faire court). Guitar hero, et oui, rien de moins, le mot est lâché tant, ce soir là la six cordes fut à la fête, distillant un catalogue d’influences impressionnant (Joe Perry, bien sûr,Guns (I'm Your Man), ZZ Top (évident), bref toute une tripoté de gratteux mémorables dont les plus récents descendants sont à chercher du coté de Firebird et autres The Answer), finissant par se mélanger tellement qu’il en ressort un son original et un jeu très personnel. La rythmique variée est loin d’être en reste et c’est un groupe solide et cohérent qui se mit très vite le public dans la poche.

L’impression dégagée sur scène se confirme sur l’album avec des titres qui, s’ils restent bien dans une veine estampillée du meilleur rock des 3 décennies passées, dessinent un paysage sonore extrêmement varié et jamais répétitif. Le trippant Hanuman' Chest vous envoie directement dans la chaleur moite du continent indien. De façon assez inattendue, c’est à l’aspect le plus calme et apaisé de Black Sabbath que les Alcohsonics rendent hommage (involontairement ?) le temps d’un The Cathodic Way of Life qui n’est pas sans rappeler le Planet Caravan des glorieux ancêtres. Le gimmick de guitare sur You're Not Rock n' Roll (qui sera judicieusement dédié à Christine Boutin et Philippe de Villiers, lors du concert, en remerciement de leur action superbe pour tenter de faire interdire le festival (prétendument sataniste) Hellfest) n’est pas sans rappeler un riff des Red Hot (j’ai la flemme de rechercher sur quelle chanson) élargissant encore, avec bonheur, l’éventail des références et débouchant sur un solo d’anthologie avant que les chœurs ultra virils et efficaces d’un viking aviné (serait il possible que ce soit le chanteur de Clutch ?) viennent clôturer ce titre tout en efficacité. L’album se termine sur Delirium Song, tout en chœur soul gospel, que ne renieraient pas les Black Crowes.

Souvent classé comme Stoner, l’étiquette se révèle vraiment réductrice, comme pour tout groupe important, et même s’il est vrai qu’il s’aventurent de temps en temps sur ces terres (l’excellent I'm Your Man), les parisiens livrent, avant tout, avec ce Songs From the Delirium Tremens World un album gorgé de rock n’roll, de feeling et non dénué d’humour (je vous laisse écouter l’intro et l’outro) qui les place dans la catégorie des espoirs à ne pas louper. Ce, d’autant plus, que l’album a maintenant quelques temps déjà (2008) et que les récents concerts ont prouvé que leur progression était continue.

High Tone - Out Back (2010) - Retour aux mélanges réussi

High Tone - Out Back (2010)

On le sait, la Hollande est l’autre pays du fromage, ce que l’on sait peut être moins c’est qu’avec des groupes comme Ez3kiel, le Peuple de l’Herbe, Zenzile ou High Tone, la France est, elle, bel et bien l’autre pays du dub et, peut être bien même la seconde patrie du reggae en général. Que viennent faire ensemble, me direz vous, le fromage et le dub dans cette intro de chronique ? vous aurez d’autant plus raison de poser la question que la Hollande offre bien d’autres produits beaucoup plus propice à l’écoute de cette musique…aplatissante. Mais bon, il faut bien commencer par quelque chose, même si il faut bien reconnaitre que c’est parfois un peu tiré par les dreads.


Donc, revoici High Tone, de retour de sa plongée en apnée dans les entrailles du dub le plus primal qui les avaient vu prendre quelque peu leurs distances avec le mélange Drum & Bass, Dub, Abstract Hip Hop, Electro, qui leur avait ouvert toutes grandes les portes d’un public sans cesse plus nombreux et international. Ce petit retour aux roots leur aura certainement fait le plus grand bien, si l’on en juge par ce qui en résulte aujourd’hui. Les machines, emprunts à tous les genres de musique possibles, collisions improbables, bref tous ces mélanges (jugés par certains contre nature) leur auraient ils à ce point manqué qu’il faille aujourd’hui 2 pleines galettes pour célébrer les retrouvailles ?

