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dimanche, février 26, 2012

The Love Me Nots - Upside Down Inside Out (2009) - "Les Cornichons" de Nino Ferrer, en plus rock américain :)

The Love Me Nots - Upside Down Inside Out (2009)

Les Sonics, les Kinks, les Animals, les Seeds, les Miracle Workers, les Fuzztones, les Chesterfield Kings, les Mummies, j'en passe et des plus obscurs, oui, milles fois oui, il y a de tout celà dans la musique des Love Me Nots de Phoenix, pure fuzz et farfisa. Mais pour les jeunes de l'an 2000 ( "c'est clair, c'est plus le même deal" comme dirait l'autre), c'est plutôt une joyeuse rencontre entre les Donnas, Austin Powers et ... allez, les Lords of Altamount, bref un happy garage rock millésimé 60s pour peu que l'esthétique même du groupe puisse faire douter un seul instant de leurs orientations temporelo-musicales.


Du coup, en ces temps de pure rock n'roll revival, qu'est ce qui peut bien valoir la peine qu'on se précipite sur ce Upside Down Inside Out plutôt que n'importe quel autre album fortement référencé ? Que la production soit assurée par Jim Diamond (White Stripes, Romantics, Gore Gore Girls)? Franchement vous en connaissez beaucoup des gens qui achétent un album au seul nom du producteur (surtout si ce dernier s'appelle Jean Marie Diamand!). Le fait que Nicole Laurenne (chant et Farfisa) et Michael Johnny Walker (guitare) soient accompagnés d'une nouvelle section rythmique qui respecte la parité chère au groupe ? mouais... enfin ce qui fait justement tout l'intérêt de ce disque c'est bien le trio voix-guitare-farsifa alors que la section rythmique ait été revue de fond en comble ne change pas grand chose à l'immédiateté et l'addiction que l'on ressent presqu'immédiatement à l'écoute de ce bonbon garage acidulé pop.

Même si l'orgue farsifa se taille la part du lion portant presqu'à lui seul le chant, MJ Walker sait décocher des soli "à la Slash" pas piqué des hannetons et ne se limite pas à ce statut de guitar hero garage, brodant humblement de petits motifs surf-garage bien sentis ici ou là.

Sortez vos tailleurs pieds de poules, coiffez vos rouflaquettes et vos boots vernies, groooovy babyyyyy party !

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)- Brulot infernal

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)

Odeur de goudron cramé, d’alcool et d’essence, de cocktails Molotov, de graisse, de cuir, de sang et de stupre. Rage contenue, tension palpable, hystérie couvante… pas une note encore et pourtant le décor est déjà impeccablement posé. Vous avez glissé le skeud dans la platine, personne ne vous y a forcé (si ce n’est peut etre de savoir ce qui peut bien se cacher derrière si alléchante pochette), personne ne vous y a forcé non, c’est sûr, alors ne venez pas jouer les vierges effarouchées après et faites comme tout le monde dès les premières secondes, prenez vos jambes à votre cou, et hurlez, fuyez, suppliez, paniquez… Tout ! Tentez tout ce que vous pourrez pour y échapper, mais rien n’y fera, une fois la touche Play enfoncée, vous ne pourrez plus échapper au souffle chaud et aviné de l’horror-punk graisseux des Sinner Sinners. Déjà le sax free-leux empli l’espace et l’ombre de Steve Mackay plane sur le carnage qui s’annonce.Encore quelques secondes et la galette va nous péter à la gueule comme une grenade dans un cri déchirant et inhumain.3…2….1….ZERO !


Car oui, c’est bien à une tuerie sonore à laquelle nous allons assister. Il y a peu, Sam et Steve Thill nous avait déja quelque peu mis en garde au détour de l’incendiaire 45T LA's Burning et sa B’side The’s no Place Like …(que l’on retrouve d’ailleurs avec plaisir sur l’album, ce qui évite d’avoir à ressortir la platine à chaque fois qu’on veut s’envoyer un shoot d’high energy). Pourraient ils garder toute cette tension et l’énergie qui va avec sur la longueur d’un album ? certes ils ne sont pas les seuls aux manettes, ils ont déniché toute une improbable bande de flibustiers/desperados pour leur préter main forte dans leur entreprise d’évangélisation démoniaque (jugez en plutôt par la liste des participants à l’album du « duo ») et si vous voulez une petite idée du niveau d’artisanat du dit objet on m’informe qu’il y a une petite erreur sur le livret : je cite : la track 13 c'est la 12 en fait - et la 3 et 4 sont inversées :


Mais les brulots en pleine face sont ils leur seule arme ? oh que non, en témoigne Sonic Room plus « pop » si l’on peut oser le terme, ou Dead Dead Dead presqu’enjoué et primesautier (avec son chœur féminin qui n’est pas sans rappeler l’excellent Harmonic Generator des Datsuns), enfin…pour peu que l’on fasse abstraction des paoles qui pour la peine sont plutôt un brin macabres. Pour ce qui est de réveiller les morts, le piano baltringue (bastringue) de Stetson devrait largement y arriver.

