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dimanche, février 26, 2012

Los Disidentes Del Sucio Motel – Soundtrack from the motion picture (2010) - Poussière, tequila et gros riffs du Sud !

Los Disidentes Del Sucio Motel – Soundtrack from the motion picture (2010)

Ne vous fiez pas aux quelques instants d’orgue d’église qui ouvrent la galette, vous devriez assez rapidement vous rendre compte que ce ne sont pas les petits chanteurs à la croix de bois qui viennent aboyer immédiatement après sur le gaillard Sir Dany Jack. Si la blague n’avait pas déjà été faite, je ne sais plus trop où, on serait plus tenté de croire que nous avons ici à faire à une belle bande joyeusement alcoolisée de petits chanteurs à la croix de fer, tendance bikers patibulaires, planqués pour des raisons qui finalement ne regardent qu’eux, dans un motel crasseux (comme leur son de gratte) à la frontière des desperados et du monde prétendument civilisé.


Comme une bande de Daltons, mal dégrossis, les gus qui constituent le gang portent le même patronyme : Maverick (ouais comme le label de Madonna qui hébergea entre autre Deftones). 12 balles, c’est tout ce qu’il leur reste dans le chargeur, 12 balles (dont une « hidden ») pour couvrir leur fuite. Ca risque de canarder sec avec les autorités (le final de No Folk, No pity for the cheaters (et son intro fugacement It’s so easy d’une autre bande de gunners bien connus) ou encore Backdoor Woman). Trafic d‘alcool ou d’autres substances prohibées, prostitution, adoration païenne d’une désertique divinité, conduite sous substances pied au plancher, va savoir quel peut bien être leur crime ?! Peut etre que tout simplement ils ont su rappeler à qui de droit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Un fâcheux l’aura appris à ses dépends au second chapitre.

Réminiscences kyusiennes ou qotsiennes (le redémarrage de Brotherhood par exemple) les loustics connaissent leurs maîtres, mais ne comptez pas sur eux pour cracher le morceau si on leur demandait, ils sont suffisamment futés pour savoir noyer le poisson à leur sauce et suffisamment mûrs pour n’avoir besoin de personne pour voler (dans tous les sens du terme) de leurs propres ailes. Histoire d’être vraiment sûr de passer incognito dans la fuite ils savent maquiller habillement de clavier leur lourde cargaison de riffs (A beauty among the crowd) et Franky fait des merveilles pour varier sa voix d’un titre à l’autre. Difficile à suivre alors les Disidentes ? pas vraiment, sauf pour une équipe de sergents Garcia, pas vraiment donc pour tout amateur de gros son normalement constitué, le groupe ayant assez de personnalité pour retomber quand même sur ses pattes à chaque nouvelle giclée.

Protégés par le dieu Géant Roux, nos gaillards réussiront à fuir leur motel aussi poisseux que poussiéreux pour reprendre la route pour reprendre la route (Higway 66 ? 51 revisited ?) et hurler comme un Lemmy sous ??? sous quoi d’ailleurs ? comme un Lemmy çà suffit déjà amplement, bref pour hurler leur bonheur de tracer trippes à terre vers le nouveau Mexique. Comme souvent avec ce genre d’outlaws, tout se finit autour d’un feu perdu dans le désert, mais çà c’est une autre histoire que je vous laisserai découvrir par vous-même. Ah ouais, au fait, cette course entre les cactus à grand renfort de bourbon frelaté, de tequila et de mexicola nous vient tout droit du grand....Est!

En France on n’a pas de peyotl mais on est déridés (attendez la toute fin de l’album et vous verrez ;).

Rescue Rangers - Guitars and Dust Dancing (2008) - Power trio

Rescue Rangers - Guitars and Dust Dancing (2008)

Est-ce parce qu’ils ont participé au festival Psychotic Reaction à Paris en juin dernier qu’il faudrait limiter Rescue Rangers au statut de fier représentant de la scène stoner française option calanques ? Personnellement, et vu que c’est mon avis que j’exprime ici, je ne le pense pas du tout. Ce serait finalement très réducteur et faux. Plus que de stoner on pourrait résumer la musique de nos rangers de choc à un condensé de ce que les 90s ont produit de mieux en matière de rock.


