vendredi, novembre 11, 2011

Sinner Sinners - La Boule Noire (Paris) - 9 novembre 2011

Y’a des gens qui ont vu Jimi Hendrix à l’Olympia en 1ere partie de Johnny Halliday, y’a des gens qui ont vu Nirvana au Farenheit (d’après mes stats perso la salle devait pouvoir contenir environ 11 000 personnes et ça augmente chaque année), dorénavant je ne suis pas peu fier de compter parmi les gens (et croyez moi on n’était pas 11 000) qui auront vu Sinner Sinners à la Boule Noire !

Non on était juste une grosse poignée pas tombés là par hasard a planter lourdement nos talons dans le mélange de sang, de sexe, de graisse, de gomina et de rock n’roll, une poignée de courageux à faire front devant le gang des hommes en noir aux armes blanches pour 2 d’entre eux. Des hommes ? Des bêtes oui plutôt, avec une féline en chef fièrement campée derrière son orgue apportant sa touche de grâce (non non, j’ai pas oublié le « i ») à l’horreur sonore bien huilée de nos créatures de l’enfer….euh de l’Allier plutôt, ce qui, pour le parigot moyen, revient à peu près au même. Set hyper carré, vite expédié dans une bonne humeur communicative, entre descente de Steve dans le public et emellages de jacks de Mike Pougheon qui, à première vue, tricote mieux le solo qu’il n’enroule du câble fut il méchamment electrifié.

Judicieusement disposé dans un cercueil, le merchandising laissait déjà augurer de ce qui nous attendait… tant qu’à se voir coller une étiquette, celle d’horror punk en vaut bien une autre si tant est que l’on ne soit pas un ayatolah du no future et que l’on veille bien considérer qu’une sérieuse injection de métal à la mixture survoltée ne puisse pas nuire à la puissance de feu du quintette. Ce qui, vous vous en doutez bien, est mon cas.

La setlist ? vous vous foutez de ma gueule ? vous croyez que je n’avais que çà a faire de la noter besogneusement ? Sérieusement ! Qui se préoccupe de savoir le nom des titres qui ont défilé à la vitesse de l’éclair tant tout était cohérent, parfaitement exécuté sans prétention aucune mais avec les couilles au plancher, tant le set entier fut un long frisson électrique. Non, franchement non, la setlist je vous la donnerais si d’aventure un jour on m’oblige a assister à un concert des… Naast ? ;) Au moins ça m’occupera entre 2 bières, mais aujourd’hui vraiment je n’en avais ni le temps ni l’envie. Une chose est sure, aux reprises près, vous les retrouverez tous sur le démonique album dont on fétait ce soir là la ressortie.

On garde les premières parties pour la fin, on savait déjà qu’on pouvait faire des trucs pas trop mal avec une batterie et une guitare (les Whites Stripes au hasard), des trucs terribles avec une basse lead (Lemmy qui ?), des trucs définitifs sans basse (The Doors) mais avec juste une basse et une batterie … à moins de s’appeler Sly & Robbie, mais là on s’éloigne du style musical qui nous occupe aujourd’hui, on ne voyait pas trop. Jusqu’au Horror Hardcore (dixit, en forme de clin d’œil, le bassiste en chef) de Picture Me Dead Blondie, mais d’eux et des FixIt qui les suivirent, nous reparlerons un autre jour…

On était pas nombreux ce soir de Novembre à avoir mis volontairement les 2 pieds dans la tombe, gageons que dans quelques années on aura été 666 666 à les y avoir vus !

Sinner Sinners - LA's Burning (45T) (2010) - France is burning...


Sinner Sinners - LA's Burning (45T) (2010)

2010, hey oui, nous sommes déjà en 2010, des années déjà que nous baignons en plein internet, en plein mp3, myspace, facebook et autres twitters sans cesse plus nombreux, sans cesse plus prometteurs, sans cesse plus plein de vide sidéral. Mais on nous le dit et on nous le répète, c’est l’avenir, l’avenir de l’humanité et, plus prosaïquement, l’avenir de la musique et la seule chance de survie de la déclinante industrie musicale. Ainsi donc, c’est là que se joue, pour tout groupe désireux de se faire connaître un tant soit peu, la partie. Dont acte. Mais pourtant… pourtant, oui….


Boire ou conduire, il faut choisir, et cette nuit là, j’avais clairement choisi la première proposition, du coup c’est à pied que je me rentrais tranquillement vers chez moi, quand, au hasard d’un nouveau tangage, bien involontaire, mon œil fut attiré par un curieux rectangle de carton dans une improbable vitrine parisienne. Jaune pisseux, rouge et noir, voilà des couleurs évocatrices me suis-je sans doute dit et, me concentrant dans un effort surhumain, je parvenais à détailler un peu plus l’objet. Des flammes, un cercueil, des croix et des crânes illustrant une typo gothiqu-anque, une ambiance crypto-mexicano-rock n’rollien, pas de doute, ce bout de carton avait tout pour plaire : promesse de sauvagerie, de sueur, de cuir, de sang, de sexe, de graisse, d’électricité, d’hystérie, de rébellion et … de mort. Se pouvait-il qu’en ces temps numérisés, pareil vaudou puisse encore trouver sa place dans une vitrine parisienne ? Sans en avoir entendu encore aucune note, je connaissais déjà ce disque par cœur, j’en étais accro, il me le fallait. Il me fallait ce shoot de concentré de Misfits, d’Iggy, de Lux et d’Ivy, de rock n’roll primaire, de rock n’roll primal. Puissance évocatrice de l’image, qui en quelques coups de crayon pouvait tout dire et susciter adhésion et curiosité immédiate. Par quel miracle ? Par quelle magie ? Par quelle science occulte fallait il passer pour provoquer pareille réaction ?

On ne le dira jamais assez graphisme et rock’n’roll sont deux univers inséparables, depuis les affiches du Fillmore de Bill Graham, jusqu’à l’innombrable production sérigraphiée que documente si bien The Art of Rock. Que serait un Motorhead ou un Maiden sans sa mascotte indéboulonnable, Cheap Thrill de Joplin sans sa pochette crumbienne, AC/DC sans son logo indémodable, un album de reggae autrement qu’en trichromie vert-jaune-rouge, on en passe et des milliers d’autres. Fanzines, flyers, affiches et pochettes font parti du grand tout qui, d’Elvis à Rick Griffins, de Lester Bangs aux Lords of Altamont, du bonze en flamme de RATM à la prose anachronique de Céline, des Clash à la banane de Warhol ou la langue des Stones, de la typo de Nevermind the Bollocks à celle d’Harvest de N.Young.On ne dira jamais assez à quel point ce lien étroit a été mis à mal par l’invention du CD, reléguant l’accompagnement graphique de l’œuvre au plus bas niveau. L’apogée de cette négation est, bien sûr intervenue avec l’apparition de la musique numérique où, toute tentative de faire co-exister les 2 formes d’art se révélait complétement inutile. Nous sommes en 2010 donc, et il est largement temps de revenir à nos moutons, d’autant plus que cette disgrétion laissa le temps au petit 45T que j’avais commandé, d’arriver jusqu’à chez moi.


Horror-Punk, ainsi se défini le duo franco-batave sur son myspace, où on peut se procurer le précieux objet dont il est ici question, hey oui, inutile de le rappeler, nous sommes au XXIième siècle et pour faire des bonds dans les temps vers les racines du rock, il faut passer par les réseaux. Car, si le son est très contemporain, avec des guitares assez lourdes et épaisses, lorgnant plutôt vers le métal que vers le punk, l’énergie qui se dégage de Las Burning a tout du punk des débuts, du hardcore californien voire, finalement, du rock n’roll des pionniers remis au goût du jour. Urgence, high énergie garage (avec orgue en renfort sur mur de guitare épais s’il en est), hurlements morbides et chœurs virils, en à peine 3 minutes, la messe (d’enterrement) est dite et si LA est en flamme, aucun doute que l’incendie ne vous crame aussi, si bref soit-il. Petite cerise sur le gâteau, la face B, jusqu’ici disponible que très difficilement, calme un peu le jeu, en nous rappelant le High on You d’un certain iguane en solo, tout en fièvre nonchalante.

A peine 5 minutes, il n’en faut pas plus à Sam & Steve Thill et leur bande desperados rythmiquement increvables pour vous propulser d’un efficace coup de botte dans le cul vers les horizons d’une musique vierge de toute concession, effet de mode ou tentative désespérée de plaire au plus grand nombre et de vendre par kilos. Même si c’est tout le mal qu’on leur souhaite, peu de chance que, comme le disent les Guignols, çà twitt, buzz & co pour eux, mais nul doute que le savoir faire qu’ils mettent à produire une musique de qualité, à travailler le contenant autant que le contenu, à tourner sans cesse pour se faire connaitre et finir par partager l’affiche avec les mythiques Sonics, nul doute que cela, plus qu’aucune cyber mode, les garantira d’un public fidèle et reconnaissant, aussi dévoué qu’eux à la cause d’une certaine idée de la musique.


Quant aux talentueux loustics dont l’œuvre avait initialement attiré mon œil dans la vitrine, là encore il s’agit de passionnés dont vous pourrez vous rendre compte de l’éclectique talent en allant surfer par là.

Au passage allez jeter un coup d’œil aux grattes, aucun doute qu’elles reviennent directement de l’enfer, ou d’un concert de Sinner Sinners, ce qui, vous l’avez compris, reviens au même !

