mercredi, février 13, 2013

From a Basement in Seattle: The Poster Art of Brad Klausen (2011)



From a Basement in Seattle: The Poster Art of Brad Klausen (2011)

Pearl Jam, Soundgarden mais aussi Built to Spill ou Queens of the Stone Age, Brad Klausen a travaillé pour les plus grands. Ce n'est pas un hasard s'il est considéré comme l'illustrateur officiel des posters du groupe d'Eddie Vedder (qui rédige l'intro du bouquin, Jeff Ament s'occupant de l'avant propos). Cet épais volume grand format, qui met superbement en valeur les affiches de l'artiste, est la première rétrospective de son oeuvre immense, passant en revue, chronologiquement 75 de ses plus beaux travaux.




Outre la qualité des affiches proposées, le grand intérêt du présent ouvrage est de présenter sur chaque page de gauche les croquis préparatoires (crayonnés, encrages et tests de couleurs), accompagnés d'un petit texte resituant le poster dans son contexte. Sur la page de droite, on trouve la reproduction de l'affiche définitive, ce qui permet de se rendre compte que, dès le premier coup de crayon, Brad Klausen a déjà une idée très précise du résultat auquel il compte arriver.







C'est définitivement l'un des plus beaux livres sur le sujet, indispensable à tous les fans de Pearl Jam, les amateurs d'affiches et, plus généralement encore, à tout amateur d'art tant le trait et les couleurs de Brad Klausen sont uniques et superbement maitrisés.

mercredi, février 06, 2013

Jay Ryan - 100 Posters 134 Squirrels: A Decade of Hot Dogs, Large Mammals, and Independent Rock: The Posters of Jay Ryan 100 Posters 134 Squirrels: A Decade of Hot Dogs, Large Mammals, and Independent Rock: The Posters of Jay Ryan (2011)

100 Posters 134 Squirrels: A Decade of Hot Dogs, Large Mammals, and Independent Rock: The Posters of Jay Ryan (2011)

Au milieu des Hot Rods, des crânes et des pin-ups diaboliques, Jay Ryan fait figure d'OVNI dans le petit monde du poster rock. Avec son trait à la limite de l'illustration jeunesse, ses animaux plus expressif que nature (on pense parfois à un Disney épuré)et son lettrage artisanal, voilà un artiste que l'on reconnait au premier coup d'oeil, justifiant, si besoin était, qu'il trouve aujourd'hui tout naturellement sa place au panthéon des graphistes rock contemporains.






Des Breeders à TV on the Radio, des Supersuckers aux Flaming Lips, de Shellac à Mission of Burma, c'est toute une histoire de la scène US indépendante qui défile sous le crayon de Jay Ryan avec des posters illustrés, de façon quasi permanente, en complet décalage avec la musque pratiquée par les groupes, tout l'art de Ryan consistant à rendre l'ensemble cohérent, évident au premier coup d'oeil, bref, unique.







Superbement illustré, on s'en doute, enrichi de témoignages aussi admiratifs qu'enthousiastes d'Art Chantry ou Steve Albini (entre autre), ainsi que d'une très longue interview de l'artiste lui même, voilà la porte d'entrée idéale pour découvrir l'oeuvre d'un des artistes les plus originaux de cette scène.

Un plaisir de gamin gribouillant !


Phil Cushway - Art of the Dead (2012)

Phil Cushway - Art of the Dead (2012)

Dans le petit monde des livres dédiés aux posters rock, il est de coutume d'attaquer le sujet par dessinateur et il n'existe, finalement, que très peu de livres consacrés à l'art développé autour d'un groupe. Pourtant, c'est avant tout pour faire la promotion de ces groupes, et de leurs concerts, que cet art si particulier a vu le jour dans les 60s. Art of the Dead est l'exception qui confirme la règle et avec brio ! En effet, qui d'autre que le Dead peut se targuer d'une telle longévité, qui d'autre que lui aura porté les espoirs et les aspirations de toute une jeunesse. Qui d'autre aura livré, sans relâche, des shows toujours aussi habités et dépaysants au cours des décennies ? Figure incontournable de la contre culture US, ils en sont l'âme et l'inspiration, comme en témoigne ce livre magnifique, évidemment non traduit en français..





L'auteur a travaillé avec les légendes: Griffin, Moscoso, Wilson, Mouse et Kelley, mais aussi avec les icônes des 90s dans le domaine: Kozik, Arminski, Forbes ou Coop, c'est dire s'il maitrise son sujet sur le bout des doigts. Quand il rappelle, dans la préface, que le livre est avant tout un hommage aux artistes et à leur art, c'est pour mieux rappeler que le Dead sert de prétexte à la finalité réelle du livre; faire connaître, partager et porter à la postérité les 140 posters qu'il a sélectionné et leurs auteurs. A noter, au passage, le formidable travail de reproduction, tant par la taille que par la qualité, permettant ainsi d'appréhender pleinement les détails et les styles.



"Griffins, Mouse et Moscoso ne sont pas seulement les rejetons de Toulouse Lautrec, Mucha et Chéret, mais tout autant leurs pairs", voilà ce que ce livre sublime, idéalement commenté par Greil Marcus, Steven Heller ou Mickey Hart, démontre brillament, si besoin en était encore.



Un livre pour les passionnés du Dead, du Rock, de l'affiche mais, plus encore, pour les passionnés d'art tout court.


lundi, janvier 28, 2013

Nick Kent - Apathy for The Devil (2012)



Nick Kent - Apathy for The Devil (2012)

(Petit) frère british de Lester Bangs, Nick Kent, monument incontournable de la "rock critic", se livre pour la première fois à l'exercice de l'autobiographie et décide de commencer sa vie à 12 ans, âge auquel il rencontre pour la première fois d'une très longue série, les Stones. De Marc Bolan aux New York Dolls, des Sex Pistols à Bowie, de Led Zeppelin à Iggy Pop, en passant par Syd Barrett, les Clash et nombre d'autres, il aura côtoyé tout au long des 70s tout le gratin du rock, partageant même longuement la vie de Chrissie Hynde alors encore inconnue.




Sa plume, immédiatement reconnaissable, il la mettra au service du légendaire New Musical Express (NME), après l'avoir trempée dans la même encre que Truman Capote, Tom Wolfe et quelques autres tout aussi "gonzos". Son esprit, sans cesse au cours de cette décennie, il choisira de le noyer sous un déluge de poudre, d'amphétamines, de speed, d’héroïne et d'à peu près tout ce qui pourra le stimuler, le calmer, le réveiller bref l'égarer. Dès les premières pages, tout à fait conscient de l'état dans lequel il a traversé la période, Nick Kent nous met en garde contre le caractère tout à fait subjectif et aléatoire de la mémoire, rappelant cette vieille blague attribuée par la légende populaire à Keith Richards, selon laquelle "ceux qui peuvent se souvenir des 70s, c'est qu'ils ne les ont pas vécues".