Dans le chant, les guitares, les compos on retrouve de grandes gorgées de ce que l’on appelait alors grunge et c’est un véritable plaisir de réentendre des mélodies pas forcément sacrifiées sur l’autel de la puissance et du rentre dedans. On pense à Pearl Jam, Soundgarden, et quand le ton se durcit (Black as Bastet, Spear) on n’est pas loin de l’énorme Frogstomp de Silverchair. Alors grunge Reccue Rangers ? Bah non, puisqu’on vous dit qu’essayer de les classer serait très réducteur ! Le groupe est tout simplement rock, un point c’est tout, jetant un pont salutaire entre les glorieuses 70s et les 90s à l’héritage encore trop chaud pour être vraiment justement apprécié. Cette mission, fièrement revendiquée par le trio l’amène forcément à gambader aux cotés des Foo Fighters et autres groupes hautement recommandables et à s’aventurer en terre plus psychédéliques et errantes comme sur le très beau In Cathedralica.

Évidemment un léger parfum stoner flotte de-ci delà sur l’album (le temps d’un Scary Black Holes (sun ?) par exemple, d’un rapide King Cobra ou du titre qui clôt l’album) et, même si çà fait un peu cliché et que c’est toujours un peu c*n à dire, ces gars là méritent vraiment d’être appréciés en live car c’est là que l’on prend réellement conscience de leur talent et de leur énergie !

Alors est ce à dire que nos marseillais peuvent prétendre aller porter la bonne parole aux 4 coins de la planète ? Il y a peu de doutes là-dessus et ce n’est pas un hasard si Alan Douches (Mastodon, Sepultura, Hatebreed) a assuré le mastering de l’album. La seule ombre au tableau ? Les Rescue Rangers, du moins aux states, c’est une série Disney dont Tic et Tac sont les héros… Souhaitons que nos 2 espiègles écureuils ne fassent pas d’ombres à nos barbares !


Rien à voir

Blaak Heat Shujaa - Blaak Heat Shujaa (2010) Décollage immédiat ....

Blaak Heat Shujaa - Blaak Heat Shujaa (2010)

Ambiance western, forcément, dès l’ouverture, western oriental, grattes distordues, bruit du vent dans les cactus, ça sent bon son désert rock décontracté, le grand Brant n’est jamais très loin ainsi que les autres figures tutélaires du desert rock et de son dérivé alourdi, le stoner. Mais Blaak Heat Shujaa sait brouiller les pistes à grand renforts de changements de tempos et de tonalités toujours surprenantes et bienvenus passé la première surprise. Une fois dans le désert, si les pistes se brouillent, c’est peu de dire qu’on est très vite complètement paumé et qu’il ne reste plus alors qu’à errer dans l’espoir de retrouver son chemin.

Et c’est bien ce que nous proposent les 3 parisiens avec ce premier album enregistré avec l’aide de Scott Reeder (sisi lui-même) dans la région de Palm Springs, Mecque du stoner s’il en est, cette invitation à l’errance sereine. Mais pas question pour autant de s’endormir, il y a quand même de la route à faire… Il faut suivre le guide au risque de se perdre à jamais, le fil d’Ariane que constitue, de loin en loin, le chant désincarné et noyé d’échos de Thomas Bellier (mariage improbable entre une version masculine du chant d’Acid King et Ozzy), chant désincarné qui rapproche nos "stoner friends" d'un rock psyché à la Black Angels, créant ainsi une passerelle inédite entre ces 2 courants pas si éloignés à la réflexion.

Propice à l’hallucination, au voyage intérieur et à la rêverie, la musique du trio vous fera sans nul doute quitter terre et c’est presque naturellement que l’on croisera le fantôme de Layne Staley (Alice in Chains) sur MIA, des riffs sabbathiens en diable forcément, par ci par là, et toujours, revenant, ce son non identifié entre lignes à haute tension et ondulations dunesques (par exemple sur l’intro du colossal Moon). On décolle certes régulièrement tout au long du disque mais, tôt ou tard Blaak Heat Shujaa nous rappellera les dures lois de la gravité en plombant, à grand renfort de basse défoncée et de riffs pachydermiques, l’ambiance.

« Fasten your seat belt and light up your spliff » disait Peter Tosh, il semblerait que, dans un tout autre univers musical, Blaak Heat Shujaa ait fait sienne cette précieuse devise. Laissez vous conduire, l’au-delà désertique c’est tout droit !

Vous ne me croyez pas ? en bonus, le trip hallucinant de Where You At ? en live au Klub, en (3ième) première partie de Glowsun cette année :


Yawning Man - Nomadic Pursuits (2010) - Les hommes des sables

Yawning Man - Nomadic Pursuits (2010) - Les hommes des sables

Suite des aventures de nos hommes du désert que l'on n'attendait plus (pas) vraiment, Nomadic Pursuit est la nouvelle livraison des géniteurs de l'incontournable Rock Formation, chef d'oeuvre d'un genre dont ils sont pratiquement les seuls représentants, le desert rock.