Sans aucun doute car c’est avec un double album qu’High Tone déclare ouverte la saison printemps 2010. En matière de mélange des genres, et inlassablement avec le même talent et la même réussite, on est quantitativement et qualitativement plutôt gaté. Sans passer tous les titres en revue, on notera, un peu à la volée, que Liqor (feat Oddateee) rappelle assez le Busted In The Hood de Cypress Hill, précédant un Rub-a-dub anthem beaucoup plus purement jamaïcain, que l’ on retrouve les climats asiatiques déjà discrètement présents sur les derniers albums (Home Way et sa flute indienne) et que, plus généralement, l’humeur, sans être hostile, est plutôt pesante à l’image des quelques arpèges de gratte bien glauques qui ouvrent le second volet de l’album. Impression de ville industrielle abandonnée et peu à peu recouverte d’une jungle inextricable, étouffante, moite et organique. Comme toute jungle digne de ce nom, celle-ci est traversée de sons, de cris, et d’odeurs non identifiés suscitant légérement l’inquiétude, mais surtout la curiosité.

Des plages plus apaisées ( Bastard), sorte de western spaghetti hanté à la sauce jamaïcaine évidemment, ou dansantes (Boogie Dub Production) viennent offrir quelques respirations bienvenues au milieu de cette atmosphère généralement chargée en effluves exotiques, humidité et menaces difficilement identifiables. En effet, sans cesse, on est aux aguets, d’où vient ce son, qu’annonce t-il, que va-t-il se passer maintenant ? chaque break est fait pour nous tenir en alerte, alors que pourtant, tout nous porterait à suivre en somnambule la rythmique implacable de chacun des titres. Car oui, derrière toutes les expérimentations, derrière tous les instruments utilisés, tous les scratchs et tous les samples, c’est une nouvelle fois la basse qui sort vainqueur de ces 15 combats sonores. Cette basse énorme, avançant menaçante et sereine, rampante bien sûr selon l’expression consacrée, comme un fascinant serpent vénéneux qui sait, qu’hypnotisée par son mouvement, sa victime ne songera pas une seconde à fuir et qui, se faisant, prend tout son temps pour fondre sur elle.

Double album, qui plus est de dub, voilà sur le papier qui n’est pas forcément pour rassurer le commun des amateurs de musique, mais, et c’est là tout le talent de nos 5 lyonnais, en partant d’une musique à la base très codifiée (basse, échos, voilà ) ils ont su, à coup de machette sans doute, tracer leur propre chemin au milieu des racines profondément ancrées dans la culture jamaïcaine, pour revenir les bras chargés d’influences et l’esprit plein de rencontres, dont ils ne nous livrent ici, sans doute, que la substantifique moelle. Le reste du récit du périple qui les a amené jusqu’à ce double disque, c’est sur scène qu’il faudra le découvrir car, si la musique du groupe est très visuelle, en ce sens qu’elle invite à se faire son propre film les yeux clos, l’énergie dégagée sur les planches vaut aussi largement le détour.

Arnaud Méthivier & Pascal Ducourtioux & Jean-Hugues Billman - Bec De Cha (2009) - Folklore imaginaire

Arnaud Méthivier & Pascal Ducourtioux & Jean-Hugues Billman - Bec De Cha (2009)

Portée avant tout par l'accordéon de d'Arnaud Methivier (Suzanne Vega, Stephane Eicher, Francis Cabrel, etc...) la musique de ce trio presqu'instrumental se veut avant tout l'incarnation du folklore d'un pays imaginaire. Balkano-moyen oriental- titi parisiano (Ma Différence) - porteno, il ya de tout celà dans la musique de Bec de Cha.


De petite ritournelles imparables, telles Cinémois ou la Danse de Géo, des ambiances qui fleurent un lointain Maghreb réinventé sur fond de percussions (Pascal Ducourtioux) comme la bande originale d'un film comtemplatif et hanté baigné de soleil couchant sur fond de mer nonchalante. L'improbable bande son d'un film de Tati mis en musique par un Jeunet inspiré. Le ton est définitivement jazzy-cool, d'un mélancolisme réconfortant, l'utilisation de l'accordéon pouvant parfois rappeler celle que font de leur sax les ténors de l'instrument.

