dimanche, février 26, 2012

Guns n’Roses – Paris Bercy – 13 Septembre 2010

Guns n’Roses – Paris Bercy – 13 Septembre 2010

 

Est ce parce que sur le très représenté ce soir Chinese Democracy figure une chanson intitulée Riad N' The Bedouins qu'Axl Rose est de toute évidence pris d'une passion soudaine pour les loukoums ? Peut être bien et comme ce n'est pas le genre de la maison que d'attaquer les gens sur leur physique, on ne fait pas ici référence a l embonpoint somme toute assez bien dissimule de l'ex sex symbol ultime du rock. Pas plus que l'on ne s'étendra sur son visage bouffi et, selon toute vraisemblance, copieusement botoxé, qui le fait étrangement ressembler au Renaud époque cure de desintox que l'on a connu il n'y a pas si longtemps comme le faisait remarquer fort judicieusement une perspicace jeune fille du public. On passera enfin presque sous silence le douloureux gros plan sur les mains de grande mère arthritique auquel on eut droit sur tous les écrans géants de la salle pendant un long passage solo du sieur Axl au piano le temps d'un long clin d'oeil a Pink Floyd. Oui on passera sur tout cela, après tout, l'age n'épargne personne et pas plus les vieille gloires du rock que les antiques milliardaires généreuses mécènes de notre petit monde politique.


Est-ce cette potentielle nouvelle passion pour les loukoums qui expliquerait que, tout entier aspiré par sa gourmandise légendaire, il n’ait pas vu le temps passer ? On, c’est pas qu’on se soit emmerdé en l’attendant, non, au contraire, on aura eu l’occasion de bien rigoler avec les improbables Murderdolls (ce nom !) que Wikipédia définit comme « un groupe horror punk américain aux tendances hardcore. », bref une espèce de sous sous Alice Cooper Band maquillé à la Kiss et dont la partie la plus osée du show voit le chanteur faire tourner un superbe parapluie noir au dessus du public sur lequel on peut lire FUCK, rappelant ainsi habillement les paroles de la chanson en cours. Grand guignol à tous les étages, les premiers rangs ont l’air de plutôt bien prendre la plaisanterie, réservant un accueil plus que cordial à ces pas si nouveaux venus d’une scène horror punk dont on peut penser que les plus fiers représentants seraient peut être plutôt à chercher du coté de chez nous. Les rangs du fond par contre goutent un peu moins la plaisanterie qui se déroule au même moment au bar du fond avec de larges bières pour la modique somme de 8 euros…à croire que certaines salles de concert tentent de se tirer la même balle dans le pied que les majors du disques proposant des mousses de piètre qualité pour des sommes astronomiques.


Mais bon, les goûts, les couleurs et le prix des mousses, finalement, quand on vient assister au show du plus grand groupe de rock n’roll de son époque, pour ceux qui étaient encore trop jeunes, ou même pas encore arrivés sur la planète, aux heures glorieuses des Stones ou de Led Zep, qu’est ce qu’on en a foutre du groupe de première partie ? Quoi ? AC/DC au Stade de France ils avaient Slash en 1ère partie ? mouais ...et alors ? euh…et….euh….d’abord elles coutent encore plus cher les bières au SdF, na ! Dons passons sur les premières parties, franchement, avant de passer devant le stand merchandising (avec ses nouveaux TShirts à seulement 30 euros, bon j’arrête parce que c’est facile de critiquer tous les prix quand on est milliardaire, sisi jvous jure, tout comme il y a des philosophes milliardaires, enfin, il n’y en a qu’un (copyright Godgiven), il y a aussi des bloggers milliardaires), je disais donc, qu’avant de passer devant le stand merchandising et d’apercevoir les TShirts, on ne savait même pas comment s’appelait la première partie.

Tant qu’on en est à parler bières et merchandising, évoquons ensemble, si vous le voulez bien, juste un instant, les toilettes. Histoire de laisser à Axl le temps nécéssaire pour être sûr de bien avoir son heure et demi de retard réglementaire, histoire que chacun puisse une nouvelle fois s’extasier sur son statut idéal de rock star ultime qui, dans un geste de rébellion splendide, de doigt levé à la face de son public de toute façon par définition d’avance conquis par le prix que lui a couté sa présence ici, dans cette attitude (fuckin attitude) de défi, donc, sait se faire désirer. Ah bah le temps de trouver toutes les excuses les plus fan-atisées pour expliquer le retard du bel Axl, voilà que les lumières s’éteignent ! Hystérie collective immédiate… si on sait où on est ? oh que oui… ah bah non ! Il ne nous demande même pas si on « know where we are ? ». C’est la meilleure ! Ca fait tout drôle un concert de Guns qui ne commence pas par Welcome to the Jungle, c’est donc l’assez indigeste Chinese Democracy qui ouvre les hostilités. L’hystérie retombe du coup un petit peu, pour laisser la place à une observation dubitative.