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)- Brulot infernal

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)

Odeur de goudron cramé, d’alcool et d’essence, de cocktails Molotov, de graisse, de cuir, de sang et de stupre. Rage contenue, tension palpable, hystérie couvante… pas une note encore et pourtant le décor est déjà impeccablement posé. Vous avez glissé le skeud dans la platine, personne ne vous y a forcé (si ce n’est peut etre de savoir ce qui peut bien se cacher derrière si alléchante pochette), personne ne vous y a forcé non, c’est sûr, alors ne venez pas jouer les vierges effarouchées après et faites comme tout le monde dès les premières secondes, prenez vos jambes à votre cou, et hurlez, fuyez, suppliez, paniquez… Tout ! Tentez tout ce que vous pourrez pour y échapper, mais rien n’y fera, une fois la touche Play enfoncée, vous ne pourrez plus échapper au souffle chaud et aviné de l’horror-punk graisseux des Sinner Sinners. Déjà le sax free-leux empli l’espace et l’ombre de Steve Mackay plane sur le carnage qui s’annonce.Encore quelques secondes et la galette va nous péter à la gueule comme une grenade dans un cri déchirant et inhumain.3…2….1….ZERO !


Car oui, c’est bien à une tuerie sonore à laquelle nous allons assister. Il y a peu, Sam et Steve Thill nous avait déja quelque peu mis en garde au détour de l’incendiaire 45T LA's Burning et sa B’side The’s no Place Like …(que l’on retrouve d’ailleurs avec plaisir sur l’album, ce qui évite d’avoir à ressortir la platine à chaque fois qu’on veut s’envoyer un shoot d’high energy). Pourraient ils garder toute cette tension et l’énergie qui va avec sur la longueur d’un album ? certes ils ne sont pas les seuls aux manettes, ils ont déniché toute une improbable bande de flibustiers/desperados pour leur préter main forte dans leur entreprise d’évangélisation démoniaque (jugez en plutôt par la liste des participants à l’album du « duo ») et si vous voulez une petite idée du niveau d’artisanat du dit objet on m’informe qu’il y a une petite erreur sur le livret : je cite : la track 13 c'est la 12 en fait - et la 3 et 4 sont inversées :


Mais les brulots en pleine face sont ils leur seule arme ? oh que non, en témoigne Sonic Room plus « pop » si l’on peut oser le terme, ou Dead Dead Dead presqu’enjoué et primesautier (avec son chœur féminin qui n’est pas sans rappeler l’excellent Harmonic Generator des Datsuns), enfin…pour peu que l’on fasse abstraction des paoles qui pour la peine sont plutôt un brin macabres. Pour ce qui est de réveiller les morts, le piano baltringue (bastringue) de Stetson devrait largement y arriver.

On attaque la seconde face comme on l’avait fait de la première, sans les cris d’horreur qui ne sont plus ici nécessaires, l’ambiance est toujours aussi inquiétante avec son orgue dopé et la voix désincarnée de Sam perdue dans le fond du mix, comme noyée sous 6 pistes de grattes graisseuses. Par certains aspects ce titre pourrait faire penser à ce qu’Iggy aurait pu faire de mieux en solo s’il n’était pas tombé, comme c’est souvent arrivé, sur de bien peu fréquentables margoulins soucieux, seulement, de pouvoir poser leur nom à coté du sien. La remarque que l‘on s’était déjà faite sur le 45T est plus que jamais d’actualité sur la longueur de l’album.

Si d’aventure vous doutiez encore des capacités et de l’intérêt de se jeter immédiatement sur cet album indispensable à toute ame damnée, une oreille rapide à Cadavra devrait finir de vous convaincre. Efficacité, énergie, mélodie et immédiateté, tout est résumé dans ce titre déjà culte pour qui s’interresse à ce qui vaut vraiment le coup d’être écouté dans l’hexagone. Vous en connaissez beaucoup des enchainements solo-accélération finale, comme sur There’s no Place Like… ? personnellement j’en ai rarement entendu du coté de la Starac ou sur le dernier Charlotte Gainsbourg !

Motorhead, Seeds, Sonics, Stooges, Cramps et qui sais je encore, oui les Sinners ont embarqué dans un train fantôme déjà joliment peuplé et sont loin d’y faire pâle figure, c’est l’auditeur, par contre, qui risque de virer au vert quand la folle cavalcade s’arrétera aux dernières notes d’un Mummy évocateur, dans un dernier vrombissement de moteur surchauffé en bout de course. Une dernière peleté de terre, 6 clous (piqués sur le cuir) et une croix (en fer évidemment)… la messe est dite. Oh Lord (of Altamont) have mercy….

Pour en savoir plus, et vous faire une idée plus précise sur 2 titres cadeaux: ... c'est ici.


mercredi, novembre 09, 2011

Gigposters 2 - Clay Hayes - 2011


Clay Hayes est le fondateur de gigposters.com. Pour tous les non initiés au monde de l'affiche sérigraphiée rock, ce site est LA référence mondiale dans le genre. Véritable musée et gallerie "online" regroupant plus de 10 000 artistes des 4 coins du monde, présentant plus de 100 000 créations, annonçant les concerts de groupes des plus gros aux plus humbles. Si vous avez déja révé de monter un groupe avec des Legos ou, si vous vous êtes toujours demandés ce que pourrait donner le croisement du logo de Motorhead et d'Hello Kitty, alors ce bouquin est très certainement pour vous, vous y trouverez toutes les réponses à toutes les questions que vous ne vous êtes probablement jamais posées.

Ceci étant dit, si vous êtes juste un amateur lambda de l'art du poster rock, avec aucun penchant bizarre genre la vie sexuelle d'Hello Kitty ou que sais je encore, alors oui, aucun doute, ce bouquin est aussi fait pour vous. é ans après le premier volume, passé joyeusement sous silence en France, Clay Hayes revient avec 101 nouveaux artistes, d'à peu près toute la planète.
Au format 36.5 x29 cm, chaque artiste bénéficie d'une représentation en pleine page d'un de ses posters au dos duquel on en trouve 4 ou 5 autres plus petits ainsi que quelques infos relatives au dessinateur. Chaque page peut être détachée aisément, offrant ainsi 101 posters prêts à être encadrés. Mais si, comme moi, vous vous voyez mal dchirer le bouquin, rien ne vous empêche d'en acquérir 2 exemplaires.
Si vous hésitez toujours à l'acheter, la liste ci dessous devrait finir de vous convaincre :

Adam Pobiak, Alan Hynes, Alana Bailey, Altieri Art, Ames Bros, Anville, AS Printing Press, Atzgerei, Baker Prints, Blackheart Studios, Ben Wilson, Broken Press, The Bubble Process, The Bungaloo, Chicken Billy, Clint Wilson, Clinton Reno, The Comet Substance, Concepcion Studios, Craig Horky, Craig Updegrove, David V. D'Andrea, Dead Meat, Dirty Donny Gillies, DKNG, Doe Eyed, Doublenaut, Douze Studio Dresden, Dr. Alderete, Droid, Empire Press, Erick Montes, Frida Clements, Ghost-Town Studio, Graham Pilling, Gunsho, The Half and Half, Hatch Show Print, Hyp Inc, Idiot or Genius ?, Insurgentarts, Iron Canvas Studios, Iskra Print Collective, Isle of Printing, Ivan Minsloff, James Flames, Jeral Tidwell, Jeremy Wilson, Jim Mazza, Joe Whyte, John Howard, Johnny Sampson, Justin Santora, Kill Hatsumomo Prints, Kunny van der Ploeg, Landland, Madpixel Art and Design, Mara Piccione, Mark McCormick, Mark Sgarbossa, Marq Spusta, Matt Terich, Maximum Flouride Killustration, Mike Saputo, Mike Weihs, Mile 44, Nat Damm, Nerl Says Design, Nick DuPey, Petting Zoo Prints & Collectables, Pfahlert Creative Labs, Punchgut, R. Black, Rich Kelly, Robbie Fuct, Ryan Duggan, Scott Campbell, Scraped Knee Studios, Scrawled Design, Shawn K. Knight, The Silent Giants, Small Horse Studio, Sonnenzimmer, Spike Press, Standard Deluxe Inc, Standard Design, Status Serigraph, Subject Matter Studio, Switchopen Illustrations, T-Bone & Aljax Production and Design, Tim Huesken, Tom Bagley, Traci Edwards, Two Arms Inc, Two Rabbits Studios, Tyler Stout, Uglybogus, Us &Them, Weapons of Mass Design, Weathermaker Press, Will Ruocco


mardi, novembre 01, 2011

Julien Demets - Rock et Politique, l'impossible cohabitation - 2011

Julien Demets - Rock et Politique, l'impossible cohabitation - 2011

Evidemment, la préface de Jean Paul Huchon, amateur éclairé de rock n roll s'il en est dans le milieu de la politique, peut paraitre quelque peu étrange de prime abord, lorsque l'on songe que le bonhomme n'est pas le dernier à porter son lot d'ombres et de polémiques.



Mais après tout, des politiques qui s'y connaissent en rock, il n'y en a pas tant que celà, et hommage soit ici rendu au regretté Patrick Roy qui défendit, héroiquement drapé dans sa veste rouge, la musique dit métal qui est pourtant bien moins souvent politisée qu'au hazard, le ska festif ou le hip hop revendicatif. Et puis rock et polémique vont si bien ensemble... d'ailleurs qu'en est il de rock et politique alors ? C'est à cette question que tente de répondre Julien Demets en 210 pages érudites s'il en est. Il suffit de jeter un coup d'oeil à la bibliographie pour se rendre compte que, non content de connaitre parfaitement son sujet, l'auteur n'a pas regarder à la tâche quand il s'en est fallu aller se documenter plus encore sur le sujet.