Nick Kent lui les a vécues, et du cœur de la bête même, dans les loges des Stones, en virée anglaise avec les Stooges d'Iggy, en repet avec les Pistols, partageant son speed avec Hawkwind, hébergeant Sid Vicious (qui en prend largement pour son grade dans l'ouvrage) et finissant, comme bien d'autres à la même époque, sous méthadone. "L'essence des seventies s'est produite sur 6 ans, de la naissance de Ziggy Stardust a la mort des Sex Pistols" analyse t'il dès l'entame du dernier chapitre (78/79), le seul de l'ouvrage qui ne soit pas consacré à une année complète. De fait,  de son ascension fulgurante, le hissant au rang de figure de proue du NME, à sa chute, prévisible, il ne se sera guère passé beaucoup plus de temps et c'est cela que Kent raconte aussi, la longue descente aux enfers d'un camé au dernier degré, de sa plume inimitable, mélange de lucidité, d'humour, de panache et, finalement, d'une élégance toute british

Nick Kent nous laisse sur une promesse: celle de raconter "ses" 80s, commencées bien tardivement, quand il se décida finalement à reprendre la plume après une traversée du désert (musical), (ré) enflammé qu'il fut par la découverte des Smiths. C'est dire si ses facultés de défricheur étaient alors mal en point ;)

Nick Tosches - Réserve ta dernière danse pour Satan (2012)


Nick Tosches - Réserve ta dernière danse pour Satan (2012)
 

Pour une raison qui m'échappe quelque peu, je trouve les précédents commentateurs d'Amazon assez durs avec ce livre, et en particulier concernant le travail, tout à fait honorable de la traductrice Hélène Frappat. En effet, en version originale, la plume de Nick Tosches est sans doute ce qui se fait de mieux en matière de littérature rock. Moins folle que Lester Bangs, moi auto-centrée que Nick Kent et tant d'autres aujourd'hui, il s'agit avant tout de la plume d'un esthète, d'un passionné passionnant, d'un véritable amateur éclairé qui sait aller bien au delà de la simple musique.

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Avec ce court texte, initialement paru dans le New Yorker, et quelque peu augmenté dans cet édition, c'est sur les tout débuts du rock, en pleine 50s US, que l'auteur choisi de nous emmener, mais oubliez Elvis et les autres stars du moment car, comme à son habitude depuis Héros oubliés du rock'n'roll, c'est à l'envers du décor que s’intéresse l'auteur. A tous ceux qui se sont fait rouler dans la farine par les producteurs mafiosos, ceux qui chantent sur les disques mais ne sont crédités nul part, ceux qui n'ont jamais reçu un centime des dizaines de titres qu'ils ont pourtant écrit. Bref, une histoire parallèle des débuts du rock pas tout à fait tutti frutti !

128 pages passionnantes écrites sur un train d'enfer... un régal de connaisseur !

En vente ici:





Didier Maiffredy - Rock Poster Art : Sérigraphies de concert (2012)



Didier Maiffredy - Rock Poster Art : Sérigraphies de concert (2012)
 

Des ouvrages sur l'art du poster rock (phénomène encore marginal en France), il en existe finalement beaucoup, mais la plupart du temps, ces derniers ne sont tournés que vers un seul artiste: Brian Ewing, Emek ou encore R. Black. Il existe finalement bien peu d'ouvrages qui balayent tout le sujet, à l'exception de l'incontournable mais très épais et peu pratique Art Of Modern Rock: The Poster Explosion.

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C'est donc avec une jubilation certaine qu'on accueille enfin un livre en français sur le sujet, et quel livre !!! Didier Maiffredy connait son sujet, collectionneur infatigable, organisateurs d'expos, conférencier reconnu et président fondateur de l'association Les Arts du Rock, c'est ici l'oeuvre d'un passionné et quand on sait que c'est Frank Kozik qui préface l'ouvrage, on comprend vite tout le sérieux de ce bouquin.





Plus qu'un simple enchainement de reproductions, c'est une véritable plongée dans cet univers graphique à laquelle on assiste: histoire du phénomène (du psychédélisme au punk, jusqu'à l'explosion contemporaine), panorama de la scène, américaine évidemment, mais aussi mondiale, influences et références (pop art, art nouveau, détournement, etc..), fourmillant de détails techniques (réalisation d'une sérigraphie, modèle économique des artistes), de véritables cours d'histoire de l'art et/ou du rock, le tout, bien évidemment, superbement illustré d'un nombre incalculable d'affiches (d'environ 150 artistes), ainsi que, pour certaines d'entre elles la "version originale" dont elles sont tirées.




Aussi superbe à regarder que passionnant à lire (car oui, du texte il y en a, et pas qu'un peu), sans doute l'ouvrage le plus complet sur le sujet et on le doit à un petit frenchy.... cocorico ;)

En vente ici:





vendredi, octobre 12, 2012

Slut Machine - From Blind to Blue (2012)

Slut Machine - From Blind to Blue (2012)

Avec un nom pareil, des lives suant d’électricité rageuse et un premier album particulièrement bien troussé, les Slut Machine, avec cet EP, décident d’un retour aux sources grasses et fuzz. Finies les incartades Rage Against The Machine dans le genre du surpuissant Jump de l’album précédent, ou les essaies de grawl pas forcément convaincants.

Dès le premier titre, on comprend tout de suite de quoi il s’agit : Collapse est une furieuse charge, sale et méchante portée magnifiquement par une voix digne d’un John Garcia mal léché (c’est dire !), et les choses ne vont pas s’arranger avec la rythmique trash de Cosmic Monster sur laquelle surfe une gratte purement desert rock nous replongeant directement dans les plus belles envolées de Josh Homme au sein de Kyuss. A ma connaissance personne jusqu’à maintenant n’avait tenté ou, en tous cas, réussi ce mariage trash/stoner. 

Et tant qu’à abâtardir le genre, les Salopes (hey ! c’est pas moi hein, c’est leur nom, c’est tout) en viennent à invoquer les 2 voix croisées a la Alice in Chains sur le plus apaisé  (Ain't) No Way Out, ou le superbe Tornado et ses 7 minutes en apesanteur plombée, dans la veine du Eye of the Storm de l’album précédent. On l’avait déjà repéré sur le 1er album avec le superbe Clouds, si en quelques minutes à peine Slut Machine peut déchainer les éléments avec une rage et une énergie impressionnante (allez les voir sur scène) nos lascars ne sont pas manchots quand il s'agit d'étirer les morceaux sans lasser.

Vous croyez que j’exagère ? bah… les petits gars sont tellement sûrs de leur coup que vous pouvez directement aller en juger par vous-même sur leur bandcamp ! 