Autant le dire immédiatement et sans détour, ce nouvel album reprend les choses exactement ou on les avait laissées, c'est à dire envapé nonchalamment sur le dos d'un chameau chaloupant l'air de rien entre 2 dunes. Rien de neuf donc sous le soleil plombé du désert, toujours cet espèce de surf music aride, sèche et incroyablement propice a la rêverie, a la divagation sensorielle sans autre repère tangible que la dune suivante sans cesse renouvelée.

Les amateurs y trouveront largement leur compte, les autres y verront peut être une tentative aussi souhaitable que rare de produire un post rock apaisé et aérien.

vendredi, février 24, 2012

Monster Magnet - Mastermind (2010) -A full load of promises

Monster Magnet - Mastermind (2010) -A full load of promises

Pour ce qui est du son, aucun problème, c'est lourd sans être trop gras, puissant, velu, direct, bref le genre de son qu'on affectionne chez le monstre magnétique. L'album est varie, entre mid tempos acoustico électriques (all outta nothin, time machine), et charges débridées toutes distos dehors ( ), aide en cela par le jeu imparable du guitar hero le plus discret de la galaxie, ed mullen pour ne pas le citer. Qu'ed se surpasse régulièrement sur cette nouvelle livraison, cela ne fait aucun doute, bien aide qu'il est par une section rythmique aussi imaginative qu'efficace (même si il faut reconnaitre que la batterie est souvent en mode boum boum boum un peu stérile).


Évidemment, comme sur chacun de ses albums le monstre aimanté a su glisser quelques tueries imparables qui ne manqueront pas de gagner encore en puissance en live (dig that hole, gods and punks, ). On est même ravi de retrouver ci et la quelques titres plus barres qui ne sont pas sans rappeler superjudge ou l'insurpassable dopes to infinity (hallunination bomb, the titan who cried like a baby, when the planes fall... ), tous places en fin d'album, comme la promesse d'une suite plus psyché, renouant avec les tubes imparables d'antan qui proposaient plus que le power rock sévèrement burne que nous a propose ces derniers temps la bande de desperados du sieur windorff.)

Alors oui, cote inspiration, on reste encore un peu sur sa faim, surtout en début d'album, mais le savoir faire est bien au rendez vous et les plus grands espoirs sont permis pour la suite, autant dire que ce mastermind, malgré ses défauts, laisse un parfum de lendemains qui chantent...avec leurs tripes (trips ?).

Alcohsonic - Songs From The Delirium Tremens World (2008) - A suivre de très prés...

Alcohsonic - Songs From The Delirium Tremens World (2008)

Sur scène, l’effet est saisissant, à peine ont-ils foulé les planches que l’on se retrouve plonger en plein rêve rock n’rollien, flanqué à sa gauche d’un stone-trucker tout droit sorti d’une horde de fans velus de Karma to Burn à la basse et à sa droite d’un guitariste empreint d’une discrétion qui ne laisse pas deviner le feu qui va suivre, ainsi flanqué donc, c’est la ré-incarnation du Steven Tyler qui se cale derrière le pied de micro. Evidemment, la petite troupe est aussi dotée d’un batteur, mais qui, depuis Spinal Tap, se soucie du batteur ? Non je déconne, c’est important quand même. C’est donc visuellement que l’on se prend la première claque ce soir là au Nouveau Casino où les gaillards ouvrent, excusez du peu, pour le mythique Brant Bjork, ex batteur de Kyuss et Fu Manchu pour ceux qui vivraient sur une planète dépourvue de désert.


Très vite, le souvenir d’Aerosmith de la grande époque se fait évident, non seulement par les pauses et la dégaine générale du chanteur, mais aussi par la musique jouée (Follow Me, I'll Flee From You, ), rock n’roll, purement et simplement (Mojo Driver , les portes dites vous ? celles sans lesquelles les Dupont aériens n’auraient sans doute jamais existés car aussi surement que l’on ne peut imaginer un repas sans Badoit (quoique) on ne peut imaginer un Tyler sans Jim Morisson), dans la grande tradition des groupes fondés sur l’antagonisme chanteur-guitar hero (Stones, Aerosmith donc et Guns n’Roses pour faire court). Guitar hero, et oui, rien de moins, le mot est lâché tant, ce soir là la six cordes fut à la fête, distillant un catalogue d’influences impressionnant (Joe Perry, bien sûr,Guns (I'm Your Man), ZZ Top (évident), bref toute une tripoté de gratteux mémorables dont les plus récents descendants sont à chercher du coté de Firebird et autres The Answer), finissant par se mélanger tellement qu’il en ressort un son original et un jeu très personnel. La rythmique variée est loin d’être en reste et c’est un groupe solide et cohérent qui se mit très vite le public dans la poche.