En un mot, c'est à un total dépaysement que nous invite le trio (au CV long comme le bras et à la lecture duquel on visite les 5 continents) sans que l'on puisse mettre un nom particulier sur les rivages vers lesquels il nous méne. Plutôt que de revendiquer une quelconque appartenance régionale, un quelconque enracinement durable, plutôt que de se revendiquer d'une world music abusivement ainsi nommée,Jean-Hugues, Pascal et Arnaud préférent inventer leur propre pays sans nom, sa culture et sa musique traditionnelle.

Sinner Sinners - LA's Burning (45T) (2010) - France is burning...


Sinner Sinners - LA's Burning (45T) (2010)

2010, hey oui, nous sommes déjà en 2010, des années déjà que nous baignons en plein internet, en plein mp3, myspace, facebook et autres twitters sans cesse plus nombreux, sans cesse plus prometteurs, sans cesse plus plein de vide sidéral. Mais on nous le dit et on nous le répète, c’est l’avenir, l’avenir de l’humanité et, plus prosaïquement, l’avenir de la musique et la seule chance de survie de la déclinante industrie musicale. Ainsi donc, c’est là que se joue, pour tout groupe désireux de se faire connaître un tant soit peu, la partie. Dont acte. Mais pourtant… pourtant, oui….


Boire ou conduire, il faut choisir, et cette nuit là, j’avais clairement choisi la première proposition, du coup c’est à pied que je me rentrais tranquillement vers chez moi, quand, au hasard d’un nouveau tangage, bien involontaire, mon œil fut attiré par un curieux rectangle de carton dans une improbable vitrine parisienne. Jaune pisseux, rouge et noir, voilà des couleurs évocatrices me suis-je sans doute dit et, me concentrant dans un effort surhumain, je parvenais à détailler un peu plus l’objet. Des flammes, un cercueil, des croix et des crânes illustrant une typo gothiqu-anque, une ambiance crypto-mexicano-rock n’rollien, pas de doute, ce bout de carton avait tout pour plaire : promesse de sauvagerie, de sueur, de cuir, de sang, de sexe, de graisse, d’électricité, d’hystérie, de rébellion et … de mort. Se pouvait-il qu’en ces temps numérisés, pareil vaudou puisse encore trouver sa place dans une vitrine parisienne ? Sans en avoir entendu encore aucune note, je connaissais déjà ce disque par cœur, j’en étais accro, il me le fallait. Il me fallait ce shoot de concentré de Misfits, d’Iggy, de Lux et d’Ivy, de rock n’roll primaire, de rock n’roll primal. Puissance évocatrice de l’image, qui en quelques coups de crayon pouvait tout dire et susciter adhésion et curiosité immédiate. Par quel miracle ? Par quelle magie ? Par quelle science occulte fallait il passer pour provoquer pareille réaction ?

On ne le dira jamais assez graphisme et rock’n’roll sont deux univers inséparables, depuis les affiches du Fillmore de Bill Graham, jusqu’à l’innombrable production sérigraphiée que documente si bien The Art of Rock. Que serait un Motorhead ou un Maiden sans sa mascotte indéboulonnable, Cheap Thrill de Joplin sans sa pochette crumbienne, AC/DC sans son logo indémodable, un album de reggae autrement qu’en trichromie vert-jaune-rouge, on en passe et des milliers d’autres. Fanzines, flyers, affiches et pochettes font parti du grand tout qui, d’Elvis à Rick Griffins, de Lester Bangs aux Lords of Altamont, du bonze en flamme de RATM à la prose anachronique de Céline, des Clash à la banane de Warhol ou la langue des Stones, de la typo de Nevermind the Bollocks à celle d’Harvest de N.Young.On ne dira jamais assez à quel point ce lien étroit a été mis à mal par l’invention du CD, reléguant l’accompagnement graphique de l’œuvre au plus bas niveau. L’apogée de cette négation est, bien sûr intervenue avec l’apparition de la musique numérique où, toute tentative de faire co-exister les 2 formes d’art se révélait complétement inutile. Nous sommes en 2010 donc, et il est largement temps de revenir à nos moutons, d’autant plus que cette disgrétion laissa le temps au petit 45T que j’avais commandé, d’arriver jusqu’à chez moi.