P**** mais ils sont combien sur scène ? Pas évident de voir mais tout porte à croire qu’ils sont nombreux. OK Axl est rapidement identifié, difficile de le manquer, il arbore, comme à la grande époque, un look des plus improbable entre mac et....extraterrestre ? Extraterrestre sous acide ? Ouais quelque chose comme çà, par contre, et même si on a déjà dit que l’on insisterait pas sur le physique, les nouvelles « formes » d’Axl semblent maintenant complètement l’empêcher de se livrer aux performances athlétiques qui ajoutaient encore, comme si c’était nécessaire, vie et énergie aux prestations du groupe à sa grande époque. Du coup on se prend à trouver, de prime abord, que tout cela manque un peu de patate. Mais bon, après tout c’est peut le titre d’ouverture qui manque, même sur album, de patate, après tout c’est difficile de juger car, reconnaissons le dès maintenant, Chinese Democracy n’est pas à proprement parler un album qui a longtemps squatté la platine après sa sortie. Non, il faut être honnéte, c’est pas franchement cet album que l’on est venu écouter presque religieusement ce soir, non. Donc OK ce titre d’ouverture sonne assez mal, mais c’est peut être voulu. Le temps de se perdre en interrogations sur la production pourtant dantesque du dernier album en date que déjà les pieds ne touchent plus terre, la tête explose, les yeux jaillissent le leurs orbites, les oreilles se dressent en une érection aussi puissante que soudaine et du fond des entrailles de toute la salle jaillit un cri barbare de libération, de joie, de révolte….oh ouiiiii cette fois c’est la bonne We’re in the fuck*ng Jungle Baby, We Gonna Diiiiiiiiiiiiiiiiiiiiieeeeee…..

Retour instantané 18 ans plus tôt, yaourt, playback, suraiguë ou dangereusement trop bas, tout le public hurle en chœur…. my serpentiiiiiiiine…. pas de temps mort, I saw your sister in her Sunday dress....facile, so easy, l’enchaînement, attendu mais toujours aussi jouissif, pourtant…Pourtant derrière les clameurs de la foule, il y a un petit quelque chose qui cloche, c’est pas encore hyper perceptible, mais comme un grain de mure coincé entre 2 dents, çà risque de devenir franchement horripilant très rapidement. Petit à petit le doute s’installe et, dès l’intro de Mr Brownstone, çà devient une évidence ! Oui, c’est clair, le son est dégueulasse. On s’en serait douté, donc la surprise ne vient même pas de là, la voix d’Axl est noyée au milieu d’un océan d’effets divers et variés et, les rares moments où on peut l’entendre « brute » la différence saute aux yeux. Certaines mauvaises langues, ou plutôt certains participants des premiers rangs iront jusqu’à dire qu’à bien des reprises il chantait en playback…à voir, mais çà n’aurait finalement pas grand-chose de surprenant. Non que la voix d’Axl ait pris quelques années, rien de scandaleux à çà, c’est le lot de tous les chanteurs d’exception et Dieu sait qu’Axl en fut un.

Par contre, là où çà commence à devenir franchement gênant, c’est que l’ensemble sonne incroyablement mou du genoux, presque aseptisé, un comble pour un groupe comme Guns. Aseptisé à l’image du look de teenage rebel de pacotille de Richard Fortus, à mi chemin de Motley Crue et de Dave Navarro, le son en moins malheureusement. Ils ont beau être 3 sur scène, auxquels il faut ajouter la section rythmique et pas moins de 2 claviers, les guitares ne sont pas à la fête ce soir. D’ailleurs, le son est à l’image de…l’image. Derrière un Axl Rose statique et robotique, nos 3 compères à 6 cordes (soit 22 cordes sur scène ce soir si l’on compte la basse, et qu’on exclue les « vocales » de qui vous savez) virevoltent tant et si bien qu’ils finissent par se gêner les uns les autres rendant leurs cavalcades un peu veines et stériles. Au niveau du son c’est exactement la même chose : mou, plat et sans agressivité aucune, le mur de gratte se trouve encore affaibli par le bloubiboulga indigeste dans lequel nos 2 pianistes en chef (dont Dizzy Reed qui fait presque figure de membre historique ce soir) tentent de le fondre. Evidemment, techniquement parlant, les zicos qui accompagnent Axl sont impeccables. Ron Thal, dit Bumblefoot, arpentant la scène le plus clair de son temps armé d’une guitare double manche dont il n’utilisera, bien entendu, que celui du dessous. Superbe image que ces 5 manches réunis autour d’un dernier planté derrière son pied de micro. Belle image oui mais qui rend malheureusement bien inoffensifs les assauts de Mr Brownstone, You Could Be Mine, Rocket Queen ou encore Nightrain, pour ne citer que les titres sur lesquels la mollesse du tout était la plus évidente.

