dimanche, février 26, 2012

P.L.M.B. Nouveau Single - Plexor

P.L.M.B. Nouveau Single - Plexor

Tout commence en 2010 quand je reçois un album complétement malade, dérangé, malsain et, à tout dire, franchement dérangeant, d’autant plus dérangeant qu’il est sacrément addictif et qu’à force d’accrocher, j’en viens à douter de ma propre santé mentale.



Un an, c’est à peu près le temps qu’il m’aura fallu pour reprendre pied après un passage aussi sauvage dans la lessiveuse rock cradingue. En suis-je sorti cette fois ? J’en doute, en tous cas PLMB ne fait rien pour m’y aider, car voilà pas que nos drôles d’oiseaux viennent de sortir un court EP (3 titres) dont la sauvagerie n’a rien à envier à son prédécesseur, et qu’en plus, ils ont l’audace d’aller porter, en ce moment même, leur parole pleine de bile, de croutes grattées et de foutre aux 4 coins rouillés des endroits de la planète qui ont encore les couilles de les accueillir. 

Le pire, c’est qu’en 2 titres, ils ont encore réussi à m’avoir comme un bleu : tout comme sur l’album précédent, tout commence bien avec Plexor et sa petite mélodie presque pop à la gratte, qui ferait presque penser à du Nirvana, bref on se dit que sur ce coup-là, même s’ils restent énervés, ils ont dû mettre un peu d’eau dans leur bière. .. Cruelle retour dans le monde réelle dès que l’enragé du micro l’ouvre, une nouvelle fois c’est un flot de furie, de la pure agression verbale, qui vient se poser sur les cordes rouillées des grattes. Ne croyez pas que Little blue box, aussi mignon que son titre puisse l’être, viendra radoucir un peu l’ambiance, non, non, non , loin s’en faut, vous vous êtes laisser plonger la tête dans la cuvette des chiottes, ne comptez pas sur ces Oiseaux Mutants pour venir vous la retirer là. Au contraire même, en 3 titres ils feront tout pour s’assurer qu’elle y est enfoncée aussi profondément que possible, à coup de rangers s’il le faut mais toujours avec l’élégance punk ultime de vomir leur bile dans la cuvette en guise de chasse d’eau.

Si, quand on vous dit « punk », vous sortez votre gel et vos roulettes et répondez Offspring ou Green Day, dans ce cas passez votre chemin. Si, par contre, vous sortez cran d’arrêt rouillé et épingle à nourrice planté à même la couille alors ce single est pour vous, vous m’en direz des nouvelles…dès que vous serez à nouveau en état de desserrer les mâchoires.


Gigposters 2 - Clay Hayes - 2011


Clay Hayes est le fondateur de gigposters.com. Pour tous les non initiés au monde de l'affiche sérigraphiée rock, ce site est LA référence mondiale dans le genre. Véritable musée et gallerie "online" regroupant plus de 10 000 artistes des 4 coins du monde, présentant plus de 100 000 créations, annonçant les concerts de groupes des plus gros aux plus humbles. Si vous avez déja révé de monter un groupe avec des Legos ou, si vous vous êtes toujours demandés ce que pourrait donner le croisement du logo de Motorhead et d'Hello Kitty, alors ce bouquin est très certainement pour vous, vous y trouverez toutes les réponses à toutes les questions que vous ne vous êtes probablement jamais posées.

Ceci étant dit, si vous êtes juste un amateur lambda de l'art du poster rock, avec aucun penchant bizarre genre la vie sexuelle d'Hello Kitty ou que sais je encore, alors oui, aucun doute, ce bouquin est aussi fait pour vous. é ans après le premier volume, passé joyeusement sous silence en France, Clay Hayes revient avec 101 nouveaux artistes, d'à peu près toute la planète.
Au format 36.5 x29 cm, chaque artiste bénéficie d'une représentation en pleine page d'un de ses posters au dos duquel on en trouve 4 ou 5 autres plus petits ainsi que quelques infos relatives au dessinateur. Chaque page peut être détachée aisément, offrant ainsi 101 posters prêts à être encadrés. Mais si, comme moi, vous vous voyez mal dchirer le bouquin, rien ne vous empêche d'en acquérir 2 exemplaires.
Si vous hésitez toujours à l'acheter, la liste ci dessous devrait finir de vous convaincre :

Adam Pobiak, Alan Hynes, Alana Bailey, Altieri Art, Ames Bros, Anville, AS Printing Press, Atzgerei, Baker Prints, Blackheart Studios, Ben Wilson, Broken Press, The Bubble Process, The Bungaloo, Chicken Billy, Clint Wilson, Clinton Reno, The Comet Substance, Concepcion Studios, Craig Horky, Craig Updegrove, David V. D'Andrea, Dead Meat, Dirty Donny Gillies, DKNG, Doe Eyed, Doublenaut, Douze Studio Dresden, Dr. Alderete, Droid, Empire Press, Erick Montes, Frida Clements, Ghost-Town Studio, Graham Pilling, Gunsho, The Half and Half, Hatch Show Print, Hyp Inc, Idiot or Genius ?, Insurgentarts, Iron Canvas Studios, Iskra Print Collective, Isle of Printing, Ivan Minsloff, James Flames, Jeral Tidwell, Jeremy Wilson, Jim Mazza, Joe Whyte, John Howard, Johnny Sampson, Justin Santora, Kill Hatsumomo Prints, Kunny van der Ploeg, Landland, Madpixel Art and Design, Mara Piccione, Mark McCormick, Mark Sgarbossa, Marq Spusta, Matt Terich, Maximum Flouride Killustration, Mike Saputo, Mike Weihs, Mile 44, Nat Damm, Nerl Says Design, Nick DuPey, Petting Zoo Prints & Collectables, Pfahlert Creative Labs, Punchgut, R. Black, Rich Kelly, Robbie Fuct, Ryan Duggan, Scott Campbell, Scraped Knee Studios, Scrawled Design, Shawn K. Knight, The Silent Giants, Small Horse Studio, Sonnenzimmer, Spike Press, Standard Deluxe Inc, Standard Design, Status Serigraph, Subject Matter Studio, Switchopen Illustrations, T-Bone & Aljax Production and Design, Tim Huesken, Tom Bagley, Traci Edwards, Two Arms Inc, Two Rabbits Studios, Tyler Stout, Uglybogus, Us &Them, Weapons of Mass Design, Weathermaker Press, Will Ruocco


Black Mountain – Wilderness Heart (2010) - De mieux en mieux


Black Mountain – Wilderness Heart (2010)

C’est peu de dire qu’après un album éponyme déjà sacrément salué par les amateurs de rock au sens large, Black Mountain avait su enfoncer le clou il y a maintenant 2 ans avec son In The Future et imposer aux oreilles curieuses son Rock Psyché Prog à tendance lourde mâtiné de voix féminines. Une nouvelle fois, avec ce 3ième album, autant le dire tout de suite, Black Mountain surprend sans décevoir. Avec ses 3/4 d’heure pour 10 morceaux, le groupe prend, un peu, ses distances avec les longues digressions psychotiques et droguées qui étaient un peu sa marque de fabrique (remember Bright Lights ou Tyrants sur le précédent album).


Alors oui, de manière évidente le groupe est revenu à des morceaux de durées plus classiques, est-ce néanmoins à dire qu’il en a perdu son âme ? Loin s’en faut, et il me faut le dire dès à présent, histoire de rassurer les fans. Avec Randall Dunn (Boris, Sunn O))), Kinski) et Dave Sardy (Oasis, Wolfmother, LCD Soundsystem) à la production les relents de rock psyché lourd son donc bien au rendez vous, sur des compos, une fois de plus, imparables pour la plupart. Entre folk et explosions zeppeliennes évidentes (Rollercoaster), giclés presque punks (Let Spirit Rites dont le riff pourrait faire penser au Paranoid de qui vous savez en accéléré et un solo qui réveille les glorieuses ( ?) heures passées du speed métal lui-même suivi d’une cavalcade John Lord-esque du plus bel effet).

Le tour de force du groupe est de réussir à marier avec une cohérence indiscutable ce genre de dictionnaire des courants métal pour les nuls avec de petits bijoux folk-pop (Radiant Hearts, Buried by Blues, The Space of Your Mind). C’est d’ailleurs pour cela que Black Mountain n’est pas un groupe de plus, ou de trop, dans le paysage déjà passablement peuplé des groupes néo-psychés (au coté des Talentueux Black Angels et autres Warlocks). Faire se côtoyer Neil Young et Iron Maiden sur un même disque, c’est peut être la meilleure définition que l’on puisse trouver du talent et de l’imagination.

Mais comment peuvent-ils réussir pareil exploit sans que jamais on ait l’effet d’un patchwork mal assorti ? Finalement la réponse est assez simple, en assurant certaines transitions par de réussis passages plus purement rock « classique » (The Way to Gone) entre Oasis et Dandy Warhols, psyché toujours mais plus lumineux que certains autres travaux de plomberie dont le groupe s’était fait une spécialité précédemment.

Loin de répéter toujours la même chanson, les canadiens remportent la partie en faisant preuve d’un éclectisme rare et d’une cohérence assez difficilement atteignable sur le papier si l’on en juge par le mélange des influences, mais pourtant évidente du premier morceau au sexy Sadie qui clôt l’album.

