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dimanche, février 26, 2012

The Love Me Nots - Upside Down Inside Out (2009) - "Les Cornichons" de Nino Ferrer, en plus rock américain :)

The Love Me Nots - Upside Down Inside Out (2009)

Les Sonics, les Kinks, les Animals, les Seeds, les Miracle Workers, les Fuzztones, les Chesterfield Kings, les Mummies, j'en passe et des plus obscurs, oui, milles fois oui, il y a de tout celà dans la musique des Love Me Nots de Phoenix, pure fuzz et farfisa. Mais pour les jeunes de l'an 2000 ( "c'est clair, c'est plus le même deal" comme dirait l'autre), c'est plutôt une joyeuse rencontre entre les Donnas, Austin Powers et ... allez, les Lords of Altamount, bref un happy garage rock millésimé 60s pour peu que l'esthétique même du groupe puisse faire douter un seul instant de leurs orientations temporelo-musicales.


Du coup, en ces temps de pure rock n'roll revival, qu'est ce qui peut bien valoir la peine qu'on se précipite sur ce Upside Down Inside Out plutôt que n'importe quel autre album fortement référencé ? Que la production soit assurée par Jim Diamond (White Stripes, Romantics, Gore Gore Girls)? Franchement vous en connaissez beaucoup des gens qui achétent un album au seul nom du producteur (surtout si ce dernier s'appelle Jean Marie Diamand!). Le fait que Nicole Laurenne (chant et Farfisa) et Michael Johnny Walker (guitare) soient accompagnés d'une nouvelle section rythmique qui respecte la parité chère au groupe ? mouais... enfin ce qui fait justement tout l'intérêt de ce disque c'est bien le trio voix-guitare-farsifa alors que la section rythmique ait été revue de fond en comble ne change pas grand chose à l'immédiateté et l'addiction que l'on ressent presqu'immédiatement à l'écoute de ce bonbon garage acidulé pop.

Même si l'orgue farsifa se taille la part du lion portant presqu'à lui seul le chant, MJ Walker sait décocher des soli "à la Slash" pas piqué des hannetons et ne se limite pas à ce statut de guitar hero garage, brodant humblement de petits motifs surf-garage bien sentis ici ou là.

Sortez vos tailleurs pieds de poules, coiffez vos rouflaquettes et vos boots vernies, groooovy babyyyyy party !

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)- Brulot infernal

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)

Odeur de goudron cramé, d’alcool et d’essence, de cocktails Molotov, de graisse, de cuir, de sang et de stupre. Rage contenue, tension palpable, hystérie couvante… pas une note encore et pourtant le décor est déjà impeccablement posé. Vous avez glissé le skeud dans la platine, personne ne vous y a forcé (si ce n’est peut etre de savoir ce qui peut bien se cacher derrière si alléchante pochette), personne ne vous y a forcé non, c’est sûr, alors ne venez pas jouer les vierges effarouchées après et faites comme tout le monde dès les premières secondes, prenez vos jambes à votre cou, et hurlez, fuyez, suppliez, paniquez… Tout ! Tentez tout ce que vous pourrez pour y échapper, mais rien n’y fera, une fois la touche Play enfoncée, vous ne pourrez plus échapper au souffle chaud et aviné de l’horror-punk graisseux des Sinner Sinners. Déjà le sax free-leux empli l’espace et l’ombre de Steve Mackay plane sur le carnage qui s’annonce.Encore quelques secondes et la galette va nous péter à la gueule comme une grenade dans un cri déchirant et inhumain.3…2….1….ZERO !


Car oui, c’est bien à une tuerie sonore à laquelle nous allons assister. Il y a peu, Sam et Steve Thill nous avait déja quelque peu mis en garde au détour de l’incendiaire 45T LA's Burning et sa B’side The’s no Place Like …(que l’on retrouve d’ailleurs avec plaisir sur l’album, ce qui évite d’avoir à ressortir la platine à chaque fois qu’on veut s’envoyer un shoot d’high energy). Pourraient ils garder toute cette tension et l’énergie qui va avec sur la longueur d’un album ? certes ils ne sont pas les seuls aux manettes, ils ont déniché toute une improbable bande de flibustiers/desperados pour leur préter main forte dans leur entreprise d’évangélisation démoniaque (jugez en plutôt par la liste des participants à l’album du « duo ») et si vous voulez une petite idée du niveau d’artisanat du dit objet on m’informe qu’il y a une petite erreur sur le livret : je cite : la track 13 c'est la 12 en fait - et la 3 et 4 sont inversées :


Mais les brulots en pleine face sont ils leur seule arme ? oh que non, en témoigne Sonic Room plus « pop » si l’on peut oser le terme, ou Dead Dead Dead presqu’enjoué et primesautier (avec son chœur féminin qui n’est pas sans rappeler l’excellent Harmonic Generator des Datsuns), enfin…pour peu que l’on fasse abstraction des paoles qui pour la peine sont plutôt un brin macabres. Pour ce qui est de réveiller les morts, le piano baltringue (bastringue) de Stetson devrait largement y arriver.

On attaque la seconde face comme on l’avait fait de la première, sans les cris d’horreur qui ne sont plus ici nécessaires, l’ambiance est toujours aussi inquiétante avec son orgue dopé et la voix désincarnée de Sam perdue dans le fond du mix, comme noyée sous 6 pistes de grattes graisseuses. Par certains aspects ce titre pourrait faire penser à ce qu’Iggy aurait pu faire de mieux en solo s’il n’était pas tombé, comme c’est souvent arrivé, sur de bien peu fréquentables margoulins soucieux, seulement, de pouvoir poser leur nom à coté du sien. La remarque que l‘on s’était déjà faite sur le 45T est plus que jamais d’actualité sur la longueur de l’album.

Si d’aventure vous doutiez encore des capacités et de l’intérêt de se jeter immédiatement sur cet album indispensable à toute ame damnée, une oreille rapide à Cadavra devrait finir de vous convaincre. Efficacité, énergie, mélodie et immédiateté, tout est résumé dans ce titre déjà culte pour qui s’interresse à ce qui vaut vraiment le coup d’être écouté dans l’hexagone. Vous en connaissez beaucoup des enchainements solo-accélération finale, comme sur There’s no Place Like… ? personnellement j’en ai rarement entendu du coté de la Starac ou sur le dernier Charlotte Gainsbourg !

Motorhead, Seeds, Sonics, Stooges, Cramps et qui sais je encore, oui les Sinners ont embarqué dans un train fantôme déjà joliment peuplé et sont loin d’y faire pâle figure, c’est l’auditeur, par contre, qui risque de virer au vert quand la folle cavalcade s’arrétera aux dernières notes d’un Mummy évocateur, dans un dernier vrombissement de moteur surchauffé en bout de course. Une dernière peleté de terre, 6 clous (piqués sur le cuir) et une croix (en fer évidemment)… la messe est dite. Oh Lord (of Altamont) have mercy….