Au final cette armée de guitaristes fait plutôt penser à du Véronique….sans son. Raccourcit qui sied à merveille au spectacle quand, à son tour, Axl prend possession du piano pour un enchaînement très Elton John : Goodbye Yellow Brickroad/Someone Saved My Life Tonight, avant de déboucher sur une version speedée/ massacrée/ bâclée (faites votre choix) de November Rain, rare incursion dans les Use Your Illusions, avec les 2 scies/ reprises que sont Knockin on Heaven’s Door et Live and Let Die et une version totalement instrumentale de Don’t Cry qui ne permettra donc pas de savoir s’il s’agit de celle de l’album jaune ou de celle du bleu (les fans comprendront).

Evidemment, à l’exception de la section rythmique, chaque protagoniste aura le droit à son petit solo, histoire de ne froisser l’égo de personne. Thème de James Bond ou de la Panthère Rose, ou jam autour du floydien Another Brick In The Wall Part 2, rien ne sera épargné au calvaire des métalleux présents dans la salle (une pensée émue à tous nos amis en T-Shirt Motorhead croisés çà et là). Enfin, tranquillement, on arrive au rappel, enfin, disons que les heureux possesseurs d’automobile, de scooter, de vélo ou d’hélicoptère privé arrivent au rappel. Les galériens des transports en commun ont déjà quitté la salle depuis un petit moment, les facéties du père Axl les condamnant au dernier métro. A l’image de tout le reste du concert, même sur le rappel, le son ne sera pas meilleur. J’entends déjà quelques voix discordantes me dire « ouais mais mec, on le sait déjà, le son a Bercy il est dégueulasse, ce genre de groupe faut le voir dans une petite salle ». Ce à quoi je répondrais d’abord qu’il y a bien peu de chance qu’un jour Axl vienne se produire au Paquito et que surtout, si l’infâme bouillie sonore qui sortait des amplis pouvait être prévisible, il n’en allait pas de même du son édulcoré des guitares. Quand Slayer, Metallica ou tant d’autres brûlent les planches du POPB, jamais ce qui sort des amplis ne sent la guimauve réchauffée.

Finalement, la déception du spectacle d’Axl a été à la hauteur de l’excellente surprise qu’avait été la prestation de Slash en 1ière partie d’AC/DC en juin dernier mais …. jugez en vous même


Prenons au hasard Rocket Queen (version Bercy) :



et la même quelques mois plus tôt interprété par un bien mystérieux pistolero de la 6 cordes en 1ere partie d’AC/DC somewhere around Paris :



Vous le voyez là maintenant l’effet loukoum sur l’une des 2 versions ? ;-)


Enfin, en mélangeant un peu des 2, et en faisant un bond arrière dans le temps, la “vraie” version live, si l’on peut s’exprimer ainsi :

Nouvelle Rock : Une place en or

Nouvelle Rock - Une place en or (2010)

A vot' bon coeur m'sieurs'dames, initialement écrite pour un concours d'écriture, voilà une petite nouvelle sans prétention aucune, juste pour passer le temps et, si le vcoeur vous en dit, vous donner l'occasion de me laisser votre avis. En espérant que çà vous plaise. NB: Editeurs, Hollywood, dessibateur de BD ou autre dans le genre, si çà vous interresse...parlons en ! ;)


Encore cette foutue place à vendre! Il commence à se faire tard et une chose est sure, maintenant, j'ai loupé la première partie. De toutes façons, çà pourrait être Elvis ou Lemmy, c'est marqué nul part le nom de la première partie, a croire que tout le monde s'en fout, même le groupe qui ne semble pas s'être donné la peine de harceler le graphiste pour que son nom apparaisse, même en tout petit, en haut de l'affiche. Pas sûr qu'ils s'y voient déjà, comme Aznavour, vu qu'ils n'essayent même pas. Fuck les premières parties! En plus, souvent, ils n'ont pas de tube à jouer, vu que c'est pour se faire connaître qu'ils font çà.