MattRach – Mister Jack (2010) - Don't believe the hype ... enfin... ne vous arrétez pas au buzz plutôt


MattRach – Mister Jack (2010)

Il y a des disques, comme çà, qu’on se garde sous le coude pour plus tard, certains diraient « pour la bonne bouche ». Un petit plaisir perso qu’on s’amuse à faire durer sur l’air de toi ton tour viendra, je ne t’oublie pas mais… je vais pas te rater. Alors pensez donc, le 1er album d’un génie de la guitare à peine majeur, disciple de Steve Vai et de Satriani, français qui plus est et phénomène buzz internet de l’année pratiquement, pensez si ce genre de disque on se le garde bien au chaud pour un jour où on sera vraiment en forme.

Puis le temps passe, le buzz se tasse, on apprend que Mattrach ne se limite plus aujourd’hui au petit prodige de Youtube mais est devenu un véritable groupe et que finalement, tout pétri des à priori qu’on avait on n’a jamais vraiment écouté l’album et qu’il serait peut etre temps d’y jeter une oreille même si la perspective de s’envoyer une grosse rasade de Vai-Satriani dans les oreilles n’est pas forcément des plus réjouissantes.


Bref, tout çà pour dire qu’un jour on pose l’album sur la platine, un sourire au coin des levres, un rire sadique et 2 mains qui se frottent l’une contre l’autre….à nous 2….

L’ouverture, épique, aux grattes techniques sans que cela tourne vraiment à la démonstration, se laisse écouter tranquillement. Non, tout porte à croire que l’album ne se limitera pas à une démonstration pyrotechnique du talent de notre 6 cordes-éoniste. Le sourire narquois commence petit à petit à s’effacer au profit d’un sourire tout court surtout quand arrive Vous en voulez encore ? qui fait penser à une version funky metal du Louxor de P. Katerine, hyper entrainante, speedée et fun à en être jouissive. Over se ballade quelque part entre Pink Floyd et le Porcupine Tree de Radioactive Toy, Histoire de multiplier encore les ambiances le reggae s’invite sur l’album avec Nurse avant que The alright song, quelque part entre NIN et Ramnstein dans son coté indus à soli très métal, ne vienne clore les débats.

Quelques éclairs de flamenco par ci par là, oui, contrairement à l’idée que l’on s’en faisait avant même de l’écouter, ce Mister JACK est vraiment un album varié avec de vrai chansons dedans et des morceaux plus expérimentaux (yxes reniD au hasard) mais toujours assez facilement suivables.

Alors oubliez deux minutes le statut de buzz star prodige juvénil qui ne manquera pas de coller au groupe encore quelques temps et dégustez un album varié, talentueux et jamais démonstratif. Il a fort à parier, même, qu’avec le temps, le groupe se forgera une identité plus personnelle Mister Jack fera alors figure de carte de visite hautement engageante.

Opium Baby - Opium Baby (2010) - Un premier album plein de promesse en attendant celui dit "de la maturité"

Opium Baby - Opium Baby (2010)

On passera rapidement sur les nombreux trophées déjà reçus par le groupe, tant, plus que jamais aujourd’hui, ce genre de breloque ne veut plus dire grand-chose et tant ce sont bien d’autres considérations que le vote de quelques happy fews du métier qui décide de la carrière d’une groupe et de la place de ce dernier en tête de gondole ou non. Opium Baby a déjà suffisamment galéré comme çà pour le savoir car non content d’avoir suivi pas à pas le parcours obligé de tout groupe qui veut percer depuis 2003, un obstacle de taille est venu se mettre en travers de leur irrésistible ascension. En effet, initialement baptisé Nova, le groupe a du changer récemment de nom après qu’une radio, qui, pour homonyme qu’elle soit, n’a que très peu de chance de diffuser, un jour, ce genre d’electro rock sur ses ondes, se soit attristé de pareille proximité dans leurs noms respectifs. Le moins que l’on puisse dire est bien que ce genre d petit coup du sort aurait eu raison de la motivation de bien des groupes. Mais Opium Baby, puisque c’est ainsi qu’ils se nomment aujourd’hui n’est pas le premier groupe venu.


D’entrée de jeu, ce qui frappe des les premières minutes d’écoute c’est la diversité des influences du groupe, ainsi Cast the Dice pose un indus soft comme du Nine Inch Nail pop, avant que le refrain ne bascule franchement dans un rock musclé du plus bel effet. Il en sera ainsi tout au long de l’album, un talent pop indéniable que l’on retrouve sur chacun des titres variés influencés qui par Muse (Let Me Go et son piano aérien en bout de course vers les étoiles), le rêveur U2ant pourrait on dire Circus (un des grands moment de cet album qui ‘en manque pourtant pas, avec ses 6 minutes pourtant bien peu radio friendlysantes et son final au top du Zizi, si vous voyez ce que je veux dire, sinon laissez vous pousser une fière barbouze et çà devrait vous ouvrir les yeux). Que dire du kravitzien Flower, d’une chaude beauté ? dire qu’il est beau et touchant comme le superbe Time final, c’est déjà tout dire, à moins de vouloir absolument ajouter qu’il précède un nouveau beau clin d’œil à U2 sur les quelques arpéges de gratte bien sentis juste avant le refrain de Opium Baby (le titre) où, comme tout au long de cet album d’ailleurs, la voix d’Alan fait des merveilles, montant sans crainte vers les sommets sans forcer si ce n’est l’admiration, et sans friser, et certainement pas le ridicule.

L’éventail de la voix d’Alan pour bluffant qu’il soit ne doit pas masquer la qualité d’une section rythmique efficace tant dans les coups de tonnerres que les accalmies souvent passagères. Enfin la guitare est loin d’être en reste et ne souffre pas un instant de la concurrence des petites fioritures électros qui émaillent la plupart des morceaux. On l’aura compris on songe parfois, sur les passages les plus « atmosphérique », au jeu d’un the Edge (toute proportion gardée, sans que cela ne remette en cause le talent de Pyp) et quand il s’agit de lâcher un peu les fauves l’efficacité et la sauvagerie savent être au rendez vous.

Alors Opium Baby, groupe poissard qui verrait peut être enfin la lumière au bout du tunnel ? On ne peut que leur souhaiter au vu de ce premier véritable album plein de promesse qui les voit se placer certainement au coté de leurs glorieux aînés et néanmoins compatriotes d’Angelfall dans un style cependant plus immédiat et plus grand public. Gageons que le temps les fera gagner en personnalité mais au vu de cette première carte de visite il y a bien peu de doute que cela ne se produise pas.

Guns n’Roses – Paris Bercy – 13 Septembre 2010

Guns n’Roses – Paris Bercy – 13 Septembre 2010

 

Est ce parce que sur le très représenté ce soir Chinese Democracy figure une chanson intitulée Riad N' The Bedouins qu'Axl Rose est de toute évidence pris d'une passion soudaine pour les loukoums ? Peut être bien et comme ce n'est pas le genre de la maison que d'attaquer les gens sur leur physique, on ne fait pas ici référence a l embonpoint somme toute assez bien dissimule de l'ex sex symbol ultime du rock. Pas plus que l'on ne s'étendra sur son visage bouffi et, selon toute vraisemblance, copieusement botoxé, qui le fait étrangement ressembler au Renaud époque cure de desintox que l'on a connu il n'y a pas si longtemps comme le faisait remarquer fort judicieusement une perspicace jeune fille du public. On passera enfin presque sous silence le douloureux gros plan sur les mains de grande mère arthritique auquel on eut droit sur tous les écrans géants de la salle pendant un long passage solo du sieur Axl au piano le temps d'un long clin d'oeil a Pink Floyd. Oui on passera sur tout cela, après tout, l'age n'épargne personne et pas plus les vieille gloires du rock que les antiques milliardaires généreuses mécènes de notre petit monde politique.


Est-ce cette potentielle nouvelle passion pour les loukoums qui expliquerait que, tout entier aspiré par sa gourmandise légendaire, il n’ait pas vu le temps passer ? On, c’est pas qu’on se soit emmerdé en l’attendant, non, au contraire, on aura eu l’occasion de bien rigoler avec les improbables Murderdolls (ce nom !) que Wikipédia définit comme « un groupe horror punk américain aux tendances hardcore. », bref une espèce de sous sous Alice Cooper Band maquillé à la Kiss et dont la partie la plus osée du show voit le chanteur faire tourner un superbe parapluie noir au dessus du public sur lequel on peut lire FUCK, rappelant ainsi habillement les paroles de la chanson en cours. Grand guignol à tous les étages, les premiers rangs ont l’air de plutôt bien prendre la plaisanterie, réservant un accueil plus que cordial à ces pas si nouveaux venus d’une scène horror punk dont on peut penser que les plus fiers représentants seraient peut être plutôt à chercher du coté de chez nous. Les rangs du fond par contre goutent un peu moins la plaisanterie qui se déroule au même moment au bar du fond avec de larges bières pour la modique somme de 8 euros…à croire que certaines salles de concert tentent de se tirer la même balle dans le pied que les majors du disques proposant des mousses de piètre qualité pour des sommes astronomiques.