L’impression dégagée sur scène se confirme sur l’album avec des titres qui, s’ils restent bien dans une veine estampillée du meilleur rock des 3 décennies passées, dessinent un paysage sonore extrêmement varié et jamais répétitif. Le trippant Hanuman' Chest vous envoie directement dans la chaleur moite du continent indien. De façon assez inattendue, c’est à l’aspect le plus calme et apaisé de Black Sabbath que les Alcohsonics rendent hommage (involontairement ?) le temps d’un The Cathodic Way of Life qui n’est pas sans rappeler le Planet Caravan des glorieux ancêtres. Le gimmick de guitare sur You're Not Rock n' Roll (qui sera judicieusement dédié à Christine Boutin et Philippe de Villiers, lors du concert, en remerciement de leur action superbe pour tenter de faire interdire le festival (prétendument sataniste) Hellfest) n’est pas sans rappeler un riff des Red Hot (j’ai la flemme de rechercher sur quelle chanson) élargissant encore, avec bonheur, l’éventail des références et débouchant sur un solo d’anthologie avant que les chœurs ultra virils et efficaces d’un viking aviné (serait il possible que ce soit le chanteur de Clutch ?) viennent clôturer ce titre tout en efficacité. L’album se termine sur Delirium Song, tout en chœur soul gospel, que ne renieraient pas les Black Crowes.

Souvent classé comme Stoner, l’étiquette se révèle vraiment réductrice, comme pour tout groupe important, et même s’il est vrai qu’il s’aventurent de temps en temps sur ces terres (l’excellent I'm Your Man), les parisiens livrent, avant tout, avec ce Songs From the Delirium Tremens World un album gorgé de rock n’roll, de feeling et non dénué d’humour (je vous laisse écouter l’intro et l’outro) qui les place dans la catégorie des espoirs à ne pas louper. Ce, d’autant plus, que l’album a maintenant quelques temps déjà (2008) et que les récents concerts ont prouvé que leur progression était continue.

Festival Stoner rock à Paris !! - Psychotic Reactions - 27 Juin ...

Festival Stoner rock à Paris !! - Psychotic Reactions - 27 Juin 2010 au Klub, 14 rue Saint Denis, 75004 Paris

En ces temps de Nouvelles Stars, d'Enfoirés (dont le fond est bien évidemment d'une utilité incontestable, mais la forme plus discutable), de Nikos-eries et de bébés rockers préfabriqués, il est bon de constater qu'il existe encore une scène française active et florissante en matière de riffs plombés, de soli atmosphériques et de rythmiques plus ou moins pachydermique ! L'occasion de la découvrir se présentera le 27 juin prochain à Paris au Klub, 14 rue Saint Denis, 75004 Paris.

Avec Alcohsonic, Glowsun et Loading Data en tête de pont, autant dire tout de suite que c'est la crème de cette scène qui n'en est pas une qui va faire sa fête à la musique avec quelques jours de retard, le temps d'arriver des profondeurs de la Terre ou des plus hautes sphéres de la galaxie. En attendant que l'escadrille pose le pied sur la (bien mal barrée) planète bleue, voilà déja l'alléchante affiche :




Bien évidemment, nous reviendrons plus en détail sur le programme aussi vite que possible. Pour les plus impatients, voilà déja ce qu'il y a à savoir sur Glowsun (en tous cas sur leur dernier album en date).

A noter que c'est le talentueux Johan Jaccob de Glowsun qui s'est chargé de l'affiche ainsi que de la pochette de la compil qui réunira tous les groupes présents à l'affiche :



Alcohsonic (Paris)
ÖfÖ Am (Montpellier)
Superbeatnik (Montpellier)
Junkyard Birds (Auch)
Loading Data (France/USA)
Stony Broke (Montpellier)
Dismo (Nice)
Café Flesh (Jarnac)
Dispenser The Dispenser (Tarbes)
Mudweiser (Montpellier)
The Enterprise (Bayonne)
Voxson (Bayonne)
Granit 665 (avec un ex Portobello Bones-Nantes)
Los Disidientes del sucio Motel (Alsace)
Mars Red Sky (Bordeaux)
Rescue Rangers (Marseille)
Kubota (Nantes)
Bonus Tracks :
Karma to Burn (USA - Napalm Records)
Year Long Disaster (USA - Volcom Entertainment)
Treasure Cat (USA)

 


Plus d'infos à suivre ...

Down - Down III - Over The Under (2007) - La suite ..


Down - Down III - Over The Under (2007).

Avec une moyenne de 6 ans entre 2 albums, on ne peut pas vraiment classer DOWN dans la catégorie des groupes prolifiques, c'est le moins que l'on puisse dire.