Horror-Punk, ainsi se défini le duo franco-batave sur son myspace, où on peut se procurer le précieux objet dont il est ici question, hey oui, inutile de le rappeler, nous sommes au XXIième siècle et pour faire des bonds dans les temps vers les racines du rock, il faut passer par les réseaux. Car, si le son est très contemporain, avec des guitares assez lourdes et épaisses, lorgnant plutôt vers le métal que vers le punk, l’énergie qui se dégage de Las Burning a tout du punk des débuts, du hardcore californien voire, finalement, du rock n’roll des pionniers remis au goût du jour. Urgence, high énergie garage (avec orgue en renfort sur mur de guitare épais s’il en est), hurlements morbides et chœurs virils, en à peine 3 minutes, la messe (d’enterrement) est dite et si LA est en flamme, aucun doute que l’incendie ne vous crame aussi, si bref soit-il. Petite cerise sur le gâteau, la face B, jusqu’ici disponible que très difficilement, calme un peu le jeu, en nous rappelant le High on You d’un certain iguane en solo, tout en fièvre nonchalante.

A peine 5 minutes, il n’en faut pas plus à Sam & Steve Thill et leur bande desperados rythmiquement increvables pour vous propulser d’un efficace coup de botte dans le cul vers les horizons d’une musique vierge de toute concession, effet de mode ou tentative désespérée de plaire au plus grand nombre et de vendre par kilos. Même si c’est tout le mal qu’on leur souhaite, peu de chance que, comme le disent les Guignols, çà twitt, buzz & co pour eux, mais nul doute que le savoir faire qu’ils mettent à produire une musique de qualité, à travailler le contenant autant que le contenu, à tourner sans cesse pour se faire connaitre et finir par partager l’affiche avec les mythiques Sonics, nul doute que cela, plus qu’aucune cyber mode, les garantira d’un public fidèle et reconnaissant, aussi dévoué qu’eux à la cause d’une certaine idée de la musique.


Quant aux talentueux loustics dont l’œuvre avait initialement attiré mon œil dans la vitrine, là encore il s’agit de passionnés dont vous pourrez vous rendre compte de l’éclectique talent en allant surfer par là.

Au passage allez jeter un coup d’œil aux grattes, aucun doute qu’elles reviennent directement de l’enfer, ou d’un concert de Sinner Sinners, ce qui, vous l’avez compris, reviens au même !

RedLight - What's Going On ? (2010) - Du travail de Pro

RedLight - What's Going On ? (2010)

Il serait peut être temps d’arrêter de croire (moi le premier) que la scène musicale marseillaise se limite à Massilia Sound System et Iam, qu’elle navigue, sur les flots bleus, entre festivités ensoleillées et macadam brulé au soleil du pied des cités. Ce serait à la fois réducteur et, de fait, faux.


En atteste cette nouvelle livraison des phocéens de RedLight, un an à peine après un EP déjà remarqué. Tout en écoutant les 5 titres défiler avec jubilation, on se renseigne un peu à droite, à gauche sur le dit groupe et l’on apprend que nous sommes donc là en présence d’un collectif un pied dans le rock « classique », l’autre dans le hip-hop. Ah bon ? on tend un peu mieux l’oreille et le constat se fait de lui-même, ni « classique » ni hip-hop, le rock des RedLight est tout simplement tout en originalité, mélodies bien trouvées et entêtantes (NYC au refrain imparable de fraicheur, avec final à faire chanter à la foule en claquant des mains en rythme), touches electro-orientalisante discrétement addictives (Littles Demons), titres plus anecdotiques parfois (un brin pearl jam-isant) comme Lies, et tueries dancefloor pour finir sur une touche que d’aucun qualifieront d’electro-pop.

Alors le hip-hop dans tout çà on se demande bien ou il peut être caché, si ce n’est sur l’imparable premier titre What’s Going On ? où effectivement l’excellent flow des couplets vient renforcer l’impact du refrain chanté d’une voix toute en virilité et puissance. Là oui, en effet, influences hip-hop il y a mis au service d’un titre très fusion ultra efficace avec solo dissonant en prime, difficile de ne pas sauter dans son bermuda, en rythme avec pareille cartouche.