Mais bon, les goûts, les couleurs et le prix des mousses, finalement, quand on vient assister au show du plus grand groupe de rock n’roll de son époque, pour ceux qui étaient encore trop jeunes, ou même pas encore arrivés sur la planète, aux heures glorieuses des Stones ou de Led Zep, qu’est ce qu’on en a foutre du groupe de première partie ? Quoi ? AC/DC au Stade de France ils avaient Slash en 1ère partie ? mouais ...et alors ? euh…et….euh….d’abord elles coutent encore plus cher les bières au SdF, na ! Dons passons sur les premières parties, franchement, avant de passer devant le stand merchandising (avec ses nouveaux TShirts à seulement 30 euros, bon j’arrête parce que c’est facile de critiquer tous les prix quand on est milliardaire, sisi jvous jure, tout comme il y a des philosophes milliardaires, enfin, il n’y en a qu’un (copyright Godgiven), il y a aussi des bloggers milliardaires), je disais donc, qu’avant de passer devant le stand merchandising et d’apercevoir les TShirts, on ne savait même pas comment s’appelait la première partie.

Tant qu’on en est à parler bières et merchandising, évoquons ensemble, si vous le voulez bien, juste un instant, les toilettes. Histoire de laisser à Axl le temps nécéssaire pour être sûr de bien avoir son heure et demi de retard réglementaire, histoire que chacun puisse une nouvelle fois s’extasier sur son statut idéal de rock star ultime qui, dans un geste de rébellion splendide, de doigt levé à la face de son public de toute façon par définition d’avance conquis par le prix que lui a couté sa présence ici, dans cette attitude (fuckin attitude) de défi, donc, sait se faire désirer. Ah bah le temps de trouver toutes les excuses les plus fan-atisées pour expliquer le retard du bel Axl, voilà que les lumières s’éteignent ! Hystérie collective immédiate… si on sait où on est ? oh que oui… ah bah non ! Il ne nous demande même pas si on « know where we are ? ». C’est la meilleure ! Ca fait tout drôle un concert de Guns qui ne commence pas par Welcome to the Jungle, c’est donc l’assez indigeste Chinese Democracy qui ouvre les hostilités. L’hystérie retombe du coup un petit peu, pour laisser la place à une observation dubitative.

P**** mais ils sont combien sur scène ? Pas évident de voir mais tout porte à croire qu’ils sont nombreux. OK Axl est rapidement identifié, difficile de le manquer, il arbore, comme à la grande époque, un look des plus improbable entre mac et....extraterrestre ? Extraterrestre sous acide ? Ouais quelque chose comme çà, par contre, et même si on a déjà dit que l’on insisterait pas sur le physique, les nouvelles « formes » d’Axl semblent maintenant complètement l’empêcher de se livrer aux performances athlétiques qui ajoutaient encore, comme si c’était nécessaire, vie et énergie aux prestations du groupe à sa grande époque. Du coup on se prend à trouver, de prime abord, que tout cela manque un peu de patate. Mais bon, après tout c’est peut le titre d’ouverture qui manque, même sur album, de patate, après tout c’est difficile de juger car, reconnaissons le dès maintenant, Chinese Democracy n’est pas à proprement parler un album qui a longtemps squatté la platine après sa sortie. Non, il faut être honnéte, c’est pas franchement cet album que l’on est venu écouter presque religieusement ce soir, non. Donc OK ce titre d’ouverture sonne assez mal, mais c’est peut être voulu. Le temps de se perdre en interrogations sur la production pourtant dantesque du dernier album en date que déjà les pieds ne touchent plus terre, la tête explose, les yeux jaillissent le leurs orbites, les oreilles se dressent en une érection aussi puissante que soudaine et du fond des entrailles de toute la salle jaillit un cri barbare de libération, de joie, de révolte….oh ouiiiii cette fois c’est la bonne We’re in the fuck*ng Jungle Baby, We Gonna Diiiiiiiiiiiiiiiiiiiiieeeeee…..

Retour instantané 18 ans plus tôt, yaourt, playback, suraiguë ou dangereusement trop bas, tout le public hurle en chœur…. my serpentiiiiiiiine…. pas de temps mort, I saw your sister in her Sunday dress....facile, so easy, l’enchaînement, attendu mais toujours aussi jouissif, pourtant…Pourtant derrière les clameurs de la foule, il y a un petit quelque chose qui cloche, c’est pas encore hyper perceptible, mais comme un grain de mure coincé entre 2 dents, çà risque de devenir franchement horripilant très rapidement. Petit à petit le doute s’installe et, dès l’intro de Mr Brownstone, çà devient une évidence ! Oui, c’est clair, le son est dégueulasse. On s’en serait douté, donc la surprise ne vient même pas de là, la voix d’Axl est noyée au milieu d’un océan d’effets divers et variés et, les rares moments où on peut l’entendre « brute » la différence saute aux yeux. Certaines mauvaises langues, ou plutôt certains participants des premiers rangs iront jusqu’à dire qu’à bien des reprises il chantait en playback…à voir, mais çà n’aurait finalement pas grand-chose de surprenant. Non que la voix d’Axl ait pris quelques années, rien de scandaleux à çà, c’est le lot de tous les chanteurs d’exception et Dieu sait qu’Axl en fut un.

Par contre, là où çà commence à devenir franchement gênant, c’est que l’ensemble sonne incroyablement mou du genoux, presque aseptisé, un comble pour un groupe comme Guns. Aseptisé à l’image du look de teenage rebel de pacotille de Richard Fortus, à mi chemin de Motley Crue et de Dave Navarro, le son en moins malheureusement. Ils ont beau être 3 sur scène, auxquels il faut ajouter la section rythmique et pas moins de 2 claviers, les guitares ne sont pas à la fête ce soir. D’ailleurs, le son est à l’image de…l’image. Derrière un Axl Rose statique et robotique, nos 3 compères à 6 cordes (soit 22 cordes sur scène ce soir si l’on compte la basse, et qu’on exclue les « vocales » de qui vous savez) virevoltent tant et si bien qu’ils finissent par se gêner les uns les autres rendant leurs cavalcades un peu veines et stériles. Au niveau du son c’est exactement la même chose : mou, plat et sans agressivité aucune, le mur de gratte se trouve encore affaibli par le bloubiboulga indigeste dans lequel nos 2 pianistes en chef (dont Dizzy Reed qui fait presque figure de membre historique ce soir) tentent de le fondre. Evidemment, techniquement parlant, les zicos qui accompagnent Axl sont impeccables. Ron Thal, dit Bumblefoot, arpentant la scène le plus clair de son temps armé d’une guitare double manche dont il n’utilisera, bien entendu, que celui du dessous. Superbe image que ces 5 manches réunis autour d’un dernier planté derrière son pied de micro. Belle image oui mais qui rend malheureusement bien inoffensifs les assauts de Mr Brownstone, You Could Be Mine, Rocket Queen ou encore Nightrain, pour ne citer que les titres sur lesquels la mollesse du tout était la plus évidente.

Au final cette armée de guitaristes fait plutôt penser à du Véronique….sans son. Raccourcit qui sied à merveille au spectacle quand, à son tour, Axl prend possession du piano pour un enchaînement très Elton John : Goodbye Yellow Brickroad/Someone Saved My Life Tonight, avant de déboucher sur une version speedée/ massacrée/ bâclée (faites votre choix) de November Rain, rare incursion dans les Use Your Illusions, avec les 2 scies/ reprises que sont Knockin on Heaven’s Door et Live and Let Die et une version totalement instrumentale de Don’t Cry qui ne permettra donc pas de savoir s’il s’agit de celle de l’album jaune ou de celle du bleu (les fans comprendront).

Evidemment, à l’exception de la section rythmique, chaque protagoniste aura le droit à son petit solo, histoire de ne froisser l’égo de personne. Thème de James Bond ou de la Panthère Rose, ou jam autour du floydien Another Brick In The Wall Part 2, rien ne sera épargné au calvaire des métalleux présents dans la salle (une pensée émue à tous nos amis en T-Shirt Motorhead croisés çà et là). Enfin, tranquillement, on arrive au rappel, enfin, disons que les heureux possesseurs d’automobile, de scooter, de vélo ou d’hélicoptère privé arrivent au rappel. Les galériens des transports en commun ont déjà quitté la salle depuis un petit moment, les facéties du père Axl les condamnant au dernier métro. A l’image de tout le reste du concert, même sur le rappel, le son ne sera pas meilleur. J’entends déjà quelques voix discordantes me dire « ouais mais mec, on le sait déjà, le son a Bercy il est dégueulasse, ce genre de groupe faut le voir dans une petite salle ». Ce à quoi je répondrais d’abord qu’il y a bien peu de chance qu’un jour Axl vienne se produire au Paquito et que surtout, si l’infâme bouillie sonore qui sortait des amplis pouvait être prévisible, il n’en allait pas de même du son édulcoré des guitares. Quand Slayer, Metallica ou tant d’autres brûlent les planches du POPB, jamais ce qui sort des amplis ne sent la guimauve réchauffée.