Pour en savoir plus, et vous faire une idée plus précise sur 2 titres cadeaux: ... c'est ici.


Lords of Altamont - Lords Have Mercy (2005) - Straight in your face,

Lords of Altamont - Lords Have Mercy (2005)

- Bonjour, il me faudrait 10 morceaux de rock gras bien saignant et taille directement dans le nerf s'il vous plait..
- Y'en a un peu plus, je vous le mets quand même?
- bah ouais ca peut pas faire de mal. Non pas la peine de l'emballer je vais le consommer directement a même le cuir.


Plus que sur leurs autres albums nos Lords sont ici sérieusement épaules par l'ogre Hammond omniprésent et qui vient napper les saillis tout en guitares cradingues et cymbales martyrisées d'une couche de sirop d'érable qui, tout en engluant le tout, ne fait en aucun cas sombrer nos garagistes psychés dans la guimauve.

Même si le 1er titre lorgne parfois avec un heavy monster magnetien, la figure paternelle d'un Stooges basique reste la marque de fabrique de nos bikers enfièvres. A la différence d'Altamont Sin, les références au groupe de l'iguane sont quand même moins appuyées éloignant définitivement tout soupçon de manque d'inspiration tant les compos sont futées et originales dans un genre plutôt ultra balisé.

Et pour répondre a notre ami curieux, s'il ne devait n'y en avoir qu'une, celui ci bat dans mon cœur To Hell sur le fil...pour la pochette, chef d'œuvre d'efficacité suggestive.

The Lords Of Altamont - The Altamont Sin (2008) - Toujours aussi parfait même si quelques riffs rappelent très étrangement le groupe de l'iguane :)

The Lords Of Altamont - The Altamont Sin (2008)

Bon, vous ne viendrez pas dire qu'on ne vous aura pas prévenu. Le message qui ouvre cet album est assez explicite pour que vous compreniez bien que la musique des Lords est réservée aux oreilles doublées de cuir. D'ailleurs le rouleau compresseur qui passe juste après le speaker devrait finir de convaincre les égarés de passer leur chemin.


Une fois les indésirables mis de cote, les Lords peuvent se faire un petit plaisir en glissant, le temps d un Faded Black en terres plus pop sans pour autant délaisser le gros son crado qui est leur marque de fabrique. Voix de poissonnier fortement alcoolisé, disto...distordue, rythmique basique mais lancinante comme peut l être une grosse gueule de bois, le décor est pose, on n'est pas vraiment la pour faire des bouquets de marguerites. Ce sont plutôt d'orties dont il est ici question, orties et chardons engraisses a la cendre et au gros bourbon qui tache. Pour faire passer cette lourde décoction, une bonne louche d'orgue bien sirupeux, comme sur Never Do Well par exemple.

Avec le gosier bien lesté par le mélange, comment peut-on faire autrement que de beugler de cretins refrains comme autant de chants de hooligans avines? Ya pas a tortiller du slim en cuir, impossible de faire autrement comme en témoigne Going Nowhere Fast et son solo aérien tout en urgence hallucinée.

Orgue hante sur fond de riff hard rock ultime, mais du plus crasseux qui soit, on n'est pas chez Satriani ici, des les premières notes on sent...la poudre? Oui, la poudre en effet, mais on sent surtout qu'avec Lightning Strikes on a affaire a du lourd en descendance directe des Stooges qui aurait pique quelques plans de clavier au Monstre Magnétique des débuts.

Je ne vais pas vous faire tous les titres de l'album, je risquerai de me répéter, sachez seulement qu'on y entend aussi de l'harmonica (lewinsky ?) entre 2 riff de sexe, de drogue et , évidemment, de rock n'roll car c'est bien de cela dont il s'agit ici et du meilleur, du millésime 60s garage.

Mais je vous vois venir d'ici avec vos grosses bottes Harley, vous allez me demander: "mais Crew, si je ne devais avoir qu'un seul album des Lords?". Ceux qui savent riront de vous, en effet avoir un seul album des Lords c'est aussi cretin que de s'envoyer un verre de tequila alors qu'on peut se faire la bouteille au goulot. Mais je ne suis pas de ces moqueurs et je vous répondrais sans détour: "Dans ce cas, rues toi sur To Hell With the Lords" dont les titres sont peut être encore plus aboutis...ici certains hommages aux Stooges frisent quand même dangereusement le plagiat par définition peu imaginatif.

The Lords Of Altamont - To Hell With The Lords (2006) - Raw Power from the Lords

The Lords Of Altamont - To Hell With The Lords (2006)

Au "peace, love and happiness" de la fin des sixites, les Lords of Altamont ont sans hésitation aucune préféré le "sex, drugs and rock n'roll" intemporel des pionniers du rock. Le nom suffit à comprendre qu'on est à des années lumière du patchouli et des fleurs dans les cheveux de Woodstock. Non, les 5 Lords sont là pour un enterrement, tout de cuir noir vétus, mine sombre et patibulaire, regards vides et hallucinés par les abus en tous genre et le manque de sommeil....



De références ils ne manquent évidemment pas, MC5, Fuzztones, leurs CVs respectifs sont à eux seuls un carnet d'adresse du garage rock le plus straight. Qu'est ce à dire? et bien vous prenez 2 guitares en fusion qui se tirent la bourre à la moindre occasion de solo, un orgue farsifa bavard et une voix de précheur halluciné, le tout sur une section rythmique tachicardique ou étrangement ébéthée et voilà à peu près ce que çà peut donner. Ajoutez à celà des titres qui ne dépassent pas les 4 minutes, des hommages appuyés aux Stooges (Come on... ressemble au petit frêre de Raw Power par exemple) et aures légendes noires (pas dans le sens de la couleur de peau) du rock n'roll, une imagerie et un nom tout droit sorti de l'univers des Hells Angels et vous saurez de quoi il retourne.

Synthèse parfaite du Garage, du Punk et du rock Psychedelique, ces 5 là n'ont certainement pas inventé grand chose, mais c'est avec une énergie et une flamme sincère qu'ils entretiennent avec brio la flamme d'une certaine esthétique rock originelle.

The Black Angels - Directions to See a Ghost (2008) - 72 minutes de "trip noir" dont on ne ressort pas indemne

The Black Angels - Directions to See a Ghost (2008)

Dans la catégorie néo rock psychedelique, si les Lords of Altamont représentent la branche cocainée-caffeinée tendance Stooges, les Black Angels, qui nous occupent aujourd'hui, évolueraient plutôt dans la famille des Velvet Underground valiumisés-opiacés avec un chant, un mantra plutôt tant la voix désincarnée, exclusivement masculin.