Bref, vous n’êtes pas obligés de croire tout ce qui traine sur le net (à commencer par cette chronique) et, à mon humble avis, ce n’est pas rendre service aux talentueux RedLight que de trop mettre en avant le coté hip-hop de leur son. Non, leur musique est avant tout terriblement organique, elle prend aux trippes et il n’y a pas à douter que l’effet qu’elle produit dans un canapé ne peut qu’être décuplé sur scène !

Junolips - MMix (2010) - 5 titres prometteurs

Junolips - MMix (2010)

Ca ne va pas dire grand-chose à grand monde mais il y a dans ce 5 titres de Juno un « je ne sais quoi » de Galaad, groupe de rock « prog » suisse, ô combien mésestimé. Est le chant en français, les titres épiques (6sex6, Léo et les Lions), les guitares puissantes, ou un peu de tout çà, toujours est-il qu’on ne peut s’empêcher d’y songer à l’écoute de ces 2 titres.


Mais limiter le groupe à cette analogie, qui n’engage que moi, ce serait perdre de vue qu’à l’instar des Inconnus, les Juno’s sont, eux aussi, très beaucoup pour l’éclectisme. Derrière l’efficacité sans faille de la section rythmique et les grattes toujours assez punko-metalliques on sent que le groupe connait ses classiques sans que l’on puisse définir avec précision lesquels, sont ce de ces grattes Maideniennes que l’on entend derrière 6sex6, noir desirienne derrière Allons Enfants ? Allez savoir, le tout est noyé dans une personnalité certaine dont ce 5 titres ne constitue que la carte de visite la plus présentable et saura mettre l’eau à la bouche à ceux que les paroles en français ne rebuteront pas, non qu’elles soient pitoyables, comme c’est bien souvent le cas avec pareille exercice, mais tout simplement parce que nombreux sont ceux, dont moi, qui ne verront jamais l’intérêt d’utiliser la langue de Molière pour faire du rock. De fait, seul titre en anglais, Big Smile s’avère particulièrement efficace et envoutant avec un petit coté dEUS franchement bien vu et ses chœurs éthérés.

L’atterrissage se fait en douceur sur l’acoustique Erose, joli mais relativement anecdotique. « Elle t’a chanté en sursis » ? mouais… une fois les instruments débranchés, certaines paroles s’entendent mieux et n’est pas, à ce niveau là, Angelfall qui veut…

Gageons que la scène saura faire murir les Juno’s car avec un potentiel pareil, s’arrêter sur une impression de 5 titres peut être très réducteur.

Air - Love 2 (2009) - Moyen Air

Air - Love 2 (2009)

Air a souvent surpris en débarquant la ou on ne l'attendait pas forcement et, des l'intro de ce nouvel album, on est bien force de reconnaître que sur ce point la, au moins, ils n'ont pas changes. C'est en effet sur un riff de guitare dans le plus pur style stoner rock que s'ouvre cette nouvelle aeuvre des versaillais aériens, mais très vite on retombe dans un univers bien plus familier avec grosses basses moelleuses, claviers caressants, voix asexuées, flutiaux et autres effets bien sentis entre 2 gazouillis d'oiseaux qui nous rappellent invariablement la bande son idéale d'un porno soft estampille 70s.



Dans la continuité de leurs derniers albums, les instruments plus organiques ne sont pas en reste avec notamment des guitares wahwahisees en pagaille, une vraie batterie servie par l'extraterrestre qui leur sert de batteur depuis l'ébouriffant Virgin Suicide. Cette fois ci, par contre, nos 2 amis ne se sont pas entoures d'une brochette de guests mais ont trousse leur nouveau petit bijou tout seuls dans leur coin.

Be a Bee, me fait bizarrement penser a la BO d'un film des Charlots de la grande époque, compliment ou pas, c'est l'un des rare titre qui tire son épingle de ce jeu mollasson et, quoiqu'on ait pu en dire ici ou la, sans grande inspiration si ce n'est quelques gimmicks sympathiques comme ces marimbas synthétiques sur Missing the Lights of the Day ou le saxo très jazzy du titre suivant qui malheureusement finira remplace par une très pastorale flute et je ne parle pas de celle de ce beau plombier moustachu venu réparer les fuites de la châtelaine auquel la musique fait irrémédiablement penser.