Finalement, la déception du spectacle d’Axl a été à la hauteur de l’excellente surprise qu’avait été la prestation de Slash en 1ière partie d’AC/DC en juin dernier mais …. jugez en vous même


Prenons au hasard Rocket Queen (version Bercy) :



et la même quelques mois plus tôt interprété par un bien mystérieux pistolero de la 6 cordes en 1ere partie d’AC/DC somewhere around Paris :



Vous le voyez là maintenant l’effet loukoum sur l’une des 2 versions ? ;-)


Enfin, en mélangeant un peu des 2, et en faisant un bond arrière dans le temps, la “vraie” version live, si l’on peut s’exprimer ainsi :

Nouvelle Rock : Une place en or

Nouvelle Rock - Une place en or (2010)

A vot' bon coeur m'sieurs'dames, initialement écrite pour un concours d'écriture, voilà une petite nouvelle sans prétention aucune, juste pour passer le temps et, si le vcoeur vous en dit, vous donner l'occasion de me laisser votre avis. En espérant que çà vous plaise. NB: Editeurs, Hollywood, dessibateur de BD ou autre dans le genre, si çà vous interresse...parlons en ! ;)


Encore cette foutue place à vendre! Il commence à se faire tard et une chose est sure, maintenant, j'ai loupé la première partie. De toutes façons, çà pourrait être Elvis ou Lemmy, c'est marqué nul part le nom de la première partie, a croire que tout le monde s'en fout, même le groupe qui ne semble pas s'être donné la peine de harceler le graphiste pour que son nom apparaisse, même en tout petit, en haut de l'affiche. Pas sûr qu'ils s'y voient déjà, comme Aznavour, vu qu'ils n'essayent même pas. Fuck les premières parties! En plus, souvent, ils n'ont pas de tube à jouer, vu que c'est pour se faire connaître qu'ils font çà.

- Tu cherches une place ?
- Hein ? Euh... Non, par contre j'essaye d'en vendre une, tu la prends à combien ?
- Houlaaa, à cette heure ci c'est mort, le concert est déjà commencé, je vais jamais trouver preneur, je te la prends à 10 euros mais c'est mon dernier prix.
- 10 euros ? Une place que j'ai payée 60 ?
- Bah ouais, mais c'est même pas complet ce soir, à cette heure ci tu trouveras pas mieux...

Capuche, casquette et cuir de rocker, il a pas tord mon gars, c'est le troisième depuis tout à l'heure qui m'en propose ce prix. 10 euros pour une place que j'ai payée 6 fois plus, il est vraiment relou le Manu. En plus ce con s'imaginait qu'il allait se faire un bénef monstrueux rapport au fait que "tu comprends, tout le monde va vouloir y aller à ce concert, les places vont partir en 10 minutes, çà va être blindé". Mon cul! A part moi, personne n'a l'air de vouloir y aller...et çà commence a sérieusement me gaver, parce qu'à ce train la, je vais en louper la moitié.

- Allez, 7 euros, maintenant tu trouveras plus personne, je suis même pas sûr de la revendre ...

Mouais...je l'enverrais bien chier le rocker à capuche - jogging, mais c'est ma seule bouée de sauvetage, alors...temporisons. Va bien y avoir un mec qui va passer devant la salle, découvrir que le concert des Earthquacking Fuckers, c'est ce soir, que c'est un groupe qu'il rêve de voir sur scène depuis des années et que çà tombe pas mal vu qu'il venait de retirer un gros paquet de blé pour amener sa louloute en week end mais que cette conne lui a annoncé qu'elle partait finalement avec son prof de diététique tibétaine. Ouais, c'est sur qu'un mec comme çà, çà courre les rues...enfin apparemment pas la mienne (de rue)... putain! Et Manu qui voulait se payer un ampli avec les bénefs ..y’a plus qu'a espérer qu'ils en font chez Playmobil...
Hou putain, un mec qui a l'air de chercher quelque chose...

- Monsieur, monsieur, vous cherchez une place ?
- Non je...
- J'vous la fait pas cher...
- Non non, je cherche p...
- Allez quoi, une place pour les Earthquacking Fuckers, çà ne se refuse pas, même le prix vous fera rire (celle là je l'ai piqué aux Nuls, qui, eux même l'avaient recyclée d'un vieux slogan de Pilote magazine, culture quand tu nous tiens...).
- Non non, j'vous jure je m'en fous de votre place, je cherche juste une de mes élèves de diététique tibétaine qui doit m'accompagner en week end...
- Ah...et...euh...vous avez pas vu son mec par hasard dans le coin ?

Regard médusé du mec qui se barre me saluer, mouais, pas très finaud la question, mais bon, de toutes façons il n'aurait jamais pris la place.

- Allez, 5 euros, j'te jure pour ce prix je perds des thunes...

" Et moi donc ducon", ouais, voilà exactement ce que je lui aurais répondu si...si l'heure n'avançait pas a une vitesse dangereuse.
- Hey Mademoiselle, vous cherchez pas une place par hasard ?
- Une place ? Pour quoi ? C'est qui ce soir ?
- Bah les immenses Earthquacking Fuckers !
- Ah je connais pas, c'est quoi comme genre ?

Merde! Une ignare, clair qu'elle va me faire perdre un temps fou en explications. Ah ouais, j'avais pas repéré son t-shirt Starac 9bis... C'est sûr, elle va jamais me la prendre ma place.

- Nan sérieux c'est genre Tokyo Hotel ?
- Euh..ouais..enfin non, non laisse tomber, c'est pas ton genre...
- Ah ouais ? Et tu dirais que c'est quoi mon genre ?

Arrg, c'est pas possible, je vais finir par me faire draguer par une meuf de 15 ans... C'est vraiment pas le moment! Bam, bam... Merde, 2 grosses notes de basse, cette fois c'est commencé, çà m'étonnerait qu'ils fassent la balance à cette heure ci. Tant pis, fait chier Manu, maintenant y'a plus le temps, je file vers la salle...

- Alors t'as fini par la vendre ta place ?

Ah bah manquait plus que lui, l'autre relou à capuche...

- Non, c'est mort maintenant, je laisse tomber
- C'est quoi comme groupe soirce ?
- Earthquacking Fuckers, mais là sérieux faut que j'y aille..
- Je connais pas, tu sais moi j'écoute surtout du peura, c'est pas du peura ?
- Non, pas vraiment, mais çà déchire quand même
- Ah ouais? Bah vazy donne la moi la place, de toutes façons tu la revendras jamais, et je te paie une bière a l'intérieur.

Foutue pour foutue, après tout cette place, elle vaut bien une mousse....OK.
Je suis tellement à la bourre que la secu regarde à peine mon billet...bon a savoir çà pour un prochain concert sold out! Coup d'oeil lointain au merchandising, je verrais en sortant, et je trace pour me rapprocher du déluge sonore qui a déjà sérieusement commencé.

- Attends attends, c'est bon, te casses pas comme çà, je suis réglo moi, j'te paie ta bière d'abord, chose promise...

Va pour la bière, on n'est pas les seuls à avoir eu l'idée, mais bon, on entend déjà pas mal d'ici et une petite binouze, çà peut pas me faire de mal.

- Sérieux, c'est vachement fort la zic
- Ouais, ouais,..
-T'écoutes çà toi ? C'est relou non ?

Je sais pas pourquoi mais je sens qu'il va vite me gonfler mon nouveau pote...et dire que je devrais déjà être au premier rang avec Manu si tout s'était passé comme prévu...et la queue qu'avance pas...

- Ma parole, faut être defoncé de la tête pour écouter cette zik, sérieux t'as vu la touche des mecs dans le public ? Téma le keum la bas, on dirait Christine Bravo avec une barbe!

Héhé, bien vu, sauf que Christine a repéré qu'on le matait et çà n'a pas vraiment l'air de le réjouir de nous voir morts de rire. Discrètement je tourne les talons pour découvrir que l'animal tente, tant bien que mal de gagner quelques places dans la queue. Le problème c'est qu'il n'est pas vraiment du genre discret, et si, jusqu'à maintenant les gens ont plutôt tendance à le laisser faire en lui balançant quelques regards bien haineux, je doute qu'il s'en sorte aussi bien avec le gros barbu tatoué devant lequel il arrive maintenant. Courageusement, je décide que je me la paierai tout seul cette binouse et qu'à partir de maintenant je ne connais plus ce mec.

- Hey mon pote! Ma parole, tu dors ou quoi? Putain j'suis la man, viens, j'te dis, çà craint rien, même pas ils bougent les gens, allez viens!

C'est marrant mais cette fois je suis sûr que la moitié de la salle a les yeux braqués sur moi. Si je fais rien, clair qu'il va continuer à gueuler comme un putois...en même temps, çà va être coton de le rejoindre sans me faire lyncher...putain...quelle plaie! Oh puis merde, fuck la bière, je vais me noyer dans la foule en espérant que l'autre zèbre m'oublie.
Enfin !!! Enfin j'y suis, je me prends le gros son gras des Earthquacking Fuckers en pleine face, je secoue la tête en totale communion avec la rythmique pachydermique, je peux brailler, de préférence n'importe quoi, en yaourt, oh que c'est bon!

- Heu excuse moi...
- Hein ?

Grosse baraque rasée qui vient de méchamment me taper sur l'épaule et qui n'a pas l'air de vouloir me dire un truc spécialement sympa.

- Dis donc, y'a ton pote là bas qu'est en train de foutre un sacré bordel au bar...Tu ferais mieux d'aller voir.