Wheelfall - Interzone (2012)


Wheelfall - Interzone (2012)

« Comme si Pelican avait enfin décidé d’arréter de se tripoter la nouille pour aller copuler avec un chanteur qui lui aurait ouvert son…spectre musical ». Ainsi pensais je après les 22 minutes de plaisir solitaire que constitue l’écoute au casque du final « Interzone » 

 



Mais reprenons les choses depuis le début, après une petite intro sonore genre post-guerre nucléaire, délicieusement nommée (prelude), histoire d’ambiancer quelque peu l’auditeur (enfin entendons nous dès le départ, ambiancer, ambiancer, c’est pas vraiment du Zouk Machine) on se prend direct la double attaque riff-cymbales immédiatement renforcée par les vocaux autoritaires et pas franchement ravis de Wayne Furter. Dès le premier titre les balises sont posées et le morceau se développe ensuite en un brillant décollage stoner psyché (rythmique plombée/ solo bourdonnant presque aérien).
Jamais a court d’idées, le groupe sait toujours relancer ses morceaux (en moyenne une dizaine de minutes chacun) au meilleur moment (le superbe changement de rythme qui introduit le décoiffant solo au beau milieu de it comes from the mist en est l’un des nombreux exemple). Pareil imagination renouvellée sur la durée d’un album copieux, c’est assez rare, surtout dans le genre, pour être sacrèment remarqué !


Une chose est sure avec pareil album Wheelfall joue définitivement dans la cours des grands. Superbement interprété et produit, le groupe livre un "stoner" (mais le terme est brin trop limité en ce qui les concerne) tout en atmosphère lourde, martiale et, il faut bien le reconnaitre, un brin désespérée. On pense, évidemment, a Neurosis qui n'aurait pas oublie d'appuyer sur la pédale « groove » de ses riffs plombés. 


Unique groupe, pour le moment, de la prometteuse écurie Sunruin, les nouvelles recrues futures vont avoir du boulot s’ils espèrent faire une impression aussi fracassante que leurs ainés !!!


mardi, juillet 17, 2012

Feuerzeug - Dead Wahines and Tsunamis (2012)

Feuerzeug - Dead Wahines and Tsunamis (2012)

Descendus tout droit des montagnes hélvétes, Feuerzeug revient aujourd'hui labourer nos écoutilles 2 ans après le passage de la lame rouillée qu'était le fantastique Drive Fast and Crash.

 

 

Avec des titres comme Cruising the Desert ( en 2 parties, excusez du peu) vous vous attendiez a quoi sincèrement ?! Du Stephan Eicher ? Et Coroner ils sont (etaient ?) d’où bande de petits malins ? Et les Young Gods ? Ils etait grand temps que les montagnes aillent a leur tour s’échouer dans le désert.
  
En droite ligne d’un desert/stoner rock à la QOTSA (Landkreuzer), les suisses sont loins d’être manchots quand vient l’heure de dégainer des riffs estampillés pure robot-rock ( copyright Josh Homme), hypnotiques et drogués; du riff gras, donc, longuement asséché au soleil transalpin ( ?), un rien gratté à l’os par une rythmique abrasabive sous son groove dangereusement instable. Car oui ya pas a tortiller du cul pendant des heures, pour groover, nos helvetes sy entendent comme lar(d)ons en foire (la rythmique de Kometa au hasard…).

Bien entendu vous aurez votre dose d intro pachydermique (Fusion Van) mais pas question de débander non, le chant est la pour rappeler l urgence, la séminale nécessite de sortir vainqueur de cette traversée des cactus a tombeau ouvert.Avec Nitroghostcar, par exemple, on amorcerait presque un virage incontrolé sur l’aile System Of A Down, ça secoue violemment mais on finit toujours tôt ou tard par retomber sur ses pattes.

Avec ses 9 minutes et quelques Release the Kraken fait office de bulldozer ( ou sont les slaves se demanderont ingenuement les amateurs de Soundgarden charmés par la peusanteur psychedelique du morceau)...

...oh et puis merde, laissons un instant la bienveillante impartialité du  chroniqueur modèle et disons le tout de go, Release the Kraken c'est la fusion parfaite que l'on attendait depuis 20 ans maintenant, entre Kyuss et Soundgarden ! Dire qu'il fallait que pareille alchimie nous vienne d'un pays ou les dunes ont plutôt tendance à être enneigées n'apportera rien. Dire que le riff de Dead Wahines and Tsunamis a, semble t il, ete ecrit un soir de sabbath noir ? On n'en saura rien, mais si l'on considère que l'on retrouve dans ce titre ultime la lourdeur des maitres, le psychedelisme noir du jardin sonore précité et une touche de fraicheur "pop" de l'âge de pierre, on comprendra aisément qu'il résume à lui seul tout le talent et la créativité de Feuerzeug !

mardi, juillet 10, 2012

Abrahma - Through the Dusty Paths of Our Lives (2012)

Abrahma - Through the Dusty Paths of Our Lives (2012)

Des cendres des défunts Alcohsonic, renait aujourd'hui Abrahma et, sans rien renier de son passé (glorieux soit dit en passant), le moins que l'on puisse dire est que nos gaillards ont encore gagné en maturité (au moins musicale, pour le reste... hummmm, disons que .... hummmm.... voilà voilà....). On avait laissé Alcohsonic s'égayer dans le vaste champ des 3 dernières décennies musicales de la fin du XXème siècle, on les retrouve aujourd'hui plus concentrés, plus compacts en quelque sorte, tout entier occupés à déterrer le cadavre encore fumant de ce qui se fit de mieux dans les 90s, hein ? ... Monster qui ? Non... je vois pas...

Oui c'est à croire que tout ce qui s'est fait de mieux entre 1989 et 1999 s'est donne rendez-vous sur ce premier album des pas vraiment débutant d'Abrahma. Un riff panterien en diable en guise de mise en bouche,  sur un titre hyper efficace, boosté par une basse énorme étrangement floydienne, oui messieurs les velus, voila du lourd comme on n'en a plus entendu depuis longtemps. Ni exagérément pesant ou complexe comme.ça semble.être devenu la.grande mode ces.derniers temps au sein des combos affilies stoner au sens large. Comme me le confiait l'immense Seb Bismuth (voc) "Marre de tout ces bands stoner qui ne font plus que gueuler en mangeant du prozac :) ", et ça s'entend !!! 

Déjà, niveau chant, la.voix époustouflante de Seb navigue quelque part entre un Morrisson bien burné et un monsieur Clutch (j ai un peu la flemme de chercher le nom) en grande forme, autant dire que l on tient du très gros, à des années lumières des grawls et des hurlements très tendance en ce moment. Qui a parlé d'Ian Ashbury ? ;) 

Musicalement aussi, doté d'une section rythmique qui s y connait pour faire monter imperceptiblement un groove imparable (Volun pt1) et d'un gratteux aussi a l'aise pour faire tourner du riff gras (Dandelion Dust) que claquer quelques solis en apesanteur, et même si l on sent parfois Neurosis pointer le bout de son nez (Loa's Awakening (Prelude) ou le long et solennel The Maze) de temps en temps, le heavy de nos frenchies ne sombre jamais dans la dépression lourdingue que semblent affectionner les post-rockers en tout genre. 