Sing, sang, sung est un petit single sympathique mais assez anecdotique et si Eat my Beat durcit gentiment le ton, rien de bien neuf néanmoins sous le soleil.

Finalement ceux qui ne supportent pas nos versaillais 70s ne changeront certainement pas d'avis à l'écoute de cette nouvelle livraison, les autres se retrouveront avec un nouveau disque dans la moyenne basse des productions précédentes. Rien à reprocher vraiment, quelques expérimentations sont même plutôt réussies, mais on sent que l'inspiration n'était peu être pas au rendez vous. La prochaine fois peut etre ?!

Grégoire - Toi+Moi (2008) - Leopold Nord et Vous, au moins ils étaient drôles

Grégoire - Toi+Moi (2008)

En 1987, Léopold nord et vous déclaraient, dans leur tube "C'est l'amour":



" Toi et moi dans le même bermuda,

C'est l'amour."

Qu'il est étonnant de constater que plus de 20 ans plus tard, c'est cette référence qui a été choisie en titre du 1er album de Grégoire. Entretemps nous avons malheureusement quelque peu perdu la trace de Leopold Nord et vous, ce qui est bien regrettable, et de ses chansons toute bêtes mais diablement efficaces pour faire sourire et danser.

En remplacement, l'industrie du disque nous refourgue ses fonds de tiroirs usées des télé-crochets télévisés dans le maigre espoir de rentabiliser le budget pressing des strings de Nikos à la fin de chaque "prime". Voici donc Gregoire, "la nouvvelle sensation" du moment. S'il fut un temps où "cette sensation s'appell(ait) Coke", cette sensation là s'appelle plutot toc! Tout est en toc, la voix, les textes (consternant au regard de ceux de Leopold Nord et Vous, la musique est une soupasse indigeste sans doute effectuée pour le cachet par une bande de requins de studios pas trop regardants, bref, c'est raté !

On m'apprend à l'instant qu'actuellement, Alec Mansion (un des 3 frêres du groupe "Leopold Nord et vous") en duo avec Jean-Pierre Mader expérimente la recherche de producteurs internaute pour un nouveau disque, gageons qu'il sera plus réussi que cette "oeuvre" de Grégoire....

Johnny Halliday - Tour 66 Stade De France 2009 - Un petit cancer... oups concert ! pardon...

Johnny Halliday - Tour 66 Stade De France 2009

L'autre jour, à peine je me léve, que je me sens pas bien. Pas vraiment malade mais pas bien, un peu nauséeux...patraque quoi. Dans ce cas là, le seul reméde que je connaise, c'est de glisser l'intégrale de Johnny dans mon jukebox, enfin pas vraiment besoin de l'y glisser rapport à qu'elle ne l'a jamais quitté, j'appuies donc sur "play", je dégoupille une cannette de houblon et je m'assied dans mon canap', normalement au bout de quelques minutes c'est bon le mal passe et je peux dédier ma journée entière à astiquer le Harley ou découper des franges dans les manches de ma veste en jeans. Mais là après 3 albums j'étais toujours mal fichu...


- J'sais pas c'qui m'arrive mais j'me sens vraiment pas dans mon assiette aujourd'hui que je fais à ma blonde

- Hummm...bah mince, pourtant t'as écouté ton Johnny pendant 3 heures, çà devrait aller mieux non ?

- bah nan...j'comprend pas, j'sais pas c'qui m'arrive...

Pourtant elle avait raison ma blonde, normalement un Johnny et çà repart mais ce jour là j'étais tellement pas bien que j'ai du appeler le gynéco.

Enfin, c'est pas exactement comme çà que çà s'est passé. Vu que j'étais pas bien rapport à que j'étais pas en forme, je me suis dit que, comme d'habitude, j'allais penser comme pense Johnny, c'est une régle dans ma vie et elle a toujours marché.