On attaque la seconde face comme on l’avait fait de la première, sans les cris d’horreur qui ne sont plus ici nécessaires, l’ambiance est toujours aussi inquiétante avec son orgue dopé et la voix désincarnée de Sam perdue dans le fond du mix, comme noyée sous 6 pistes de grattes graisseuses. Par certains aspects ce titre pourrait faire penser à ce qu’Iggy aurait pu faire de mieux en solo s’il n’était pas tombé, comme c’est souvent arrivé, sur de bien peu fréquentables margoulins soucieux, seulement, de pouvoir poser leur nom à coté du sien. La remarque que l‘on s’était déjà faite sur le 45T est plus que jamais d’actualité sur la longueur de l’album.

Si d’aventure vous doutiez encore des capacités et de l’intérêt de se jeter immédiatement sur cet album indispensable à toute ame damnée, une oreille rapide à Cadavra devrait finir de vous convaincre. Efficacité, énergie, mélodie et immédiateté, tout est résumé dans ce titre déjà culte pour qui s’interresse à ce qui vaut vraiment le coup d’être écouté dans l’hexagone. Vous en connaissez beaucoup des enchainements solo-accélération finale, comme sur There’s no Place Like… ? personnellement j’en ai rarement entendu du coté de la Starac ou sur le dernier Charlotte Gainsbourg !

Motorhead, Seeds, Sonics, Stooges, Cramps et qui sais je encore, oui les Sinners ont embarqué dans un train fantôme déjà joliment peuplé et sont loin d’y faire pâle figure, c’est l’auditeur, par contre, qui risque de virer au vert quand la folle cavalcade s’arrétera aux dernières notes d’un Mummy évocateur, dans un dernier vrombissement de moteur surchauffé en bout de course. Une dernière peleté de terre, 6 clous (piqués sur le cuir) et une croix (en fer évidemment)… la messe est dite. Oh Lord (of Altamont) have mercy….

Pour en savoir plus, et vous faire une idée plus précise sur 2 titres cadeaux: ... c'est ici.


Lords of Altamont - Lords Have Mercy (2005) - Straight in your face,

Lords of Altamont - Lords Have Mercy (2005)

- Bonjour, il me faudrait 10 morceaux de rock gras bien saignant et taille directement dans le nerf s'il vous plait..
- Y'en a un peu plus, je vous le mets quand même?
- bah ouais ca peut pas faire de mal. Non pas la peine de l'emballer je vais le consommer directement a même le cuir.


Plus que sur leurs autres albums nos Lords sont ici sérieusement épaules par l'ogre Hammond omniprésent et qui vient napper les saillis tout en guitares cradingues et cymbales martyrisées d'une couche de sirop d'érable qui, tout en engluant le tout, ne fait en aucun cas sombrer nos garagistes psychés dans la guimauve.

Même si le 1er titre lorgne parfois avec un heavy monster magnetien, la figure paternelle d'un Stooges basique reste la marque de fabrique de nos bikers enfièvres. A la différence d'Altamont Sin, les références au groupe de l'iguane sont quand même moins appuyées éloignant définitivement tout soupçon de manque d'inspiration tant les compos sont futées et originales dans un genre plutôt ultra balisé.

Et pour répondre a notre ami curieux, s'il ne devait n'y en avoir qu'une, celui ci bat dans mon cœur To Hell sur le fil...pour la pochette, chef d'œuvre d'efficacité suggestive.

The Lords Of Altamont - The Altamont Sin (2008) - Toujours aussi parfait même si quelques riffs rappelent très étrangement le groupe de l'iguane :)

The Lords Of Altamont - The Altamont Sin (2008)

Bon, vous ne viendrez pas dire qu'on ne vous aura pas prévenu. Le message qui ouvre cet album est assez explicite pour que vous compreniez bien que la musique des Lords est réservée aux oreilles doublées de cuir. D'ailleurs le rouleau compresseur qui passe juste après le speaker devrait finir de convaincre les égarés de passer leur chemin.