Au fond de la salle j'aperçois juste le bout de la casquette du loustic qui a tout l'air de sérieusement s'agiter noyé dans une marée de têtes.
Putain qu'est ce qu'il a encore foutu? Après tout c'est pas mon pote ce mec, y'a pas vraiment de raison que je me pourrisse le concert pour lui. Pourtant le regard du grand rasé se fait particulièrement insistant et j'ai comme l'impression qu'il y a maintenant deux autres types qui fendent la foule depuis le bar en ma direction. Je vais pas y couper, faut que j'aille voir ce qui se passe.

- Ah putain, te voila enfin! T'étais passé ou? Sérieux je suis en galère, j'ai pas une thune pour payer les bières!
- Bah on n'en prend pas alors et moi je retourne dans la fosse.
- Nan mais j'en ai déjà pris, le problème c'est que j"ai pas une caillasse, tiens voilà la tienne.
Ouah la il commence à me courir sur le système. Non seulement je lui file une place à l'oeil pour le concert mais en plus maintenant çà va me coûter 2 bières...l'hallu.
- Bon je vous dois combien pour les 2 mousses ?
- Vous n'en payez que 2 ?
- ....

Coup d'oeil rapide vers mon cher (dans tous les sens du terme) pote, il a l'air quelque peu emmerdé.

- Ouais, tu vois, rapport à que çà commençait a se véner sérieux dans la queue vu que j'avais carotte pas mal de monde, bah j'ai payé ma tournée à 2 ou 3 gus. Genre pour me faire pardonner tu vois?
- T'as payé quoi ?
- Bah j'ai payé des bières a ceux qui avaient l'air le plus véner, tu vois.
- Putain mais t'en as payé combien ?
- Bah là pour l'instant j'ai encore rien payé, vu que j'ai pas un rond, c'est pour çà que je te cherchais.
- Cà fera 50 euros m'sieur et vite parce qu'il y a encore du monde qui attend derrière vous.

50 euros ?! Inutile de discuter, si on commence à se lancer dans des explications, sûr que la foule qui poireaute derrière nous va nous tomber dessus et là, je ne donne pas cher de notre peau. N'empêche que çà fait quand même bien mal au cul de devoir claquer mes dernières thunes pour ce bouffon. Dire que je me les gardais pour me payer un t-shirt de la tournée uniquement imprimé pour cette date.

- Ouah t'es blindé toi, vazy comment tu sors des billets de 50 de ta poche! Au fait, moi c'est Kim et toi ?

Cette fois c'est hors de question que je me laisse entraîner dans une nouvelle galère, je trace comme si j'avais rien entendu, c'est pas le top de la classe mais il l'a bien cherche, non?

Autant tout a l'heure j'étais bien placé, autant là, va falloir que je joue des coudes si je veux apercevoir Joe Earthquacke plié en 2 sur sa basse. Bon allez, de toutes façons au point où j'en suis je peux difficilement plus me faire détester, alors grillé pour grillé, je me lance dans la foule avec pour objectif d'être au plus vite dans les 5 premiers rangs. Malgré quelques protestations, je fini par y arriver, au moment même où retentit la voix barbare de Rodrigo Earthquacke. Qu'est ce qu'il a dit ? "C'est la pagaille" ? « Y’en a qui baillent » ? Pas compris… Ah bah si, j’ai beau être une buse en anglais, il me suffit de mater pour comprendre, le groupe quitte la scène les bras en l’air, sans doute en signe de remerciements, en fait c’était tout bêtement…. « Thank you, bybye ! »

Zenzile - Le cabinet du Docteur Caligari" - (Ciné concert - Telerama Dub Festival - Paris)

Zenzile - Le cabinet du Docteur Caligari" - (Ciné concert - Telerama Dub Festival - Paris)


Paris début du siècle, quelque part du coté de Bastille. On donne une séance de cinématographe. Au programme un film allemand Le Cabinet du Docteur Caligari, drame romantique sur fond de folie, la foule encore peu habituée a ce genre de spectacle se presse en nombre et, plongée dans une pénombre bleutée ou jaunie, frissonne et se laisse envouter par cette histoire angoissante. Devant l écran, un machiniste s’affaire sans relâche. Est-il là pour changer les bobines au signal donne par une tache blanche en haut dans un coin de l’écran ? Est-il là pour tourner inlassablement la manivelle qui permettra aux dites bobines de défiler et dévoiler ainsi, peu à peu, le dénouement effroyable de l’histoire? Non, plié en 2 sur ses machines il semblerait que, tout machiniste qu’il soit, son rôle sur la projection du film soit des plus limités.

Pourtant il est entouré de 4 autres acolytes, c’est dire si le travail doit être titanesque. Ainsi donc il faudrait 5 hommes pour qu’un spectacle de cinématographe puisse se dérouler correctement ? Tous tournent le dos au public, concentres sur les images qui défilent, semblant entrer en transe aux moments ou la tension dramatique de l histoire va croissante puis se relâchant quelque peu dans les instants d accalmie. Mais que font-ils tous ? Point de chapeaux melons et de moustaches fières et arrogantes pour eux, pas plus qu'il n'y en a dans le public. Les femmes sont venues sans leurs ombrelles, ni leurs gants. Point de voile de mousseline non plus, en cette année 1919, on se rend au cinématographe pour oublier, l espace d'un instant, les douleurs des années sombres de la grande guerre, pourtant pas de gueules cassées dans la foule, pas même un uniforme. Non, décidemment, il y a quelque chose qui ne colle pas. Début du siècle disions nous ? Oui, mais lequel ? Perdu, il semblerait, qu’à notre tour, nous ayons sombré dans une folie dévastatrice qui nous fait perdre toute notion de temps et de lieu.

Histoire italienne, racontée en allemand, musique aux racines jamaïcaines abâtardisée à grand renfort de technologies occidentales, images muettes sur fond de sirènes assourdissantes, rythmique organique pour personnages aux teints diaphanes, aux regards vides de toute vie, au prise avec leurs démences. Tout se mélange, nos 5 machinos de Zenzile, puisque c’est d’eux dont il s’agit, nous offrent une expérience artistique totale, se jouant du temps et des classifications hâtives. Zenzile, que l’on se plait souvent à mettre dans la même boite étiquetée Electro Dub français, aux cotés d’High Tone, du Peuple de l’Herbe et de quelques autres, Zenzile donc, en formation rock instrumentale (Basse (bien sûr), Batterie (évidemment), guitare, clavier et ces fameuses machines), donne un nouveau souffle, une nouvelle vie à l’œuvre de Robert Wiene, "Le cabinet du Docteur Caligari", monument de l’expressionnisme allemand.

Le télescopage spatio-temporel fonctionne merveilleusement bien, au-delà de toute attente, tant et si bien qu’on en vient à se demander si c’est la bande son qui l’accompagne qui donne tout son impact aux images, ou la beauté, l’étrangeté, la composition des scènes qui fait que la musique nous pénètre si profondément. Impossible de trancher, car les 2 univers finissent rapidement par ne plus n’en faire qu’un, les décors terriblement actuels (on pense à l’univers de Tim Burton), angoissants, tout en angles et arêtes, trouvant leur écho quelque part entre la basse rampante et les sons parfois presque dissonants du groupe, avant que le chaos ne cède la place à une ambiance floydienne plus apaisée ou un groove irrésistible le temps d’une poursuite démente.

Il aura donc fallu attendre presqu’un siècle pour que cette œuvre puisse voir le jour ; en ces temps où tout doit être rapide, instantané même, on frôle l’hérésie. Mais Zenzile saura brillamment nous prouver que tout vient à point à qui sait attendre que le temps ait (re)fait son œuvre. Chapeau (melon) bas !

Encore abasourdi par le spectacle qui vient de se terminer, cerise sur le gâteau, alors que l’on quitte la salle, le stand merchandising du groupe propose une sérigraphie de l’affiche du spectacle réalisée par CryingPaper. Evidemment, impossible de s’en priver ! ;)

The Love Me Nots - Upside Down Inside Out (2009) - "Les Cornichons" de Nino Ferrer, en plus rock américain :)

The Love Me Nots - Upside Down Inside Out (2009)

Les Sonics, les Kinks, les Animals, les Seeds, les Miracle Workers, les Fuzztones, les Chesterfield Kings, les Mummies, j'en passe et des plus obscurs, oui, milles fois oui, il y a de tout celà dans la musique des Love Me Nots de Phoenix, pure fuzz et farfisa. Mais pour les jeunes de l'an 2000 ( "c'est clair, c'est plus le même deal" comme dirait l'autre), c'est plutôt une joyeuse rencontre entre les Donnas, Austin Powers et ... allez, les Lords of Altamount, bref un happy garage rock millésimé 60s pour peu que l'esthétique même du groupe puisse faire douter un seul instant de leurs orientations temporelo-musicales.


Du coup, en ces temps de pure rock n'roll revival, qu'est ce qui peut bien valoir la peine qu'on se précipite sur ce Upside Down Inside Out plutôt que n'importe quel autre album fortement référencé ? Que la production soit assurée par Jim Diamond (White Stripes, Romantics, Gore Gore Girls)? Franchement vous en connaissez beaucoup des gens qui achétent un album au seul nom du producteur (surtout si ce dernier s'appelle Jean Marie Diamand!). Le fait que Nicole Laurenne (chant et Farfisa) et Michael Johnny Walker (guitare) soient accompagnés d'une nouvelle section rythmique qui respecte la parité chère au groupe ? mouais... enfin ce qui fait justement tout l'intérêt de ce disque c'est bien le trio voix-guitare-farsifa alors que la section rythmique ait été revue de fond en comble ne change pas grand chose à l'immédiateté et l'addiction que l'on ressent presqu'immédiatement à l'écoute de ce bonbon garage acidulé pop.