Alors voilà que je me mets en état de penser comme Johnny et que je me dis, comme çà, que si j'étais malade, j'irais voir un docteur...enfin un docteur...un doc plutôt parceque rapport à qu'il a plein de trucs à dire, Johhny y perd pas son temps à finir des mots que tout le monde a compris. Donc un doc d'accord mais faut trouver le bon. Johnny il a plein de potes mais des docs, c'est pas sur. Johnny son pote préféré il est même président de la république, mais moi j'ai pas de pote président...enfin si, j'ai un pote qu'est président de "coeur de rocker" le fan club des fans Julien Clerc qui sont fans de Johnny et le président du comité de soutien a Raoul la Tire, un pote à nous trop tôt disparu rapport a qu'il portait des jeans slims trop moulant et des perfectos taille 12 ans pour mouler son galbe. RIP Raoul... mais je m'éloigne du sujet. Donc un doc donc... pas facile... et puis soudain la sainte triologie (Johnny, Eddy, Dick) m'apparut...mais bien sur le doc au président et à Johnny c'est le Gynéco, cuilà qui produit l'album du fils du président...

Ni d'une, ni de deux, j'enfile mon harley, je chausse mon perfecto et je chevauche mes tiags pour me rendre chez le gynéco le plus proche. C'est peu dire que le doc a eu l'air surpris quand il m'a vu dans la salle d'attente.

- Euh...monsieur, vous étes dans une salle d'attente ici alors je vous prierai de bien vouloir éteindre votre cigarette et baisser le son de votre walkman...par ailleurs il s'agit d'une consultation gynécologique et comme vous n'êtes à priori pas accompag...

- bah... accompagné si, j'ai toujours mon Johnny sur moi, donc niveau accompagnation jvois pas trop c'qu'il vous faut de plus...

- ...

- bah...c'est rapport a que je vais pas très bien aujourd'hui

- bon, écoutez mon bon monsieur, je vais vous donner l'adresse d'un excellent psychiatre, je suis sur qu'il pourra faire des miracles pour vous !

Pas vraiment emballé par la consultation je retournais à mon Harley pour me rentrer quand je tombe sur la une du journal avec une photo de Johnny et une interview passionnante... direct je lis et en un instant tout était plus clair !

- Alors, me fait ma blonde quand je pousse la porte du mobil home, il t'a dit quoi le doc ?

- Ah le doc? bah c'est un doc de gonzesse, l'a même pas été capable de me trouver c'que j'ai !

- Ah mince alors, du coup t'es pas gueri ?

- Bah si j'ai trouvé, c'est tout con, j'ai vu çà dans une interview de Johnny, c'est pas grave c'que j'ai c'est juste un "petit cancer" *.

- Ah ouf ! J'avais peur que ce soit grave...



* PS: le terme n'a pas été inventé par mes soins; c'est Johnny lui même qui a déclaré en avoir été affecté, et toute personne, dont moi, ayant été un jour dans sa vie confrontée à cette terrible maladie appréciera comme elle voudra.

Johnny Halliday - Faces A Faces (2009) - Trop de sport tue le sport...


Johnny Halliday - Faces A Faces (2009)

L'autre jour avec ma blonde on était devant la télé. Enfin, j'm'explique, j'étais devant la télé avec une blonde (1664 pour ne pas la nommer) et ma blonde officielle était devant la vaiselle, à quelques metres à peine dans le mobil'home. J'étais donc devant la télé quand tout d'un coup j'apprends un truc incroyable.


- oh p't'n c'est pas possible ! Oh Marie si tu savais....

- quoi mon loup ?

- l'autre là, le petit... argggh le pti qu'on voit toujours à la télé...

- Passe partout ?

- Mais non, le pti qui fait du sport tout le temps à la télé ...

- Gérard Holtz ?

- Mais non pas lui ! Le pti tout énervé qui court partout ?!

- Ahhhhh Louis de Funes ?!

- Grrrrrrr mais non, cuilà qu'est marié à une chanteuse !!!!

- Ah ouiiiii ... euh.... Nicoli Sarkoza ou un truc comme çà ?

- Ouais lui là, le président de tous les français fans de Johnny...

- Oui et bah ?

- Et bah ya qu'il vient de tomber dans les pommes en faisant son jogging par 40 degrès à l'ombre ..