2 guitares, une basse, une batterie et d'étranges drones machines soutiennent ce chant qui, même si on peut le considérer sans vie, n'en demeure pas moins extrémement envoutant et habité. L'ambiance est lourde sans être peusante (j'avoue que çà parait difficile à imaginer, mais c'est bien le cas ici, de lourds morceaux aériens s'échappent des enceintes au fur et à mesures des écoutes). Comme le disait fort justement un commentateur précédent, on peut se demander quelle est l'utilité d'avoir découpé l'album en 11 titres, tant ils forment un tout qui, à la première écoute, peutt paraitre un brin répétitif. Mais, et c'est là que tout le charme de l'album agit, on y revient malgrè cette première impression déroutante. Au fil des écoutes on commence à deviner les reliefs cachés derrière ce mur de guitare oppressant et, peu à peu, les nuances apparaissent, les couleurs se révélent et c'est plus d'homogeneité entre les titres que de redite dont on découvre qu'il est ici question.

Moins étouffant qu'un Black Mountain (avec qui on les compare souvent), les Black Angels réussissent l'exploit de rendre leur rock psychélique, assez rebutant de prime abord, hautement addictif... il ne faudrait cependant pas y voir une volonté affichée du groupe de pousser ses fans, à chaque album plus nombreux, dans les bras dangereux de l'addiction, celle ci restant purement musicale.

Nesles – Krank (2009) - Prise de risque maximale pour un artiste complet

Nesles – Krank (2009)

Avant même de glisser l'album dans la platine on est pris d'une terrible appréhension: un concept album, c'est bien cela? Aie...en Français en plus ? Le pire est à prévoir. "Que reste-t-il quand on ne croit plus en Dieu ?" ainsi se clôt l'intro plongeant encore un peu plus l'auditeur dans un abime de perplexité. Mais qui est cet homme? Une nouvelle incarnation de Manset ? D' Higelin ? Ou plus surement encore de William Sheller ? Aucune chance, aux dernières nouvelles ces 3 là sont encore parmi nous. Pourtant dès le second titre on ne peut s'empêcher de penser a eux. Du coup avec pareils parrains la confiance s'installe peu a peu et on accroche petit a petit à l'histoire qui nous est ici racontée et que je me garderai bien de vous résumer pour vous laisser le plaisir de la surprise et de la découverte.


On y accroche d'autant plus qu'avec ses ambiances a chaque fois différentes et toujours magnifiquement plantées la bande son accompagnant l'histoire est un modèle du genre, loin de resucées gainsbourgiennes auxquelles on a souvent droit avec de tels projets. Sur des rythmiques souvent electros viennent se poser cuivres et cordes comme sur le superbe Insomniaque (Ou comment combattre les psychopompes) et force autres sons plus ou moins authentifiés qui ne cessent de maintenir l'oreille en alerte.

D'un point de vue purement musical la prise de risque est indéniable et constante tout au long de l'album au risque de dérouter l'auditeur pas encore familier avec l'album (Coeur vaillant) et même après plusieurs écoutes on se surprend parfois a "supporter' certains passages assez...originaux pour arriver, enfin, au suivant plus immédiatement accrocheur.

Avec ses guitares mélancoliques évoquant un soyeux croisement entre madrugada et radiohead Sous le cortex et son final tout en cuivre se révèle être sans doute le chef d œuvre de cet album au coté de quelques ovnis déstabilisants comme Funis ambulare ou la "reprise" très réussie a la première gnosienne de Satie sur Nocturne au jardin.

Il faut bien plus d'une écoute pour bien comprendre l'histoire de Krank, en voir toutes les subtilités, ceux qui s'en donneront la peine feront parti des happy fews qui savent qu'il existe aujourd'hui encore des compositeurs et des poètes au sens noble du terme, Nesles en fait indiscutablement parti. On ne pourra néanmoins pas jeter la pierre a ceux qui, déroutés par la longueur du disque, ses changements incessants, ses mélodies pas toujours immédiates et le cote pompier de ce type de projet, a ceux, donc, qui auront quitté Krank en cours de route en se jurant que jamais plus on ne les y reprendrait.

Los Disidentes Del Sucio Motel – Soundtrack from the motion picture (2010) - Poussière, tequila et gros riffs du Sud !

Los Disidentes Del Sucio Motel – Soundtrack from the motion picture (2010)

Ne vous fiez pas aux quelques instants d’orgue d’église qui ouvrent la galette, vous devriez assez rapidement vous rendre compte que ce ne sont pas les petits chanteurs à la croix de bois qui viennent aboyer immédiatement après sur le gaillard Sir Dany Jack. Si la blague n’avait pas déjà été faite, je ne sais plus trop où, on serait plus tenté de croire que nous avons ici à faire à une belle bande joyeusement alcoolisée de petits chanteurs à la croix de fer, tendance bikers patibulaires, planqués pour des raisons qui finalement ne regardent qu’eux, dans un motel crasseux (comme leur son de gratte) à la frontière des desperados et du monde prétendument civilisé.


Comme une bande de Daltons, mal dégrossis, les gus qui constituent le gang portent le même patronyme : Maverick (ouais comme le label de Madonna qui hébergea entre autre Deftones). 12 balles, c’est tout ce qu’il leur reste dans le chargeur, 12 balles (dont une « hidden ») pour couvrir leur fuite. Ca risque de canarder sec avec les autorités (le final de No Folk, No pity for the cheaters (et son intro fugacement It’s so easy d’une autre bande de gunners bien connus) ou encore Backdoor Woman). Trafic d‘alcool ou d’autres substances prohibées, prostitution, adoration païenne d’une désertique divinité, conduite sous substances pied au plancher, va savoir quel peut bien être leur crime ?! Peut etre que tout simplement ils ont su rappeler à qui de droit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Un fâcheux l’aura appris à ses dépends au second chapitre.

Réminiscences kyusiennes ou qotsiennes (le redémarrage de Brotherhood par exemple) les loustics connaissent leurs maîtres, mais ne comptez pas sur eux pour cracher le morceau si on leur demandait, ils sont suffisamment futés pour savoir noyer le poisson à leur sauce et suffisamment mûrs pour n’avoir besoin de personne pour voler (dans tous les sens du terme) de leurs propres ailes. Histoire d’être vraiment sûr de passer incognito dans la fuite ils savent maquiller habillement de clavier leur lourde cargaison de riffs (A beauty among the crowd) et Franky fait des merveilles pour varier sa voix d’un titre à l’autre. Difficile à suivre alors les Disidentes ? pas vraiment, sauf pour une équipe de sergents Garcia, pas vraiment donc pour tout amateur de gros son normalement constitué, le groupe ayant assez de personnalité pour retomber quand même sur ses pattes à chaque nouvelle giclée.

