dimanche, février 26, 2012

P.L.M.B. Nouveau Single - Plexor

P.L.M.B. Nouveau Single - Plexor

Tout commence en 2010 quand je reçois un album complétement malade, dérangé, malsain et, à tout dire, franchement dérangeant, d’autant plus dérangeant qu’il est sacrément addictif et qu’à force d’accrocher, j’en viens à douter de ma propre santé mentale.



Un an, c’est à peu près le temps qu’il m’aura fallu pour reprendre pied après un passage aussi sauvage dans la lessiveuse rock cradingue. En suis-je sorti cette fois ? J’en doute, en tous cas PLMB ne fait rien pour m’y aider, car voilà pas que nos drôles d’oiseaux viennent de sortir un court EP (3 titres) dont la sauvagerie n’a rien à envier à son prédécesseur, et qu’en plus, ils ont l’audace d’aller porter, en ce moment même, leur parole pleine de bile, de croutes grattées et de foutre aux 4 coins rouillés des endroits de la planète qui ont encore les couilles de les accueillir. 

Le pire, c’est qu’en 2 titres, ils ont encore réussi à m’avoir comme un bleu : tout comme sur l’album précédent, tout commence bien avec Plexor et sa petite mélodie presque pop à la gratte, qui ferait presque penser à du Nirvana, bref on se dit que sur ce coup-là, même s’ils restent énervés, ils ont dû mettre un peu d’eau dans leur bière. .. Cruelle retour dans le monde réelle dès que l’enragé du micro l’ouvre, une nouvelle fois c’est un flot de furie, de la pure agression verbale, qui vient se poser sur les cordes rouillées des grattes. Ne croyez pas que Little blue box, aussi mignon que son titre puisse l’être, viendra radoucir un peu l’ambiance, non, non, non , loin s’en faut, vous vous êtes laisser plonger la tête dans la cuvette des chiottes, ne comptez pas sur ces Oiseaux Mutants pour venir vous la retirer là. Au contraire même, en 3 titres ils feront tout pour s’assurer qu’elle y est enfoncée aussi profondément que possible, à coup de rangers s’il le faut mais toujours avec l’élégance punk ultime de vomir leur bile dans la cuvette en guise de chasse d’eau.

Si, quand on vous dit « punk », vous sortez votre gel et vos roulettes et répondez Offspring ou Green Day, dans ce cas passez votre chemin. Si, par contre, vous sortez cran d’arrêt rouillé et épingle à nourrice planté à même la couille alors ce single est pour vous, vous m’en direz des nouvelles…dès que vous serez à nouveau en état de desserrer les mâchoires.


Gigposters 2 - Clay Hayes - 2011


Clay Hayes est le fondateur de gigposters.com. Pour tous les non initiés au monde de l'affiche sérigraphiée rock, ce site est LA référence mondiale dans le genre. Véritable musée et gallerie "online" regroupant plus de 10 000 artistes des 4 coins du monde, présentant plus de 100 000 créations, annonçant les concerts de groupes des plus gros aux plus humbles. Si vous avez déja révé de monter un groupe avec des Legos ou, si vous vous êtes toujours demandés ce que pourrait donner le croisement du logo de Motorhead et d'Hello Kitty, alors ce bouquin est très certainement pour vous, vous y trouverez toutes les réponses à toutes les questions que vous ne vous êtes probablement jamais posées.

Ceci étant dit, si vous êtes juste un amateur lambda de l'art du poster rock, avec aucun penchant bizarre genre la vie sexuelle d'Hello Kitty ou que sais je encore, alors oui, aucun doute, ce bouquin est aussi fait pour vous. é ans après le premier volume, passé joyeusement sous silence en France, Clay Hayes revient avec 101 nouveaux artistes, d'à peu près toute la planète.
Au format 36.5 x29 cm, chaque artiste bénéficie d'une représentation en pleine page d'un de ses posters au dos duquel on en trouve 4 ou 5 autres plus petits ainsi que quelques infos relatives au dessinateur. Chaque page peut être détachée aisément, offrant ainsi 101 posters prêts à être encadrés. Mais si, comme moi, vous vous voyez mal dchirer le bouquin, rien ne vous empêche d'en acquérir 2 exemplaires.
Si vous hésitez toujours à l'acheter, la liste ci dessous devrait finir de vous convaincre :