- Tu cherches une place ?
- Hein ? Euh... Non, par contre j'essaye d'en vendre une, tu la prends à combien ?
- Houlaaa, à cette heure ci c'est mort, le concert est déjà commencé, je vais jamais trouver preneur, je te la prends à 10 euros mais c'est mon dernier prix.
- 10 euros ? Une place que j'ai payée 60 ?
- Bah ouais, mais c'est même pas complet ce soir, à cette heure ci tu trouveras pas mieux...

Capuche, casquette et cuir de rocker, il a pas tord mon gars, c'est le troisième depuis tout à l'heure qui m'en propose ce prix. 10 euros pour une place que j'ai payée 6 fois plus, il est vraiment relou le Manu. En plus ce con s'imaginait qu'il allait se faire un bénef monstrueux rapport au fait que "tu comprends, tout le monde va vouloir y aller à ce concert, les places vont partir en 10 minutes, çà va être blindé". Mon cul! A part moi, personne n'a l'air de vouloir y aller...et çà commence a sérieusement me gaver, parce qu'à ce train la, je vais en louper la moitié.

- Allez, 7 euros, maintenant tu trouveras plus personne, je suis même pas sûr de la revendre ...

Mouais...je l'enverrais bien chier le rocker à capuche - jogging, mais c'est ma seule bouée de sauvetage, alors...temporisons. Va bien y avoir un mec qui va passer devant la salle, découvrir que le concert des Earthquacking Fuckers, c'est ce soir, que c'est un groupe qu'il rêve de voir sur scène depuis des années et que çà tombe pas mal vu qu'il venait de retirer un gros paquet de blé pour amener sa louloute en week end mais que cette conne lui a annoncé qu'elle partait finalement avec son prof de diététique tibétaine. Ouais, c'est sur qu'un mec comme çà, çà courre les rues...enfin apparemment pas la mienne (de rue)... putain! Et Manu qui voulait se payer un ampli avec les bénefs ..y’a plus qu'a espérer qu'ils en font chez Playmobil...
Hou putain, un mec qui a l'air de chercher quelque chose...

- Monsieur, monsieur, vous cherchez une place ?
- Non je...
- J'vous la fait pas cher...
- Non non, je cherche p...
- Allez quoi, une place pour les Earthquacking Fuckers, çà ne se refuse pas, même le prix vous fera rire (celle là je l'ai piqué aux Nuls, qui, eux même l'avaient recyclée d'un vieux slogan de Pilote magazine, culture quand tu nous tiens...).
- Non non, j'vous jure je m'en fous de votre place, je cherche juste une de mes élèves de diététique tibétaine qui doit m'accompagner en week end...
- Ah...et...euh...vous avez pas vu son mec par hasard dans le coin ?

Regard médusé du mec qui se barre me saluer, mouais, pas très finaud la question, mais bon, de toutes façons il n'aurait jamais pris la place.

- Allez, 5 euros, j'te jure pour ce prix je perds des thunes...

" Et moi donc ducon", ouais, voilà exactement ce que je lui aurais répondu si...si l'heure n'avançait pas a une vitesse dangereuse.
- Hey Mademoiselle, vous cherchez pas une place par hasard ?
- Une place ? Pour quoi ? C'est qui ce soir ?
- Bah les immenses Earthquacking Fuckers !
- Ah je connais pas, c'est quoi comme genre ?

Merde! Une ignare, clair qu'elle va me faire perdre un temps fou en explications. Ah ouais, j'avais pas repéré son t-shirt Starac 9bis... C'est sûr, elle va jamais me la prendre ma place.

- Nan sérieux c'est genre Tokyo Hotel ?
- Euh..ouais..enfin non, non laisse tomber, c'est pas ton genre...
- Ah ouais ? Et tu dirais que c'est quoi mon genre ?

Arrg, c'est pas possible, je vais finir par me faire draguer par une meuf de 15 ans... C'est vraiment pas le moment! Bam, bam... Merde, 2 grosses notes de basse, cette fois c'est commencé, çà m'étonnerait qu'ils fassent la balance à cette heure ci. Tant pis, fait chier Manu, maintenant y'a plus le temps, je file vers la salle...

- Alors t'as fini par la vendre ta place ?

Ah bah manquait plus que lui, l'autre relou à capuche...

- Non, c'est mort maintenant, je laisse tomber
- C'est quoi comme groupe soirce ?
- Earthquacking Fuckers, mais là sérieux faut que j'y aille..
- Je connais pas, tu sais moi j'écoute surtout du peura, c'est pas du peura ?
- Non, pas vraiment, mais çà déchire quand même
- Ah ouais? Bah vazy donne la moi la place, de toutes façons tu la revendras jamais, et je te paie une bière a l'intérieur.

