vendredi, décembre 01, 2006

Soyons beau joueur... l'UMP a un programme... mais un candidat ?


Il faut bien le reconnaître, avec Marcel Beliveau c’était quand même beaucoup plus marrant ! Le « surprise surprise » de Nicolas Sarkozy était loin d’être au niveau de celui de Jacky Sardou et à des années lumières de l’indétronable Thierry Lhermitte de toutes façons complétement hors concours, tellement au dessus du lot.

Et oui, de « surprise » promise il n’y eut point. En tous cas rien de spectaculaire. Première (d’une longue série ?) promesse non tenue par le désormais candidat Sarkozy. Mais ce n’est pas cela qui l’a empéché de multiplier les promesses faites au français et toujours superbement argumentées d’un « je ferai ce que je promets » qui n’engage finalement que ceux qui veulent bien y croire.

En tant que ministre de l’intérieur, Le Petit a promis tout et son contraire, du coup il est assez difficile de trouver une faille devant un tel éventail de vent. Résultat de toutes ces promesses, une belle déconvenue aux élections professionnelles des flics, sujet sur lequel le désormais candidat a préféré glisser discrétement alors qu’un de ses « contradicteurs » tentait d’y faire allusion.

Non, vraiment, niveau surprise, on cherche toujours. C’est plutot de confirmation qu’il s’agissait plus que de surprise.

Confirmation que l’UMP a un programme, a priori solide (même si malheureusement le pauvre Elie Cohen a vu son temps de parole sérieusement amputé par la verve oratoire (diarrhée verbale) du candidat, alors que justement, c’était sur ce point crucial que l’on était en droit d’attendre les explications du petit Nico). Confirmation que Nicolas connaît son programme sur le bout des doigts, confirmation, aussi, qu’il est et restera pour encore quelque temps ministre de l’intérieur. Ce faisant, il navigue au hasard des questions entre le point de vue du ministre interrogé (gentillement) sur son bilan, et le candidat interrogé sur son programme.


Bref ce fut un bien beau mélange des genres, politique internationale (effleurée à peine, Ségolène ayant pris la main sur le sujet, et les grandioses visites du Petit ne lui faisant pas forcément une bonne publicité, on se contentera de prendre note de son opposition farouche à l’entrée de la Turquie dans l’Europe), politique internationale disais-je, un peu, mais surtout force faits divers censés illustrer ses propos.

Et c’est là que l’on a pu le mieux se rendre compte des faiblesses de celui que l’UMP ferait mieux de considérer comme l’un des candidats potentiels, plutôt que comme LE candidat. En effet, a force de traiter tous les sujets sous l’angle de la rubrique des chiens écrasés, Nicolas s’est privé de l’opportunité qu’il avait d’exposer le programme de son parti.

Peut être n’avait il rien à proposer à la justice (c’est pour cela qu’il s’est d’abord embourbé à parler d’un quelconque fait divers, enlisement dont il ne fut pas le seul responsable, son interlocuteur revenant lourdement sur le sujet) ? peut être ne souhaitait il pas s’attarder sur son projet concernant les « banlieues », exploitant, honteusement, une anecdote relatée par un brillant contradicteur ? Ah çà oui, on aura eu le droit a toute la procédure relatif au dépôt de la plainte, au suivi, etc… etc… avec a l’issu de tout ce verbiage la promesse d’étudier le dossier. Le jeune homme qui intervenait avait l’air bien déçu que Sarko se focalise sur l’anecdote plutot que de prendre position sur les (nombreux) aspects du problème courageusement et intelligement mis en avant. L’anecdote n’était là que pour illustrer, Petit Sarko l’a exploité à fond, pour ne pas avoir à débattre.


Bien que le (pas si) jeune black (ami lecteur si tu connais le nom de cette personne n’hésites pas à me le donner) lui ait rappelé à plusieurs reprise que sa question ne portait pas sur le fait divers mais était beaucoup plus vaste, Nicolas n’avait pas l’air de s’en soucier. Une fois la parole prise il ne l’a jamais rendue. Dommage, l’occasion était belle, pour lui, de discuter avec la France des minorités « visibles », des quartiers, de la démerde et de l’initiative individuelle. Occasion (volontairement ?) ratée.

Ce qui n’a pas raté, en revanche, c’est le grand ratissage des voix du FN. Immigration, Turquie, intégration, hop hop hop on pique tout chez le breton… si ce dernier arrive au second tour, il sera alors temps de débattre avec lui. Pour ne pas se mettre les électeurs frontistes à dos, aucune attaque, aucune pique ne lui sera adressée, pas plus qu’à la madone Ségo, si ce n’est une petite piqure de rappel sur la politique internationale.

L’annonce de sa candidature avait été des plus foireuse, de surprise il n’y eut point (ah si, il a un peu arrété le « moi je », je l’en remercie). Alors qu’avons-nous eu finalement ? un programme social sans surprise, une politique économique floue (CDD ? CDI ? Contrat de Mission, on ne sait pas trop, en tous cas il n’existera qu’un seul type de contrat de travail…indéterminé, comme sa durée :), bref tout cela manquait un peu de précision (faute de temps ? ou faute de disgression inutiles ?).

Préférant s’attarder sur les détails et les anecdotes (« je vais vous donner un exemple monsieur »… encore ?? .. on est trop con pour comprendre ?), Nico n’a été bon qu’en défendant le programme de l’UMP.

De là à penser qu’un autre que lui, se basant sur le même programme, aurait pris un peu de hauteur et aurait évité les lourdeurs du fait divers, le tout avec plus de décontraction et d’humanité, il n’y a qu’un pas que je n’hésiterai pas à franchir. Quant à vous dire qui, ne doutons pas (c’est ironique) que le débat au sein de l’UMP permettra a chacun d’exprimer sa solidarité sur le fond, et sa différence de style.

La vraie surprise viendra t elle de ce challenger a trouver ? Le débat démocratique n’en patirait certainement pas.