Mais comme a chaque fois, l'attente est largement récompensée avec cette nouvelle livraison toute en guitares poisseuses et rythmes pachidermiques. Une fois encore l'interprétation est parfaite (l'inverse eut été étonnant avec pareil line up).

Plusieures écoutes seront necessaire pour s approprier réellement "la béte" mais, si vous etes pressé, allez directement a "March of the Saints", si vous n avez pas envie d en écouter d avantage apres une telle claque je ne vois plus ce que je peux faire pour vous !

Musicalement, l'album est plus compact et heavy que son predecesseur, se rapprochant plus de NOLA que des envolées sudistisantes de DOWN II.

En résumé: que du lourd, que du bon !!

Down - Down II - A Bustle In Your Hedgerow... (2002) - Enoooorme

Down - Down II - A Bustle In Your Hedgerow...

7 ans se sont écoulés depuis NOLA et, alors que plus personne n osait l'espérer, voila que DOWN est de retour.


Pas de révolution à proprement parler, plutot lent et lourd, la musique patauge toujours dans les marecages new orleannais infestés de crocodiles, entre heavy metal tendance Heavy (black sabbath entre autre et toute la floppée du stoner lysergique) et rock sudiste severement burné.

Les compos sont excellentes (plus bluesy à la limite que sur NOLA) et l interpretation brillantissime evidemment avec pareil casting.

Mention speciale a "Learn from this mistake", le "Freebird" du stoner !!

Karma to Burn - Karma to Burn (1997) - Un incontournable !

Karma to Burn - Karma to Burn (1997)

Pour qui s'interresse un tant soit peu à ce genre musical qu'est le métal "stoner" l'histoire est bien connue. Avant de signer leur premier contrat, le trio instrumental Karma To Burn, s'est vu imposer par sa maison de disque un chanteur dont tout porte à croire, au vu des déclarations ultérieures des membres du groupe, que ces derniers se seraient bien passés. Quand on sait que dès l'album suivant, toutes les compos de celui ci se sont retrouvées débarrassées de la voix, nul doute que nos trois férailleurs en fusion regrettaient amérement ce choix imposé par le business.


Et pourtant, je ne suis pas prêt d'oublier la claque que fut pour moi la découverte de Ma Petite Mort sur l'excellente compilation Burn One Up! alors véritable vitrine d'un genre encore en devenir. Dès le lendemain je me précipitais sur l'album et, 12 ans plus tard, c'est toujours un pied incroyable que de le réecouter. On s'en doute, les compos sont imparrables (et pour cause, initialement prévues pour être instrumentales, c'est peu dire que le trio a blindé sa rythmique et que la guitare s'en donne à coeur joie dans le lourd aérien) et la voix, tant décriée pourtant, colle à merveille à cette musique lourde mais toujours mélodique et groovy.

Depuis, nos lascars ont réussi à abandonner leur chanteur, à raconter toutes les pires horreurs sur son compte, et sont même en tournée en ce moment en format Trio, pourtant cette madeleine de Proust du Stoner constitue, pour moi, le point culminant de leur oeuvre.

Queens of the Stone Age – Era Vulgaris (2007) - Intriguant...

Queens of the Stone Age – Era Vulgaris (2007)

Il y a des albums comme ça que l'on n'arrive pas a se décider a chroniquer. A la déception des premières écoutes, et après les avoir vu sur scène, on se prend soudain a vivre une espèce de révélation...mais oui plus on l'écoute et plus cet album est tout bonnement génial. Puis on se ressaisit, non, vraiment, ils ont frappe tellement fort avec Songs for the Deaf, qu'il leur sera désormais impossible de faire mieux.


Pourtant le riff tournoyant en fin de Turnin the Screw, les bouts de mélodies bancales qui retombent immanquablement sur leurs pieds tel un chat jeté en l'air, la voix a la limite du manière de Josh Homme, les saillies de gratte après chaque refrain (en est ce vraiment un?) de Sick, Sick, Sick, les paroles grandioses ("it's like diamond...and shit"), les refrains aériens perdus au milieu de morceaux apparemment mal foutus avec une jambe plus longue que l'autre mais qui s'avèrent au final de bien fins danseurs aux mouvements aussi improbables que gracieux, tout ça et bien plus encore participe au charme irrésistible d'Era Vulgaris, a sa capacité d'attraction inexplicable. Comme la laideur, il fait peur d'abord, comme l'intro angoissante de Misfit Love, peur de l'inconnu, impossible de savoir a l'avance ce qui va se passer la minute d'après dans un morceau, la seconde d'après dans une ligne de chant. Sorti tout droit des Desert Sessions, c'est peu de dire que le très radiofriendly Make It With Chu offre une oasis apaisée au milieu de ce disque fascinant sans queue ni tête a la laideur fascinante. Moins évidente mais tout aussi calme Suture Up Your Future est l'illustration même de toute la beauté tordue des chansons de la bande a Homme et débouche sur l'un des sommets de cet album River on the Road, road trip hallucinée toutes vitres baissées dans le soleil couchant fonçant nonchalamment vers l'inconnu forcement dramatique...le véhicule s'écrasant sous le rouleau compresseur policier de Run Pig Run...et les lumières dansent, dansent dans l'ambulance qui file vers le Mexique (cola) la bas derrière la frontière finale de l'album...