En 3 grandes parties chronologiques le bouquin passe au peigne fin la mésentente cordiale entre rock et politique qui accompagna la naissance de cette musique. Scandales elvisiens et dépravation de la jeunesse allaient alors de pair avec les florissantes 50s, l'american way of life, les burgers et le coca, puis les textes devinrent plus vindicatifs, accompagnant l'émancipation d'une contre culture à part entière, puisant certaines de ses racines dans le rejet de la guerre du Vietnam et les revendications raciales. D'un Woodstock encore bon enfant (toute proportion gardée) sans but réel ni revendication plus engagée que 5 jours de musique, d'amour et de paix. Néanmoins le ver était dans le fruit, alors que les punks allaient glisser vers un No Future aussi désabusé en terme de slogan fédérateur qu'inégalable pour ébranler un système scélorésé entre famille royale et tatcherisme. Alors donc, que le punk allait se démarquer du système par son attitude radicale et do it yourself, le Vietnam finit, les enfants du flower power allaient trouver 1000 causes pour faire fleurir un Charity Business multitache. La conclusion de tout celà n'est pas franchement brillante pour les rockers qui se laisseront alors charmer par des candidats qui auront bien compris à quel point se faire photographier avec telle ou telle idole pouvait leur rapporter, électoralement parlant.

Fourmillant d'exemples concrets, d'anecdotes et de remise en perspective, le bouquin de Julien Demets est, de plus, une oeuvre salutaire, tant la littérature sur le sujet était rare, voire inexistante, qui plus est avec une telle qualité d'écriture ! Tout est dit dans le titre, il s'agit ici de rock, point barre, on attends avec une impatience non dissimulée qu'un courageux se livre au même genre de rapprochement avec le reggae, le hip hop voire même la trance goa :)

En plus, une judicieuse liste de 200 protests songs classées par type de sujet (racisme, guerre, homosexualité, écologie, etc...) vient clore l'ouvrage histoire d'en accompagner la lecture. Kick Out the Jam Motherfuck**

Rock français (1977-83) : Chronique d'un rendez-vous manqué - Laurent Jaoui - 2010

Rock français (1977-83) - chronique d'un rendez-vous manqué - Laurent Jaoui (2010)

La France et le rock...vaste sujet que celui là... comment se fait-il que ce petit pays qui est le notre, féru de culture et qui, en son temps, il faut certes remonter aux lumières pour ce faire, rayonna sur le monde, ait offert un si piètre accueil à cette musique par ailleurs si populaire et répendue ?


Les Dogs
C’est a cette question que s’attache à répondre ce passionnant petit bouquin au travers de l’histoire croisée de 3 groupes brillants mais qui ne réussiront pourtant jamais à dépasser le statut d’outsiders prometteurs, jusqu’à ce qu'ils jettent, pour au moins 2 d’entre eux, l éponge minés par le manque de reconnaissance et de succès, et les affres qui s’ensuivent forcément en pareil cas. Bijou, Starshooter et les Dogs, ce sont par le biais de leurs tristes destins que Laurent Jaoui, par ailleurs brillant journaliste sportif, tente de comprendre ce rendez vous manqué entre l’une des musiques les plus importante du 20ieme siècle et la culture hexagonale. En moins de 6 ans, ils auront tout connu et tout tenté, chantant en français ou en anglais, tentant l’aventure hors des frontières de notre petit pays, évoluant d’un rock sans concession à un univers plus proche de la sacro sainte chanson française, c est avec le témoignage de tous les acteurs impliqués de près ou de loin dans l’aventure que l’auteur cherche à expliquer ce mystère.

Starshooter
Manque de bol ? Amateurisme ? Dilettantisme ? Nombrilisme hexagonal ? Non, rien de tout cela, pendant ces 6 années chacun des 3 groupes a, à sa façon, tout fait pour se rapprocher au plus près du soleil du succès. Alors est-ce par défiance à l’égard de cette culture importée par le grand frère américain, est-ce la pesante ombre de l’intouchable chanson française sacralisée par les intellectuels, incontournables en France, est-ce le syndrome Poulidor qui peut expliquer ce loupé ? Un peu de tout cela sans doute. Sans jamais répondre catégoriquement, Jaoui donne des pistes, ouvre de portes, non sans rendre un hommage ému et sincère à ces fantassins passionnés et passionnants de la grande croisade en terre française de la musique binaire.

Bijou
Voila donc un bouquin enthousiasmant, hébergé par une collection qui n’en manque pas (de ce que vous pensez, gros dégoutants, mais surtout de bouquins intelligents) qui se lit comme la biographie croisée de 3 groupes malheureusement souvent sous-estimés, mais aussi comme une réflexion construite et argumentée brillamment sur l’histoire d’amour bancale et décevante entre un pays qui ne manque pourtant pas de public et d’artistes et un musique prompte à a appeler à la révolte, voire à la révolution....Où sont tes armes citoyens ? Où sont formés tes bataillons ? L’étendard (du rock français) sanglant (oh que oui) est-il encore levé ? Vu ce que l’on entend dans les campagnes (et pas que les présidentielles), on est en droit d’en douter.

P. Manoeuvre & T. Guitard – Etre Rock (2007)

P. Manoeuvre & T. Guitard – Etre Rock (2007)

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas tant le boulot de P.Manœuvre qui est remarquable dans ce petit bouquin (très occupe a essayer de redonner une crédibilité rock aux nouveaux radios crochets télévisés, il s'est contente de survoler quelques interviews qu'il a faites au cours de "l'âge d'or" et de traduire quelques refrains) mais plutôt les illustrations d'un Thierry Guitard qui, pour une fois, a délaissé les couleurs criardes dont il abuse dans la revue du rock critic précité pour s'en tenir a un magnifique noir-rouge et blanc. Du coup son trait n'en a que plus d'impact, en témoignent ses illustrations des Ronettes, des Libertines ou du poireautant Lemmy (de Motorhead).


Noirs rouges et blancs, les "textes" le sont aussi avec leur typo aléatoire. Entre dictons de roadies, de bikers, sentences définitives de rock critics locaux ou anglo-saxons, parole de tatoueuse et bien évidemment citations des Stones, des Beatles, d'Iggy, de NTM, des Doors, de Jimi, de Gainsbourg, Bowie ou Leo Ferre, se sont 113 modes d'emplois en 1 ligne du parfait rocker qui sont ici présentés. Le sourire en coin, on remarquera que le père Manœuvre n'a pu s'empêcher de coller ses chouchous déjà oublies les Naast sur la même page que Bob Dylan qui déclarait en 67 que "pour vivre hors la loi, il faut être honnête" alors que Gustave Naast, dont on se demande bien ce qu'il vient faire au milieu de toutes ces légendes prouve, a ceux qui en douterait, tout l'étendue de son talent en déclarant que "pour être honnête, il faut vivre hors la loi", 40 ans après son glorieux aine.

A cette curiosité près, c'est avec plaisir que l'on picore au hasard des pages ces quelques leçons de vie et, si le tout est vite lu, on y reviens souvent, ne serait ce que pour l'esthétisme du graphisme en 3 couleurs du très (trait ?) inspire Thierry Guitard.

P. Manoeuvre et M. Meier - Les enfers du Rock (2009)

P. Manoeuvre et M. Meier - Les enfers du Rock (2009)

Depuis la nuit des temps, ou plutôt depuis Robert Johnson et sa rencontre à la croisée des chemins (crossroads) jusqu'aux extrémités sanguinaires des groupes de black metal scandinaves, le Rock et le Malin ont toujours marché main dans la main. On connaissait le penchant inavoué de P. Manaeuvre pour l'occultisme (en témoigne le passage de Pacôme Thiellement dans les colonnes de Rn'F) mais, alors qu'il avait fourni un travail minimal lors de la rédaction d'Etre Rock (précédent opus de cette brillante collection), on découvre aujourd'hui le rock critic légendaire particulièrement inspiré quand on en vient à aborder le sujet du flirt appuyé de la musique avec les forces obscures.


Ainsi donc, en plein concert d'AC/DC au Stade de France, notre bon ami est soudain frappé d'une révélation, toute la musique qu'il aime elle ne vient donc pas de là, non elle ne vient pas du blues, mais plutôt des entrailles de la terre, de la fournaise qui y bouillonne et de son Master of Ceremony cornu. Partant de cette révélation, Manaeuvre remonte le fil de l'histoire jusqu'au blues primaire, aux condamnation d'Elvis par le Vatican, aux Cochran et autres JL Lewis, puis vient le tour des glorieuses 60s et leur lot de morts à 27 ans (Jim, Jimi, Janis à la liste desquels viendront s'ajouter Kurt et quelques autres), Beatles, Stones, Zeppelin et autres Sabbath ne sont évidemment pas en reste, le punk, le metal (grand consommateur d'imagerie fourchue) le tout pour finir par le Roi Lézard himself confirmant que...this is the end.

Chaque chapitre est l'occasion de revenir sur la carrière d'un groupe ou d'un mouvement avec forces anecdotes, plus ou moins infernales, mystères et événements inexpliqués. La plume du petit Philou est, bien évidemment, fidèle à sa légende rendant la lecture (le dévorage plutôt) particulièrement agréable.

Si, pour Etre Rock, c'était Thierry Guitard qui s'y était collé pour les illustrations dans un superbe noir&blanc rouge, c'est la talentueuse Marie Meïer qui s'y colle aujourd'hui, illustrant chaque page d'une aeuvre où, à son habitude, on retrouve mêlés gothisme, mysticisme et kustom kulture. Marchant dans les pas de ses glorieux anciens (Rick Griffins bien sûr mais beaucoup d'autres...), c'est le pourpre, cette fois, qui vient « égayer » son noir et blanc assuré pour le plus grand bonheur des yeux !