Adam Pobiak, Alan Hynes, Alana Bailey, Altieri Art, Ames Bros, Anville, AS Printing Press, Atzgerei, Baker Prints, Blackheart Studios, Ben Wilson, Broken Press, The Bubble Process, The Bungaloo, Chicken Billy, Clint Wilson, Clinton Reno, The Comet Substance, Concepcion Studios, Craig Horky, Craig Updegrove, David V. D'Andrea, Dead Meat, Dirty Donny Gillies, DKNG, Doe Eyed, Doublenaut, Douze Studio Dresden, Dr. Alderete, Droid, Empire Press, Erick Montes, Frida Clements, Ghost-Town Studio, Graham Pilling, Gunsho, The Half and Half, Hatch Show Print, Hyp Inc, Idiot or Genius ?, Insurgentarts, Iron Canvas Studios, Iskra Print Collective, Isle of Printing, Ivan Minsloff, James Flames, Jeral Tidwell, Jeremy Wilson, Jim Mazza, Joe Whyte, John Howard, Johnny Sampson, Justin Santora, Kill Hatsumomo Prints, Kunny van der Ploeg, Landland, Madpixel Art and Design, Mara Piccione, Mark McCormick, Mark Sgarbossa, Marq Spusta, Matt Terich, Maximum Flouride Killustration, Mike Saputo, Mike Weihs, Mile 44, Nat Damm, Nerl Says Design, Nick DuPey, Petting Zoo Prints & Collectables, Pfahlert Creative Labs, Punchgut, R. Black, Rich Kelly, Robbie Fuct, Ryan Duggan, Scott Campbell, Scraped Knee Studios, Scrawled Design, Shawn K. Knight, The Silent Giants, Small Horse Studio, Sonnenzimmer, Spike Press, Standard Deluxe Inc, Standard Design, Status Serigraph, Subject Matter Studio, Switchopen Illustrations, T-Bone & Aljax Production and Design, Tim Huesken, Tom Bagley, Traci Edwards, Two Arms Inc, Two Rabbits Studios, Tyler Stout, Uglybogus, Us &Them, Weapons of Mass Design, Weathermaker Press, Will Ruocco


Black Mountain – Wilderness Heart (2010) - De mieux en mieux


Black Mountain – Wilderness Heart (2010)

C’est peu de dire qu’après un album éponyme déjà sacrément salué par les amateurs de rock au sens large, Black Mountain avait su enfoncer le clou il y a maintenant 2 ans avec son In The Future et imposer aux oreilles curieuses son Rock Psyché Prog à tendance lourde mâtiné de voix féminines. Une nouvelle fois, avec ce 3ième album, autant le dire tout de suite, Black Mountain surprend sans décevoir. Avec ses 3/4 d’heure pour 10 morceaux, le groupe prend, un peu, ses distances avec les longues digressions psychotiques et droguées qui étaient un peu sa marque de fabrique (remember Bright Lights ou Tyrants sur le précédent album).


Alors oui, de manière évidente le groupe est revenu à des morceaux de durées plus classiques, est-ce néanmoins à dire qu’il en a perdu son âme ? Loin s’en faut, et il me faut le dire dès à présent, histoire de rassurer les fans. Avec Randall Dunn (Boris, Sunn O))), Kinski) et Dave Sardy (Oasis, Wolfmother, LCD Soundsystem) à la production les relents de rock psyché lourd son donc bien au rendez vous, sur des compos, une fois de plus, imparables pour la plupart. Entre folk et explosions zeppeliennes évidentes (Rollercoaster), giclés presque punks (Let Spirit Rites dont le riff pourrait faire penser au Paranoid de qui vous savez en accéléré et un solo qui réveille les glorieuses ( ?) heures passées du speed métal lui-même suivi d’une cavalcade John Lord-esque du plus bel effet).