Une fois les indésirables mis de cote, les Lords peuvent se faire un petit plaisir en glissant, le temps d un Faded Black en terres plus pop sans pour autant délaisser le gros son crado qui est leur marque de fabrique. Voix de poissonnier fortement alcoolisé, disto...distordue, rythmique basique mais lancinante comme peut l être une grosse gueule de bois, le décor est pose, on n'est pas vraiment la pour faire des bouquets de marguerites. Ce sont plutôt d'orties dont il est ici question, orties et chardons engraisses a la cendre et au gros bourbon qui tache. Pour faire passer cette lourde décoction, une bonne louche d'orgue bien sirupeux, comme sur Never Do Well par exemple.

Avec le gosier bien lesté par le mélange, comment peut-on faire autrement que de beugler de cretins refrains comme autant de chants de hooligans avines? Ya pas a tortiller du slim en cuir, impossible de faire autrement comme en témoigne Going Nowhere Fast et son solo aérien tout en urgence hallucinée.

Orgue hante sur fond de riff hard rock ultime, mais du plus crasseux qui soit, on n'est pas chez Satriani ici, des les premières notes on sent...la poudre? Oui, la poudre en effet, mais on sent surtout qu'avec Lightning Strikes on a affaire a du lourd en descendance directe des Stooges qui aurait pique quelques plans de clavier au Monstre Magnétique des débuts.

Je ne vais pas vous faire tous les titres de l'album, je risquerai de me répéter, sachez seulement qu'on y entend aussi de l'harmonica (lewinsky ?) entre 2 riff de sexe, de drogue et , évidemment, de rock n'roll car c'est bien de cela dont il s'agit ici et du meilleur, du millésime 60s garage.

Mais je vous vois venir d'ici avec vos grosses bottes Harley, vous allez me demander: "mais Crew, si je ne devais avoir qu'un seul album des Lords?". Ceux qui savent riront de vous, en effet avoir un seul album des Lords c'est aussi cretin que de s'envoyer un verre de tequila alors qu'on peut se faire la bouteille au goulot. Mais je ne suis pas de ces moqueurs et je vous répondrais sans détour: "Dans ce cas, rues toi sur To Hell With the Lords" dont les titres sont peut être encore plus aboutis...ici certains hommages aux Stooges frisent quand même dangereusement le plagiat par définition peu imaginatif.

The Lords Of Altamont - To Hell With The Lords (2006) - Raw Power from the Lords

The Lords Of Altamont - To Hell With The Lords (2006)

Au "peace, love and happiness" de la fin des sixites, les Lords of Altamont ont sans hésitation aucune préféré le "sex, drugs and rock n'roll" intemporel des pionniers du rock. Le nom suffit à comprendre qu'on est à des années lumière du patchouli et des fleurs dans les cheveux de Woodstock. Non, les 5 Lords sont là pour un enterrement, tout de cuir noir vétus, mine sombre et patibulaire, regards vides et hallucinés par les abus en tous genre et le manque de sommeil....



De références ils ne manquent évidemment pas, MC5, Fuzztones, leurs CVs respectifs sont à eux seuls un carnet d'adresse du garage rock le plus straight. Qu'est ce à dire? et bien vous prenez 2 guitares en fusion qui se tirent la bourre à la moindre occasion de solo, un orgue farsifa bavard et une voix de précheur halluciné, le tout sur une section rythmique tachicardique ou étrangement ébéthée et voilà à peu près ce que çà peut donner. Ajoutez à celà des titres qui ne dépassent pas les 4 minutes, des hommages appuyés aux Stooges (Come on... ressemble au petit frêre de Raw Power par exemple) et aures légendes noires (pas dans le sens de la couleur de peau) du rock n'roll, une imagerie et un nom tout droit sorti de l'univers des Hells Angels et vous saurez de quoi il retourne.

Synthèse parfaite du Garage, du Punk et du rock Psychedelique, ces 5 là n'ont certainement pas inventé grand chose, mais c'est avec une énergie et une flamme sincère qu'ils entretiennent avec brio la flamme d'une certaine esthétique rock originelle.

The Black Angels - Directions to See a Ghost (2008) - 72 minutes de "trip noir" dont on ne ressort pas indemne

The Black Angels - Directions to See a Ghost (2008)

Dans la catégorie néo rock psychedelique, si les Lords of Altamont représentent la branche cocainée-caffeinée tendance Stooges, les Black Angels, qui nous occupent aujourd'hui, évolueraient plutôt dans la famille des Velvet Underground valiumisés-opiacés avec un chant, un mantra plutôt tant la voix désincarnée, exclusivement masculin.