Protégés par le dieu Géant Roux, nos gaillards réussiront à fuir leur motel aussi poisseux que poussiéreux pour reprendre la route pour reprendre la route (Higway 66 ? 51 revisited ?) et hurler comme un Lemmy sous ??? sous quoi d’ailleurs ? comme un Lemmy çà suffit déjà amplement, bref pour hurler leur bonheur de tracer trippes à terre vers le nouveau Mexique. Comme souvent avec ce genre d’outlaws, tout se finit autour d’un feu perdu dans le désert, mais çà c’est une autre histoire que je vous laisserai découvrir par vous-même. Ah ouais, au fait, cette course entre les cactus à grand renfort de bourbon frelaté, de tequila et de mexicola nous vient tout droit du grand....Est!

En France on n’a pas de peyotl mais on est déridés (attendez la toute fin de l’album et vous verrez ;).

Rescue Rangers - Guitars and Dust Dancing (2008) - Power trio

Rescue Rangers - Guitars and Dust Dancing (2008)

Est-ce parce qu’ils ont participé au festival Psychotic Reaction à Paris en juin dernier qu’il faudrait limiter Rescue Rangers au statut de fier représentant de la scène stoner française option calanques ? Personnellement, et vu que c’est mon avis que j’exprime ici, je ne le pense pas du tout. Ce serait finalement très réducteur et faux. Plus que de stoner on pourrait résumer la musique de nos rangers de choc à un condensé de ce que les 90s ont produit de mieux en matière de rock.


Dans le chant, les guitares, les compos on retrouve de grandes gorgées de ce que l’on appelait alors grunge et c’est un véritable plaisir de réentendre des mélodies pas forcément sacrifiées sur l’autel de la puissance et du rentre dedans. On pense à Pearl Jam, Soundgarden, et quand le ton se durcit (Black as Bastet, Spear) on n’est pas loin de l’énorme Frogstomp de Silverchair. Alors grunge Reccue Rangers ? Bah non, puisqu’on vous dit qu’essayer de les classer serait très réducteur ! Le groupe est tout simplement rock, un point c’est tout, jetant un pont salutaire entre les glorieuses 70s et les 90s à l’héritage encore trop chaud pour être vraiment justement apprécié. Cette mission, fièrement revendiquée par le trio l’amène forcément à gambader aux cotés des Foo Fighters et autres groupes hautement recommandables et à s’aventurer en terre plus psychédéliques et errantes comme sur le très beau In Cathedralica.

Évidemment un léger parfum stoner flotte de-ci delà sur l’album (le temps d’un Scary Black Holes (sun ?) par exemple, d’un rapide King Cobra ou du titre qui clôt l’album) et, même si çà fait un peu cliché et que c’est toujours un peu c*n à dire, ces gars là méritent vraiment d’être appréciés en live car c’est là que l’on prend réellement conscience de leur talent et de leur énergie !

Alors est ce à dire que nos marseillais peuvent prétendre aller porter la bonne parole aux 4 coins de la planète ? Il y a peu de doutes là-dessus et ce n’est pas un hasard si Alan Douches (Mastodon, Sepultura, Hatebreed) a assuré le mastering de l’album. La seule ombre au tableau ? Les Rescue Rangers, du moins aux states, c’est une série Disney dont Tic et Tac sont les héros… Souhaitons que nos 2 espiègles écureuils ne fassent pas d’ombres à nos barbares !


Rien à voir

The Black Angels - Phosphene Dream (2010) - La lumière tout au fond du tunnel ?

The Black Angels - Phosphene Dream (2010)

Dans la catégorie des groupes contemporains psychèdéliques chimiquement fortement chargés, les 2 premiers albums des Black Angels avaient surpris et charmés par leur noirceur et le coté plombé et désespéré des compos. Loin des petites fleurs et du tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil le groupe d’Austin, ouioui comme le 12th Floor Elevator,le groupe donc optait pour un psychédélisme beaucoup plus urbain et claustrophobique, opiacé, forcément...


Le disque commence et immédiatement, on est en terrain connu, on commence à s'installer confortablement dans ce ronronnement familier, douillet, connu et rassurant et là, sans prévenir, le groupe suprend en cassant sans prévenir ce traintrain trop prévisible, dès la première moitié du premier titre. Excelente idée qui a pour effet immédiat d'attiser la curiosité et donc l'attention de l'auditeur !
Le disque déroule et les surprises s'enchaînent: petit coté psyché-pop qu’on ne leur connaissait pas forcément sur le second titre, comme s'ils avaient décidé de s’offrir un peu de lumière, une petite ballade au soleil, blafard certes, comme un soleil de Novembre, comme un Sunday Afternoon au grand air, ou au Telephone.

Structures harmoniques légérement hindouisantes (on pense parfois au Paint it Black de…. Qui déjà ?!) et orgues hantés sont évidemment au rendez vous, juste portés par une batterie qui, pour être réduite à son minimum vital, n’en reste pas moins immensément présente et indispensable, sortant souvent du carcan purement rythmique pour venir se méler de mélodie aussi. Aux lourdeurs opiacées de Direction to See a Ghost, on trouverait presque un coté Swinging London à ce Phosphene Dreams par instants.

Car oui, c’est sans doute la révélation de cet album, plutot que de continuer à passer leur temps à gober toutes les couleurs possibles et imaginables de cachets qui passent à leur portée dans leur cave de répéte, les Angels ont décidé de sortir un peu. Leur musique y gagne en vie et en oxygène, ce qu’elle perd, bien evidemment, en claustrophobie paranoiaque. Plutot que de ruminer des cris de désespoir, de détresse, des appels à la révolte ou plutôt à la prise de conscience de l’inertie et l’abrutissement de nos sociétés, c’est comme si soudainement Alex Maas et sa bande s’étaient réveillés un matin en décidant de, presque, prendre la vie du bon coté. Pour preuve, le format plus « conventionnel » de la durée des titres. Plus de longue descente aux enfers sans fin ici, mais des vignettes d’humeur changeante, toujours révoltées, désabusées mais peut être plus « optimistes » que par le passé. Faut il voir dans The sniper, qui m'évoque étrangement Led Zep, un retour d’acide datant de leur tournée en ouverture de Wolfmother ? allez savoir….

Histoire de ne pas effrayer les afficionados des 2 albums précédents, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, on reconnait parfaitement la pâte Black Angels sur ce nouvel album, le talent de composition du groupe et son univers, mais plutôt que de labourer stérilement et sans relâche le même sillon, ils s'ouvrent un peu...qui s'en plaindrait ? certainement pas les Black Mountain qui semblent prendre le même chemin.


Blaak Heat Shujaa - Blaak Heat Shujaa (2010) Décollage immédiat ....

Blaak Heat Shujaa - Blaak Heat Shujaa (2010)

Ambiance western, forcément, dès l’ouverture, western oriental, grattes distordues, bruit du vent dans les cactus, ça sent bon son désert rock décontracté, le grand Brant n’est jamais très loin ainsi que les autres figures tutélaires du desert rock et de son dérivé alourdi, le stoner. Mais Blaak Heat Shujaa sait brouiller les pistes à grand renforts de changements de tempos et de tonalités toujours surprenantes et bienvenus passé la première surprise. Une fois dans le désert, si les pistes se brouillent, c’est peu de dire qu’on est très vite complètement paumé et qu’il ne reste plus alors qu’à errer dans l’espoir de retrouver son chemin.