2 talents sûrs du petit monde du rock au service de la Bête... çà fait frémir !

JS. Cabot & P. Robert - Hard 'n' Heavy, 1966-1978, Sonic Attack (2009)

JS. Cabot & P. Robert - Hard 'n' Heavy, 1966-1978, Sonic Attack

Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin, çà vous dit quelque chose ? bon, Pink Fairies, Nazareth ? mouais ? de nom ? vous êtes déjà un connaisseur, et Granicus, Sir Lord Baltimore ou Yesterday’s Children ? là pour la peine pas du tout ? Alors une chose est sure, ce livre est pour vous.




Après une introduction qui familiarisera les moins connaisseurs avec le genre et qui régalera les aficionados qui se posent encore la question de la différence entre Hard Rock et Heavy Metal, intro qui aura aussi le bon gout de rappeler à quel point ce style de musique a pu être, et continue d’ailleurs à être, décrié alors qu’un public sans cesse plus nombreux vient peupler ses cathédrales et ses chapelles de plus en plus pointues, après une intro passionnante donc, c’est plus d’une centaine d’albums allant des origines à 1978, des plus connus aux plus obscurs, qui sont chroniqués par les auteurs avec le bon goût, à chaque fois, de renvoyer, en fin de chroniques, le lecteur à d’autres chefs d’œuvres oubliés qui pourraient aussi lui plaire dans le genre.

Érudits nos 2 hommes le sont sans aucun doute, Jean- Sylvain Cabot ayant été une plume remarquée chez Rock n’Folk dans les années 80 et spécialisé dans les musiques « énervées » alors qu’on ne présente plus l’immense Philippe Robert. C’est peu dire qu’ils connaissent leur sujet, même si on peut se demander, à la lecture de l’intro, pourquoi donc ils tiennent tant à mettre Sunn O))) en avant comme renouveau du genre, alors que, sans sous évaluer aucunement la musique du groupe, tant d’autres ont contribués et contribuent encore aujourd’hui à faire évoluer le genre vers de nouvelles frontières ?!

Un tome 2 allant jusqu’à aujourd’hui devrait voir le jour très prochainement et c’est avec une impatience et une gourmandise non feinte que l’on attend d’avoir les lumières de ces messieurs sur les cas Motley Crue, Saxon, Maiden, Metallica, Guns n Roses, Kyuss, Monster Magnet, Sepultura, System of a Down et plein d’autres que je n’oublies bien évidemment pas mais que je n’ai pas la place de citer ici.

Iggy Pop - I Need More (2001) / I need More....books like this one !

Iggy Pop – I Need More

L’autobiographie officielle de monsieur Iggy Pop, hallucinée, drole et déjantée. A l’image de l’iguane et de ses Stooges de compagnons





Comme une chanson des Stooges, I Need More est sale, violent, efficace, sans fioriture et pourtant passionnant, envoutant.... I need more, c est Iggy, tout ce qui y est raconté est effroyablement rock n'roll, borderline, mais toujours sur un ton amusé (amusant) un peu détaché, comme noyé dans les vapeurs du sexe, de la drogue et du rock n' roll ....

Au moins une fois par an, réservez vous quelques heures (pas trop quand meme), poussez la sono a fond (j'opterai pour FunHouse, mais Raw Power ou le 1er feront parfaitement l'affaire), assurez vous d avoir un bon stock d'alcool costaud, et votre substance prohibée préférée a portée de la main, une compagnie féminine agrémentera agréablement le tout et, pendant quelques heures, entrez dans le grand rock n'roll circus de l Iguane !!

jeudi, octobre 27, 2011

Arnaud Huber - Toi, Moi & Morrissey (2010) - Beau et sensible

Arnaud Huber - Toi, Moi & Morrissey (2010)

Houlaaaa alors voilà donc un bouquin écrit par un fan de Morrissey ? Avant même d’en ouvrir les pages, le peu que l’on puisse dire est que l’on craint le pire. Un fan de Morrissey, après tout que peut il y avoir de pire, quel genre de fan peut il être plus “fanatisé” qu’un trentenaire fan de Morrissey. Je ne parle pas ici de fans pré-ados qui adorent leurs idoles parcequ’elles sont “trop craquantes” non, ces fans là on sait à quoi s’en tenir, on se garde bien de les juger parcequ’on en est tous un peu passé par là, mais les fans trentenaires qui ne se sont toujours pas remis de leurs admirations de jeunesse, là, oui là vraiment on est en droit de frisonner d’horreur !


C’est donc un peu à reculons que l’on se lance donc, en tous cas dans mon cas, dans la lecture de ce Toi, Moi & Morrissey. Mais très rapidement on se rassure, non, Arnaud Huber n’a rien d’un fan maniaque du Mose, et encore moins des Smiths, disons qu’il les a croisé toute sa jeunesse mais qu’il n’en a fait connaissance que sur le tard. Tout celà ne l’empêche pas de se rendre assister au concert de Morrissey aux Eurokéennes un jour de coupe du monde de foot.

C’est de là que, naviguant d’Echobelly à Superdiscount, d’A-ha à Veruca Salt, Arnaud Huber remonte le cour de sa mémoire sentimentale. Ses premiers émois et son adolescence complexée, peines de coeurs et passions brulante, tout le monde s’y retrouvera un peu dans cette histoire. Allant et venant de la 1ere à la seconde personne du singulier, le récit semble présenter 2 personnages, un Arnaud actuel, les 2 pieds plantés dans la boue du festival dans l’attente du quart de final France Brésil et son double passé. 2 voix qui donnent du relief au récit, constitué, on s’en doute donc, de nombreux flashbacks.

Que vient faire Morrissey dans tout celà ? et bien Arnaud en est un fan discret, plutôt que fan d’ailleurs, disons qu’il l’apprécie et, au fur et à mesure des pages on le comprend de mieux en mieux (on comprend Arnaud je veux dire, enfin, à la réflexion, on comprend aussi qu’Arnaud apprécie Morrissey). Tout comme les textes et la musique du chanteur, dont je suis très loin d’être un spécialiste et dont je me permettrais de parler plus par impression que par réelle érudition, donc, tout comme les textes et la musique des Smiths, l’histoire d’Arnaud est toute empreinte de nostalgie, de mal être adolescent et de rébellion en chambre, d’occasions manquées, de timidité et de romantisme bien sûr. La sensibilité et le romantisme de l’auteur sont idéalement illustrés par une plume touchante, sans être maladroitement larmoyante ou exagérément torturée.

Finalement on se retrouve avec un roman à l’opposée de ce que l’on pouvait craindre, pas de fanatisme aveugle et érudit, pas d’histoires adolescentes cucul la praline, mais des souvenirs en pagailles qui vous reviennent à la figure, des “déja vu”, des sourires complices à l’auteur quand bien même vous auriez peut être plutôt opté pour Toi, Moi & James Hetfield ou Toi, Moi & Bob Marley en premier choix.

Un style au service d’une émotion, une musique au service d’une vie, c’est un peu tout celà Arnaud Huber et çà fait chaud au coeur !

mercredi, octobre 26, 2011

Chris Welch - The man who Led Zeppelin : L'incroyable odyssée de Peter Grant, le cinquième homme (2009) - Loin de tenir ses promesses


Chris Welch - The man who Led Zeppelin : L'incroyable odyssée de Peter Grant, le cinquième homme (2009)

Cinquième homme de bord du zeppelin plombé, et sans doute le plus à même de témoigner du vol du dirigeable dont l’ombre plane et planera toujours sur la musique, Peter Grant, aura été le manager de Led Zeppelin des débuts jusqu’aux dernières heures. Physiquement impressionant, tenant autant du catcheur que du biker, avec des méthodes de mafieux de base, c’est peu de dire que Peter Grant fera profondément, et à lui tout seul, évoluer le métier de manager, passant du statut de gentil accompagnateur et chauffeur, à celui de gestionnaire, garde du corps, bras armé et executeur de basses besognes plus ou moins licites en tous genre.


La formation pour devenir manager du plus grand groupe de rock n’roll lourd du monde ? catcheur, puis manager de Chuck Berry, des Everly Brothers et de Gene Vincent. Finalement c’est presque à la portée du premier venu, si ce n’est que Peter Grant est loin d’être le premier venu. Sens des affaires et méthodes convaincantes feront effectivement de lui un manager hors norme, respecté de son groupe, on ne peut plus hors norme et incarnation la plus crédible qui puisse être d’un zeppelin plombé humain. On se doute qu’avec pareil CV, la biographie de l’homme doit être plutôt passionnante et insolite. 12 ans au service de Led Zep, il doit bien en rester quelques anecdotes croustillantes comme des groupies à point.

C’est là que le livre déçoit quelque peu… D’anecdotes rock n’roll et, plus encore, d’anecdotes inédites sur le groupe, on ne trouve finalement ici que très peu de trace. Bien que le personnage abordé soit un monument historique de cette culture et un témoin privilégié, un acteur privilégié aussi tant il était directement lié au groupe, on a vraiment beaucoup de mal à s’interresser au récit bien sage de ses aventures au sein du rock n’roll circus. Non vraiment, c’est à peine si les jets de TV par la fenétre des hotels sont abordés et, quand on connait le nombre de légendes qui courent sur les after shows du groupe, on reste complétement sur sa faim. Voilà pour le fond. Quant à la forme, on peut parler d’une forme de littérature télévisuel, le récit de la vie de Peter Grant étant sans cesse émaillé de témoignages divers et variés, rapportés tels quels entre 2 guillements qui rend, surtout quand les témoins d’une même scène sont nombreux, difficile le suivi du récit et pour le moins haché. Même avec la plus mauvaise foi du monde, il est difficile d’imputer ce genre de problème au traducteur, comme il est de coutume lorsque l’on trouve qu’un livre est mal écrit et que l’on voudrait quand même croire qu’il n’est pas si mauvais que cela.