2 guitares, une basse, une batterie et d'étranges drones machines soutiennent ce chant qui, même si on peut le considérer sans vie, n'en demeure pas moins extrémement envoutant et habité. L'ambiance est lourde sans être peusante (j'avoue que çà parait difficile à imaginer, mais c'est bien le cas ici, de lourds morceaux aériens s'échappent des enceintes au fur et à mesures des écoutes). Comme le disait fort justement un commentateur précédent, on peut se demander quelle est l'utilité d'avoir découpé l'album en 11 titres, tant ils forment un tout qui, à la première écoute, peutt paraitre un brin répétitif. Mais, et c'est là que tout le charme de l'album agit, on y revient malgrè cette première impression déroutante. Au fil des écoutes on commence à deviner les reliefs cachés derrière ce mur de guitare oppressant et, peu à peu, les nuances apparaissent, les couleurs se révélent et c'est plus d'homogeneité entre les titres que de redite dont on découvre qu'il est ici question.

Moins étouffant qu'un Black Mountain (avec qui on les compare souvent), les Black Angels réussissent l'exploit de rendre leur rock psychélique, assez rebutant de prime abord, hautement addictif... il ne faudrait cependant pas y voir une volonté affichée du groupe de pousser ses fans, à chaque album plus nombreux, dans les bras dangereux de l'addiction, celle ci restant purement musicale.

The Black Angels - Phosphene Dream (2010) - La lumière tout au fond du tunnel ?

The Black Angels - Phosphene Dream (2010)

Dans la catégorie des groupes contemporains psychèdéliques chimiquement fortement chargés, les 2 premiers albums des Black Angels avaient surpris et charmés par leur noirceur et le coté plombé et désespéré des compos. Loin des petites fleurs et du tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil le groupe d’Austin, ouioui comme le 12th Floor Elevator,le groupe donc optait pour un psychédélisme beaucoup plus urbain et claustrophobique, opiacé, forcément...


Le disque commence et immédiatement, on est en terrain connu, on commence à s'installer confortablement dans ce ronronnement familier, douillet, connu et rassurant et là, sans prévenir, le groupe suprend en cassant sans prévenir ce traintrain trop prévisible, dès la première moitié du premier titre. Excelente idée qui a pour effet immédiat d'attiser la curiosité et donc l'attention de l'auditeur !
Le disque déroule et les surprises s'enchaînent: petit coté psyché-pop qu’on ne leur connaissait pas forcément sur le second titre, comme s'ils avaient décidé de s’offrir un peu de lumière, une petite ballade au soleil, blafard certes, comme un soleil de Novembre, comme un Sunday Afternoon au grand air, ou au Telephone.

Structures harmoniques légérement hindouisantes (on pense parfois au Paint it Black de…. Qui déjà ?!) et orgues hantés sont évidemment au rendez vous, juste portés par une batterie qui, pour être réduite à son minimum vital, n’en reste pas moins immensément présente et indispensable, sortant souvent du carcan purement rythmique pour venir se méler de mélodie aussi. Aux lourdeurs opiacées de Direction to See a Ghost, on trouverait presque un coté Swinging London à ce Phosphene Dreams par instants.

Car oui, c’est sans doute la révélation de cet album, plutot que de continuer à passer leur temps à gober toutes les couleurs possibles et imaginables de cachets qui passent à leur portée dans leur cave de répéte, les Angels ont décidé de sortir un peu. Leur musique y gagne en vie et en oxygène, ce qu’elle perd, bien evidemment, en claustrophobie paranoiaque. Plutot que de ruminer des cris de désespoir, de détresse, des appels à la révolte ou plutôt à la prise de conscience de l’inertie et l’abrutissement de nos sociétés, c’est comme si soudainement Alex Maas et sa bande s’étaient réveillés un matin en décidant de, presque, prendre la vie du bon coté. Pour preuve, le format plus « conventionnel » de la durée des titres. Plus de longue descente aux enfers sans fin ici, mais des vignettes d’humeur changeante, toujours révoltées, désabusées mais peut être plus « optimistes » que par le passé. Faut il voir dans The sniper, qui m'évoque étrangement Led Zep, un retour d’acide datant de leur tournée en ouverture de Wolfmother ? allez savoir….

Histoire de ne pas effrayer les afficionados des 2 albums précédents, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, on reconnait parfaitement la pâte Black Angels sur ce nouvel album, le talent de composition du groupe et son univers, mais plutôt que de labourer stérilement et sans relâche le même sillon, ils s'ouvrent un peu...qui s'en plaindrait ? certainement pas les Black Mountain qui semblent prendre le même chemin.