Art by Seb Bismuth
 Tout ici respire le heavy rock des grands soirs oragzux, finalement toute la musique qu'on aime elle vient vraiment de là, elle vient du blues crasseux des marécages sonores de Honkin water roof   ou Ocean on sand tout en slide., elle vient d'un jardin sonore (Soundgarden pour les plus anglophobes) croisé au détour de Big Black Clouud ou Here Sleep.Ghosts, elle vient d'une époque où l'on savait encore déprimer en chantant, entre Jeff Buckley et Layne Staley, comme sur Headless Horse.

Autant vous dire tout de suite que ce qui aurait pu ressembler sur le.papier a une belle compil 90s s’avère être un album varié mais cohérent, un peu en marge de toute la production actuelle des desert-eurs du space stoner rock. Ajoutez à tout cela un artwork particulièrement réussi d'Alexander Von Wieding et une signature sur le mythique label SmallStone Records et vous comprendrez vite que les petits Alcohsonic ont largement réussi leur crise de croissance ! 


Art by Johan Jaccob



jeudi, avril 19, 2012

Arnaud Aubron: Drogues Store : Dictionnaire rock, historique et politique des drogues

Arnaud Aubron: Drogues Store : Dictionnaire rock, historique et politique des drogues

40 années d'une guerre sans merci contre la drogue, pour arriver au constat qu'à l'image de la prohibition contre l'alcool du début du siècle passé aux Etats Unis, on en est exactement au même point qu'initialement, 40 années à détruire des cultures ancestrales, a piétiner les règles les plus élémentaires de la liberté individuelle, mais aussi 40 années de coups tordus, de narco-trafic "légal", de discours lénifiants et/ou inaudible, voila une partie de ce que raconte ce petit dico ludique et documenté, pour peu que l'on prenne la peine de mettre bout a bout toutes ses entrées.

Pas mal d'histoire, un peu de culture (dans tous les sens du terme), de la politique évidemment et un catalogue relativement complet des substances stupéfiantes a la portée de qui veut bien se donner la peine de chercher, voila de quoi passer quelques heures a planer utilement.

On regrettera cependant que, sans doute pour ne pas tomber sous le coup d une "présentation sous un jour favorable", les effets des différents produits répertoriés ne soient pas décris plus en détail, mais loin de nous l'idée d imaginer que l'auteur puisse conseiller au consommateur de se faire son idée par lui même :)'

Pourquoi un dictionnaire "rock" ? La, franchement, le concept nous échappe un peu car, a part une discrète allusion au Grateful Dead, on ne trouve pas grand chose sur le sujet. Pour une étude plus approfondie des liens entre drogues et musique on se reportera utilement au bien plus complet "Waiting for the Man: Histoire des drogues et de la pop music".

Cette précision faite, on remerciera surtout l'auteur de nous en avoir appris beaucoup plus sur ce sujet tabou que le catastrophisme médiatique ambiant et les fantasmes d'illuminés notoires. Le tout de façon ludique et relativement objective, un bel exploit !

Harry Shapiro: WAITING FOR THE MAN Histoire des drogues et de la pop music

Harry Shapiro: WAITING FOR THE MAN Histoire des drogues et de la pop music

Que peuvent bien avoir en commun mods et rastamen, jazzmen d'avant guerre et techno kids, punks et bluesmen itinérants du début du siècle dernier, hippies babas cools et metalleux aux semelles plombées ? Leur amour de la musique, fut elle multiple et différente ? Certes oui, chacune de ces tribus a sa musique, ses héros et ses prophètes, son histoire et ses rites, mais au delà de l'univers musical qu'est ce qui peut bien rapprocher ces mondes d'apparence si différents ?

Allez, je suis sur que vous allez trouver, cherchez bien...mais oui, vous y êtes...c'est ca, la drogue, enfin, la drogue...plutôt les drogues, des dérivées opiacés (alors en vente libre) des bluesmen ambulants aux ecstasys des soirées ravées, la culture musicale a toujours été accompagnée des éléments naturels ou chimiques propres à se libérer des conventions castratrices. C'est cette histoire passionnante et riche en rebondissements que les éditions qui sentent le soufre ont décidé de nous narrer aujourd'hui dans un épais ouvrage qui jamais ne donne dans la démonstration savante ou le parti pris au choix moralisateur ou dévergondé. 

 N'omettant aucun des aspects du sujet, si ce n'est certaines de ses conséquences, nous voila plonge dans une véritable histoire des musiques contemporaines, du blues a la techno, sous le prisme forcement déformant des substances (qui ne furent pas toujours) prohibées. Rien ne nous sera cache, ni ou ni comment s'en procurer, ni l'histoire précise de la prohibition des origines a nos jours, ni les épisodes les plus glorieux ou farfelus auxquels une consommation frénétique donna lieu. 

Cette somme se lit d'une traite, comme un voyage éclair dans le temps musical, au sujet duquel le seul reproche que l'on puisse faire, s'il faut vraiment en trouver un, est d'être uniquement centre sur un point de vue anglo-saxon, mais après tout, toute la musique que l'on aime, elle vient de la, elle vient du blues !

mardi, avril 03, 2012

Guillaume Soulatges - CrippaXXXAlmqvist : « Schwarz Metall Wald » (2012)

CrippaXXXAlmqvist : « Schwarz Metall Wald » (2012)

« Ce ne serait donc pas rendre service à ses deux garçons que de les encourager dans ces voies pathétiques en accordant votre attention, ou en invitant vos amis à le faire, à (leur) exposition ou à leur soi-disant livre.”. Ainsi se terminait le mail promo annonçant la sortie imminente de "Schwarz Metall Wald", projet à 4 mains du suédois CrippaXXXAlmqvist et du petit gars bien de chez nous Guillaume Soulatges.






Ne vous fiez pas se à la couverture plutôt champêtre avec ces chèvres gambadant dans la foret, nous sommes bel et bien ici en présence d’un délire drogué en noir et blanc. Un voyage qui tourne dès la première page au bad trip sous LSD. Sex, drug and rock n roll voila de quoi dégouline ce petit
fascicule tire a 100 unîtes




Comment expliquer plus encore de quoi il retourne ici, le plus simple est peut être de glisser un disque de black metal poisseux, moite même, bien noir, dans la platine.  C’est sans doute la musique qui accompagnera le mieux ce cauchemar graphique. Pour arriver a pareille impression malsaine et malade il a quand même fallu qu’ils s’y mettent a 2. On les imagine assez bien enfermés, de nuit, dans une cabane moisie au fond du jardin, au sol fangeux et à l’odeur putride, enfermés donc, pour pondre leur œuvre, un marqueur noir dans une main et ce qu’il vous plaira d’imaginer dans l’autre, secoués de spasmes et de rires démoniaques.







Des bites, des croix, des monstres et des gamins ; il y a un peu de tout ça dans "Schwarz Metall Wald", un peu, mais il y a surtout ce qu’on n’y voit pas : du sang, du son, du sexe, du scabreux et du sperme… Le genre de forêt noire dans laquelle se seraient perdus 3 (en l’occurrence 2 ici) petits cochons underground !

dimanche, février 26, 2012

P.L.M.B. Nouveau Single - Plexor

P.L.M.B. Nouveau Single - Plexor

Tout commence en 2010 quand je reçois un album complétement malade, dérangé, malsain et, à tout dire, franchement dérangeant, d’autant plus dérangeant qu’il est sacrément addictif et qu’à force d’accrocher, j’en viens à douter de ma propre santé mentale.