Malheureusement donc, malgrè un titre excellent, une couverture de toute beauté et un sujet en or, riche de promesses, ce Man who led zeppelin tombe un peu à plat. Il y a suffisament de livres dédiés au groupe comme çà pour que vous ne perdiez ni votre temps, ni votre argent avec celui-ci, ce qui est finalement bien dommage car l’approche proposée pouvait laisser espérer beaucoup mieux.

Thierry Tuborg - Rock'n'roll Psychose (2010) - Un polar noir comme un vinyl

Thierry Tuborg - Rock'n'roll Psychose (2010)

“Ecrire sur la musique, c’est comme danser sur l’architecture. C’est quelque chose de très stupide”. Ainsi parlait Franck Zappa. Fort de cette pensée profonde, Thierry Tuborg, figure émérite de la scène rock française ( chanteur du groupe Stalag (1978-1982), puis de Stalingrad (2004-2008), n’a pas hésité depuis quelques années à se lancer dans la littérature mettant au service de ses histoires une plume définitivement rock, vive et électrique, désabusée et vénémeuse.


Non Thierry Tuborg n’écrit pas SUR le rock, il écrit rock, tout court, une écriture au service du polar qui nous occupe aujourd’hui. Négre (Pascal ?) d’un grand éditeur reconnu, Rémi Bacalan a bien des points communs avec l’auteur. Lui aussi fut chanteur d’un groupe, Stockholm avant de se faire, volontairement et avec son aide, piquer la vedette (et sa place) par Allison (fille de son éditeur) qui aménera l’aventure au niveau international. Que ne ferait on pas, par amour, allant même jusqu’à offrir son propre groupe sur un plateau ? Voilà donc Rémi Bacalan, ours parfait, n’acceuillant jamais personne chez lui, pris dans le tourbillon d’un double meurtre. Allison et Vincent Volt son producteur sont retrouvés assassinés coup sur coup. Mince point de départ pour cette plongée dans les modes parrallèles de l’édition littéraire et musicale. Mince point de départ, oui, mais dont l’auteur fait un petit roman captivant, tout entier rythmé par sa plume directement branchée dans l’ampli de l’auteur. Pas d’effets ici, non, de l’énergie brute, point final. Comme un riff anodin qui, posé sur une rythmique implacale et joué tout entier au feeling du guitariste, devient un riff assassin, la petite histoire de meurtre se transforme en polar noir….comme le vinyl ou, bien entendu, comme le cuir d’un blouson ou d’un imperméable d’inspecteur malsain.

Loin d’un name dropping mondain à la Alain Pacadis, Thierry Tuborg prend prétexte de l’enquète pour rendre hommage aux hommes de l’ombre du milieu du rock, ces passionnés des petits labels indépendants, ces tourneurs (presque) désintérressés, ces patrons de salles à Pais, à Bordeau ou n’importe où ailleurs en France sans qui la musique se limiterait à la starac. Bref un monde en sursit avec la passion en perfusion. Evidemment on croise Anne Roumanoff, Grand Corps Malade ou encore Amélie Nothomb, mais surtout le Mondo Bizarro, le Fahrenheit, Strychnine ou Gamine…souvenirs, souvenirs.

Une écriture au service d’une histoire ? peut être mais sans doute plus encore une histoire comme décor d’une plume, une plume en forme d’hommage, d’hommage à la vie, la vie en rock comme dirait l’autre.

Evidemment vous pouvez vous précipiter chez la grande surface culturelle du coin pour vous procurer l'ouvrage, mais, si à votre tour vous voulez boucler la boucle de ce roman DIY, le mieux c'est de le commander directement à l'auteur : http://thierry-tuborg.nfrance.com

vendredi, octobre 21, 2011

Neil Strauss - Motley Crue: The Dirt - (Trad FR: 2007)

Neil Strauss - Motley Crue: The Dirt - (Trad FR: 2007)

Imaginez,,,,imaginez une mare, une mare de sperme, d alcool, de merde et de crachats à la surface de laquelle flotterait pèle mêle seringues, cuillères, petites culottes sans âge et divers débits de toutes sortes. Prenez maintenant le bouquin qui nous occupe aujourd’hui, le pavé plutôt, et jetez le dedans, ouioui jetez ce pavé dans la mare et délectez vous des éclaboussures qui ne manqueront pas de vous recouvrir, ce n est qu’un avant gout de ce qui vous attend a la lecture de The Dirt, traduit par « la crasse » dans la préface, mais dont finalement le titre original est resté dans l’édition française. « La crasse » donc, c’est le quotidien de Nikki Sixx, Tommy Lee, Vince Neil et Mick Mars, en un mot, le quotidien de Motley Crue dès ses débuts...


Ce livre c’est donc une bio de Motley Crue écrite à 4 mains et chronologiquement par les principaux intéressés vous dites vous ? mouais, au détail près que quelques membres de l’entourage du groupe y vont aussi parfois de leurs petits souvenirs, histoire de lier vraiment les faits entre eux et, peut être, de pallier à certains trous de mémoire collective des 4 rock stars. Une bio donc ? un peu court quand même de résumer ainsi le bouquin, oui c’est une bio s’il faut vraiment lui trouver une catégorie, mais ce Dirt est bien plus que cela, c’est une expérience hallucinée vécue à la vitesse du son et de la lumière, un catalogue de tous les clichés du rock, du sex et, évidemment des drugs. La mort rode à presque toutes les pages, toujours prématurée, vite on vous dit, tout se fait vite et sans regard dans le rétro, entre les tragédies que traverse le playboy Vince Neil (décès de sa fille de 4 ans, responsable d’un accident de la route dans lequel un de ses plus proche ami trouvera la mort), les overdoses à répétitions de Nikki Sixx et bien d’autres fantômes encore. Le rêve rock hollywoodien de nos quatre amis (pas forcément toujours très heureux d’être enfin réunis) tourne peu à peu au cauchemar le plus sordide et les villas hollywoodiennes démesurées, les filles faciles à la pelle, les voitures de rêves et les montagnes de coke ont de plus en plus de mal à dissimuler le malaise morbide dans lequel plongent tous les protagonistes de cette histoire.

Ce qui rend d’autant plus poignant ce témoignage qui démystifie quand même beaucoup les retombées de la renommée, c’est qu’après des années à foncer tête baissée dans toutes les spirales les plus infernales que l’on puisse imaginer (drogues, alcools, et bien d’autres encore), le temps aidant, le temps passant et la maturité gagnant inexorablement, chaque membre se livre à coeur ouvert, dévoilant progressivement ses blessures intimes et ses sentiments les plus personnels. A l’approche de la quarantaine, donc vers la fin du bouquin, on sent un besoin général de normalité, de ralentir la cadence, de stabilité et…de vie finalement.

En refermant le bouquin, certains se souviendront surtout des horreurs et des scandales qui en imprègnent chaque page. D’autres des tragédies et de la manière dont elles ont été surmontées par l’un ou l’autre des membres du Crue, d’autres encore se régaleront des anecdotes (auxquels on n’a aucune raison de ne pas croire tant tout est hors norme dans l’histoire du groupe) pas toujours très reluisantes, concernant Ozzy Osbourne, Axl rose ou, plus drôle encore, Bruce Dickinson, la voix de la vierge de fer. Enfin, certains y verront surtout l’histoire de 4 hommes qui, revenus de tout et ayant tout connu, se posent enfin pour regarder un instant en arrière et gouter au plaisir simple d’être toujours de ce monde…



et, rien que pour le fun :

David Foenkinos - Lennon (2010) - Un exercice casse gueule superbement réussi

David Foenkinos - Lennon (2010)

Amusant, amusant de lire, au détour d’un chapitre, que l’auteur ose faire s’insurger son personnage a petite lunettes rondes contre les "connards qui font des livres sur (lui). qui mythonnent 300 pages sur (leur) relation alors qu’(il) ne les a croisés que 2 minutes". Amusant car, sauf information contraire, David Foenkinos n'a jamais rencontré John Lennon et arrive quand même à en faire un livre de (certes seulement) 233 pages, véritable plongée au coeur de l’histoire et de la psyché du binocleux plus connu que le Christ.


C’est un John Lennon âgé de 35 ans, ayant mis (temporairement) un terme à sa carrière échevelée que l’on retrouve ici allongé sur le divan du psy David Foenkinos, à évoquer sa vie. De son enfance perturbée dans l’Angleterre de l'immédiate après guerre, à sa rencontre avec Yoko Ono, en passant par les bouges d’Hambourg et les stades américains. Un Lennon qui évoque les cadavres qui émaillent sa route, ceux de sa mère. sa tante. Pete Best ou Brian Epstein, cadavres sur lesquels il ne se retourne qu’un instant poursuivant sans répits sa route vers son destin d’étoile filante aveuglante de la culture pop du XXième siècle, de squats miteux liverpoliens à de luxueux bed ins, de groupies hystériques à une notoire allumée asiatique.