Le tour de force du groupe est de réussir à marier avec une cohérence indiscutable ce genre de dictionnaire des courants métal pour les nuls avec de petits bijoux folk-pop (Radiant Hearts, Buried by Blues, The Space of Your Mind). C’est d’ailleurs pour cela que Black Mountain n’est pas un groupe de plus, ou de trop, dans le paysage déjà passablement peuplé des groupes néo-psychés (au coté des Talentueux Black Angels et autres Warlocks). Faire se côtoyer Neil Young et Iron Maiden sur un même disque, c’est peut être la meilleure définition que l’on puisse trouver du talent et de l’imagination.

Mais comment peuvent-ils réussir pareil exploit sans que jamais on ait l’effet d’un patchwork mal assorti ? Finalement la réponse est assez simple, en assurant certaines transitions par de réussis passages plus purement rock « classique » (The Way to Gone) entre Oasis et Dandy Warhols, psyché toujours mais plus lumineux que certains autres travaux de plomberie dont le groupe s’était fait une spécialité précédemment.

Loin de répéter toujours la même chanson, les canadiens remportent la partie en faisant preuve d’un éclectisme rare et d’une cohérence assez difficilement atteignable sur le papier si l’on en juge par le mélange des influences, mais pourtant évidente du premier morceau au sexy Sadie qui clôt l’album.

MattRach – Mister Jack (2010) - Don't believe the hype ... enfin... ne vous arrétez pas au buzz plutôt


MattRach – Mister Jack (2010)

Il y a des disques, comme çà, qu’on se garde sous le coude pour plus tard, certains diraient « pour la bonne bouche ». Un petit plaisir perso qu’on s’amuse à faire durer sur l’air de toi ton tour viendra, je ne t’oublie pas mais… je vais pas te rater. Alors pensez donc, le 1er album d’un génie de la guitare à peine majeur, disciple de Steve Vai et de Satriani, français qui plus est et phénomène buzz internet de l’année pratiquement, pensez si ce genre de disque on se le garde bien au chaud pour un jour où on sera vraiment en forme.

Puis le temps passe, le buzz se tasse, on apprend que Mattrach ne se limite plus aujourd’hui au petit prodige de Youtube mais est devenu un véritable groupe et que finalement, tout pétri des à priori qu’on avait on n’a jamais vraiment écouté l’album et qu’il serait peut etre temps d’y jeter une oreille même si la perspective de s’envoyer une grosse rasade de Vai-Satriani dans les oreilles n’est pas forcément des plus réjouissantes.


Bref, tout çà pour dire qu’un jour on pose l’album sur la platine, un sourire au coin des levres, un rire sadique et 2 mains qui se frottent l’une contre l’autre….à nous 2….

L’ouverture, épique, aux grattes techniques sans que cela tourne vraiment à la démonstration, se laisse écouter tranquillement. Non, tout porte à croire que l’album ne se limitera pas à une démonstration pyrotechnique du talent de notre 6 cordes-éoniste. Le sourire narquois commence petit à petit à s’effacer au profit d’un sourire tout court surtout quand arrive Vous en voulez encore ? qui fait penser à une version funky metal du Louxor de P. Katerine, hyper entrainante, speedée et fun à en être jouissive. Over se ballade quelque part entre Pink Floyd et le Porcupine Tree de Radioactive Toy, Histoire de multiplier encore les ambiances le reggae s’invite sur l’album avec Nurse avant que The alright song, quelque part entre NIN et Ramnstein dans son coté indus à soli très métal, ne vienne clore les débats.

Quelques éclairs de flamenco par ci par là, oui, contrairement à l’idée que l’on s’en faisait avant même de l’écouter, ce Mister JACK est vraiment un album varié avec de vrai chansons dedans et des morceaux plus expérimentaux (yxes reniD au hasard) mais toujours assez facilement suivables.