Même si l'orgue farsifa se taille la part du lion portant presqu'à lui seul le chant, MJ Walker sait décocher des soli "à la Slash" pas piqué des hannetons et ne se limite pas à ce statut de guitar hero garage, brodant humblement de petits motifs surf-garage bien sentis ici ou là.

Sortez vos tailleurs pieds de poules, coiffez vos rouflaquettes et vos boots vernies, groooovy babyyyyy party !

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)- Brulot infernal

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)

Odeur de goudron cramé, d’alcool et d’essence, de cocktails Molotov, de graisse, de cuir, de sang et de stupre. Rage contenue, tension palpable, hystérie couvante… pas une note encore et pourtant le décor est déjà impeccablement posé. Vous avez glissé le skeud dans la platine, personne ne vous y a forcé (si ce n’est peut etre de savoir ce qui peut bien se cacher derrière si alléchante pochette), personne ne vous y a forcé non, c’est sûr, alors ne venez pas jouer les vierges effarouchées après et faites comme tout le monde dès les premières secondes, prenez vos jambes à votre cou, et hurlez, fuyez, suppliez, paniquez… Tout ! Tentez tout ce que vous pourrez pour y échapper, mais rien n’y fera, une fois la touche Play enfoncée, vous ne pourrez plus échapper au souffle chaud et aviné de l’horror-punk graisseux des Sinner Sinners. Déjà le sax free-leux empli l’espace et l’ombre de Steve Mackay plane sur le carnage qui s’annonce.Encore quelques secondes et la galette va nous péter à la gueule comme une grenade dans un cri déchirant et inhumain.3…2….1….ZERO !


Car oui, c’est bien à une tuerie sonore à laquelle nous allons assister. Il y a peu, Sam et Steve Thill nous avait déja quelque peu mis en garde au détour de l’incendiaire 45T LA's Burning et sa B’side The’s no Place Like …(que l’on retrouve d’ailleurs avec plaisir sur l’album, ce qui évite d’avoir à ressortir la platine à chaque fois qu’on veut s’envoyer un shoot d’high energy). Pourraient ils garder toute cette tension et l’énergie qui va avec sur la longueur d’un album ? certes ils ne sont pas les seuls aux manettes, ils ont déniché toute une improbable bande de flibustiers/desperados pour leur préter main forte dans leur entreprise d’évangélisation démoniaque (jugez en plutôt par la liste des participants à l’album du « duo ») et si vous voulez une petite idée du niveau d’artisanat du dit objet on m’informe qu’il y a une petite erreur sur le livret : je cite : la track 13 c'est la 12 en fait - et la 3 et 4 sont inversées :


Mais les brulots en pleine face sont ils leur seule arme ? oh que non, en témoigne Sonic Room plus « pop » si l’on peut oser le terme, ou Dead Dead Dead presqu’enjoué et primesautier (avec son chœur féminin qui n’est pas sans rappeler l’excellent Harmonic Generator des Datsuns), enfin…pour peu que l’on fasse abstraction des paoles qui pour la peine sont plutôt un brin macabres. Pour ce qui est de réveiller les morts, le piano baltringue (bastringue) de Stetson devrait largement y arriver.

On attaque la seconde face comme on l’avait fait de la première, sans les cris d’horreur qui ne sont plus ici nécessaires, l’ambiance est toujours aussi inquiétante avec son orgue dopé et la voix désincarnée de Sam perdue dans le fond du mix, comme noyée sous 6 pistes de grattes graisseuses. Par certains aspects ce titre pourrait faire penser à ce qu’Iggy aurait pu faire de mieux en solo s’il n’était pas tombé, comme c’est souvent arrivé, sur de bien peu fréquentables margoulins soucieux, seulement, de pouvoir poser leur nom à coté du sien. La remarque que l‘on s’était déjà faite sur le 45T est plus que jamais d’actualité sur la longueur de l’album.

Si d’aventure vous doutiez encore des capacités et de l’intérêt de se jeter immédiatement sur cet album indispensable à toute ame damnée, une oreille rapide à Cadavra devrait finir de vous convaincre. Efficacité, énergie, mélodie et immédiateté, tout est résumé dans ce titre déjà culte pour qui s’interresse à ce qui vaut vraiment le coup d’être écouté dans l’hexagone. Vous en connaissez beaucoup des enchainements solo-accélération finale, comme sur There’s no Place Like… ? personnellement j’en ai rarement entendu du coté de la Starac ou sur le dernier Charlotte Gainsbourg !

Motorhead, Seeds, Sonics, Stooges, Cramps et qui sais je encore, oui les Sinners ont embarqué dans un train fantôme déjà joliment peuplé et sont loin d’y faire pâle figure, c’est l’auditeur, par contre, qui risque de virer au vert quand la folle cavalcade s’arrétera aux dernières notes d’un Mummy évocateur, dans un dernier vrombissement de moteur surchauffé en bout de course. Une dernière peleté de terre, 6 clous (piqués sur le cuir) et une croix (en fer évidemment)… la messe est dite. Oh Lord (of Altamont) have mercy….

Pour en savoir plus, et vous faire une idée plus précise sur 2 titres cadeaux: ... c'est ici.


Lords of Altamont - Lords Have Mercy (2005) - Straight in your face,

Lords of Altamont - Lords Have Mercy (2005)

- Bonjour, il me faudrait 10 morceaux de rock gras bien saignant et taille directement dans le nerf s'il vous plait..
- Y'en a un peu plus, je vous le mets quand même?
- bah ouais ca peut pas faire de mal. Non pas la peine de l'emballer je vais le consommer directement a même le cuir.


Plus que sur leurs autres albums nos Lords sont ici sérieusement épaules par l'ogre Hammond omniprésent et qui vient napper les saillis tout en guitares cradingues et cymbales martyrisées d'une couche de sirop d'érable qui, tout en engluant le tout, ne fait en aucun cas sombrer nos garagistes psychés dans la guimauve.

Même si le 1er titre lorgne parfois avec un heavy monster magnetien, la figure paternelle d'un Stooges basique reste la marque de fabrique de nos bikers enfièvres. A la différence d'Altamont Sin, les références au groupe de l'iguane sont quand même moins appuyées éloignant définitivement tout soupçon de manque d'inspiration tant les compos sont futées et originales dans un genre plutôt ultra balisé.

Et pour répondre a notre ami curieux, s'il ne devait n'y en avoir qu'une, celui ci bat dans mon cœur To Hell sur le fil...pour la pochette, chef d'œuvre d'efficacité suggestive.

The Lords Of Altamont - The Altamont Sin (2008) - Toujours aussi parfait même si quelques riffs rappelent très étrangement le groupe de l'iguane :)

The Lords Of Altamont - The Altamont Sin (2008)

Bon, vous ne viendrez pas dire qu'on ne vous aura pas prévenu. Le message qui ouvre cet album est assez explicite pour que vous compreniez bien que la musique des Lords est réservée aux oreilles doublées de cuir. D'ailleurs le rouleau compresseur qui passe juste après le speaker devrait finir de convaincre les égarés de passer leur chemin.


Une fois les indésirables mis de cote, les Lords peuvent se faire un petit plaisir en glissant, le temps d un Faded Black en terres plus pop sans pour autant délaisser le gros son crado qui est leur marque de fabrique. Voix de poissonnier fortement alcoolisé, disto...distordue, rythmique basique mais lancinante comme peut l être une grosse gueule de bois, le décor est pose, on n'est pas vraiment la pour faire des bouquets de marguerites. Ce sont plutôt d'orties dont il est ici question, orties et chardons engraisses a la cendre et au gros bourbon qui tache. Pour faire passer cette lourde décoction, une bonne louche d'orgue bien sirupeux, comme sur Never Do Well par exemple.

Avec le gosier bien lesté par le mélange, comment peut-on faire autrement que de beugler de cretins refrains comme autant de chants de hooligans avines? Ya pas a tortiller du slim en cuir, impossible de faire autrement comme en témoigne Going Nowhere Fast et son solo aérien tout en urgence hallucinée.

Orgue hante sur fond de riff hard rock ultime, mais du plus crasseux qui soit, on n'est pas chez Satriani ici, des les premières notes on sent...la poudre? Oui, la poudre en effet, mais on sent surtout qu'avec Lightning Strikes on a affaire a du lourd en descendance directe des Stooges qui aurait pique quelques plans de clavier au Monstre Magnétique des débuts.

Je ne vais pas vous faire tous les titres de l'album, je risquerai de me répéter, sachez seulement qu'on y entend aussi de l'harmonica (lewinsky ?) entre 2 riff de sexe, de drogue et , évidemment, de rock n'roll car c'est bien de cela dont il s'agit ici et du meilleur, du millésime 60s garage.