Et c’est bien ce que nous proposent les 3 parisiens avec ce premier album enregistré avec l’aide de Scott Reeder (sisi lui-même) dans la région de Palm Springs, Mecque du stoner s’il en est, cette invitation à l’errance sereine. Mais pas question pour autant de s’endormir, il y a quand même de la route à faire… Il faut suivre le guide au risque de se perdre à jamais, le fil d’Ariane que constitue, de loin en loin, le chant désincarné et noyé d’échos de Thomas Bellier (mariage improbable entre une version masculine du chant d’Acid King et Ozzy), chant désincarné qui rapproche nos "stoner friends" d'un rock psyché à la Black Angels, créant ainsi une passerelle inédite entre ces 2 courants pas si éloignés à la réflexion.

Propice à l’hallucination, au voyage intérieur et à la rêverie, la musique du trio vous fera sans nul doute quitter terre et c’est presque naturellement que l’on croisera le fantôme de Layne Staley (Alice in Chains) sur MIA, des riffs sabbathiens en diable forcément, par ci par là, et toujours, revenant, ce son non identifié entre lignes à haute tension et ondulations dunesques (par exemple sur l’intro du colossal Moon). On décolle certes régulièrement tout au long du disque mais, tôt ou tard Blaak Heat Shujaa nous rappellera les dures lois de la gravité en plombant, à grand renfort de basse défoncée et de riffs pachydermiques, l’ambiance.

« Fasten your seat belt and light up your spliff » disait Peter Tosh, il semblerait que, dans un tout autre univers musical, Blaak Heat Shujaa ait fait sienne cette précieuse devise. Laissez vous conduire, l’au-delà désertique c’est tout droit !

Vous ne me croyez pas ? en bonus, le trip hallucinant de Where You At ? en live au Klub, en (3ième) première partie de Glowsun cette année :


Yawning Man - Nomadic Pursuits (2010) - Les hommes des sables

Yawning Man - Nomadic Pursuits (2010) - Les hommes des sables

Suite des aventures de nos hommes du désert que l'on n'attendait plus (pas) vraiment, Nomadic Pursuit est la nouvelle livraison des géniteurs de l'incontournable Rock Formation, chef d'oeuvre d'un genre dont ils sont pratiquement les seuls représentants, le desert rock.


Autant le dire immédiatement et sans détour, ce nouvel album reprend les choses exactement ou on les avait laissées, c'est à dire envapé nonchalamment sur le dos d'un chameau chaloupant l'air de rien entre 2 dunes. Rien de neuf donc sous le soleil plombé du désert, toujours cet espèce de surf music aride, sèche et incroyablement propice a la rêverie, a la divagation sensorielle sans autre repère tangible que la dune suivante sans cesse renouvelée.

Les amateurs y trouveront largement leur compte, les autres y verront peut être une tentative aussi souhaitable que rare de produire un post rock apaisé et aérien.

vendredi, février 24, 2012

New Race - the first and the last (1982) - Radio Birdman + MC5 + Stooges

New Race - the first and the last (1982)

Comme son nom l'indique il s'agit de l'unique et seul album de ce "supergroupe" constitué des membres de Radio Birdman, Denis Tek (guitare), Rob Younger (chant) et Warwick Gilbert (basse), avec Ron Asheton , guitariste des Stooges et le batteur du MC5, Dennis Thompson (dans un premier temps Scott Asheton (Stooges) avait été contacté).

Ce live (puisque c'est de celà dont il s'agit) a été enrégistré pendant la tournée australienne du groupe en 81 et n'est constitué que de reprise de Radio Birdman ainsi qu'une chanson des Stooges (Loose, malheureusement fondue à la fin, pourquoi ? mystère) et une du MC5.


Comme on peut s'en douter, avec un tel casting, les interprétations sont détonnantes et la puissance des morceaux est décuplée sur scène. La qualité de cet enregistrement (pourtant Live) laisse réver quant aux 14 shows qui ont émaillé cette tournée australienne.

Un must have pour les amoureux du rock de Détroit, somptueusement réédité sur ce CD avec la pochette UK d'origine et d'intérressantes notes de Denis Tek dans le livret.




Faute de pouvoir trouver des images du groupe, on se contentera du petit doc suivant:

The New Order - Declaration of War (1975) - Ron Asheton post Stooges

The New Order - Declaration of War (1975)

Quand on parle super groupe des années 60-70s on pense tout de suite à Cream, Journey, Crosby, Stills & Nash (and Young) ou encore Bad Company, bref du costaud bien ricain (quoique Cream…), bien vendeur, bien stadier. Souvent, ce genre de réunion a tendance à tourner à l’indigeste et fini par s’effondrer de soi même miné par les caprices de divas et les guéguerres d’égos de chacune des superstars présentes. Mais quand on parle d’un super groupe qui réunit à la fois Dennis "Machine Gun" Thompson (à la batterie), Jimmy Recca (à la basse) et Scott Thurston (aux claviers) là, à moins d’être un spécialiste du genre Détroit sound option métallurgie, il y a peu de chance que çà sente le stade remplit. Le batteur du MC5, ok on le connait un peu ; un éphémère bassiste des Stooges avec qui il n’a jamais rien enregistré et le tout aussi peu connu clavier du même groupe mythique là déjà çà devient franchement plus obscur comme super groupe. Heureusement pour eux, c’est avant tout la présence de Ron Asheton qui a attiré, enfin tout reste relatif quand même, les feux de la rampe sur le groupe.


Avec une équipe pareille, aucun doute n’est permis, le New Order dont on parle ici n’est certainement pas le britannique auteur du Blue Monday (en 1983). Non, le programme de nos pistoleros ici est on en peut plus clair : sex, drug, rock n’roll, sang, sueur, cuir et alcool. Du proto metal, du proto punk, du prolo rock au son crasseux piqué directement sur le lecteur cassette (luxe extrême pour groupe fauché) du guitariste. Bowie a massacré le mix de Raw Power, sa version n’est que glam et paillettes, qu’à cela ne tienne, Ron se fera une gloire de rendre l’album suivant aussi cradingue que possible. Pas une once de glam ici, du gras, du rouillé, du sale et du tailladé, à toutes les sauces sur les 8 titres, du cultissime Rock N’ Roll Soldiers (repris entre autre par les Hitmen et les Hellacopters) à Sidewinder sans ordre précis. Pépite de pure énergie de guitares affutées et de chants vindicatifs.