Foutue pour foutue, après tout cette place, elle vaut bien une mousse....OK.
Je suis tellement à la bourre que la secu regarde à peine mon billet...bon a savoir çà pour un prochain concert sold out! Coup d'oeil lointain au merchandising, je verrais en sortant, et je trace pour me rapprocher du déluge sonore qui a déjà sérieusement commencé.

- Attends attends, c'est bon, te casses pas comme çà, je suis réglo moi, j'te paie ta bière d'abord, chose promise...

Va pour la bière, on n'est pas les seuls à avoir eu l'idée, mais bon, on entend déjà pas mal d'ici et une petite binouze, çà peut pas me faire de mal.

- Sérieux, c'est vachement fort la zic
- Ouais, ouais,..
-T'écoutes çà toi ? C'est relou non ?

Je sais pas pourquoi mais je sens qu'il va vite me gonfler mon nouveau pote...et dire que je devrais déjà être au premier rang avec Manu si tout s'était passé comme prévu...et la queue qu'avance pas...

- Ma parole, faut être defoncé de la tête pour écouter cette zik, sérieux t'as vu la touche des mecs dans le public ? Téma le keum la bas, on dirait Christine Bravo avec une barbe!

Héhé, bien vu, sauf que Christine a repéré qu'on le matait et çà n'a pas vraiment l'air de le réjouir de nous voir morts de rire. Discrètement je tourne les talons pour découvrir que l'animal tente, tant bien que mal de gagner quelques places dans la queue. Le problème c'est qu'il n'est pas vraiment du genre discret, et si, jusqu'à maintenant les gens ont plutôt tendance à le laisser faire en lui balançant quelques regards bien haineux, je doute qu'il s'en sorte aussi bien avec le gros barbu tatoué devant lequel il arrive maintenant. Courageusement, je décide que je me la paierai tout seul cette binouse et qu'à partir de maintenant je ne connais plus ce mec.

- Hey mon pote! Ma parole, tu dors ou quoi? Putain j'suis la man, viens, j'te dis, çà craint rien, même pas ils bougent les gens, allez viens!

C'est marrant mais cette fois je suis sûr que la moitié de la salle a les yeux braqués sur moi. Si je fais rien, clair qu'il va continuer à gueuler comme un putois...en même temps, çà va être coton de le rejoindre sans me faire lyncher...putain...quelle plaie! Oh puis merde, fuck la bière, je vais me noyer dans la foule en espérant que l'autre zèbre m'oublie.
Enfin !!! Enfin j'y suis, je me prends le gros son gras des Earthquacking Fuckers en pleine face, je secoue la tête en totale communion avec la rythmique pachydermique, je peux brailler, de préférence n'importe quoi, en yaourt, oh que c'est bon!

- Heu excuse moi...
- Hein ?

Grosse baraque rasée qui vient de méchamment me taper sur l'épaule et qui n'a pas l'air de vouloir me dire un truc spécialement sympa.

- Dis donc, y'a ton pote là bas qu'est en train de foutre un sacré bordel au bar...Tu ferais mieux d'aller voir.

Au fond de la salle j'aperçois juste le bout de la casquette du loustic qui a tout l'air de sérieusement s'agiter noyé dans une marée de têtes.
Putain qu'est ce qu'il a encore foutu? Après tout c'est pas mon pote ce mec, y'a pas vraiment de raison que je me pourrisse le concert pour lui. Pourtant le regard du grand rasé se fait particulièrement insistant et j'ai comme l'impression qu'il y a maintenant deux autres types qui fendent la foule depuis le bar en ma direction. Je vais pas y couper, faut que j'aille voir ce qui se passe.

- Ah putain, te voila enfin! T'étais passé ou? Sérieux je suis en galère, j'ai pas une thune pour payer les bières!
- Bah on n'en prend pas alors et moi je retourne dans la fosse.
- Nan mais j'en ai déjà pris, le problème c'est que j"ai pas une caillasse, tiens voilà la tienne.
Ouah la il commence à me courir sur le système. Non seulement je lui file une place à l'oeil pour le concert mais en plus maintenant çà va me coûter 2 bières...l'hallu.
- Bon je vous dois combien pour les 2 mousses ?
- Vous n'en payez que 2 ?
- ....

Coup d'oeil rapide vers mon cher (dans tous les sens du terme) pote, il a l'air quelque peu emmerdé.