Un an, c’est à peu près le temps qu’il m’aura fallu pour reprendre pied après un passage aussi sauvage dans la lessiveuse rock cradingue. En suis-je sorti cette fois ? J’en doute, en tous cas PLMB ne fait rien pour m’y aider, car voilà pas que nos drôles d’oiseaux viennent de sortir un court EP (3 titres) dont la sauvagerie n’a rien à envier à son prédécesseur, et qu’en plus, ils ont l’audace d’aller porter, en ce moment même, leur parole pleine de bile, de croutes grattées et de foutre aux 4 coins rouillés des endroits de la planète qui ont encore les couilles de les accueillir. 

Le pire, c’est qu’en 2 titres, ils ont encore réussi à m’avoir comme un bleu : tout comme sur l’album précédent, tout commence bien avec Plexor et sa petite mélodie presque pop à la gratte, qui ferait presque penser à du Nirvana, bref on se dit que sur ce coup-là, même s’ils restent énervés, ils ont dû mettre un peu d’eau dans leur bière. .. Cruelle retour dans le monde réelle dès que l’enragé du micro l’ouvre, une nouvelle fois c’est un flot de furie, de la pure agression verbale, qui vient se poser sur les cordes rouillées des grattes. Ne croyez pas que Little blue box, aussi mignon que son titre puisse l’être, viendra radoucir un peu l’ambiance, non, non, non , loin s’en faut, vous vous êtes laisser plonger la tête dans la cuvette des chiottes, ne comptez pas sur ces Oiseaux Mutants pour venir vous la retirer là. Au contraire même, en 3 titres ils feront tout pour s’assurer qu’elle y est enfoncée aussi profondément que possible, à coup de rangers s’il le faut mais toujours avec l’élégance punk ultime de vomir leur bile dans la cuvette en guise de chasse d’eau.

Si, quand on vous dit « punk », vous sortez votre gel et vos roulettes et répondez Offspring ou Green Day, dans ce cas passez votre chemin. Si, par contre, vous sortez cran d’arrêt rouillé et épingle à nourrice planté à même la couille alors ce single est pour vous, vous m’en direz des nouvelles…dès que vous serez à nouveau en état de desserrer les mâchoires.


Gigposters 2 - Clay Hayes - 2011


Clay Hayes est le fondateur de gigposters.com. Pour tous les non initiés au monde de l'affiche sérigraphiée rock, ce site est LA référence mondiale dans le genre. Véritable musée et gallerie "online" regroupant plus de 10 000 artistes des 4 coins du monde, présentant plus de 100 000 créations, annonçant les concerts de groupes des plus gros aux plus humbles. Si vous avez déja révé de monter un groupe avec des Legos ou, si vous vous êtes toujours demandés ce que pourrait donner le croisement du logo de Motorhead et d'Hello Kitty, alors ce bouquin est très certainement pour vous, vous y trouverez toutes les réponses à toutes les questions que vous ne vous êtes probablement jamais posées.

Ceci étant dit, si vous êtes juste un amateur lambda de l'art du poster rock, avec aucun penchant bizarre genre la vie sexuelle d'Hello Kitty ou que sais je encore, alors oui, aucun doute, ce bouquin est aussi fait pour vous. é ans après le premier volume, passé joyeusement sous silence en France, Clay Hayes revient avec 101 nouveaux artistes, d'à peu près toute la planète.
Au format 36.5 x29 cm, chaque artiste bénéficie d'une représentation en pleine page d'un de ses posters au dos duquel on en trouve 4 ou 5 autres plus petits ainsi que quelques infos relatives au dessinateur. Chaque page peut être détachée aisément, offrant ainsi 101 posters prêts à être encadrés. Mais si, comme moi, vous vous voyez mal dchirer le bouquin, rien ne vous empêche d'en acquérir 2 exemplaires.
Si vous hésitez toujours à l'acheter, la liste ci dessous devrait finir de vous convaincre :

Adam Pobiak, Alan Hynes, Alana Bailey, Altieri Art, Ames Bros, Anville, AS Printing Press, Atzgerei, Baker Prints, Blackheart Studios, Ben Wilson, Broken Press, The Bubble Process, The Bungaloo, Chicken Billy, Clint Wilson, Clinton Reno, The Comet Substance, Concepcion Studios, Craig Horky, Craig Updegrove, David V. D'Andrea, Dead Meat, Dirty Donny Gillies, DKNG, Doe Eyed, Doublenaut, Douze Studio Dresden, Dr. Alderete, Droid, Empire Press, Erick Montes, Frida Clements, Ghost-Town Studio, Graham Pilling, Gunsho, The Half and Half, Hatch Show Print, Hyp Inc, Idiot or Genius ?, Insurgentarts, Iron Canvas Studios, Iskra Print Collective, Isle of Printing, Ivan Minsloff, James Flames, Jeral Tidwell, Jeremy Wilson, Jim Mazza, Joe Whyte, John Howard, Johnny Sampson, Justin Santora, Kill Hatsumomo Prints, Kunny van der Ploeg, Landland, Madpixel Art and Design, Mara Piccione, Mark McCormick, Mark Sgarbossa, Marq Spusta, Matt Terich, Maximum Flouride Killustration, Mike Saputo, Mike Weihs, Mile 44, Nat Damm, Nerl Says Design, Nick DuPey, Petting Zoo Prints & Collectables, Pfahlert Creative Labs, Punchgut, R. Black, Rich Kelly, Robbie Fuct, Ryan Duggan, Scott Campbell, Scraped Knee Studios, Scrawled Design, Shawn K. Knight, The Silent Giants, Small Horse Studio, Sonnenzimmer, Spike Press, Standard Deluxe Inc, Standard Design, Status Serigraph, Subject Matter Studio, Switchopen Illustrations, T-Bone & Aljax Production and Design, Tim Huesken, Tom Bagley, Traci Edwards, Two Arms Inc, Two Rabbits Studios, Tyler Stout, Uglybogus, Us &Them, Weapons of Mass Design, Weathermaker Press, Will Ruocco


Black Mountain – Wilderness Heart (2010) - De mieux en mieux


Black Mountain – Wilderness Heart (2010)

C’est peu de dire qu’après un album éponyme déjà sacrément salué par les amateurs de rock au sens large, Black Mountain avait su enfoncer le clou il y a maintenant 2 ans avec son In The Future et imposer aux oreilles curieuses son Rock Psyché Prog à tendance lourde mâtiné de voix féminines. Une nouvelle fois, avec ce 3ième album, autant le dire tout de suite, Black Mountain surprend sans décevoir. Avec ses 3/4 d’heure pour 10 morceaux, le groupe prend, un peu, ses distances avec les longues digressions psychotiques et droguées qui étaient un peu sa marque de fabrique (remember Bright Lights ou Tyrants sur le précédent album).