De chants avec un « s » ? Oui, histoire de corser le tout et de le rendre encore plus difficile à suivre, c’est Jeff Spry qui chante sur la première face du vinyle et Dave Gilbert, qui rejoindra après les Rockets, sur la seconde face. Vous voyez d’ici un peu la gueule du super groupe capable de changer de chanteur en l’espace du temps nécessaire à retourner une galette sur un lecteur. Autant dire que les portes du succès ne leur étaient pas spécialement ouvertes, alors qu’au même moment Iggy et Ray Manzarek, clavier d’une autre paire de portes, s’acoquinaient ensemble le temps d’un projet sans lendemain.

2 voix donc mais une volonté commune de cogner l’auditeur directement au plexus et d’enchainer sans temps mort au bas ventre. Qui de la charge rythmique ou du déluge de gratte aura raison de ses sens ? Impossible à dire, mais le programme de l’ordre nouveau est appliqué à la lettre : violent, rapide et direct ! Ron Asheton n’aura de cesse de l’appliquer tout au long de sa vie, Ron Asheton n’aura de cesse d’en faire sa vie. RIP Ron et God Bless Philippe Mogane et ses Siamese Dogs Records pour cette réédition testamentaire.

Crippled Black Phoenix - I, Vigilante (2010) - Bon sur toute la ligne

Crippled Black Phoenix - I, Vigilante (2010)

Ouais, autant être honnête, on hésite à l’employer ce terme. Trop lourd de sous entendu, de sourires moqueurs en coin, de licornes, d’échiquier, de magiciens et d’arlequins sur fond d’arc en ciel ; trop caricaturé, trop moqué, trop haï. Bref a-t-on, ou pas, le droit de parler de rock progressif en 2010 ce que cela fasse fuir immédiatement les tenants du bon goût et les faiseurs de tendance ? bah…si on en a ou pas le droit ou pas, finalement on n’en a pas grand-chose à branler, que çà leur plaise ou non, çà ne nous regarde pas plus que çà, ce qui compte c’est ce nouvel album des prolifiques Crippled Black Phoenix.


Est-ce une honte que de faire penser à un flamand rose plombé dès le premier titre, lourd mais aérien, marque de fabrique sans cesse renouvelée et régénérée par le collectif à géométrie variable. Lourd et aérien me direz vous … comme un…. Porcupine Tree ? Au hasard, oui un peu comme un Porcupine Tree en effet, mais un Porcupine qui aurait troqué ses penchants pop-métalliques pour des divagations plus post-rock. (Particulièrement évident sur les titres suivants). Tout cela n’est certes pas sans rappeler leur 200 Tons Of Bad Luck, mais, à la différence de cet opus qui péchait peut être un peu par sa longueur, l’obligeant à partir un peu dans tous les sens, ce I Vigilante avec ses 5 (vrais) titres reste passionnant du début à la fin. Ce ne sont pas les presque 11 minutes de We forgotten who we are et sa rythmique hypnotique au piano berçant une folle cavalcade de grattes. Piano qui vient assurer discrètement la liaison avec Fantastic Justice (très belle mélodie vocale sur guitares épleurées).

On a pu lire, ici ou là, que les 4 premiers titres de l’album méritaient d’être écoutés et, à ce titre, d’être qualifiés de chef d’œuvre et que le reste (les 2 derniers donc, tout juste bons pour la poubelle). Quelle grave erreur de jugement, la reprise de Journey, pour boursouflée que l’on puisse la considérer et déplacée dans son style prog heavy metal 80s par rapport à la perfection mélodique du début de l’album, cette reprise donc ne dépareille certainement pas dans la mesure où elle illustre, si besoin était, le tour de force de tout cet album, à savoir faire longuement décoller un titre, le faire durer puis, au choix, atterrir ou exploser en vol, sans que l’exercice ne soit un seul instant ennuyeux. Là où bien souvent le post rock nous offre de longues montées stériles CBP se montre particulièrement fécond et ne serait ce que pour cela, il s’avère être un groupe particulièrement inclassable, si ce n’est dans la catégorie, groupe doué mais sans démonstration gratuite et finalement ils sont bien peu dans ce bac.

Evidemment le 6ième titre fait un peu figure de blague, mais après tout c’est souvent le cas des hidden track. Si vous ne gouttez que très peu la BO joyeuse et un peu con-con, rien ne vous empêche de couper l’album juste avant, vous conserverez ainsi une impression de puissance sereine et aventureuse fort bien rendue sans pour autant vous polluer l’écoute par quelque chœurs très flower power (rassurez vous çà ne dure quand même pas plus de 2 :30).

Analog Africa N°8 : Afro Beat Airways - Ghana & Togo 1972-1979 (2010) - Moite et fièvreuse, telle est la trance

Analog Africa N°8 : Afro Beat Airways - Ghana Togo 1972-1979 (2010)

Parfois il me prend l’envie d’aller jeter un coup d’œil sur la provenance des visiteurs du site, sisi je vous jure, j’ai ce pouvoir...j’en suis plutôt assez fier d’ailleurs. Hey oui, ami de Mechelen, de Saint-martin-de-seignanx, de Fleury-les-aubrais ou même de Versailles, je te vois pendant que tu me regardes. Miracle de l’informatique, vertige de la paranoïa, toujours est il que je peux le faire, alors je ne vais pas m’en priver ! Mais l’autre jour, plutôt que de ces exotiques petites villes hexagonales, voire même ces bleds inconnus de la lointaine Amérique (avec autant de noms de groupe en anglais, ce n’est pas vraiment une surprise), bref, plutôt que ces provenances finalement assez classique, un visiteur attira particulièrement mon attention, je ne sais pas combien de temps il passa sur mon site, ni, surtout, par quel miracle il était tombé dessus, quel facétieux moteur de recherche avait pu l’amener jusqu’à moi, mais sois sûr ami gabonais (car oui mon visiteur venait du Gabon) que cette visite africaine me fit chaud au cœur et, histoire de bien enfoncer la tarte à la crème, mit du soleil dans ma journée. Par contre, je dois bien reconnaître je suis encore très dubitatif quant à savoir qui, d’Entombed ou des Lords of Altamonts tu pouvais bien rechercher pour tomber sur moi. Vous l’aurez compris, la visite eut sur moi un effet…foudroyant et s’accompagnât d’une révélation sans doute divine, provenant, qui sait, peut être directement de Jah Rastafari. Cette révélation était la suivante : si on trouvait de la pop, du rock, plus ou moins extréme, de la chanson française et même du rap sur le blog, rien, non rien qui ne concernât la musique africaine et plus généralement ce que d’aucun appellent la « world music ». Celle qui courre avec les gamins des rues de Sao Paolo aux steppes laponnes (où, avons le ; il n’y a peut être pas tant de rues que çà pour y mettre des gamins à demi nu, surtout par ce froid, va me mettre ton écharpe !)