- Ouais, tu vois, rapport à que çà commençait a se véner sérieux dans la queue vu que j'avais carotte pas mal de monde, bah j'ai payé ma tournée à 2 ou 3 gus. Genre pour me faire pardonner tu vois?
- T'as payé quoi ?
- Bah j'ai payé des bières a ceux qui avaient l'air le plus véner, tu vois.
- Putain mais t'en as payé combien ?
- Bah là pour l'instant j'ai encore rien payé, vu que j'ai pas un rond, c'est pour çà que je te cherchais.
- Cà fera 50 euros m'sieur et vite parce qu'il y a encore du monde qui attend derrière vous.

50 euros ?! Inutile de discuter, si on commence à se lancer dans des explications, sûr que la foule qui poireaute derrière nous va nous tomber dessus et là, je ne donne pas cher de notre peau. N'empêche que çà fait quand même bien mal au cul de devoir claquer mes dernières thunes pour ce bouffon. Dire que je me les gardais pour me payer un t-shirt de la tournée uniquement imprimé pour cette date.

- Ouah t'es blindé toi, vazy comment tu sors des billets de 50 de ta poche! Au fait, moi c'est Kim et toi ?

Cette fois c'est hors de question que je me laisse entraîner dans une nouvelle galère, je trace comme si j'avais rien entendu, c'est pas le top de la classe mais il l'a bien cherche, non?

Autant tout a l'heure j'étais bien placé, autant là, va falloir que je joue des coudes si je veux apercevoir Joe Earthquacke plié en 2 sur sa basse. Bon allez, de toutes façons au point où j'en suis je peux difficilement plus me faire détester, alors grillé pour grillé, je me lance dans la foule avec pour objectif d'être au plus vite dans les 5 premiers rangs. Malgré quelques protestations, je fini par y arriver, au moment même où retentit la voix barbare de Rodrigo Earthquacke. Qu'est ce qu'il a dit ? "C'est la pagaille" ? « Y’en a qui baillent » ? Pas compris… Ah bah si, j’ai beau être une buse en anglais, il me suffit de mater pour comprendre, le groupe quitte la scène les bras en l’air, sans doute en signe de remerciements, en fait c’était tout bêtement…. « Thank you, bybye ! »

Zenzile - Le cabinet du Docteur Caligari" - (Ciné concert - Telerama Dub Festival - Paris)

Zenzile - Le cabinet du Docteur Caligari" - (Ciné concert - Telerama Dub Festival - Paris)


Paris début du siècle, quelque part du coté de Bastille. On donne une séance de cinématographe. Au programme un film allemand Le Cabinet du Docteur Caligari, drame romantique sur fond de folie, la foule encore peu habituée a ce genre de spectacle se presse en nombre et, plongée dans une pénombre bleutée ou jaunie, frissonne et se laisse envouter par cette histoire angoissante. Devant l écran, un machiniste s’affaire sans relâche. Est-il là pour changer les bobines au signal donne par une tache blanche en haut dans un coin de l’écran ? Est-il là pour tourner inlassablement la manivelle qui permettra aux dites bobines de défiler et dévoiler ainsi, peu à peu, le dénouement effroyable de l’histoire? Non, plié en 2 sur ses machines il semblerait que, tout machiniste qu’il soit, son rôle sur la projection du film soit des plus limités.

Pourtant il est entouré de 4 autres acolytes, c’est dire si le travail doit être titanesque. Ainsi donc il faudrait 5 hommes pour qu’un spectacle de cinématographe puisse se dérouler correctement ? Tous tournent le dos au public, concentres sur les images qui défilent, semblant entrer en transe aux moments ou la tension dramatique de l histoire va croissante puis se relâchant quelque peu dans les instants d accalmie. Mais que font-ils tous ? Point de chapeaux melons et de moustaches fières et arrogantes pour eux, pas plus qu'il n'y en a dans le public. Les femmes sont venues sans leurs ombrelles, ni leurs gants. Point de voile de mousseline non plus, en cette année 1919, on se rend au cinématographe pour oublier, l espace d'un instant, les douleurs des années sombres de la grande guerre, pourtant pas de gueules cassées dans la foule, pas même un uniforme. Non, décidemment, il y a quelque chose qui ne colle pas. Début du siècle disions nous ? Oui, mais lequel ? Perdu, il semblerait, qu’à notre tour, nous ayons sombré dans une folie dévastatrice qui nous fait perdre toute notion de temps et de lieu.