« Tout le monde a dit que Yoko avait brisé les Beatles, mais c’est le regard sur elle qui a tout foutu en l’air. Si elle avait été accueillie différemment, rien ne se serait passé ainsi » lui fait dire David Foenkinos. C’est avec ce genre de réflexion, qui permet de voir l’aventure de Lennon sous un autre angle que celle qui nous a déjà été raconté des centaines de fois, que l’imagination de Foenkinos montre tout son intérêt. Magnifiquement servies par la plume de l’auteur, les confessions de John prennent un tour inédit et personnel, sans que l’on puisse accuser son scribe de violer sa pensée ou sa parole. En effet, l’auteur du Potentiel Erotique de ma Femme, connait son sujet sur le bout des doigts et, pour fan qu’il soit, n’en demeure pas moins parfois critique faisant reconnaître à Lennon certaines de ses erreurs.

A propos de la séparation du groupe, Lennon aka David Foenkinos de déclarer: « mon groupe n’était plus les Beatles mais la Paix ». Une des phrases les plus marquante de cette psy-ographie est sans doute celle où John, conscient de son statut d’héraut de la paix, déclare qu’il "voulait être capable de montrer (ses) parties génitales à tout moment, pour ne pas être non plus un Gandhi ou un Luther King susceptible de se faire assassiner". Superbe trouvaille de l’auteur ? Oui et non dans la mesure où ce dernier précise bien en note de bas de page que cette phrase a réellement été prononcée en 69 par Lennon, avec son humour toujours si particulier et des dons de voyance assez perturbants. Une part du talent de Foenkinos est sans doute d’avoir su exhumer cette déclaration et de l’avoir replacée à cet endroit précis des consultations de la star chez son psy. On regrettera par contre, peut-être, de ne pas retrouver l’humour décalé du Beatles échevelé plus souvent au fil des pages. Mais peut-être le cabinet d’un thérapeute n’est il pas le meilleur endroit pour déconner plein pot. On cependant légitimement penser que ce n’est pas ce genre de détail qui aurait gêné Beatle John.

D’un exercice sacrément casse gueule (faire parler les morts et mieux encore, les faire se confier) David Foenkinos se sort avec brio alliant érudition, imagination et style pour un résultat qui, très loin de l’œuvre réservée aux fans hystériques, plaira à quiconque s’intéresse un tant soit peu aux premier défunt des 4 garçons dans le vent.

jeudi, octobre 20, 2011

Patrick Foulhoux - Le fond de l'air effraie (2010)

Patrick Foulhoux - Le fond de l'air effraie (2010)

Parti pris, subjectivité exhacerbée, anticonformisme revendiqué, mis en avant honteuse de l’auteur, oui, aucun doute, tous les principes du gonzo journalisme cher aux Hunter S. Thompson ou Lester Bang (même si je doute qu’il s’en soit un jour réclamé) sont ici mis en œuvre sous la plume de Patrick Foulhoux. Tout ça pour quoi ? Juste histoire de raconter sa petite histoire du rock, vécu de l’intérieur, sous forme d’un abéédaire iconoclaste du « rock dérangé », mélangeant figures incontournables de la saturation mondiale et obscurités passées en leur temps inaperçues et qui trouvent dans ce petit bouquin l’occasion de se bruler une (dernière ?) fois les ailes aux feux de la rampe.

 

Ayant sauté à pieds joints dans l’encre de Rolling Stone, Punk Rawk, Kérosène, Rock Sound, Abus Dangereux ou encore Violence, l’auteur l’annonce dès la lettre B : « les Beatles sont les premiers à avoir trahi le rock », ils ont « chié dans les bottes du rock », oui les Beatles « horripilent » Patrick et, rien que pour ça on n’a qu’une envie, s’enfiler tout le reste du bouquin d’une traite ! Ou alors, pour les beatlesmaniaques lui foutre son poing dans la gueule, mais là gare ! Le gus n’est pas forcément du genre facile à étaler d’une petite tapette sur la joue ! Non monsieur est plutôt du genre rugbyman, donc, physiquement parlant, difficile de l’attaquer frontalement. Alors que faire ? l’attaquer sur le terrain d’une prétendue éthique rock n’roll ? Pas con, l’énergumène, revient rapidement sur son parcours au sein du genre et ce, en préambule, dès la première lettre du bouquin ! « Ah ben putain », fallait trouver quand même comme illustration de la lettre A ! Vous avez vraiment envie d’aller pinailler « rock n’roll » avec un gus qui lance son label rock en 2010 ? Perso je ne m’y risquerais pas trop…

Le décor posé, le petit Robert (en l’occurrence Patrick) du rock est au-delà de tout soupçon et annonce la couleur d’entrée : si vous cherchez à humer les pets mouillés des BB Brunes, les mêches collées des Tokio Hotel ou encore le déo d’ambiance sonore de la première dame de France, vous faites fausse route. Non, le Fond de l’Air Effraie, tout comme les Stooges en leur temps (tables de la loi de notre narrateur enflammé), comme le peu de reconnaissance qu’auront eu les Thugs pourtant bien fournis en atouts pour conquérir le monde. Oui le bouquin effraie.

Tout y fleure bon son petit scandale dans les milieux autorisés (si bien décrits par Coluche), en effet, est ce bien raisonnable, mon bon monsieur, de faire des Nomads « le plus important groupe suédois de l’humanité », et ABBA mon cher Patrick, c’est de la guimauve peut-être ? et réserver la lettre G à Gatechien sous le (presque) seul prétexte qu’ils sont chez vous ? je vous le demande, et Gaga (Lady de son prénom) elle ne mériterait pas un peu plus la place ? Ignare, crasseux ignare, mécréant des charts, inculte du marketing !!! Croyez vous un instant qu’en vous cachant derrière le lourd (dans tous les sens du terme) pseudonyme de Tad nous ne pourrons vous démasquer ?! Même votre ignane tant aimé s’est un jour corrompu avec les forces obscures, et vous l’avez SFR, mieux, votre silence complice en dit long sur votre état d’esprit ! Vous croyez donc qu’en 26 petits articles à la plume plongée dans le goudron, la cendre et le lourd bourbon vous pouvez lutter contre les toutes puissantes majors ? vous croyez leur vider la tête des Raphael et autres insipides rébellions que nous y avons fait entrer à grand coup de pompe publicitaire ? Qui croyez vous aujourd’hui s’interresse encore aux Thee Hypnotics ou aux X-Syndicates ? A la rigueur Neil Young mais franchement… Rye Coalition, non mais, je vous jure, qui ???

Comment, que dites vous ? en ces temps troublés, la musique retrouve peu à peu ses instincts incendiaires ? les jeunes s’abreuvent de moins en moins aux supermarchés de la culture ? le Do It Yourself est dans l’air du temps ? le vinyl se greffe des poils de la Bête ? … La révolution serait donc encore en marche et se fera, une nouvelle fois, sans les dinosaures du passé ? Votre mauvaise foi m’effraie monsieur « Tad » Foulhoux, votre mauvaise foi vous honore, votre mauvaise foi, en se retournant sur le passé, se fait visionnaire, puissiez vous seulement ne pas vous contenter de ce coup d’essai en coup de maître littéraire !

samedi, octobre 15, 2011

Bashung l'imprudent - Bruno Lesprit et Olivier Nuc (2010) - Presque parfait

Bashung l'imprudent - Bruno Lesprit et Olivier Nuc (2010)

Considéré par une majorité de spécialistes du genre comme le seul et vrai rocker français, Alain Bashung nous a quitté il y a maintenant un peu plus d’un an, il était donc grand temps qu'une biographie complète et sérieuse lui soit consacrée afin de revenir sur l’oeuvre d’un artiste qui, s’il fut mystérieux et parfois complexe a suivre n’en demeurât pas moins l’un des poids lourds de ce que l’on appelle pompeusement la chanson française. C’est a cette tache que se sont attelés Bruno Lesprit et Olivier Nuc avec ce très beau Bashung l’Imprudent.


Maintenant que l’histoire de l’artiste a pris fin, il est aise de la remonter à l’envers ou, en tous cas, de la commencer par la fin, puisqu'ensuite, l’ouvrage ne suit jamais un ordre chronologique précis mais aurait plutôt tendance a butiner d’une période a l’autre: des débuts que, par la suite Bashung, qui ne s’appelait encore que Baschung, tentera coute que coute d’effacer de sa biographie encore non écrite au très encense, bien que sans doute un peu surestimé bleu pétrole. De l’imparable Gaby et les portes qui s’ouvrirent alors devant lui au périple américain osant Joséphine. de son bourg natal presque renié, aux trains à travers la plaine, tout y est, emmaillé de témoignages précieux de ses paroliers successifs, de son ex compagne et d’amis de toujours même si dans son cas le terme peut paraitre galvaudé tant l’artiste faisant régulièrement le ménage dans ses connaissances, ou plutôt un grand rangement par le vide,

N’attendez en aucun cas de révélations fracassantes ou sulfureuses de cette lecture, le propos, érudit, reste pudique et n’est en aucun cas porté sur le sensationnel, le scabreux ou le racoleur. La maladie est évoquée, bien sur, mais tout ici est affaire de faits point barre. Un travail minutieux et patient mené par 2 spécialistes incontestés.

Si l on devait faire un reproche au bouquin, ce serait à chercher du coté de cette manie, difficilement compréhensible, à moins de vouloir remplir coute que coute un nombre de pages données, d’y faire figurer toutes les dates (et il y en a beaucoup) en toutes lettres, ainsi doit on se farcir in extenso des mille neuf cent soixante dix sept et autres mille neuf cent quatre vingt dix huit a longueur de pages, ce qui, en tous cas en ce qui me concerne, en ralentit considérablement la lecture, et c’est bien dommage car le reste est tellement passionnant qu'on n’a de cesse de dévorer l ouvrage. une broutille que cette remarque sans doute, mais qui, sur la durée, peut irriter.

mercredi, octobre 12, 2011

Basile Farkas et Josselin Bordat - Dictionnaire de la mauvaise foi musicale (2009) - Jubilatoire


Basile Farkas et Josselin Bordat - Dictionnaire de la mauvaise foi musicale (2009)

Ahhh c'était à prévoir, avec le bol que vous avez, la petite blonde que vous aviez repèrée dès le début de la soirée s'avère être une passionnée de musique qui parle de sa passion dans un langage qui vous est complètement étranger. Vous qui n'écoutez que du Barbelivien et du Carla Bruni, c'est plutôt mal engagé cette affaire...