Fort de ce constat, je me lançais sans tarder dans l’écoute du disque qui nous occupe aujourd’hui et il me fallut bien peu de temps pour être pris de démangeaisons genre funky chicken, à la James Brown. Cuivres fiévreux, rythmique hypnotique, chœurs entêtants, chaleur, chaleur, l’Afrique cognait à ma porte, et si Fela sera à tout jamais le King de l’afrobeat, ce Afro-beat Airways était là pour prouver que limiter le genre à son seul fondateur nigérian serait un grave manque de culture. Plongeant ses racines au cœur des 70s (72-78 pour être précis, bref de la fin du Flower Power aux punks pour « nous ») cette « compilation » (terme assez peu approprié, préférons lui « sélection ») ghanéo-togolaise nous offre le meilleure point de vue possible sur la richesse musicale de cette période et de ce genre, encore largement méconnu chez nous et dont l’influence, pourtant, ne cesse de se faire sentir par tous les pores du funk blanc, de la disco, de la techno et de tous les styles de musique qui invitent, un tant soit peu, à remuer son arrière train au rythme d’une transe fiévreuse.

L’orgue manzarekien d’Orchestre Abass, le highlife de Alhaji K.Frimpong, l’afro-beat du African Brothers Band et l’afro-funk de Marijata avec le titre Break Through (qui boucle la boucle si vous voyez ce que je veux dire….oui oui, To the Other Side), tout ici n’est que groove moite, ascension sereine vers de trance(andants ?) sommets. Alors, oui, l’esprit fela-cien flotte sur chacun des titres (Odofo Nyi Akyiri Biara) mais…pas que. Live in Usher World d’Itadi n’a finalement que bien peu à voir avec le prophète nigérian, mais beaucoup plus avec le funk-soul des USA à cette époque avec sa guitare hendrixienne en diable. Et si vous ne trouvez pas à Break Through (encore) de faux airs de We Got The Funk de qui vous savez, l’achat d’une boite de cotons de tiges devrait s’imposer immédiatement. Que dire de la sereine et enchanteresse gratte des Frank Professionals, tout en laid back revigorant, un exploit !

Vous l’aurez compris, amateur de rock pur et dur, ou spécialiste plus pointu en…musicologie spécialisation Afrique, cette compilation est pour vous. Les passerelles entre tous les genres se faisant ici parfaitement évidentes : le funk est né dans les rues d’Accra, ou pas loin, Hendrix n’avait pas QUE du sang cherokee, la techno de Detroit a copulé honteusement avec les rythmiques krautrock a-batardisées de jeunes germains dégénérés qui, trop longtemps, ont traîné leurs combis Volfwagen sur les pistes africaines. « Toutes la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du blues » comme dirait l’autre fiscaliste ? oui sans doute, mais….le blues il vient d’où ?


Il y aurait lieu d’écrire des pages et des pages encore au sujet de cette envoûtante sélection, mais ce serait sans compter sur le copieux livret qui l’accompagne et qui, à lui seul, justifie l’achat de ce disque magique et justifie aussi…le retour du vinyle qui faciliterait amplement la lecture des textes qui s’y trouve et des magnifiques photos.

Various - Angola Soundtrack - Special sounds from Luanda 1965-1978 (ANALOG AFRICA)

Various - Angola Soundtrack - Special sounds from Luanda 1965-1978 (ANALOG AFRICA) (2010)

Il faudra un jour que je me penche plus avant sur 2 sujets qui, de façon totalement improbable vont ensemble. Le premier est de savoir qui peut bien se cacher derrière les chercheurs d’or musical que sont les gens du label Analog Africa, tant chacune de leurs livraisons est à la fois une surprise totale et une réussite imparable. A chacune de leurs livraisons aussi, et c’est là la seconde question sur laquelle il faut que je me plonge réellement, mon mystérieux visiteur gabonais refait une apparition sur le site, restant, jusqu’à présent, la seule visite africaine dont je puisse m’honorer, sans m’en offusquer pour autant tant le contenu du blog est généralement assez éloigné du continent noir. Quoiqu’il en soit, et sachant que je ne répondrais à aucune de ces 2 questions pour le moment, jettons nous à corps perdu dans l’écoute du nouveau volume angolais de l’aventure Analog Africa.


Allez savoir pourquoi, les premières secondes du CD m’évoquent à chaque fois le générique de South Park, mais, amateurs d’exotismes, rassurez vous, c’est très furtif. Amateurs de musique africaine par contre, vous risquez d’être quelque peu surpris par les secondes qui suivront ce que je viens d’évoquer car, plus qu’aux baobabs et aux chemins de terre rouge, qu’à la jungle ou à la savane, c’est immanquablement aux plages du Brésil que la musique vous fera penser. Pourquoi ? peut être tout simplement parce que l’Angola, comme le Mozambique pour ceux qui souhaitent se faire une culture générale via ce com, est une ancienne colonie portugaise et, de fait, c’est la langue qui berce tout ce disque aussi tranquille qu’il est rythmé. Invitation à paresser sur les rives du fleuve Kwanza (Ferreira Do Nascimento (Macongo Me Chiquita )) ou a se dandiner nonchalamment (Zé Da Lua (Ulungu Wami)), quoiqu’il en soit, cette nouvelle livraison du précieux label Analog Africa est le moyen idéal d’oublier, temporairement, que l’Angola est un pays qui a connu une guerre civile effroyable aussi bien dans sa durée que dans le nombre de ses victimes. Difficile à croire à l’écoute de ces pépites réparties entre 65 et 78, alors que les pétroliers ne faisaient que commencer leur beau travail de pillage des richesses du pays.

Le surf presque psychédélique de Jovens Do Prenda (Ilha Virgem), le latinesque N´Goma Jazz (Mi Cantando Para Ti), l’afrobeat lent de Quim Manuel O Espirito Santo (Eme Lelu), une nouvelle fois on est enchanté par l’éclectisme de cette scène que l’on (re ?)découvre par le biais de ce travail d’archéologue auquel s’est prêté Samy Ben Redjeb. Éclectique oui, mais pas bordélique, ce qui n’est pas un mince exploit, car c’est finalement Mama Africa qui porte toute la cohésion de ce projet, aucune surenchère dans les moyens déployés pour mettre en valeur les mélodies (par manque de moyen ? peut être un peu mais surtout, à n’en pas doute par humilité des musiciens angolais devant leur art), efficacité sans démonstration gratuite, patient labeur des interprètes, tout respire le rythme tranquille et souvent résigné de l’Afrique.

Après cela si certains osent encore parler de musique africaine vous n’aurez aucun mal à leur démontrer qu’il serait aussi stupide de parler de musique européenne et de mettre dans un même panier Ramsteinn et … euh…. Radio Tarifa, au hasard. Une nouvelle fois Analog Africa nous offre un double voyage : un voyage dans le temps, et un voyage vers l’Afrique, intemporelle par définition, adressant, par la même occasion, un clin d’oeil appuyé à l’homme qui osa un jour déclarer que « l’homme africain n’était pas entré dans l’histoire ». Dans celle de la musique, en tous cas, il y est depuis toujours !