Histoire italienne, racontée en allemand, musique aux racines jamaïcaines abâtardisée à grand renfort de technologies occidentales, images muettes sur fond de sirènes assourdissantes, rythmique organique pour personnages aux teints diaphanes, aux regards vides de toute vie, au prise avec leurs démences. Tout se mélange, nos 5 machinos de Zenzile, puisque c’est d’eux dont il s’agit, nous offrent une expérience artistique totale, se jouant du temps et des classifications hâtives. Zenzile, que l’on se plait souvent à mettre dans la même boite étiquetée Electro Dub français, aux cotés d’High Tone, du Peuple de l’Herbe et de quelques autres, Zenzile donc, en formation rock instrumentale (Basse (bien sûr), Batterie (évidemment), guitare, clavier et ces fameuses machines), donne un nouveau souffle, une nouvelle vie à l’œuvre de Robert Wiene, "Le cabinet du Docteur Caligari", monument de l’expressionnisme allemand.

Le télescopage spatio-temporel fonctionne merveilleusement bien, au-delà de toute attente, tant et si bien qu’on en vient à se demander si c’est la bande son qui l’accompagne qui donne tout son impact aux images, ou la beauté, l’étrangeté, la composition des scènes qui fait que la musique nous pénètre si profondément. Impossible de trancher, car les 2 univers finissent rapidement par ne plus n’en faire qu’un, les décors terriblement actuels (on pense à l’univers de Tim Burton), angoissants, tout en angles et arêtes, trouvant leur écho quelque part entre la basse rampante et les sons parfois presque dissonants du groupe, avant que le chaos ne cède la place à une ambiance floydienne plus apaisée ou un groove irrésistible le temps d’une poursuite démente.

Il aura donc fallu attendre presqu’un siècle pour que cette œuvre puisse voir le jour ; en ces temps où tout doit être rapide, instantané même, on frôle l’hérésie. Mais Zenzile saura brillamment nous prouver que tout vient à point à qui sait attendre que le temps ait (re)fait son œuvre. Chapeau (melon) bas !

Encore abasourdi par le spectacle qui vient de se terminer, cerise sur le gâteau, alors que l’on quitte la salle, le stand merchandising du groupe propose une sérigraphie de l’affiche du spectacle réalisée par CryingPaper. Evidemment, impossible de s’en priver ! ;)

The Love Me Nots - Upside Down Inside Out (2009) - "Les Cornichons" de Nino Ferrer, en plus rock américain :)

The Love Me Nots - Upside Down Inside Out (2009)

Les Sonics, les Kinks, les Animals, les Seeds, les Miracle Workers, les Fuzztones, les Chesterfield Kings, les Mummies, j'en passe et des plus obscurs, oui, milles fois oui, il y a de tout celà dans la musique des Love Me Nots de Phoenix, pure fuzz et farfisa. Mais pour les jeunes de l'an 2000 ( "c'est clair, c'est plus le même deal" comme dirait l'autre), c'est plutôt une joyeuse rencontre entre les Donnas, Austin Powers et ... allez, les Lords of Altamount, bref un happy garage rock millésimé 60s pour peu que l'esthétique même du groupe puisse faire douter un seul instant de leurs orientations temporelo-musicales.


Du coup, en ces temps de pure rock n'roll revival, qu'est ce qui peut bien valoir la peine qu'on se précipite sur ce Upside Down Inside Out plutôt que n'importe quel autre album fortement référencé ? Que la production soit assurée par Jim Diamond (White Stripes, Romantics, Gore Gore Girls)? Franchement vous en connaissez beaucoup des gens qui achétent un album au seul nom du producteur (surtout si ce dernier s'appelle Jean Marie Diamand!). Le fait que Nicole Laurenne (chant et Farfisa) et Michael Johnny Walker (guitare) soient accompagnés d'une nouvelle section rythmique qui respecte la parité chère au groupe ? mouais... enfin ce qui fait justement tout l'intérêt de ce disque c'est bien le trio voix-guitare-farsifa alors que la section rythmique ait été revue de fond en comble ne change pas grand chose à l'immédiateté et l'addiction que l'on ressent presqu'immédiatement à l'écoute de ce bonbon garage acidulé pop.

Même si l'orgue farsifa se taille la part du lion portant presqu'à lui seul le chant, MJ Walker sait décocher des soli "à la Slash" pas piqué des hannetons et ne se limite pas à ce statut de guitar hero garage, brodant humblement de petits motifs surf-garage bien sentis ici ou là.

Sortez vos tailleurs pieds de poules, coiffez vos rouflaquettes et vos boots vernies, groooovy babyyyyy party !