- ah bon ? et alors ?

- bah et alors ? et alors? et alors Johnny comme il est fan du petit qui court, c'est sur qu'il va tout faire pour l'imiter... et le jogging en santiag en plein cagnard à l'age qu'il a, c'est plutot risqué !

Ce qui devait arriver arriva, à peine une semaine plus tard, on apprenait que Johnny était hospitalisé à l'hopital américain de Neuilly après avoir fait une chute en glissant sur le ponton du yacht qu'il avait loué pour son concert de Monaco (la presse du 3 aout 2009). Trop habitué qu'il est maintenant aux routes glissantes suisses, Johnny a définitivement le pied moins marin que ses yeux !

Johnny Halliday - Quelque part un aigle (1982) -L'album caché de Didier Super ?

Johnny Halliday - Quelque part un aigle (1982)

Le jour ou j ai annoncé à ma blonde mon intention de revendre son epilady pour me faire tatouer la pochette de cet album sur ma main gauche (pour que je puisse la voir a chaque fois que je regarde l heure), elle a fait un peu la meme tete que quand j avais planté mon harley en bas des falaises de la pointe de Corsen (Finistere) en tentant d aller toujours plus a l ouest, sur les traces de Johnny !


Pourtant, en matiere de tatouage, elle est plutot coulante ma blonde. Le dernier en date (un superbe portrait d Antoine rageusement barré d un "Optic2000" vengeur sur la cuisse droite) lui avait plutot plu meme si elle préfére quand meme le "cheveux longs, idées courtes" que j ai sur la nuque.

Mais bon, on n est pas la pour parler tatouage, ni meme de la superbe pochette mais plutot de ce contenu et la, c est du lourd, du gros blues-rock comme on aimerait que Johnny nous en reserve plus souvent. Je critique pas le bonhomme mais des titres comme "On va vous en donner du Rock n Roll" ca avait franchement plus d allure que ses duos avec d improbables rappeurs...enfin, moi je dis...je suis pas Johnny et je le respecte trop pour critiquer.

Mais avec cet album de 82 il pétait le feu le gaillard...remarques, moi en 82 je pétais pas mal le feu non plus...

Souvenirs, souvenirs....

Glowsun - the sundering (2009) - Stonez français

Glowsun - the sundering (2009)

Quel joie de constater qu'il existe encore dans l'univers de plus en plus consanguin des groupes qui savent se souvenir qu'outre les riffs plombes a la Sabbath, ils sont aussi les descendants on ne peut plus légitimes du space rock d'Hawkwind et de son Monster Magnet de rejeton qui auraient croisé quelque Tool perdus. Car oui s'il fleure bon le cuir trempe a la sueur et la bière tiède, le stoner de Glowsun sait aussi parfumer son plomb d'effluves bien plus spatiales, lorgnant de ci delà vers un desert rock aux grattes squelettiques mais surtout vers les effets les plus voie lactées des sus cites monstres magnétiques. De ces ambiances en apesanteur (mais pas celle de Calogero rassurez vous) ou échos et larsens semblent se perdre dans les profondeurs de l'infini pour tenter de faire décoller cette musique si souvent embourbée par la chape du métal bien connu qui ne manque jamais de s'abattre sur le consommateur moyen de produits herbacés prohibes, par ailleurs amateur de ce genre de musique.


Majoritairement instrumentale, la musique du combo francophone invite à la rêverie, effleurant parfois les ailes déployées d'un Pelican, animal qui pourtant ne croise que rarement a ces altitudes. Si l'on s'en tenait au nom et faisions abstraction de tout ce qu'a pu produire le groupe (essayons au moins, après tout rien ne l'interdit) on pourrait rapprocher Glowsun d'un Led Zeppelin pour l'idée du très lourd plus léger que l'air, plus léger que les vents cosmiques au gré desquels sa musique se laisse porter, hybride de post rock heavy et de Monster Magnet instrumental, mais surtout de bien plus encore. Références à chercher dans un catalogue infini qui va certes des proches de Brant Bjork a Cure en passant par tout un magma stellaire digère par un groupe a des millions d'années lumières de la horde des suiveurs sans imagination qui peuplent désormais ce genre.