Alors oubliez deux minutes le statut de buzz star prodige juvénil qui ne manquera pas de coller au groupe encore quelques temps et dégustez un album varié, talentueux et jamais démonstratif. Il a fort à parier, même, qu’avec le temps, le groupe se forgera une identité plus personnelle Mister Jack fera alors figure de carte de visite hautement engageante.

Opium Baby - Opium Baby (2010) - Un premier album plein de promesse en attendant celui dit "de la maturité"

Opium Baby - Opium Baby (2010)

On passera rapidement sur les nombreux trophées déjà reçus par le groupe, tant, plus que jamais aujourd’hui, ce genre de breloque ne veut plus dire grand-chose et tant ce sont bien d’autres considérations que le vote de quelques happy fews du métier qui décide de la carrière d’une groupe et de la place de ce dernier en tête de gondole ou non. Opium Baby a déjà suffisamment galéré comme çà pour le savoir car non content d’avoir suivi pas à pas le parcours obligé de tout groupe qui veut percer depuis 2003, un obstacle de taille est venu se mettre en travers de leur irrésistible ascension. En effet, initialement baptisé Nova, le groupe a du changer récemment de nom après qu’une radio, qui, pour homonyme qu’elle soit, n’a que très peu de chance de diffuser, un jour, ce genre d’electro rock sur ses ondes, se soit attristé de pareille proximité dans leurs noms respectifs. Le moins que l’on puisse dire est bien que ce genre d petit coup du sort aurait eu raison de la motivation de bien des groupes. Mais Opium Baby, puisque c’est ainsi qu’ils se nomment aujourd’hui n’est pas le premier groupe venu.


D’entrée de jeu, ce qui frappe des les premières minutes d’écoute c’est la diversité des influences du groupe, ainsi Cast the Dice pose un indus soft comme du Nine Inch Nail pop, avant que le refrain ne bascule franchement dans un rock musclé du plus bel effet. Il en sera ainsi tout au long de l’album, un talent pop indéniable que l’on retrouve sur chacun des titres variés influencés qui par Muse (Let Me Go et son piano aérien en bout de course vers les étoiles), le rêveur U2ant pourrait on dire Circus (un des grands moment de cet album qui ‘en manque pourtant pas, avec ses 6 minutes pourtant bien peu radio friendlysantes et son final au top du Zizi, si vous voyez ce que je veux dire, sinon laissez vous pousser une fière barbouze et çà devrait vous ouvrir les yeux). Que dire du kravitzien Flower, d’une chaude beauté ? dire qu’il est beau et touchant comme le superbe Time final, c’est déjà tout dire, à moins de vouloir absolument ajouter qu’il précède un nouveau beau clin d’œil à U2 sur les quelques arpéges de gratte bien sentis juste avant le refrain de Opium Baby (le titre) où, comme tout au long de cet album d’ailleurs, la voix d’Alan fait des merveilles, montant sans crainte vers les sommets sans forcer si ce n’est l’admiration, et sans friser, et certainement pas le ridicule.

L’éventail de la voix d’Alan pour bluffant qu’il soit ne doit pas masquer la qualité d’une section rythmique efficace tant dans les coups de tonnerres que les accalmies souvent passagères. Enfin la guitare est loin d’être en reste et ne souffre pas un instant de la concurrence des petites fioritures électros qui émaillent la plupart des morceaux. On l’aura compris on songe parfois, sur les passages les plus « atmosphérique », au jeu d’un the Edge (toute proportion gardée, sans que cela ne remette en cause le talent de Pyp) et quand il s’agit de lâcher un peu les fauves l’efficacité et la sauvagerie savent être au rendez vous.

Alors Opium Baby, groupe poissard qui verrait peut être enfin la lumière au bout du tunnel ? On ne peut que leur souhaiter au vu de ce premier véritable album plein de promesse qui les voit se placer certainement au coté de leurs glorieux aînés et néanmoins compatriotes d’Angelfall dans un style cependant plus immédiat et plus grand public. Gageons que le temps les fera gagner en personnalité mais au vu de cette première carte de visite il y a bien peu de doute que cela ne se produise pas.