Le meilleur album de QOTSA? Certainement pas. Le plus régulier? Ouhhh que non. Le plus fascinant? Peut être bien. Le plus intriguant? A n'en point douter!

Glowsun - the sundering (2009) - Stonez français

Glowsun - the sundering (2009)

Quel joie de constater qu'il existe encore dans l'univers de plus en plus consanguin des groupes qui savent se souvenir qu'outre les riffs plombes a la Sabbath, ils sont aussi les descendants on ne peut plus légitimes du space rock d'Hawkwind et de son Monster Magnet de rejeton qui auraient croisé quelque Tool perdus. Car oui s'il fleure bon le cuir trempe a la sueur et la bière tiède, le stoner de Glowsun sait aussi parfumer son plomb d'effluves bien plus spatiales, lorgnant de ci delà vers un desert rock aux grattes squelettiques mais surtout vers les effets les plus voie lactées des sus cites monstres magnétiques. De ces ambiances en apesanteur (mais pas celle de Calogero rassurez vous) ou échos et larsens semblent se perdre dans les profondeurs de l'infini pour tenter de faire décoller cette musique si souvent embourbée par la chape du métal bien connu qui ne manque jamais de s'abattre sur le consommateur moyen de produits herbacés prohibes, par ailleurs amateur de ce genre de musique.


Majoritairement instrumentale, la musique du combo francophone invite à la rêverie, effleurant parfois les ailes déployées d'un Pelican, animal qui pourtant ne croise que rarement a ces altitudes. Si l'on s'en tenait au nom et faisions abstraction de tout ce qu'a pu produire le groupe (essayons au moins, après tout rien ne l'interdit) on pourrait rapprocher Glowsun d'un Led Zeppelin pour l'idée du très lourd plus léger que l'air, plus léger que les vents cosmiques au gré desquels sa musique se laisse porter, hybride de post rock heavy et de Monster Magnet instrumental, mais surtout de bien plus encore. Références à chercher dans un catalogue infini qui va certes des proches de Brant Bjork a Cure en passant par tout un magma stellaire digère par un groupe a des millions d'années lumières de la horde des suiveurs sans imagination qui peuplent désormais ce genre.

mercredi, février 22, 2012

Baroness - Blue Record (2009) - Plus accessible

Baroness - Blue Album (2009)

Ils sont sympa Baroness, avec ce Blue Album ils te donnent l'occasion de faire une bonne blague a ton pote en plein revival peace, love and happiness. En effet, quand il la verra trainer sur la table de ton salon, ton pote ne pourra s'empêcher d'être curieusement attire par la sublime pochette (oeuvre du chanteur John Baizley) et de te demander, tout de go: "c'est bien ca Baroness ?" et c'est la que la blague commence. "Ah ouais carrément, tu connais pas? Si tu veux je peux te faire une petite compil". Ni d'une ni de deux, en commençant par le premier titre, tu selectionnes en gros une chanson sur 2 et tu lui remets le résultat.


Enivre par ces mélodies apaisées, semi acoustiques, un peu pink floydiennes, aucun doute qu'il cherchera à en savoir plus et se procurera sans tarder le dit album. Et la, il y a fort a parier qu'il risque d'être sacrement secoue par ce qui va venir percuter ses tympans. Délaissant quelques peu son intégrale de Dream Theatre, le groupe a gagne en concision et en efficacité depuis le précédent Red Album et c'est a un véritable pilonnage trash-sludge auquel on assiste entre 2 intermèdes plus calmes qui ne sont pas sans rappeler les enluminures acoustiques d'un Metallica période Justice for All. Avec une voix plus virile encore que celle de Jaymzzz, Baroness se fait le descendant le plus digne de cet album mésestimé.

Beaucoup moins indigeste que par le passe, la musique est avant tout la pour porter climats et ambiances, propres a évoquer d'épiques batailles entre vikings et chevaliers en armures, a coup de haches, de boucliers brises et de héros maudissant le ciel, a genoux dans une clairière au cote de la dépouille de son meilleur ami a jamais perdu.