Alors comme ça elle pose sa voix, qui couvre quand même plusieurs octaves, dans son Home Studio aidée par le dernier ProTools et grands renforts de flangers dans l'espoir de devenir l'égérie d'un papy du rock? Une grande dame qui pratique la six-cordes, sur un mur d'amplis vintage, matinée d'influences free-jazz ? Elle pratique le featuring comme d'autres excellent dans le name dropping bruitiste ?

Mouais...tout cela est bien obscur mais heureusement pour vous, vous vous êtes procuré l'excellent petit livre que voilà et c'est du tac au tac que vous emballez la belle en lui parlant d'intelligent dance music en kobaien. Vous enchaînez, plus chill out, sur les vertus des ondes Martenot et autres Themerins ou tannerin, non sans lui avoir fait remarquer que la différence était ténue entre une cithare et un sitar, et vous remportez le morceau sur un dernier slam imparable improvisé solo, sans pain, dans un maelström foutraque en fusion assez jubilatoire il faut bien l'avouer.

Disons le tout de suite, avec un sérieux sens de l'humour (difficile de citer ici tous les éclats de rire que provoque l'ouvrage tant il y en a au moins un a chaque page, au hasard: Résident(DJ): malheureusement non expulsable; Home Studio: Musique de chambre de bonne), une érudition sans faille mais qui ne donne jamais dans la démonstration gratuite, et, surtout, une mauvaise foi de bon aloi qui donnera a chacun l'occasion de maudire nos jeunes auteurs, Basile Farkas (qu'on ne présente plus) et Josselin Bordat vont faire beaucoup pour aider les incultes a vivre heureux et a avoir beaucoup d'enfants.

De la culture, du rire, des points de vue audacieux, le tout pour briller en société pour une somme modique ? Ce dictionnaire est un must have a déclarer d'urgence d'utilité publique.

mardi, octobre 11, 2011

Hubert Mansion - Tout le monde vous dira non (2010) - En apnée dans le showbiz

Hubert Mansion - Tout le monde vous dira non (2010)

Dans un milieu artistique finalement aujourd’hui bien plus occupé par l’argent que par l’art à proprement parler qui d’autre qu’un avocat d’affaire pourrait être mieux placé pour se permettre de donner quelques conseils à ceux qui espérent encore pouvoir émerger dans le milieu du simple fait de leur talent ou de leur foi ? Un artiste ? Dans un monde idéal ce serait logiquement à lui que reviendrait ce rôle, malheureusement souvent coupé des réalités économiques et pris à la gorge par les impératifs de rentabilité de ceux qui le font vivre, la voix de l’artiste, pour porteuse d’espoir qu’elle puisse être sera rapidement couverte par les hauts cris des boursicoteurs et autres investisseurs à la recherche du profit immédiat. Un financier alors ? Le propos serait alors économiquement viable (quoiqu’au vu des brillantes analyses que ces derniers pondent régulièrement, souvent démenties par les faits on puisse même en douter) mais il ne fait aucun doute qu’il serait au moins aussi indigeste que coupé du monde artistique, l’art de la finance étant le seul à si peu faire réver.


Non, une des grande qualité de cet ouvrage vient du fait d’être rédigé par un médiateur des deux mondes qui connait parfaitement son sujet: un avocat spécialisé ayant fréquenté artistes, managers et maisons de disques pendant plus de 25 ans. Evidemment dit comme ça, on est en droit d’être un peu inquiet quant au contenu du dit bouquin ? Succession de textes législatifs ? Cours de marketing accéléré ? Initiatition aux arcanes du pouvoir culturel ? A y penser on frôle déjà l’indigestion, mais, dès les premières pages on est rapidement rassuré, oui il y a un peu de tout cela dans l’ouvrage mais surtout beaucoup d’anecdotes croustillantes, qui redonneront espoirs à tous ceux qui ne veulent pas se résoudre à passer par la starac et ses ersatz pour réussir. D’une neutralité bienveillante, Hubert Mansion ne tire pas à boulets rouge sur l’industrie musicale, comme c’est très à la mode en ce moment, il ne propose pas de recettes miracles aux stars en devenir mais se contente plutôt de mettre en lumière les pièges à éviter, les cartes à jouer et surtout rappeler quelques unes des régles incontournables si on veut à son tour être de la partie, qu’on soit artiste, producteur, manageur ou même simple curieux.

On commence à avoir sacrément l’habitude avec les éditions Autour du Livre, mais on ne s’en lasse pas, une nouvelle fois c’est un livre qui se dévore comme un bon polar, jamais fastidieux ou grandiloquent, toujours drôle et instructif, quelque peu à contre courant, bref un bouquin piquant qu’une fois piqué vous aurez bien du mal à lacher. Un conseil, débrouillez vous quand même pour trouver un moyen de le poser de temps en temps sinon vous risquez de ne plus avoir de temps à consacrer à ce qui vous interresse le plus finalement, votre carrière dans un business à nul autre pareil …. Le show !

dimanche, octobre 09, 2011

Gilles Verlant & Jean-Eric Perrin - Les miscellanées des Beatles (2010) – A réserver aux passionnés


Gilles Verlant & Jean-Eric Perrin - Les miscellanées des Beatles (2010)

On en présente plus Gilles Verlant, auteur de biographies magnifiques (Serge Gainsbourg au hasard), d’odyssées du rock et d’ouvrages multiples ayant trait aux musiques que nous aimons. Peut être moins connu du grand public, mais non moins talentueux, Jean-Eric Perrin est un spécialiste des musiques actuelles et des mouvements sociaux et culturels qui leur sont associés, passé par Rock n’Folk, Best puis R&B Magazine. Alors comment ces 2 là se sont ils rencontrés, cela reste un mystère que nous leur demanderons peut-être d’éclaircir un jour mais, ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est qu’ils aient joint leurs plumes pour pondre ces miscellanées des Beatles, véritable ovni dans la production littéraire dédiée au rock et aux musiques sœurs.


Oui, un tel bouquin fait vraiment figure d’ovni. Non par le sujet qu’il traite : les Beatles, après tout les 4 garçons dans le vent ont eu plus que leur compte de parutions diverses et variées dont l’intérêt va du passionnant au totalement anecdotique, mais plus par la forme et le contenu de l’objet. Véritable encyclopédie bordélique des moindres faits et gestes du quatuor, Les miscellanées des Beatles se parcourent plus qu’elles ne se lisent vraiment. On ouvre une page au hasard et on y apprend que Don’t Pass By Me a eu comme titre de travail Ringo’s Tune puis This is Some Friendly, on découvre au passage nombre d’autres titres finalement pas retenus et qui donneront Yesterday, Eleanor Rigby ou encore I Saw Her Standing There. Une nouvelle page piochée au hasard vous apprendra la chanson sur laquelle les Beatles chantent Frère Jacques ou, une autre qui vous expliquera la composition exacte de la batterie de Ringo. Le tout est joyeusement bien écrit, d’une écriture pop qui, évidemment, fait merveille quand on pense au sujet traité.

Alors, si vous vous êtes toujours demandé quels artistes ont repris She’s a Woman, ou n’importe quel autre titre de nos Fab Fours, si vous avez toujours hanté par le fait de savoir à quelle adresse habitait Ringo en 65 ou ce qui se cachait derrière la division Zapple du label Apple, alors ce livre est pour vous et de longues heures de lecture aux toilettes vous attendent (croyez en mon expérience).

Si, par contre, votre amour des Beatles se limite à l’écoute d’une ou deux chansons de temps en temps, si vous estimez que connaître les prénoms des 4 héros est déjà assez largement suffisant pour votre culture beatlesiennes, passez peut être votre chemin pour la plus grande joie de votre famille qui pourra ainsi satisfaire à ses besoins naturels sans être obligée de faire le pied de grue pendant des heures.

vendredi, octobre 07, 2011

Harry Shapiro - Waiting for the Man (2008) - Indispensable

Harry Shapiro - Waiting for the Man (2008)

Que peuvent bien avoir en commun mods et rastamen, jazzmen d'avant guerre et techno kids, punks et bluesmen itinérants du début du siècle dernier, hippies babas cools et metalleux aux semelles plombées ? Leur amour de la musique, fut elle multiple et différente ? Certes oui, chacune de ces tribus a sa musique, ses héros et ses prophètes, son histoire et ses rites, mais au delà de l'univers musical qu'est ce qui peut bien rapprocher ces mondes d'apparence si différents ?


Allez, je suis sur que vous allez trouver, cherchez bien...mais oui, vous y êtes...c'est ca, la drogue, enfin, la drogue...plutôt les drogues, des dérivées opiacés (alors en vente libre) des bluesmen ambulants aux ecstasys des soirées ravées, la culture musicale a toujours été accompagnée des éléments naturels ou chimiques propres à se libérer des conventions castratrices. C'est cette histoire passionnante et riche en rebondissements que les éditions qui sentent le soufre ont décidé de nous narrer aujourd'hui dans un épais ouvrage qui jamais ne donne dans la démonstration savante ou le parti pris au choix moralisateur ou dévergondé.