Mais je vous vois venir d'ici avec vos grosses bottes Harley, vous allez me demander: "mais Crew, si je ne devais avoir qu'un seul album des Lords?". Ceux qui savent riront de vous, en effet avoir un seul album des Lords c'est aussi cretin que de s'envoyer un verre de tequila alors qu'on peut se faire la bouteille au goulot. Mais je ne suis pas de ces moqueurs et je vous répondrais sans détour: "Dans ce cas, rues toi sur To Hell With the Lords" dont les titres sont peut être encore plus aboutis...ici certains hommages aux Stooges frisent quand même dangereusement le plagiat par définition peu imaginatif.

The Lords Of Altamont - To Hell With The Lords (2006) - Raw Power from the Lords

The Lords Of Altamont - To Hell With The Lords (2006)

Au "peace, love and happiness" de la fin des sixites, les Lords of Altamont ont sans hésitation aucune préféré le "sex, drugs and rock n'roll" intemporel des pionniers du rock. Le nom suffit à comprendre qu'on est à des années lumière du patchouli et des fleurs dans les cheveux de Woodstock. Non, les 5 Lords sont là pour un enterrement, tout de cuir noir vétus, mine sombre et patibulaire, regards vides et hallucinés par les abus en tous genre et le manque de sommeil....



De références ils ne manquent évidemment pas, MC5, Fuzztones, leurs CVs respectifs sont à eux seuls un carnet d'adresse du garage rock le plus straight. Qu'est ce à dire? et bien vous prenez 2 guitares en fusion qui se tirent la bourre à la moindre occasion de solo, un orgue farsifa bavard et une voix de précheur halluciné, le tout sur une section rythmique tachicardique ou étrangement ébéthée et voilà à peu près ce que çà peut donner. Ajoutez à celà des titres qui ne dépassent pas les 4 minutes, des hommages appuyés aux Stooges (Come on... ressemble au petit frêre de Raw Power par exemple) et aures légendes noires (pas dans le sens de la couleur de peau) du rock n'roll, une imagerie et un nom tout droit sorti de l'univers des Hells Angels et vous saurez de quoi il retourne.

Synthèse parfaite du Garage, du Punk et du rock Psychedelique, ces 5 là n'ont certainement pas inventé grand chose, mais c'est avec une énergie et une flamme sincère qu'ils entretiennent avec brio la flamme d'une certaine esthétique rock originelle.

The Black Angels - Directions to See a Ghost (2008) - 72 minutes de "trip noir" dont on ne ressort pas indemne

The Black Angels - Directions to See a Ghost (2008)

Dans la catégorie néo rock psychedelique, si les Lords of Altamont représentent la branche cocainée-caffeinée tendance Stooges, les Black Angels, qui nous occupent aujourd'hui, évolueraient plutôt dans la famille des Velvet Underground valiumisés-opiacés avec un chant, un mantra plutôt tant la voix désincarnée, exclusivement masculin.


2 guitares, une basse, une batterie et d'étranges drones machines soutiennent ce chant qui, même si on peut le considérer sans vie, n'en demeure pas moins extrémement envoutant et habité. L'ambiance est lourde sans être peusante (j'avoue que çà parait difficile à imaginer, mais c'est bien le cas ici, de lourds morceaux aériens s'échappent des enceintes au fur et à mesures des écoutes). Comme le disait fort justement un commentateur précédent, on peut se demander quelle est l'utilité d'avoir découpé l'album en 11 titres, tant ils forment un tout qui, à la première écoute, peutt paraitre un brin répétitif. Mais, et c'est là que tout le charme de l'album agit, on y revient malgrè cette première impression déroutante. Au fil des écoutes on commence à deviner les reliefs cachés derrière ce mur de guitare oppressant et, peu à peu, les nuances apparaissent, les couleurs se révélent et c'est plus d'homogeneité entre les titres que de redite dont on découvre qu'il est ici question.

Moins étouffant qu'un Black Mountain (avec qui on les compare souvent), les Black Angels réussissent l'exploit de rendre leur rock psychélique, assez rebutant de prime abord, hautement addictif... il ne faudrait cependant pas y voir une volonté affichée du groupe de pousser ses fans, à chaque album plus nombreux, dans les bras dangereux de l'addiction, celle ci restant purement musicale.

Nesles – Krank (2009) - Prise de risque maximale pour un artiste complet

Nesles – Krank (2009)

Avant même de glisser l'album dans la platine on est pris d'une terrible appréhension: un concept album, c'est bien cela? Aie...en Français en plus ? Le pire est à prévoir. "Que reste-t-il quand on ne croit plus en Dieu ?" ainsi se clôt l'intro plongeant encore un peu plus l'auditeur dans un abime de perplexité. Mais qui est cet homme? Une nouvelle incarnation de Manset ? D' Higelin ? Ou plus surement encore de William Sheller ? Aucune chance, aux dernières nouvelles ces 3 là sont encore parmi nous. Pourtant dès le second titre on ne peut s'empêcher de penser a eux. Du coup avec pareils parrains la confiance s'installe peu a peu et on accroche petit a petit à l'histoire qui nous est ici racontée et que je me garderai bien de vous résumer pour vous laisser le plaisir de la surprise et de la découverte.


On y accroche d'autant plus qu'avec ses ambiances a chaque fois différentes et toujours magnifiquement plantées la bande son accompagnant l'histoire est un modèle du genre, loin de resucées gainsbourgiennes auxquelles on a souvent droit avec de tels projets. Sur des rythmiques souvent electros viennent se poser cuivres et cordes comme sur le superbe Insomniaque (Ou comment combattre les psychopompes) et force autres sons plus ou moins authentifiés qui ne cessent de maintenir l'oreille en alerte.

D'un point de vue purement musical la prise de risque est indéniable et constante tout au long de l'album au risque de dérouter l'auditeur pas encore familier avec l'album (Coeur vaillant) et même après plusieurs écoutes on se surprend parfois a "supporter' certains passages assez...originaux pour arriver, enfin, au suivant plus immédiatement accrocheur.

Avec ses guitares mélancoliques évoquant un soyeux croisement entre madrugada et radiohead Sous le cortex et son final tout en cuivre se révèle être sans doute le chef d œuvre de cet album au coté de quelques ovnis déstabilisants comme Funis ambulare ou la "reprise" très réussie a la première gnosienne de Satie sur Nocturne au jardin.

Il faut bien plus d'une écoute pour bien comprendre l'histoire de Krank, en voir toutes les subtilités, ceux qui s'en donneront la peine feront parti des happy fews qui savent qu'il existe aujourd'hui encore des compositeurs et des poètes au sens noble du terme, Nesles en fait indiscutablement parti. On ne pourra néanmoins pas jeter la pierre a ceux qui, déroutés par la longueur du disque, ses changements incessants, ses mélodies pas toujours immédiates et le cote pompier de ce type de projet, a ceux, donc, qui auront quitté Krank en cours de route en se jurant que jamais plus on ne les y reprendrait.

Los Disidentes Del Sucio Motel – Soundtrack from the motion picture (2010) - Poussière, tequila et gros riffs du Sud !

Los Disidentes Del Sucio Motel – Soundtrack from the motion picture (2010)

Ne vous fiez pas aux quelques instants d’orgue d’église qui ouvrent la galette, vous devriez assez rapidement vous rendre compte que ce ne sont pas les petits chanteurs à la croix de bois qui viennent aboyer immédiatement après sur le gaillard Sir Dany Jack. Si la blague n’avait pas déjà été faite, je ne sais plus trop où, on serait plus tenté de croire que nous avons ici à faire à une belle bande joyeusement alcoolisée de petits chanteurs à la croix de fer, tendance bikers patibulaires, planqués pour des raisons qui finalement ne regardent qu’eux, dans un motel crasseux (comme leur son de gratte) à la frontière des desperados et du monde prétendument civilisé.


Comme une bande de Daltons, mal dégrossis, les gus qui constituent le gang portent le même patronyme : Maverick (ouais comme le label de Madonna qui hébergea entre autre Deftones). 12 balles, c’est tout ce qu’il leur reste dans le chargeur, 12 balles (dont une « hidden ») pour couvrir leur fuite. Ca risque de canarder sec avec les autorités (le final de No Folk, No pity for the cheaters (et son intro fugacement It’s so easy d’une autre bande de gunners bien connus) ou encore Backdoor Woman). Trafic d‘alcool ou d’autres substances prohibées, prostitution, adoration païenne d’une désertique divinité, conduite sous substances pied au plancher, va savoir quel peut bien être leur crime ?! Peut etre que tout simplement ils ont su rappeler à qui de droit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Un fâcheux l’aura appris à ses dépends au second chapitre.

Réminiscences kyusiennes ou qotsiennes (le redémarrage de Brotherhood par exemple) les loustics connaissent leurs maîtres, mais ne comptez pas sur eux pour cracher le morceau si on leur demandait, ils sont suffisamment futés pour savoir noyer le poisson à leur sauce et suffisamment mûrs pour n’avoir besoin de personne pour voler (dans tous les sens du terme) de leurs propres ailes. Histoire d’être vraiment sûr de passer incognito dans la fuite ils savent maquiller habillement de clavier leur lourde cargaison de riffs (A beauty among the crowd) et Franky fait des merveilles pour varier sa voix d’un titre à l’autre. Difficile à suivre alors les Disidentes ? pas vraiment, sauf pour une équipe de sergents Garcia, pas vraiment donc pour tout amateur de gros son normalement constitué, le groupe ayant assez de personnalité pour retomber quand même sur ses pattes à chaque nouvelle giclée.