Si Baroness avait place la barre très haut techniquement avec le Red, ce Blue Album les voit gagner en puissance et en cohérence, débarrassés des démonstrations de manche et de toms puériles. Afin de compléter les couleurs du drapeau, gageons qu'un futur White Album, si tant est qu'il soit double, mettra les 4 américains dans le vent.

Sir Lord Baltimore - Kingdom Come (1970) - A ranger à coté de son exemplaire de Granicus

Sir Lord Baltimore - Kingdom Come (1970)

Alliant la lourdeur d'un Black Sabbath au psychédélisme d'Hendrix, Sir Lord Baltimore fait parti de ces groupes oubliés qui surent poser les bases de tout un pan, dédaigné par les "connaisseurs", de la musique actuelle: le metal au sens large.


Il suffit pour s'en convaincre de jeter une oreille à Hard Rain Fallin pour sentir que dès 1970 SLB avait préparé le berceau des Motorhead et autres Maiden. La voix démente de John Garner en plus (le mec fait aussi office de batteur, c’est dire s’il a du souffle), habitée, folle, débridée sur ces assauts de guitares toutes cymbales dehors. A linstar d'un dirigeable plombé, le Lord sait se faire acoustique et presque médiéval sur Lake Isle of Innersfree.

Oui de Led Zep il y a dans la musique du Lord, entre autre. Mais a une époque ou ni Hard ni Heavy ne voulaient encore rien dire, aucune obligation n'était faite au Lord de respecter une quelconque esthétique préfabriquée, musicalement parlant, tout était encore a inventer. C'est ainsi que l'on se retrouve avec un album certes à placer sous le signe du plomb, mais extrêmement varie et original. De superbes chœurs sur Kingdom Come, par exemple, sur fond de lourde rythmique et de riffs acides, et le groove inimitable des 70s sur l'ensemble de l'album.

Amateur de musique prétendument extrêmes et de curiosités ancestrales, cet album est pour toi !

Asteroid – II (2009) - Du classique Desert Stoner suédois


Asteroid – II (2009)

Plongeant leurs racines dans les lointains sables du désert, les 3 suédois d'Asteroid ne sont pas du genre a s'embarrasser de quoique ce soit pour porter la bonne parole aux 4 coins de la planète: ainsi, comme il s'agit de leur second, ils ont sobrement intitule l'album qui nous occupe aujourd'hui: II. De même pas plus d'un mot par titre, ce sera d'ailleurs amplement suffisant pour identifier chacune des plages ensablées de cet opus. Guitares acides, break planants, rythmique frôlant parfois le jazzy, quelques riffs gras, certes, mais pour l'essentiel, nous avons bien à faire a un desert rock du meilleur cru, tout entier baigne dans un groove typiquement 70s, plutôt qu'a du stoner lourd et bas du front..


Groove renforce par de virils chœurs vikings sur les passages essentiels, imprimant un sentiment de puissance tranquille. Le chant d'ailleurs, qui n'est pas sans rappeler un certain Ozzy contribue aussi pas mal à ce voyage temporel vers le rock psyché et heavy des glorieux ancêtres. On l'a dit, pas de superflu avec Asteroid et la production, très do it yourself, mais quand yourself est suédois pas d'inquiétude à avoir, donne au tout un parfum artisanal qui pourrait laisser croire que réaliser ce genre d'album est a la portée de tous. Pourtant, aucun doute, il faut un véritable talent pour réussir a produire pareil groove et pareilles compos propices au rêve éveillé, a la rêverie, a la méditation presque serait on tente de dire...comme la contemplation des dunes…mais gare aux vents de sable !

Slo Burn – Amusing the Amazing (1997) / Post Kyuss cojonessisé


Slo Burn – Amusing the Amazing (1997)

Soufflez un bon coup dessus pour chasser la pellicule de sable qui le recouvre, et allumez l'ampli...fort...non non plus fort... ouais encore un poil plus fort...laissez chauffer, servez vous une bonne rasade de mescal/tequila, chaussez les boots et ajustez vos raybans aviateurs...humez l'air brulant un bon coup et... accrochez vous a vos cojones muchachos !.


(Play) .... C'est parti pour un long ride en roue libre au milieu des cactus et des coyotes, pas de chichis pas de fioriture, c'est tout droit, pas de pitié pour les scorpions, les crotales et les desparados égarés, il n'y a pas de freins sur un éléphant emballé, rien a faire pour l'arréter....alors on a beau hurler, gueuler, taper du pied, la béte s'emballera jusqu'au bout de ce 4 titres foudroyant. La peau carbonisée, l'air hagard et le cul par terre, c'est ainsi que l'onse retrouve après une telle baffe...le pire c'est qu'on en redemande tout de suite !!