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)- Brulot infernal

Sinner Sinners - Cardinal Sins (2010)

Odeur de goudron cramé, d’alcool et d’essence, de cocktails Molotov, de graisse, de cuir, de sang et de stupre. Rage contenue, tension palpable, hystérie couvante… pas une note encore et pourtant le décor est déjà impeccablement posé. Vous avez glissé le skeud dans la platine, personne ne vous y a forcé (si ce n’est peut etre de savoir ce qui peut bien se cacher derrière si alléchante pochette), personne ne vous y a forcé non, c’est sûr, alors ne venez pas jouer les vierges effarouchées après et faites comme tout le monde dès les premières secondes, prenez vos jambes à votre cou, et hurlez, fuyez, suppliez, paniquez… Tout ! Tentez tout ce que vous pourrez pour y échapper, mais rien n’y fera, une fois la touche Play enfoncée, vous ne pourrez plus échapper au souffle chaud et aviné de l’horror-punk graisseux des Sinner Sinners. Déjà le sax free-leux empli l’espace et l’ombre de Steve Mackay plane sur le carnage qui s’annonce.Encore quelques secondes et la galette va nous péter à la gueule comme une grenade dans un cri déchirant et inhumain.3…2….1….ZERO !


Car oui, c’est bien à une tuerie sonore à laquelle nous allons assister. Il y a peu, Sam et Steve Thill nous avait déja quelque peu mis en garde au détour de l’incendiaire 45T LA's Burning et sa B’side The’s no Place Like …(que l’on retrouve d’ailleurs avec plaisir sur l’album, ce qui évite d’avoir à ressortir la platine à chaque fois qu’on veut s’envoyer un shoot d’high energy). Pourraient ils garder toute cette tension et l’énergie qui va avec sur la longueur d’un album ? certes ils ne sont pas les seuls aux manettes, ils ont déniché toute une improbable bande de flibustiers/desperados pour leur préter main forte dans leur entreprise d’évangélisation démoniaque (jugez en plutôt par la liste des participants à l’album du « duo ») et si vous voulez une petite idée du niveau d’artisanat du dit objet on m’informe qu’il y a une petite erreur sur le livret : je cite : la track 13 c'est la 12 en fait - et la 3 et 4 sont inversées :


Mais les brulots en pleine face sont ils leur seule arme ? oh que non, en témoigne Sonic Room plus « pop » si l’on peut oser le terme, ou Dead Dead Dead presqu’enjoué et primesautier (avec son chœur féminin qui n’est pas sans rappeler l’excellent Harmonic Generator des Datsuns), enfin…pour peu que l’on fasse abstraction des paoles qui pour la peine sont plutôt un brin macabres. Pour ce qui est de réveiller les morts, le piano baltringue (bastringue) de Stetson devrait largement y arriver.

On attaque la seconde face comme on l’avait fait de la première, sans les cris d’horreur qui ne sont plus ici nécessaires, l’ambiance est toujours aussi inquiétante avec son orgue dopé et la voix désincarnée de Sam perdue dans le fond du mix, comme noyée sous 6 pistes de grattes graisseuses. Par certains aspects ce titre pourrait faire penser à ce qu’Iggy aurait pu faire de mieux en solo s’il n’était pas tombé, comme c’est souvent arrivé, sur de bien peu fréquentables margoulins soucieux, seulement, de pouvoir poser leur nom à coté du sien. La remarque que l‘on s’était déjà faite sur le 45T est plus que jamais d’actualité sur la longueur de l’album.

Si d’aventure vous doutiez encore des capacités et de l’intérêt de se jeter immédiatement sur cet album indispensable à toute ame damnée, une oreille rapide à Cadavra devrait finir de vous convaincre. Efficacité, énergie, mélodie et immédiateté, tout est résumé dans ce titre déjà culte pour qui s’interresse à ce qui vaut vraiment le coup d’être écouté dans l’hexagone. Vous en connaissez beaucoup des enchainements solo-accélération finale, comme sur There’s no Place Like… ? personnellement j’en ai rarement entendu du coté de la Starac ou sur le dernier Charlotte Gainsbourg !

Motorhead, Seeds, Sonics, Stooges, Cramps et qui sais je encore, oui les Sinners ont embarqué dans un train fantôme déjà joliment peuplé et sont loin d’y faire pâle figure, c’est l’auditeur, par contre, qui risque de virer au vert quand la folle cavalcade s’arrétera aux dernières notes d’un Mummy évocateur, dans un dernier vrombissement de moteur surchauffé en bout de course. Une dernière peleté de terre, 6 clous (piqués sur le cuir) et une croix (en fer évidemment)… la messe est dite. Oh Lord (of Altamont) have mercy….

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