Alors oui, de manière évidente le groupe est revenu à des morceaux de durées plus classiques, est-ce néanmoins à dire qu’il en a perdu son âme ? Loin s’en faut, et il me faut le dire dès à présent, histoire de rassurer les fans. Avec Randall Dunn (Boris, Sunn O))), Kinski) et Dave Sardy (Oasis, Wolfmother, LCD Soundsystem) à la production les relents de rock psyché lourd son donc bien au rendez vous, sur des compos, une fois de plus, imparables pour la plupart. Entre folk et explosions zeppeliennes évidentes (Rollercoaster), giclés presque punks (Let Spirit Rites dont le riff pourrait faire penser au Paranoid de qui vous savez en accéléré et un solo qui réveille les glorieuses ( ?) heures passées du speed métal lui-même suivi d’une cavalcade John Lord-esque du plus bel effet).

Le tour de force du groupe est de réussir à marier avec une cohérence indiscutable ce genre de dictionnaire des courants métal pour les nuls avec de petits bijoux folk-pop (Radiant Hearts, Buried by Blues, The Space of Your Mind). C’est d’ailleurs pour cela que Black Mountain n’est pas un groupe de plus, ou de trop, dans le paysage déjà passablement peuplé des groupes néo-psychés (au coté des Talentueux Black Angels et autres Warlocks). Faire se côtoyer Neil Young et Iron Maiden sur un même disque, c’est peut être la meilleure définition que l’on puisse trouver du talent et de l’imagination.

Mais comment peuvent-ils réussir pareil exploit sans que jamais on ait l’effet d’un patchwork mal assorti ? Finalement la réponse est assez simple, en assurant certaines transitions par de réussis passages plus purement rock « classique » (The Way to Gone) entre Oasis et Dandy Warhols, psyché toujours mais plus lumineux que certains autres travaux de plomberie dont le groupe s’était fait une spécialité précédemment.

Loin de répéter toujours la même chanson, les canadiens remportent la partie en faisant preuve d’un éclectisme rare et d’une cohérence assez difficilement atteignable sur le papier si l’on en juge par le mélange des influences, mais pourtant évidente du premier morceau au sexy Sadie qui clôt l’album.

MattRach – Mister Jack (2010) - Don't believe the hype ... enfin... ne vous arrétez pas au buzz plutôt


MattRach – Mister Jack (2010)

Il y a des disques, comme çà, qu’on se garde sous le coude pour plus tard, certains diraient « pour la bonne bouche ». Un petit plaisir perso qu’on s’amuse à faire durer sur l’air de toi ton tour viendra, je ne t’oublie pas mais… je vais pas te rater. Alors pensez donc, le 1er album d’un génie de la guitare à peine majeur, disciple de Steve Vai et de Satriani, français qui plus est et phénomène buzz internet de l’année pratiquement, pensez si ce genre de disque on se le garde bien au chaud pour un jour où on sera vraiment en forme.

Puis le temps passe, le buzz se tasse, on apprend que Mattrach ne se limite plus aujourd’hui au petit prodige de Youtube mais est devenu un véritable groupe et que finalement, tout pétri des à priori qu’on avait on n’a jamais vraiment écouté l’album et qu’il serait peut etre temps d’y jeter une oreille même si la perspective de s’envoyer une grosse rasade de Vai-Satriani dans les oreilles n’est pas forcément des plus réjouissantes.


Bref, tout çà pour dire qu’un jour on pose l’album sur la platine, un sourire au coin des levres, un rire sadique et 2 mains qui se frottent l’une contre l’autre….à nous 2….

L’ouverture, épique, aux grattes techniques sans que cela tourne vraiment à la démonstration, se laisse écouter tranquillement. Non, tout porte à croire que l’album ne se limitera pas à une démonstration pyrotechnique du talent de notre 6 cordes-éoniste. Le sourire narquois commence petit à petit à s’effacer au profit d’un sourire tout court surtout quand arrive Vous en voulez encore ? qui fait penser à une version funky metal du Louxor de P. Katerine, hyper entrainante, speedée et fun à en être jouissive. Over se ballade quelque part entre Pink Floyd et le Porcupine Tree de Radioactive Toy, Histoire de multiplier encore les ambiances le reggae s’invite sur l’album avec Nurse avant que The alright song, quelque part entre NIN et Ramnstein dans son coté indus à soli très métal, ne vienne clore les débats.

Quelques éclairs de flamenco par ci par là, oui, contrairement à l’idée que l’on s’en faisait avant même de l’écouter, ce Mister JACK est vraiment un album varié avec de vrai chansons dedans et des morceaux plus expérimentaux (yxes reniD au hasard) mais toujours assez facilement suivables.

Alors oubliez deux minutes le statut de buzz star prodige juvénil qui ne manquera pas de coller au groupe encore quelques temps et dégustez un album varié, talentueux et jamais démonstratif. Il a fort à parier, même, qu’avec le temps, le groupe se forgera une identité plus personnelle Mister Jack fera alors figure de carte de visite hautement engageante.

Opium Baby - Opium Baby (2010) - Un premier album plein de promesse en attendant celui dit "de la maturité"

Opium Baby - Opium Baby (2010)

On passera rapidement sur les nombreux trophées déjà reçus par le groupe, tant, plus que jamais aujourd’hui, ce genre de breloque ne veut plus dire grand-chose et tant ce sont bien d’autres considérations que le vote de quelques happy fews du métier qui décide de la carrière d’une groupe et de la place de ce dernier en tête de gondole ou non. Opium Baby a déjà suffisamment galéré comme çà pour le savoir car non content d’avoir suivi pas à pas le parcours obligé de tout groupe qui veut percer depuis 2003, un obstacle de taille est venu se mettre en travers de leur irrésistible ascension. En effet, initialement baptisé Nova, le groupe a du changer récemment de nom après qu’une radio, qui, pour homonyme qu’elle soit, n’a que très peu de chance de diffuser, un jour, ce genre d’electro rock sur ses ondes, se soit attristé de pareille proximité dans leurs noms respectifs. Le moins que l’on puisse dire est bien que ce genre d petit coup du sort aurait eu raison de la motivation de bien des groupes. Mais Opium Baby, puisque c’est ainsi qu’ils se nomment aujourd’hui n’est pas le premier groupe venu.


D’entrée de jeu, ce qui frappe des les premières minutes d’écoute c’est la diversité des influences du groupe, ainsi Cast the Dice pose un indus soft comme du Nine Inch Nail pop, avant que le refrain ne bascule franchement dans un rock musclé du plus bel effet. Il en sera ainsi tout au long de l’album, un talent pop indéniable que l’on retrouve sur chacun des titres variés influencés qui par Muse (Let Me Go et son piano aérien en bout de course vers les étoiles), le rêveur U2ant pourrait on dire Circus (un des grands moment de cet album qui ‘en manque pourtant pas, avec ses 6 minutes pourtant bien peu radio friendlysantes et son final au top du Zizi, si vous voyez ce que je veux dire, sinon laissez vous pousser une fière barbouze et çà devrait vous ouvrir les yeux). Que dire du kravitzien Flower, d’une chaude beauté ? dire qu’il est beau et touchant comme le superbe Time final, c’est déjà tout dire, à moins de vouloir absolument ajouter qu’il précède un nouveau beau clin d’œil à U2 sur les quelques arpéges de gratte bien sentis juste avant le refrain de Opium Baby (le titre) où, comme tout au long de cet album d’ailleurs, la voix d’Alan fait des merveilles, montant sans crainte vers les sommets sans forcer si ce n’est l’admiration, et sans friser, et certainement pas le ridicule.