Protégés par le dieu Géant Roux, nos gaillards réussiront à fuir leur motel aussi poisseux que poussiéreux pour reprendre la route pour reprendre la route (Higway 66 ? 51 revisited ?) et hurler comme un Lemmy sous ??? sous quoi d’ailleurs ? comme un Lemmy çà suffit déjà amplement, bref pour hurler leur bonheur de tracer trippes à terre vers le nouveau Mexique. Comme souvent avec ce genre d’outlaws, tout se finit autour d’un feu perdu dans le désert, mais çà c’est une autre histoire que je vous laisserai découvrir par vous-même. Ah ouais, au fait, cette course entre les cactus à grand renfort de bourbon frelaté, de tequila et de mexicola nous vient tout droit du grand....Est!

En France on n’a pas de peyotl mais on est déridés (attendez la toute fin de l’album et vous verrez ;).

Rescue Rangers - Guitars and Dust Dancing (2008) - Power trio

Rescue Rangers - Guitars and Dust Dancing (2008)

Est-ce parce qu’ils ont participé au festival Psychotic Reaction à Paris en juin dernier qu’il faudrait limiter Rescue Rangers au statut de fier représentant de la scène stoner française option calanques ? Personnellement, et vu que c’est mon avis que j’exprime ici, je ne le pense pas du tout. Ce serait finalement très réducteur et faux. Plus que de stoner on pourrait résumer la musique de nos rangers de choc à un condensé de ce que les 90s ont produit de mieux en matière de rock.


Dans le chant, les guitares, les compos on retrouve de grandes gorgées de ce que l’on appelait alors grunge et c’est un véritable plaisir de réentendre des mélodies pas forcément sacrifiées sur l’autel de la puissance et du rentre dedans. On pense à Pearl Jam, Soundgarden, et quand le ton se durcit (Black as Bastet, Spear) on n’est pas loin de l’énorme Frogstomp de Silverchair. Alors grunge Reccue Rangers ? Bah non, puisqu’on vous dit qu’essayer de les classer serait très réducteur ! Le groupe est tout simplement rock, un point c’est tout, jetant un pont salutaire entre les glorieuses 70s et les 90s à l’héritage encore trop chaud pour être vraiment justement apprécié. Cette mission, fièrement revendiquée par le trio l’amène forcément à gambader aux cotés des Foo Fighters et autres groupes hautement recommandables et à s’aventurer en terre plus psychédéliques et errantes comme sur le très beau In Cathedralica.

Évidemment un léger parfum stoner flotte de-ci delà sur l’album (le temps d’un Scary Black Holes (sun ?) par exemple, d’un rapide King Cobra ou du titre qui clôt l’album) et, même si çà fait un peu cliché et que c’est toujours un peu c*n à dire, ces gars là méritent vraiment d’être appréciés en live car c’est là que l’on prend réellement conscience de leur talent et de leur énergie !

Alors est ce à dire que nos marseillais peuvent prétendre aller porter la bonne parole aux 4 coins de la planète ? Il y a peu de doutes là-dessus et ce n’est pas un hasard si Alan Douches (Mastodon, Sepultura, Hatebreed) a assuré le mastering de l’album. La seule ombre au tableau ? Les Rescue Rangers, du moins aux states, c’est une série Disney dont Tic et Tac sont les héros… Souhaitons que nos 2 espiègles écureuils ne fassent pas d’ombres à nos barbares !


Rien à voir

The Black Angels - Phosphene Dream (2010) - La lumière tout au fond du tunnel ?

The Black Angels - Phosphene Dream (2010)

Dans la catégorie des groupes contemporains psychèdéliques chimiquement fortement chargés, les 2 premiers albums des Black Angels avaient surpris et charmés par leur noirceur et le coté plombé et désespéré des compos. Loin des petites fleurs et du tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil le groupe d’Austin, ouioui comme le 12th Floor Elevator,le groupe donc optait pour un psychédélisme beaucoup plus urbain et claustrophobique, opiacé, forcément...


Le disque commence et immédiatement, on est en terrain connu, on commence à s'installer confortablement dans ce ronronnement familier, douillet, connu et rassurant et là, sans prévenir, le groupe suprend en cassant sans prévenir ce traintrain trop prévisible, dès la première moitié du premier titre. Excelente idée qui a pour effet immédiat d'attiser la curiosité et donc l'attention de l'auditeur !
Le disque déroule et les surprises s'enchaînent: petit coté psyché-pop qu’on ne leur connaissait pas forcément sur le second titre, comme s'ils avaient décidé de s’offrir un peu de lumière, une petite ballade au soleil, blafard certes, comme un soleil de Novembre, comme un Sunday Afternoon au grand air, ou au Telephone.

Structures harmoniques légérement hindouisantes (on pense parfois au Paint it Black de…. Qui déjà ?!) et orgues hantés sont évidemment au rendez vous, juste portés par une batterie qui, pour être réduite à son minimum vital, n’en reste pas moins immensément présente et indispensable, sortant souvent du carcan purement rythmique pour venir se méler de mélodie aussi. Aux lourdeurs opiacées de Direction to See a Ghost, on trouverait presque un coté Swinging London à ce Phosphene Dreams par instants.

Car oui, c’est sans doute la révélation de cet album, plutot que de continuer à passer leur temps à gober toutes les couleurs possibles et imaginables de cachets qui passent à leur portée dans leur cave de répéte, les Angels ont décidé de sortir un peu. Leur musique y gagne en vie et en oxygène, ce qu’elle perd, bien evidemment, en claustrophobie paranoiaque. Plutot que de ruminer des cris de désespoir, de détresse, des appels à la révolte ou plutôt à la prise de conscience de l’inertie et l’abrutissement de nos sociétés, c’est comme si soudainement Alex Maas et sa bande s’étaient réveillés un matin en décidant de, presque, prendre la vie du bon coté. Pour preuve, le format plus « conventionnel » de la durée des titres. Plus de longue descente aux enfers sans fin ici, mais des vignettes d’humeur changeante, toujours révoltées, désabusées mais peut être plus « optimistes » que par le passé. Faut il voir dans The sniper, qui m'évoque étrangement Led Zep, un retour d’acide datant de leur tournée en ouverture de Wolfmother ? allez savoir….

Histoire de ne pas effrayer les afficionados des 2 albums précédents, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, on reconnait parfaitement la pâte Black Angels sur ce nouvel album, le talent de composition du groupe et son univers, mais plutôt que de labourer stérilement et sans relâche le même sillon, ils s'ouvrent un peu...qui s'en plaindrait ? certainement pas les Black Mountain qui semblent prendre le même chemin.


Blaak Heat Shujaa - Blaak Heat Shujaa (2010) Décollage immédiat ....

Blaak Heat Shujaa - Blaak Heat Shujaa (2010)

Ambiance western, forcément, dès l’ouverture, western oriental, grattes distordues, bruit du vent dans les cactus, ça sent bon son désert rock décontracté, le grand Brant n’est jamais très loin ainsi que les autres figures tutélaires du desert rock et de son dérivé alourdi, le stoner. Mais Blaak Heat Shujaa sait brouiller les pistes à grand renforts de changements de tempos et de tonalités toujours surprenantes et bienvenus passé la première surprise. Une fois dans le désert, si les pistes se brouillent, c’est peu de dire qu’on est très vite complètement paumé et qu’il ne reste plus alors qu’à errer dans l’espoir de retrouver son chemin.

Et c’est bien ce que nous proposent les 3 parisiens avec ce premier album enregistré avec l’aide de Scott Reeder (sisi lui-même) dans la région de Palm Springs, Mecque du stoner s’il en est, cette invitation à l’errance sereine. Mais pas question pour autant de s’endormir, il y a quand même de la route à faire… Il faut suivre le guide au risque de se perdre à jamais, le fil d’Ariane que constitue, de loin en loin, le chant désincarné et noyé d’échos de Thomas Bellier (mariage improbable entre une version masculine du chant d’Acid King et Ozzy), chant désincarné qui rapproche nos "stoner friends" d'un rock psyché à la Black Angels, créant ainsi une passerelle inédite entre ces 2 courants pas si éloignés à la réflexion.

Propice à l’hallucination, au voyage intérieur et à la rêverie, la musique du trio vous fera sans nul doute quitter terre et c’est presque naturellement que l’on croisera le fantôme de Layne Staley (Alice in Chains) sur MIA, des riffs sabbathiens en diable forcément, par ci par là, et toujours, revenant, ce son non identifié entre lignes à haute tension et ondulations dunesques (par exemple sur l’intro du colossal Moon). On décolle certes régulièrement tout au long du disque mais, tôt ou tard Blaak Heat Shujaa nous rappellera les dures lois de la gravité en plombant, à grand renfort de basse défoncée et de riffs pachydermiques, l’ambiance.

« Fasten your seat belt and light up your spliff » disait Peter Tosh, il semblerait que, dans un tout autre univers musical, Blaak Heat Shujaa ait fait sienne cette précieuse devise. Laissez vous conduire, l’au-delà désertique c’est tout droit !

Vous ne me croyez pas ? en bonus, le trip hallucinant de Where You At ? en live au Klub, en (3ième) première partie de Glowsun cette année :