mardi, novembre 01, 2011

Julien Demets - Rock et Politique, l'impossible cohabitation - 2011

Julien Demets - Rock et Politique, l'impossible cohabitation - 2011

Evidemment, la préface de Jean Paul Huchon, amateur éclairé de rock n roll s'il en est dans le milieu de la politique, peut paraitre quelque peu étrange de prime abord, lorsque l'on songe que le bonhomme n'est pas le dernier à porter son lot d'ombres et de polémiques.



Mais après tout, des politiques qui s'y connaissent en rock, il n'y en a pas tant que celà, et hommage soit ici rendu au regretté Patrick Roy qui défendit, héroiquement drapé dans sa veste rouge, la musique dit métal qui est pourtant bien moins souvent politisée qu'au hazard, le ska festif ou le hip hop revendicatif. Et puis rock et polémique vont si bien ensemble... d'ailleurs qu'en est il de rock et politique alors ? C'est à cette question que tente de répondre Julien Demets en 210 pages érudites s'il en est. Il suffit de jeter un coup d'oeil à la bibliographie pour se rendre compte que, non content de connaitre parfaitement son sujet, l'auteur n'a pas regarder à la tâche quand il s'en est fallu aller se documenter plus encore sur le sujet.

En 3 grandes parties chronologiques le bouquin passe au peigne fin la mésentente cordiale entre rock et politique qui accompagna la naissance de cette musique. Scandales elvisiens et dépravation de la jeunesse allaient alors de pair avec les florissantes 50s, l'american way of life, les burgers et le coca, puis les textes devinrent plus vindicatifs, accompagnant l'émancipation d'une contre culture à part entière, puisant certaines de ses racines dans le rejet de la guerre du Vietnam et les revendications raciales. D'un Woodstock encore bon enfant (toute proportion gardée) sans but réel ni revendication plus engagée que 5 jours de musique, d'amour et de paix. Néanmoins le ver était dans le fruit, alors que les punks allaient glisser vers un No Future aussi désabusé en terme de slogan fédérateur qu'inégalable pour ébranler un système scélorésé entre famille royale et tatcherisme. Alors donc, que le punk allait se démarquer du système par son attitude radicale et do it yourself, le Vietnam finit, les enfants du flower power allaient trouver 1000 causes pour faire fleurir un Charity Business multitache. La conclusion de tout celà n'est pas franchement brillante pour les rockers qui se laisseront alors charmer par des candidats qui auront bien compris à quel point se faire photographier avec telle ou telle idole pouvait leur rapporter, électoralement parlant.

Fourmillant d'exemples concrets, d'anecdotes et de remise en perspective, le bouquin de Julien Demets est, de plus, une oeuvre salutaire, tant la littérature sur le sujet était rare, voire inexistante, qui plus est avec une telle qualité d'écriture ! Tout est dit dans le titre, il s'agit ici de rock, point barre, on attends avec une impatience non dissimulée qu'un courageux se livre au même genre de rapprochement avec le reggae, le hip hop voire même la trance goa :)

En plus, une judicieuse liste de 200 protests songs classées par type de sujet (racisme, guerre, homosexualité, écologie, etc...) vient clore l'ouvrage histoire d'en accompagner la lecture. Kick Out the Jam Motherfuck**

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