L’éventail de la voix d’Alan pour bluffant qu’il soit ne doit pas masquer la qualité d’une section rythmique efficace tant dans les coups de tonnerres que les accalmies souvent passagères. Enfin la guitare est loin d’être en reste et ne souffre pas un instant de la concurrence des petites fioritures électros qui émaillent la plupart des morceaux. On l’aura compris on songe parfois, sur les passages les plus « atmosphérique », au jeu d’un the Edge (toute proportion gardée, sans que cela ne remette en cause le talent de Pyp) et quand il s’agit de lâcher un peu les fauves l’efficacité et la sauvagerie savent être au rendez vous.

Alors Opium Baby, groupe poissard qui verrait peut être enfin la lumière au bout du tunnel ? On ne peut que leur souhaiter au vu de ce premier véritable album plein de promesse qui les voit se placer certainement au coté de leurs glorieux aînés et néanmoins compatriotes d’Angelfall dans un style cependant plus immédiat et plus grand public. Gageons que le temps les fera gagner en personnalité mais au vu de cette première carte de visite il y a bien peu de doute que cela ne se produise pas.

Guns n’Roses – Paris Bercy – 13 Septembre 2010

Guns n’Roses – Paris Bercy – 13 Septembre 2010

 

Est ce parce que sur le très représenté ce soir Chinese Democracy figure une chanson intitulée Riad N' The Bedouins qu'Axl Rose est de toute évidence pris d'une passion soudaine pour les loukoums ? Peut être bien et comme ce n'est pas le genre de la maison que d'attaquer les gens sur leur physique, on ne fait pas ici référence a l embonpoint somme toute assez bien dissimule de l'ex sex symbol ultime du rock. Pas plus que l'on ne s'étendra sur son visage bouffi et, selon toute vraisemblance, copieusement botoxé, qui le fait étrangement ressembler au Renaud époque cure de desintox que l'on a connu il n'y a pas si longtemps comme le faisait remarquer fort judicieusement une perspicace jeune fille du public. On passera enfin presque sous silence le douloureux gros plan sur les mains de grande mère arthritique auquel on eut droit sur tous les écrans géants de la salle pendant un long passage solo du sieur Axl au piano le temps d'un long clin d'oeil a Pink Floyd. Oui on passera sur tout cela, après tout, l'age n'épargne personne et pas plus les vieille gloires du rock que les antiques milliardaires généreuses mécènes de notre petit monde politique.


Est-ce cette potentielle nouvelle passion pour les loukoums qui expliquerait que, tout entier aspiré par sa gourmandise légendaire, il n’ait pas vu le temps passer ? On, c’est pas qu’on se soit emmerdé en l’attendant, non, au contraire, on aura eu l’occasion de bien rigoler avec les improbables Murderdolls (ce nom !) que Wikipédia définit comme « un groupe horror punk américain aux tendances hardcore. », bref une espèce de sous sous Alice Cooper Band maquillé à la Kiss et dont la partie la plus osée du show voit le chanteur faire tourner un superbe parapluie noir au dessus du public sur lequel on peut lire FUCK, rappelant ainsi habillement les paroles de la chanson en cours. Grand guignol à tous les étages, les premiers rangs ont l’air de plutôt bien prendre la plaisanterie, réservant un accueil plus que cordial à ces pas si nouveaux venus d’une scène horror punk dont on peut penser que les plus fiers représentants seraient peut être plutôt à chercher du coté de chez nous. Les rangs du fond par contre goutent un peu moins la plaisanterie qui se déroule au même moment au bar du fond avec de larges bières pour la modique somme de 8 euros…à croire que certaines salles de concert tentent de se tirer la même balle dans le pied que les majors du disques proposant des mousses de piètre qualité pour des sommes astronomiques.


Mais bon, les goûts, les couleurs et le prix des mousses, finalement, quand on vient assister au show du plus grand groupe de rock n’roll de son époque, pour ceux qui étaient encore trop jeunes, ou même pas encore arrivés sur la planète, aux heures glorieuses des Stones ou de Led Zep, qu’est ce qu’on en a foutre du groupe de première partie ? Quoi ? AC/DC au Stade de France ils avaient Slash en 1ère partie ? mouais ...et alors ? euh…et….euh….d’abord elles coutent encore plus cher les bières au SdF, na ! Dons passons sur les premières parties, franchement, avant de passer devant le stand merchandising (avec ses nouveaux TShirts à seulement 30 euros, bon j’arrête parce que c’est facile de critiquer tous les prix quand on est milliardaire, sisi jvous jure, tout comme il y a des philosophes milliardaires, enfin, il n’y en a qu’un (copyright Godgiven), il y a aussi des bloggers milliardaires), je disais donc, qu’avant de passer devant le stand merchandising et d’apercevoir les TShirts, on ne savait même pas comment s’appelait la première partie.

Tant qu’on en est à parler bières et merchandising, évoquons ensemble, si vous le voulez bien, juste un instant, les toilettes. Histoire de laisser à Axl le temps nécéssaire pour être sûr de bien avoir son heure et demi de retard réglementaire, histoire que chacun puisse une nouvelle fois s’extasier sur son statut idéal de rock star ultime qui, dans un geste de rébellion splendide, de doigt levé à la face de son public de toute façon par définition d’avance conquis par le prix que lui a couté sa présence ici, dans cette attitude (fuckin attitude) de défi, donc, sait se faire désirer. Ah bah le temps de trouver toutes les excuses les plus fan-atisées pour expliquer le retard du bel Axl, voilà que les lumières s’éteignent ! Hystérie collective immédiate… si on sait où on est ? oh que oui… ah bah non ! Il ne nous demande même pas si on « know where we are ? ». C’est la meilleure ! Ca fait tout drôle un concert de Guns qui ne commence pas par Welcome to the Jungle, c’est donc l’assez indigeste Chinese Democracy qui ouvre les hostilités. L’hystérie retombe du coup un petit peu, pour laisser la place à une observation dubitative.