N'omettant aucun des aspects du sujet, si ce n'est certaines de ses conséquences, nous voila plonge dans une véritable histoire des musiques contemporaines, du blues a la techno, sous le prisme forcement déformant des substances (qui ne furent pas toujours) prohibées. Rien ne nous sera cache, ni ou ni comment s'en procurer, ni l'histoire précise de la prohibition des origines a nos jours, ni les épisodes les plus glorieux ou farfelus auxquels une consommation frénétique donna lieu.

Cette somme se lit d'une traite, comme un voyage éclair dans le temps musical, au sujet duquel le seul reproche que l'on puisse faire, s'il faut vraiment en trouver un, est d'être uniquement centre sur un point de vue anglo-saxon, mais après tout, toute la musique que l'on aime, elle vient de la, elle vient du blues !

mercredi, octobre 05, 2011

Collectif – Rock Critics (2010)

Collectif – Rock Critics (2010)

Même s'il comportait déjà quelques extraits de temps en temps, suivant les plumes étudiées et leur importance dans l'histoire de la littérature rock, la référence, que dis je, la Bible de Denis Roulleau, aujourd'hui malheureusement épuisée mais, parait il, en cours de réédition, le Dictionnaire raisonné de la littérature rockx, ne permettait pas de rendre justice a tous ces auteurs magnifiques habites par la même passion de la musique et du rock en particulier.


Comme l'ancien et le nouveau testament, ce Rock Critics est le complément indispensable de l'ouvrage précité, et ce n'est pas un hasard si c'est Denis Roulleau lui même qui en assure la préface. A l'exception, assez singulière d'ailleurs, d'Yves Adrien (et son incontournable chant du blues électrique), tout ce que la France compte ou a compte de gratte héros (contraction de gratte papier et guitar hero) est ici présent. Non sous forme biographique. Comme c'était le cas dans le dictionnaire raisonné, mais au travers de textes souvent fiévreux, semés au hasard des magazines et autres publications aujourd'hui disparue ou rongées par le temps et l humidité, éclairs de plume témoins d un mouvement, d une époque, de légendes naissantes ou de galères dont on fait les meilleurs souvenirs, Bayon, Assayas, Eudeline ou Ardisson (dont on se demande un peu ce qu'il fait là) pour n'en citer que quelques un (sans parler de ceux qui ont décliné l’offre Y.Adrien, malheureusement, et P.Manoeuvre, sans doute plus occupé à s’assurer que Voici a bien gommé ses bourrelets dans son dernier numéro), chacun a droit a 2 de ses textes les plus emblématiques. Les plus inspires ou les plus assourdissants.

De ces auteurs. Parfois complètement inconnus du grand public. Qui est le plus talentueux. Le plus brillant, le plus inspire? Allez donc savoir. comme la musique qu'ils font revivre au fil des pages, chacun a ses adorateurs. Ses chapelles. Ses fans. Vous êtes capables vous, par exemple, de dire comme ca qui d Hendrix, Slash; Jack White, Kelu ou Clapron ,mérite a tout jamais de figurer au panthéon de la gratte? Pas moi, c est une question de gouts, de moment et de .... Sensations. Il en va de même pour les écrivains rock comme on le fait, depuis l'invention du CD, on zappe ici d'une page à l'autre, au hasard d'une phrase, d'un riff de plume, on s'arrête, on en redemande, on se laisse gagner par l urgence, l'électricité, le sexe et la stupeur couchée la sur le papier.

Aval d esthète, le choix des textes présentés rend honneur à chacun des auteurs, et le seul regret que l on puisse avoir au terme de pareille lecture est que personne encore, pour le moment, n ait eu l'idée de publier une anthologie complète des textes d untel ou de tel autre.

Peut-on légitimement rêver qu'un jour un tome 2 de ces plumes branchées dans la prise voit le jour? Oui, on peut en rêver, c est d ailleurs a cela que servent et la musique et la littérature, 2 véhicules indispensables des voyages immobiles. Véhicules électriques, il va sans dire.

Hunter S. Thompson : Dernier tango à Las Vegas : Gonzo Papers (2010)

Hunter S. Thompson : Dernier tango à Las Vegas : Gonzo Papers (2010)

Pour beaucoup, l'œuvre de Hunter S Thompson se résume au fantastique et délirant Las Vegas parano, superbement porte à l'écran il y a quelques années avec un Johnny Depp plus vrai que nature dans le rôle du grand écrivain. Grand écrivain, Dites-vous ? Oui, carrément, n'ayons pas peur des mots, car rare sont ceux qui, en littérature, ont eu l'audace d'inventer un style, un genre même, a part entière et Thompson est de ceux-là. Si l'on se retourne sur le XXIème siècle qui vient de s'achever et plus encore sur sa deuxième moitie, si riche cinématographiquement et musicalement parlant, à part le gonzo journalisme dont Thompson est le père assume et l'un des rares représentant, quelle autre aventure aussi radicale a-t-elle été testée sur le papier? A ma connaissance rien de comparable, rien d'aussi déjanté, d'aussi extrême, d'aussi addictif. C'est pour cela que l'on est vraiment en droit de se réjouir de l'heureuse initiative des éditions Tristam qui se sont mis en tête de publier l'intégralité de l'œuvre non encore traduite en France de l'écrivain qui décida de nous quitter un jour de 2005. 5 tomes sont prévus et, même s'il ne s'agit pas à proprement parler d'inédits en ce qui concerne les 2 premiers qui viennent de paraître, il n'en reste pas moins qu'ils renferment quelques-unes des pages les plus passionnantes qu'a pu écrire l'auteur, en tous cas jusqu'à ce que l'on puisse juger de l'ensemble de son œuvre une fois traduite.


Je vous l'accorde, la politique n'est pas toujours passionnante, surtout sur le papier et qui plus est encore quand il s'agit d'histoires qui ont plus de 30 ans maintenant et qui mettent en scène des hommes dont, pour la plupart, nous n'avons jamais entendu parler et sur lesquels on a bien du mal à mettre un visage, a l'exception près du haï Nixon, personnage principal du Fear and Loathing on the Campaign Trail qui occupe une grosse partie de ce premier tome. Il s’agit donc d’une plongée au cœur de la campagne présidentielle américaine de 1972, avec un Thompson embendded (comme on ne disait peut être pas encore à l’époque) dans les bagages du camp démocrate où l’auteur peut se livrer à loisir à son activité favorite. Couvrir les faits, rien que les faits tous les faits, avec une dose de subjectivité, d’ironie, d’analyses personnelle souvent juste, parfois quelque peu bancale,  aidé en cela par de grands renforts d’alcool et de substances plus ou moins licites. Du grand n’importe quoi sur un sujet sérieux serait-on alors sans doute amener à penser, si Hunter S Thompson ne faisait pas preuve, à cette occasion d’un extraordinaire lucidité quant aux choses politiques,  au microcosme des types qui gravitent dedans (une belle bande d’escroc en particulier dans l’équipe du futur vainqueur) mais ce qui frappe surtout c’est l’originalité et la finesse de ses analyses qui font que, près de 40 ans plus tard, (re) lire ces pages reste toujours aussi passionnant et instructif quant au fonctionnement de nos démocraties.

Hunter déteste profondément Nixon et son système, et l’élection de ce dernier (avec lequel il n’a finalement qu’un seul point commun, la passion du football US) sera un événement aussi douloureux pour lui, que sera jubilatoire la longue descente aux enfers du président, et sa démission finale, au moment du scandale du Watergate, superbement relaté aussi dans cet ouvrage, sans que pour autant l’on ne perde son temps à descendre dans les détails techniques de l’affaire. Il faut lire ses pages pour ressentir toute la passion, la hargne et l’effervescence de l’auteur en ces heures sombres pour l’Amérique, Personne, sans doute ne racontera plus jamais la politique comme Thompson l’a fait au long des quelques papiers ici rassemblés. Non, car la politique est, pensent les milieux autorisés, comme disait Coluche, affaire bien trop importante pour être traitée par des journalistes tout à fait incontrôlables et capable de penser par eux même en dehors des sentiers battus. Un journaliste qui assiste, assez impuissant finalement, à la mort du rêve américain, préférant se perdre dans l’alcool, les drogues et une certaine folie.

Plus encore que lorsqu’il couvre les campagnes de Nixon ou de Carter, la folie de Thompson atteint un paroxysme, qui n’est pas sans rappeler Las Vegas Parano (dont on retrouvera d’ailleurs au hasard de ces quelques 460 pages, l’avocat Oscar Acosta plus fou et énigmatique encore), lors de l’épisode de la grande chasse au requin, où Thompson, pour se remettre de la claque de l’élection de Nixon part au Mexique couvrir un concours de pêche au gros auquel participe quelques fortunés convives. On s’en doute, le tout se fini à tombeau ouvert dans un déluge d’alcool et de drogues incontrôlé, un tourbillon  qui se lit d’une traite entre fièvre et parano.
Afin d’être vraiment complet, il faut aussi noter que ce premier tome aborde une partie méconnue et pourtant importante de l’œuvre de l’auteur, à savoir son activité de journaliste sportif, au travers d’un portrait de Muhammad Ali toujours dans le plus pur style gonzo.

C’est donc avec impatience que l’on attend la suite de l’œuvre de cet écrivain trop méconnu sans doute car trop cynique et dangereux. Excès, humour et capacité d’analyse sont-ils les ennemis du grand écrivain ? Toute proportion gardée, allons demander, en bons petits français que nous sommes, son avis à …. Victor Hugo ? ;)