Incroyablement vif pour un animal aussi lourd, la chevauchée ne connaitra aucun temps mort, aucune hésitation, a peine une dune surfée, la suivante jaillit déjà... I said "I pilot." "I pilot."I said, "I pilot the dune."

Stake Off the Witch – Medusa (2009) - Stoner rock féminin rital ...


Stake Off the Witch – Medusa (2009)

Bon OK, "la chiatta mi cantare", Sabrina et tant d'autres merveilles, l'Italie en matière de musique tient plus souvent de la caricature qu'au hasard, la Suède ou l'Australie. Ce serait oublier un peu vite que le pays a pondu un nombre impressionnant de groupes de rock progressif ou de punks politisés. Plus prés de nous, c'est aussi la patrie du collectif graphique le plus excitant qui soit: Malleus. Enfin, et c'est ce qui nous occupe aujourd'hui, avec ce Medusa, Stake Off the Witch vient lourdement poser le plat de spaghetti au beau milieu de la table du stoner quelque peu assoupie ces derniers temps.

Terre d'histoire, c'est aux racines même du genre que le groupe revient, loin de l'abatardisation post rock en vogue de l'autre cote de l'Atlantique. En effet, Stake Off the Witch n'hésite pas a se souvenir que c'est dans les sables du désert que le genre vit le jour et les guitares, entre cavalcades riffées et moment d'accalmie, ne dédaignent pas un son bien acido-psyche propre a décoller vers de psychotiques paysages. D'une manière générale c'est avec nostalgie que l'on se retrouve quelque part entre Kyuss et Karma to Burn, admettez qu'il y a pire comme compagnie.

Et la vous me dites...mouais...les descendants de Kyuss et Karma to Burn, il en traine des millions dans les bacs à solde, et c'est là que, fier comme César, je sors l'argument imparable, celui qui finira, ou pas, de vous convaincre que Stake Off...est un groupe a part: le chant! Prenez les 2 groupes précités, ajoutez y une voix a la L7 et imaginez le résultat ! Car oui, c'est bien un bambina aux commandes de ce char de gros riffs, de basse en surchauffe permanente, et de batterie toutes cymbales dehors.

Riffs mastodontes, envolées acides, envie furieuse de secouer sa crinière ou de taper du pied pour les plus chauves d'entre nous, voila des années qu'on n'attendait plus pareil défouloir jouisif d'un genre qui tournait en rond. Evidemment les plus rabats joies auront beau jeu de râler qu'il n'y a rien de révolutionnaire là dedans, fuck les grincheux, moi je ne boude pas mon plaisir et je retourne surfer les dunes la tête dans l'ampli de basse ! Pas révolutionnaire ?! Du stoner feminin ! Qu'est ce qu'il vous faut ? Remballez vos Mastodon, vos Baroness et tous les fans du 50 breaks et changements par titre, et plongez dans le sable du plaisir immédiat sans prise de tête. Attention aux méduses !

Yawning Man – Rock Formation (2005) / Original desert rock


Yawning Man – Rock Formation (2005)

Jean-Patrick Capdevielle déclarait dans les années 80: "Quand t'es dans le désert, depuis trop longtemps, tu t'demandes a quoi ca sert...", les gus de Yawning Man, eux, ne se sont pas poses ce genre de question. Ils ont pose poses leurs amplis et ils se sont laisses inspirer par les lieux.


Formation culte de ce que d'aucun appelle le '"desert rock", ils n'ont pourtant, musicalement parlant, que peu a voir avec leurs tout aussi mythiques collègues de Kyuss, eux aussi renards du désert patentés. Unique trace longue durée, avec le EP Pothead, de leur passage sur les dunes, ce Rock Formations invite avant tout a la rêverie et a la contemplation. Tout en cymbales et guitares claires, la musique purement instrumentale du groupe fait souvent penser a une surf-music ralentie, la planche sans doute freinée par le frottement des grains de sable au moment de dévaler les dunes. Est ce pour autant que l'on y prend moins de plaisir qu'en de plus aquatiques horizons ? Oh que non! Le disque lance on se laisse tranquillement guider par ces mélodies aériennes qui semblent improvisées au hasard des lentes évolutions du paysage dessine par le vent.

Sereinement hébété, ou, parlons peu parlons bien, sérieusement stoned, on quitte très vite la réalité pour se laisser caresser les oreilles par le souffle chaud tout droit sorti des amplis. La ou Kyuss nous écrasait d'un brulant soleil de plomb, Yawning Man nous invite à errer douillettement sur le sable au son de sa BO de western spaghetti psychédélique. Si d'aventure le chameau s'emballait quelque peu (Split Tooth Thunder), il mettra vite fin a sa cavalcade pour lui aussi retourner a sa rêverie.