P**** mais ils sont combien sur scène ? Pas évident de voir mais tout porte à croire qu’ils sont nombreux. OK Axl est rapidement identifié, difficile de le manquer, il arbore, comme à la grande époque, un look des plus improbable entre mac et....extraterrestre ? Extraterrestre sous acide ? Ouais quelque chose comme çà, par contre, et même si on a déjà dit que l’on insisterait pas sur le physique, les nouvelles « formes » d’Axl semblent maintenant complètement l’empêcher de se livrer aux performances athlétiques qui ajoutaient encore, comme si c’était nécessaire, vie et énergie aux prestations du groupe à sa grande époque. Du coup on se prend à trouver, de prime abord, que tout cela manque un peu de patate. Mais bon, après tout c’est peut le titre d’ouverture qui manque, même sur album, de patate, après tout c’est difficile de juger car, reconnaissons le dès maintenant, Chinese Democracy n’est pas à proprement parler un album qui a longtemps squatté la platine après sa sortie. Non, il faut être honnéte, c’est pas franchement cet album que l’on est venu écouter presque religieusement ce soir, non. Donc OK ce titre d’ouverture sonne assez mal, mais c’est peut être voulu. Le temps de se perdre en interrogations sur la production pourtant dantesque du dernier album en date que déjà les pieds ne touchent plus terre, la tête explose, les yeux jaillissent le leurs orbites, les oreilles se dressent en une érection aussi puissante que soudaine et du fond des entrailles de toute la salle jaillit un cri barbare de libération, de joie, de révolte….oh ouiiiii cette fois c’est la bonne We’re in the fuck*ng Jungle Baby, We Gonna Diiiiiiiiiiiiiiiiiiiiieeeeee…..

Retour instantané 18 ans plus tôt, yaourt, playback, suraiguë ou dangereusement trop bas, tout le public hurle en chœur…. my serpentiiiiiiiine…. pas de temps mort, I saw your sister in her Sunday dress....facile, so easy, l’enchaînement, attendu mais toujours aussi jouissif, pourtant…Pourtant derrière les clameurs de la foule, il y a un petit quelque chose qui cloche, c’est pas encore hyper perceptible, mais comme un grain de mure coincé entre 2 dents, çà risque de devenir franchement horripilant très rapidement. Petit à petit le doute s’installe et, dès l’intro de Mr Brownstone, çà devient une évidence ! Oui, c’est clair, le son est dégueulasse. On s’en serait douté, donc la surprise ne vient même pas de là, la voix d’Axl est noyée au milieu d’un océan d’effets divers et variés et, les rares moments où on peut l’entendre « brute » la différence saute aux yeux. Certaines mauvaises langues, ou plutôt certains participants des premiers rangs iront jusqu’à dire qu’à bien des reprises il chantait en playback…à voir, mais çà n’aurait finalement pas grand-chose de surprenant. Non que la voix d’Axl ait pris quelques années, rien de scandaleux à çà, c’est le lot de tous les chanteurs d’exception et Dieu sait qu’Axl en fut un.

Par contre, là où çà commence à devenir franchement gênant, c’est que l’ensemble sonne incroyablement mou du genoux, presque aseptisé, un comble pour un groupe comme Guns. Aseptisé à l’image du look de teenage rebel de pacotille de Richard Fortus, à mi chemin de Motley Crue et de Dave Navarro, le son en moins malheureusement. Ils ont beau être 3 sur scène, auxquels il faut ajouter la section rythmique et pas moins de 2 claviers, les guitares ne sont pas à la fête ce soir. D’ailleurs, le son est à l’image de…l’image. Derrière un Axl Rose statique et robotique, nos 3 compères à 6 cordes (soit 22 cordes sur scène ce soir si l’on compte la basse, et qu’on exclue les « vocales » de qui vous savez) virevoltent tant et si bien qu’ils finissent par se gêner les uns les autres rendant leurs cavalcades un peu veines et stériles. Au niveau du son c’est exactement la même chose : mou, plat et sans agressivité aucune, le mur de gratte se trouve encore affaibli par le bloubiboulga indigeste dans lequel nos 2 pianistes en chef (dont Dizzy Reed qui fait presque figure de membre historique ce soir) tentent de le fondre. Evidemment, techniquement parlant, les zicos qui accompagnent Axl sont impeccables. Ron Thal, dit Bumblefoot, arpentant la scène le plus clair de son temps armé d’une guitare double manche dont il n’utilisera, bien entendu, que celui du dessous. Superbe image que ces 5 manches réunis autour d’un dernier planté derrière son pied de micro. Belle image oui mais qui rend malheureusement bien inoffensifs les assauts de Mr Brownstone, You Could Be Mine, Rocket Queen ou encore Nightrain, pour ne citer que les titres sur lesquels la mollesse du tout était la plus évidente.

Au final cette armée de guitaristes fait plutôt penser à du Véronique….sans son. Raccourcit qui sied à merveille au spectacle quand, à son tour, Axl prend possession du piano pour un enchaînement très Elton John : Goodbye Yellow Brickroad/Someone Saved My Life Tonight, avant de déboucher sur une version speedée/ massacrée/ bâclée (faites votre choix) de November Rain, rare incursion dans les Use Your Illusions, avec les 2 scies/ reprises que sont Knockin on Heaven’s Door et Live and Let Die et une version totalement instrumentale de Don’t Cry qui ne permettra donc pas de savoir s’il s’agit de celle de l’album jaune ou de celle du bleu (les fans comprendront).

Evidemment, à l’exception de la section rythmique, chaque protagoniste aura le droit à son petit solo, histoire de ne froisser l’égo de personne. Thème de James Bond ou de la Panthère Rose, ou jam autour du floydien Another Brick In The Wall Part 2, rien ne sera épargné au calvaire des métalleux présents dans la salle (une pensée émue à tous nos amis en T-Shirt Motorhead croisés çà et là). Enfin, tranquillement, on arrive au rappel, enfin, disons que les heureux possesseurs d’automobile, de scooter, de vélo ou d’hélicoptère privé arrivent au rappel. Les galériens des transports en commun ont déjà quitté la salle depuis un petit moment, les facéties du père Axl les condamnant au dernier métro. A l’image de tout le reste du concert, même sur le rappel, le son ne sera pas meilleur. J’entends déjà quelques voix discordantes me dire « ouais mais mec, on le sait déjà, le son a Bercy il est dégueulasse, ce genre de groupe faut le voir dans une petite salle ». Ce à quoi je répondrais d’abord qu’il y a bien peu de chance qu’un jour Axl vienne se produire au Paquito et que surtout, si l’infâme bouillie sonore qui sortait des amplis pouvait être prévisible, il n’en allait pas de même du son édulcoré des guitares. Quand Slayer, Metallica ou tant d’autres brûlent les planches du POPB, jamais ce qui sort des amplis ne sent la guimauve réchauffée.

Finalement, la déception du spectacle d’Axl a été à la hauteur de l’excellente surprise qu’avait été la prestation de Slash en 1ière partie d’AC/DC en juin dernier mais …. jugez en vous même


Prenons au hasard Rocket Queen (version Bercy) :



et la même quelques mois plus tôt interprété par un bien mystérieux pistolero de la 6 cordes en 1ere partie d’AC/DC somewhere around Paris :



Vous le voyez là maintenant l’effet loukoum sur l’une des 2 versions ? ;-)


Enfin, en mélangeant un peu des 2, et en faisant un bond arrière dans le temps, la “vraie” version live, si l’on peut s’exprimer ainsi :