Monster Magnet - Mastermind (2010) -A full load of promises

Monster Magnet - Mastermind (2010) -A full load of promises

Pour ce qui est du son, aucun problème, c'est lourd sans être trop gras, puissant, velu, direct, bref le genre de son qu'on affectionne chez le monstre magnétique. L'album est varie, entre mid tempos acoustico électriques (all outta nothin, time machine), et charges débridées toutes distos dehors ( ), aide en cela par le jeu imparable du guitar hero le plus discret de la galaxie, ed mullen pour ne pas le citer. Qu'ed se surpasse régulièrement sur cette nouvelle livraison, cela ne fait aucun doute, bien aide qu'il est par une section rythmique aussi imaginative qu'efficace (même si il faut reconnaitre que la batterie est souvent en mode boum boum boum un peu stérile).


Évidemment, comme sur chacun de ses albums le monstre aimanté a su glisser quelques tueries imparables qui ne manqueront pas de gagner encore en puissance en live (dig that hole, gods and punks, ). On est même ravi de retrouver ci et la quelques titres plus barres qui ne sont pas sans rappeler superjudge ou l'insurpassable dopes to infinity (hallunination bomb, the titan who cried like a baby, when the planes fall... ), tous places en fin d'album, comme la promesse d'une suite plus psyché, renouant avec les tubes imparables d'antan qui proposaient plus que le power rock sévèrement burne que nous a propose ces derniers temps la bande de desperados du sieur windorff.)

Alors oui, cote inspiration, on reste encore un peu sur sa faim, surtout en début d'album, mais le savoir faire est bien au rendez vous et les plus grands espoirs sont permis pour la suite, autant dire que ce mastermind, malgré ses défauts, laisse un parfum de lendemains qui chantent...avec leurs tripes (trips ?).

Queens of the Stone Age - Queens of the Stone Age (Reissue) (2011)

Queens of the Stone Age - Queens of the Stone Age (Reissue) (2011) - Spaceship has definitly landed !

Quand on sait qu'il y a quelques temps encore il fallait dépenser quelques centaines de billets verts pour faire l'acquisition du premier album de QOTSA sur le net, la première des choses à dire à propos de cette réeddition est qu'elle était plutôt attendue par tous ceux qui n'ont pas les poches forcément pleines et encore moins des heures et des heures à perdre à fouiller dans les bacs d'occaz dans le maigre espoir de mettre la main dessus.


Pourquoi une telle escalade dans la spéculation alors ? Sans doute parce que nous sommes ici en présence d'une oeuvre charnière. Je m'explique: outre le fait qu'il s'agisse là du premier album d'un des groupes les plus emblématique et les plus talentueux des années 2000, ce coup d'essai se démarque de ses futurs successeurs dans le sens où le cordon ombilical avec le cultissime Kyuss n'est pas encore totalement coupé, surtout au niveau de la production. Son bien cracra à la Kyuss avec une voix mixé bien derrière, peut être Josh Homme n'assumait-il pas encore, à ce moment là, cette étrange voix en décallage complet avec son physique de rouquin. Donc oui, pour les habitués des albums suivants, ce premier opus risque d'être un tout petit peu surprenant, mais qu'ils se rassurent, si le son est moins poli, si certains titres peuvent paraitre moins évidents que sur Rated R, Songs for ou Lullabies, l'imagination du sieur Homme marche déja à plein, et tous les titres finissent par se révéler particulièrement addictif, à commencer par le monstrueux Avon, tube ultraplombé toujours aussi éfficace en live.

Aux cotés du split Kyuss/QOTSA (à quand une réeddition? car là aussi les prix s'envolent) cet premier album éponyme fait figure de chainon manquant, chainon qui permettra de passer d'un groupe culte lent et lourd au succès planétaire que l'on connait.

A noter que cette réeddition s'accompagne de quelques boni (enfin, on parlera de boni pour les moins complétistes d'entre les fans, car la plupart sont déja connus depuis longtemps pour qui s'interresse d'un peu près au groupe) : The Bronze, These aren't the Droids You're Looking For et Spider and Vinegaroons tous assez malinement placés au coeur même du tracklisting initial plutôt que d'être relégué en fin d'album comme c'est bien souvent le cas.

En résumé: 1/ vous avez déja l'album, vous êtes donc un fan, vous vous êtes donc déja débrouillé pour trouver les bonus qui vous manquaient, vous n'avez donc pas grand chose à attendre de cette réeddition. 2/ Ca fait des années que vous le cherchiez et enfin le Graal est à votre portée, auquel cas, n'hésitez pas une seconde, foncez dessus. 3/ Vous accrochez moyen aux autres albums, alors là...heu....comment avez vous fait pour lire jusqu'ici ?!

Maserati - Pyramid of the Sun (2010) - Musique de centrale nucléaire

Maserati - Pyramid of the Sun (2010) - Musique de centrale nucléaire

Ahhhh la tendre époque ou, pour nous montrer a quel point la France était en pointe dans le domaine, on nous emmenait en sortie de classe visiter des centrales nucléaires. Chaque visite, outre le message lourdement matraqué que tout cela était absolument sans danger, était forcement accompagnée d'un petit film grandiloquent vantant les mérites de cette technologie sure, peu chère et renouvelable a l'infini. Immanquablement, l'illustration sonore du dit film était un morceau "futuriste" d'Alan Parson Project. )


Pourquoi ce préambule nostalgique? Parce que la nouvelle livraison de Maserati n'est pas sans me rappeler APP. Pyramid of the sun, We got the system to fight ou encore Oaxaca en sont les parfaites illustrations. Car oui, aidés par le clavier de Zombi, Maserati a ajouté une grosse louche de musique synthétique à son post rock instrumental par définition.

They ll no more suffer from thirst, quant à lui, nous renvoi aux belles heures (?) de la techno trance, (jetez aussi une oreille au final de they will no more suffer from hunger) tout en ouvertures et fermetures de filtres, longue montée sans sommet au sein d'un paysage sonore tout en guitares parsoniennes. Pour le son, le guitariste de Maserati se reconnait volontiers héritier de Pink Floyd et the Edge de U2, et cela saute assez évidemment aux oreilles. Il y a du Animal dans cet album, il y a du riff tournoyant noyé dans l'écho comme les affectionne le gratteux a bonnet. ). Propulsé par une batterie sous EPO, certains titre (They ll no more suffer from hunger) en deviennent presque dansants, au moins sautillants a travers de longs tunnels de larsens contrôlés.)

Au final l'album déroutera peut être les afficionados de longue date du groupe mais se révélera être une excellente et originale suprise pour tous les neophites (dont je suis) prouvant que plus que jamais aujourd'hui la musique est un éternel recommencement.



(Just in case: ce commentaire a été réalisé bien avant la catastrophe japonaise, je me doute qu'il peut paraitre aujourd'hui de bien mauvais goût)